lundi 19 novembre 2012

Les soirées calamiteuses de Didier Goux : Le Voyage fantastoc


Rien ne se démode plus vite qu'un film de science-fiction, sinon l'être humain lui-même. Le Voyage fantastique date de 1968 et est presque aussi ridiculement daté que les “Événements” qui lui sont contemporains ; il est signé Richard Fleischer, qui a dû se mordre les couilles jusqu'à la fin de sa vie d'avoir accepter de tourner une bouse pareille.

Le Voyage fantastique réunit une pléiade de stars de l"époque, c'est-à-dire des gens qui étaient faits pour tout sauf pour être acteurs et que tout le monde a parfaitement oubliés. Par exemple Donald Pleasence, encore jeune et déjà chauve, mais qui au moins fait semblant de savoir pourquoi il a échoué dans cette microscopique galère (et même que c'est lui le traître, dis donc !) ; l'inénarrable et parfaitement oubliable Stephen Boyd, l'acteur-beau-gosse de l'époque qui ne comprend jamais ce qu'il fout là : dans Ben-Hur, il n'avait déjà pas pigé qu'il était pédé et amoureux de Charlton Heston, ici on se demande s'il a réalisé qu'il se trouvait à bord d'une espèce de sous-marin microscopisé et voyageant dans le corps d'un scientifique quelconque en voie de calanchage imminent ; et puis, comme il fallait bien une gonzesse glamoureuse, on a pris ce qu'on avait sous la main à l'époque, dans le genre actrice nulle à gros seins : Raquel Welch – sauf qu'elle passe tout le film vêtue des pieds au col d'une combinaison en plastique blanc gommant absolument tous ses avantages de comédienne.

Mais, heureusement, subsistent les effets spéciaux et les dialogues. Les premiers consistent essentiellement en des sortes de bulles molles, parfois bleues, parfois rouges, parfois jaunes, parfois rien, et qui sont censées être des globules.C'est à peu près tout sur ce chapitre. Pour les dialogues, ils oscillent entre l'épaisse tartine d'explications pseudo-scientifiques dont personne n'a rien à faire et des considérations d'une abyssale profondeur à propos de ce qu'est l'homme, son avenir, ses fins dernières, son tour de taille, etc. Le tout sur fond de remarques des uns ou des autres prouvant qu'ils n'ont même pas pris la peine de lire le scénario, ou bien qu'ils n'y ont rien compris, ce dont on ne saurait les blâmer : personnellement, je n'ai toujours pas compris pourquoi il fallait qu'il y ait un traître dans cette histoire.

23 commentaires:

  1. Se mordre les couilles ? Serait-ce un film de contorsionniste ? Voilà qui me laisse perplexe, et me fait mal ET au cou ET aux couilles. Aïe !

    RépondreSupprimer
  2. C'était çà ou "Inglorous basters" Un film de Quentin Tarantino avec Brad Pitt et Britt Patt et une ou deux pétasses françaises même pas à poil…
    J'ai zapé de l'un à l'autre en me demandant comment on pouvait faire des niaiseries pareilles.
    Le pires c'est l'un comme l'autre ont rapporté le Jackpot à leur producteur…
    Comme quoi, faut pas se laisser abattre…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'avais déjà vu le Tarantino (une bouse, en effet). Donc, plus le choix…

      Supprimer
    2. Je ne crois pas que ce soit exactement un remake, mais je me souviens d'avoir vu un film assez bien fait et plutôt amusant sur le même sujet : je crois que le titre est "L'Aventure intérieure" et ça doit dater d'une bonne vingtaine d'années.

      Supprimer
  3. "personnellement, je n'ai toujours pas compris pourquoi il fallait qu'il y ait un traître dans cette histoire."
    Pour ça il faut lire Aristote !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hé bé ! On n'est pas sortis du bois, comme disent les Québécois…

      Supprimer
  4. Les petits sous-marins étrangers qui se baladent dans nos eaux intérieures prolifèrent déjà.
    Nous, globules blancs détruirons ces petits corps sensibles.
    Comme dans un film de Série B.

    RépondreSupprimer
  5. Haha,
    J'ai vu ce film alors que je n'étais qu'un gosse. J'avais trouvé ça absolument parfait.

    "l'inénarrable et parfaitement oubliable Stephen Boyd, l'acteur-beau-gosse de l'époque qui ne comprend jamais ce qu'il fout là : dans Ben-Hur, il n'avait déjà pas pigé qu'il était pédé et amoureux de Charlton Heston, ici on se demande s'il a réalisé qu'il se trouvait à bord d'une espèce de sous-marin microscopisé et voyageant dans le corps d'un scientifique quelconque en voie de calanchage imminent"

    A donf. Je me demande si Charlton comprenait bien, lui aussi tant il semble surjouer de virilité et d'assurance. Gore Vidal et Weiler étaient peut-être bien les seuls à savoir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous devez avoir raison, Heston n'a pas dû le voir non plus.

      Supprimer
    2. On est quand même loin de Spartacus, et de la scène aux escargots beaucoup plus suggestive...

      Amike

      Supprimer
    3. ► Didier Goux,

      Vous faites comme qui dirait un léger contre-sens quand vous écrivez que Stephen Boyd ignorait que son personnage dans Ben Hur était de la tunique (comme on ne disait déjà pas à l'époque) car William Wyler lui avait bel et bien demandé de le jouer ainsi, après que Gore Vidal eut lui-même convaincu ce dernier que l'histoire aurait plus de piquant s'il apparaissait en creux que Ben Hur et Massala étaient d'anciens amants qui se retrouvaient des années plus tard.

      De là les regards fiévreux que lançait Stephen Boyd à l'autre grand connaud de Charlton, qui, ne se doutant de rien, prenait ses habituelles poses viriles comme s'il s'était déjà vu à la tribune d'un congrès de la National Rifle Association (oui, je sais, j'exagère, il était encore progressiste à l'époque).

      C'est ce que relate en tout cas Gore Vidal dans une séquence de The Celluloid closet, qui est, dans mon souvenir, la plus réjouissante de ce film sur l'homosexualité dans le cinéma hollywoodien.

      Supprimer
    4. Et c'est encore mieux quand c'est Gore Vidal qui le raconte (ici).

      Supprimer
    5. Ah oui, tiens ! J'aurions point cru…

      Dans ce cas, disons (dit le mec qui refuse d'avoir tort) qu'il joue tellement mal que personne n'a vu qu'il avait compris.

      Supprimer
  6. De toute façon, le cinéma est un art mineur…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

      Supprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous vous lasserez avant moi…

      Supprimer
    2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

      Supprimer
    3. Mais pourquoi est-ce que vous le censurez, ce pauvre garçon ?

      Supprimer
  8. J'adore la revisitation de ces nanards sur lesquels, gamin, j'admirais la "profondeur"... Abyssale, cela va de soi.

    RépondreSupprimer
  9. Je l'ai vu chez mes parents en noir et blanc, la plastique de Raquel Welch ne m'avait pas émue, je me rappelle surtout les boules plastiques censées représenter les globules blancs.

    Dans le style ballons inquiétants, les rôdeurs de la série Le prisonnier étaient plus flipantes.

    Si vous adorez les nanards, le Flasch Gordon de Mike Hodges en 1980 avec Ornella Muti, là aussi il y a de la plastique à toutes les coutures et pour la musique Queen.

    RépondreSupprimer

  10. Une dernière chose, toute dernière: vous qui avez un don manifeste dans l'effacement des commentaires, pourriez-vous effacer également tous ceux que j'ai pu écrire sur ce blog depuis que je le fréquente ? Blogger doit permettre celà sans que ça vous soit trop fastidieux. Demandez conseil à Nicolas.
    Tant qu'à ne plus exister, le pauvre garçon aimerait n'avoir jamais existé.

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.