vendredi 24 janvier 2014

Jeux de miroirs


Parvenu pratiquement à la millième page de cette Correspondance, on se demande comment il peut se faire qu'aucune ligue de vertu modernœuse n'ait encore appelé à pratiquer un gigantesque auto-da-fé dans lequel en seraient jetés tous les exemplaires. L'antisémitisme du M'Bala M'Bala, à côté de celui de Morand, c'est de la bluette enfantine ! Et s'il n'y avait que cela…

« La démocratie, souhaitable en soi, est faite pour les pays protestants, avec leur civisme et leur conscience. Dès qu'elle s'étend aux Latins et autres nègres, elle devient une caricature, puis elle débouche aussi naturellement dans le communisme qu'un fleuve dans la mer ; pente fatale. C'est Balzac qui me l'a appris, il y a bien des années. »
Paul Morand, lettre à Jacques Chardonne du 13 juillet 1960.

« Vous ne divaguez pas. Tous les écrivains sont à gauche. C'est qu'ils ont besoin de la foule ; ils veulent un bel enterrement, du monde. Et puis, la droite, c'est trop subtil. Ce qui est clair, c'est la révolte. En fait, les fascistes étaient à l'extrême gauche, presque communistes. Ce qui a perdu les nôtres, c'est que, sous une occupation de l'ennemi, le fascisme est ridicule. C'est le moment où il faut rester tranquille, comme font les Allemands. »
Jacques Chardonne, lettre à Paul Morand du 21 juillet 1960.

Je te passerais tout ça au lance-flamme, moi… On pourrait même rouvrir leurs deux caveaux pour les purifier à la chaux vive, façons Sans-Culottes de 1792 en la basilique Saint-Denis. On vit vraiment une époque de mini-burnés, c'est désolant.

18 commentaires:

  1. Si même les reacs c'était mieux avant...

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  2. Si même les reacs c'était mieux avant.

    (Votre blog merde depuis une heure).

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  3. De bien belles paroles.

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  4. Rectificatif : beaucoup de services Google sont plantés ce soir.

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  5. Robert Marchenoir24 janvier 2014 à 21:18

    C'est à dire que s'il faut s'appuyer mille pages pour sortir trois twittos qu'on pourra épingler au mur des cons, le rapport qualité/prix n'est pas à la hauteur.

    La grosse faiblesse des modernoeuds, c'est qu'ils ne savent pas lire -- et ça ne va pas s'arranger.

    Bientôt, il suffira de laisser un livre au milieu de la pièce pour se transmettre des messages secrets, pourvu qu'il n'y ait pas écrit Mein Kampf dessus.

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    1. Bref, nous avons de beaux jours devant nous.

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  6. Mini-burnés, c'est vite dit, tenez, regardez Valls, tout de même, il a su s'attaquer le même mois à Dieudonné et aux ultra-cathos, un antisémite notoire et des fachos. Avec des gars comme lui, Morand et Chardonne n auraient pas fait un pli

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    1. Mais ni l'un ni l'autre n'était assez fou pour publier cette correspondance de son vivant…

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  7. Bof, Marchenoir fait bien mieux!


    Emily

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    1. Robert Marchenoir25 janvier 2014 à 16:49

      C'est la deuxième fois que vous m'écrasez sous d'improbables compliments, Emily.

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  8. Jean-François Brunet24 janvier 2014 à 23:04

    Franchement, le lance-flamme, c'est peut-être trop d'honneur, non? En tous cas, mille pages de ce genre d'oracles fumeux, appuyés sur leurs seuls désinvolture et aplomb, ça fait pas vraiment envie.
    Bonne année 2014, pendant qu'il est officiellement encore temps!

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  9. Faudrait-il encore que les vierges effarouchées des plateaux de TV soient capable de lire les ouvrages de Morand. Et puis c'est plus rigolo de lyncher un vivant.

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  10. A la faveur d"une émission sur Radio Courtoisie, j'ai cru comprendre que certaines lettres avaient été "retouchées" par l'éditeur afin de ne pas choquer le lecteur moderne, d'autres auraient été écartées pour le mêmes motif.

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  11. Les plus malins dans cette affaire, ce sont tout de même les Gallimard : droite ou gauche, cocos ou fachos, ils s'arrangent toujours pour rafler la mise ! (Cela dit, heureusement que Chardonne était meilleur dans l'analyse des sentiments que dans celle de la situation géo-politique de l'Europe en 1960).

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  12. " La démocratie, souhaitable en soi, (...)puis elle débouche aussi naturellement dans le communisme qu'un fleuve dans la mer ; pente fatale"

    Pas très ben vu, c'est le moins qu'on puisse dire...
    Et ce type était diplomate de profession!

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    1. Robert Marchenoir27 janvier 2014 à 16:37

      Vous avez mal regardé, c'est le moins qu'on puisse dire... Mais c'est vrai qu'étant médecin, et la médecine étant à 50 % communiste dans spéhi... Les poissons sont les derniers à se rendre compte qu'ils vivent dans l'eau.

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    2. Vous connaissez beaucoup de pays qui soient devenus communistes de façon démocratique?

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    3. Robert Marchenoir29 janvier 2014 à 21:55

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait de stocker clandestinement plusieurs milliers de fusils volés à Manufrance, dans un entrepôt de distribution de journaux, en prévision de la révolution prolétarienne.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait qu'une fois ce forfait découvert par le chef d'entreprise, il a été soigneusement tenu secret.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait qu'au lieu de dénoncer ce délit au commissariat de police, le patron en question en ait informé directement le ministère de la Justice.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait qu'une fois connue l'existence de cet arsenal, le ministre de la Justice ait décidé... de ne rien faire.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait que le syndicat qui a caché cet arsenal soit la CGT, cache-sexe du parti communiste dans les entreprises.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait que, depuis la "Libération", la CGT a pouvoir le vie ou de mort sur les journaux, et n'a pas manqué de le faire comprendre en déclenchant des grèves accompagnées de violences au moindre prétexte.

      Il n'y a rien de démocratique dans le fait que les deux piliers de la "France républicaine", depuis 1946, la Sécurité sociale et le statut des fonctionnaires, aient été créés par un gouvernement où Maurice Thorez était ministre d'Etat, chargé de la fonction publique.

      Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste "français", traître à la nation, déserteur en temps de guerre, qui, au lieu de se battre contre les nazis, a abandonné son régiment pour se réfugier à Moscou sur ordre des bolcheviques, et qui, une fois la guerre terminée, au lieu d'être fusillé dans les fossés de Vincennes, est devenu ministre du général de Gaulle sur l'aimable suggestion du camarade Staline.

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