jeudi 3 mai 2012

Solution de continuité

Finalement, Suzanne avait raison, pour ce qui me concerne. Après m'être plus ou moins promis de n'en rien faire, j'ai tout de même suivi le débat des deux zozos, et jusqu'à son terme encore. Peu de temps avant, en commentaire, je disais à Nicolas que tout le monde ressortait toujours satisfait de cette expérience, puisque persuadé que son champion avait été le meilleur et avait nettement pris l'avantage. C'est peut-être dû au fait que mon soutien à Nicolas Sarkozy est des plus discrets et mon penchant pour lui fort ténu, mais j'ai trouvé que, s'il devait absolument y avoir un gagnant de cette étape, ce serait plutôt à François Hollande que j'attribuerais le maillot jaune (mais sans aller jusqu'à lui remettre un bouquet de fleurs ni à lui coller un poutou sur chaque joue).


J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends


Là-dessus, m'étant allé coucher et me trouvant pris, comme il arrive parfois, d'une sorte de début d'insomnie, voici que vient me visiter le premier vers de ce court poème d'Apollinaire qui s'appelle L'Adieu. Naturellement, comme tout crétin insomniaque le ferait à ma place, je ne puis résister à l'envie de vérifier si je suis encore capable de me le réciter sans trébucher (le risque n'était pas grand : j'étais allongé). Et, bien entendu, la catastrophe se produit : il me manque un vers (celui que j'ai souligné) ! Encore, s'il avait fait totalement défaut, me serais-je sans doute fait une raison. Mais, là, il rôdait dans les parages ; je le sentais, pouvais presque le toucher ; c'était le mot “temps” qui venait me narguer durant une fraction de seconde ; ou “bruyère” – mais pas moyen de les remettre dans l'ordre et de les faire se tenir tranquilles.

Je ne l'ai pas retrouvé, cet octo de mes deux ; j'ai tout de même fini par m'endormir, mais frustré. Le seul avantage de cette mémoire à trous est que j'avais complètement oublié le débat qui venait de me tenir plus de deux heures devant l'écran, dans le petit salon.

16 commentaires:

  1. Lu je ne sais plus où : Sarkozy s'est cassé les dents sur du Flanby. Le débat résumé en une formule. De toute façon, ça ne changera pas grand-chose au résultat final. Peut-être faut-il y voir un signe. Un peu déçu par mon champion, je me console avec Debussy :


    Debussy Préludes Canope & Bruyères

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    1. Se casser les dents sur un yaourt ! L'était congelé alors ?

      Duga

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  2. Pourtant, ce débat a fait beaucoup de bruit hier.

    Désolé
    Duga

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  3. Fallait réciter la princesse de Clèves.

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    1. Plus le temps : je venais déjà de me déclamer tout Mein Kampf.

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  4. Eh oui... et moi qui avais dit que je le regarderai, je n'ai pas tenu promesse. Pourtant, j'avais bien commencé. J'ai trouvé le début du débat, comment dire... pas très accrochant. Je regardais Hollande, en me disant "tiens, il a démaigri", puis Sarkozy, en ne me disant rien du tout. Quand j'étais enfant, je jouais avec mes copines de classe à un jeu idiot mais très drôle pour nous: nous fabriquions des lunettes en carton de différentes tailles, creusions l'emplacement des verres, collions ces lunettes à une paille ou à une baguette, et les mettions sur l'écran, sur le visage d'un personnage. C'est incroyable comme derrière l'écran, dedans la télé, le personnage réagit. Il essaye de toutes ses forces de se débarrasser de ses lunettes, on dirait vraiment qu'elles le gênent. Si vous ne me croyez pas, essayez. Bref, je regardais Sarkozy et l'affublais mentalement de fausses lunettes, et je riais bêtement toute seule tant il sautillait, se trémoussait, tournait sa tête dans tous les sens pour ne pas regarder à travers. Il me semblait entendre les rires de mes amies (Sophie était la plus brune, et Marie si blonde...) Sur ce, je me suis endormie.

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  5. Stéphane Bily3 mai 2012 14:39

    Ne plus se rappeler ce vers, mais c'est carrément la HONTE, là. (Excusez-moi, je m'emporte.) Je crois qu'à votre place je me serais levé pour vérifier, pour pouvoir m'endormir ensuite du sommeil du juste.

    J'ai commandé et reçu dernièrement votre "Châtelain furtif", c'est très bien.

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    1. Ah, je me demandais qui pouvait bien être LE mystérieux acquéreur…

      Merci de votre appréciation, quoi qu'il en soit.

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  6. "ce serait plutôt à François Hollande que j'attribuerais le maillot jaune"

    La manœuvre est fine mais vous ne trompez personne ! On sent bien que vous ne dites ça que pour endormir la vigilance de NJ afin que, certain de la victoire de son idole, il aille, tant son cœur est bon et ouvert à la pitié, voter pour Sarkozy.

    Sa conclusion fut tout de même pitoyable, à part son "Moi président, la piéride ne bouffera que les choux du voisin !" .

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    1. Non, je n'irai pas voter pour Sarko : je vote toujours avant l'apéro.

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    2. Damned ! Ich bin descubierto !

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    3. You bist dans la mierda, for sure !

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  7. "Et d'Hollande ne vint pas le Gruyère"

    Ouais, bof...

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