vendredi 31 janvier 2014

Donnez-moi un bel holocauste pendant que je suis en vie !


Tout homme à peu près sain d'esprit qui se trouve contraint de se rendre dans une ville  (agglomération serait ici mieux indiqué) de plus de dix mille habitants ne peut qu'être saisi par la nostalgie du monde vivable, qu'il n'a pas connu, c'est-à-dire dont la population totale oscillait entre un et deux milliards de têtes. Et, fendant la foule hébétée des trottoirs, ou bien sur le chemin du retour, constatant une fois de plus la lèpre pavillonnaire qui pustule les campagnes, il se prend à rêver, comme à celle d'un messie, à la survenue de Supervirus, ou bien à l'épandage planétaire d'un gaz toxique venu d'une galaxie quelconque, qui supprimerait d'un coup cinq à six milliards d'individus – si possible de manière instantanée, car notre transhumant provisoire ne présente aucune trace de sadisme –, de manière à ce qu'on y voit plus clair ensuite et que les survivants puissent repartir sur des bases saines.

On lui objectera qu'il a de fortes chances de compter parmi les victimes ; il rétorquera qu'il s'en fout. Et même qu'il le souhaiterait plutôt car, branquignole comme il se connait, il sait fort bien qu'il serait dans l'incapacité totale d'assurer sa propre survie, en un monde légèrement désorganisé par la disparition soudaine de quatre sur cinq des personnes qui le maintenaient en vie en lui changeant à heures fixes ses perfusions. Par conséquent, entre une mort instantanée, collective, et une agonie se comptant en semaines voire en mois, l'hésitation ne semble pas de mise.

Lorsque le calvaire se termine et que le voyageur retrouve en fin de journée sa femme, ses chiens, son fauteuil et ses livres, la fièvre retombant il s'avise que ce beau rêve qu'il a fait n'a guère de chances de se produire de son vivant, à moins d'un miraculeux hasard ou d'un coup de pouce divin. Il lui reste la mince consolation de couvrir mentalement d'injures malsonnantes les ravis de la pouponnières qui ne manquent jamais d'exprimer bruyamment leur satisfaction au moindre redressement de la courbe de natalité.

Car, quand une courbe s'inverse enfin, ce n'est jamais la bonne.

12 commentaires:


  1. Il m'arrive de partager votre rêve.
    Le mot holocauste est peut-être mal choisi. Vous voulez choquer? Attirer le lecteur sur un titre provoquant?

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    1. Mon côté gamin, sans doute…

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    2. Moi aussi, je fais souvent ce rêve éveillé!
      Puis je me dis que le monde n'a pas encore atteint le paroxysme du grouillement humain... qui devrait se produire dans les années 50 de ce siècle quand l'Afrique aura dépassé les 2 milliards et demi!

      Veinard, M.Goux, vous ne serez peut-être plus là (quoi que, on ne sait jamais!).

      Mes parents, nés à la fin des années 40 me disent toujours avoir vécu les meilleurs temps de la planète, lorsque les pays étrangers étaient encore lointains et où les gens restaient chez eux, dans une nature moins saccagée qu'aujourd'hui...
      L'enfer est pour demain.... Alors espérons le virus dévastateur!

      T.Fellman.

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  2. "qui supprimerait d'un coup cinq à six milliards d'individus... de manière à ce qu'on y voit plus clair"

    J'allais vous demander par si vous aviez des préférences par ordre de disparition, mais il semble que vous y avez déjà répondu.

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    1. Laissons faire le hasard, ne nous en mêlons pas…

      Sinon, il me semble aller de soi que les plus aptes à la survie, une fois le nuage toxique en allé, sont les éléments de l'humanité actuellement les plus primitifs.

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  3. Primitif... Vous aggravez votre cas, n'entendez-vous pas la police arriver ?
    On dit "premier". Bien sur ça change un peu le sens de la phrase, mais pas plus que pour les arts! Vous ne faites aucun effort, c 'est décourageant....
    C.Monge

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  4. Je n'y verrais qu'un avantage, ils seraient vraiment très peu nombreux à manifester contre des conneries. Les quelques survivants de cette espèce bien touchée car peu rusée auraient des vrais problèmes existentiels à régler.
    En fin je dis ça parce que c'est vendredi soir...

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  5. J'appuie (de tout mon poids) la motion Holocauste. (Et je ne vois vraiment pas pourquoi le mot serait mal choisi.)

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  6. Je pourrais, comme tout le monde, et comme cela m'arrive parfois, agrémenter votre saillie par une petite blagounette, et en rester là, mais votre propos me semble tellement idiot que je ne m'oblige pas à éviter d'être désagréable en vous disant le fond de ma pensée.

    Vous commettez la même erreur que Renaud Camus, une erreur que ni lui ni vous ne devriez commettre si vous étiez tant soit peu cohérent.

    D'abord, vous semblez avoir du mal à comprendre que si nous nous retrouvons plus nombreux en France ce n'est pas parce que notre natalité a explosé. Notre natalité a au contraire régressé, comme n'importe quel manuel d'histoire de la démographie vous le prouvera abondamment.

    Il est vrai que la France est l'un des pays occidentaux les moins touchés par la chute démographique (et pas seulement à cause des naissances allogènes), mais cette chute est bien réelle chez nous également, qui peinons à nous rapprocher des fameux 2,1 enfants par femme, donc du seuil de renouvellement.

    Pas du seuil d'augmentation, hein : du seuil du simple renouvellement.

    Je vais donc éclairer votre lanterne et même vous faire une révélation : s'il y a plus de gens en France, c'est parce qu'il y a plus de vieux, pas parce qu'il y a plus d'enfants.

    (Et aussi parce qu'on importe des étrangers, mais c'est une autre question).

    Notre société a réussi à faire durer les vieux le plus longtemps possible tout en organisant plus de 200 000 avortements par an. Si vous trouvez que c'est une politique nataliste de pointe, libre à vous, mais vous abdiquez alors toute logique et tout bon sens.

    Vous raillez les "ravis de la pouponnière". L'expression est amusante, mais ne correspond pas à ce que vous voulez dénoncer. Vous devriez plus logiquement moquer les "béats de la maison de retraite" et les "heureux de l'allongement de l'espérance de vie". N'oubliez pas au passage que les vieux nous coûtent infiniment plus cher que les jeunes.

    Ce qu'il faudrait ce n'est donc pas un produit toxique qui décime la population (plutôt au sens où neuf sur dix périraient, selon vos vœux), non, ce qu'il faudrait c'est un produit toxique ciblé qui élimine les gens ayant dépassé la soixantaine. Voilà qui règlerait nos problèmes, et en particulier le vôtre.

    Maintenant, au niveau mondial, il y a bien un problème de natalité, mais en Afrique. Ce qu'il faudrait donc, pour suivre votre logique implicite, c'est un produit qui élimine les vieux et les Noirs.

    Tout cela pour briser votre rêve d'héroïsme, par pure méchanceté de ma part sans doute : vous n'avez rendu aucun service à l'univers ni aux hommes en vous abstenant de faire des enfants !

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    1. J'ai également remarqué que dans les grandes villes de notre beau pays, les Blancs sont ( à une écrasante majorité) des vieux, et les jeunes des allogènes....
      Faites le test visuel...

      :-((

      T.Fellman.

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