dimanche 26 janvier 2014

Morand et Chardonne : missives, mi-raisin


C’est Fasolt et Fafner qui, au lieu de se massacrer sottement, auraient compris tout l’intérêt de s’entendre, afin de mieux protéger l’Anneau de la convoitise des jeunes malappris, ces Siegfried costumés en Hussards, et d’en conserver l’usufruit. La Correspondance Morand – Chardonne, c’est d’abord cela : une arme de guerre stratégique pour s’extraire des faux déshonneurs de l’après-guerre et, prenant comme levier la jeune garde – Nimier, Frank, Nourrissier, Déon… –, revenir au premier rang des écrivains de France. Pour cela, l’union sacrée est nécessaire, on la voit se mettre en place pour ensuite ne jamais faiblir.
 
La tactique est bonne, elle porte ses fruits : les deux rescapés vont publier de nouveau – Morand davantage que Chardonne –, glisser le pied dans la porte des journaux, enfoncer celle des revues ; organiser leurs résurrections conjointes. Mais la bataille ne fait pas perdre la tête aux combattants, qui, presque dès le début de l’échange, comprennent qu’ils sont aussi en train de bâtir une œuvre nouvelle, un inédit à deux voix. Et quelles voix ! […]

La suite est par là…

8 commentaires:

  1. Belle critique. Le talent littéraire et l'intuition politique sont donc des qualités qui divergent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si j'en juge par le flot de commentaires enthousiastes qu'il suscite, ce billet doit effectivement être particulièrement brillant !

      Supprimer
    2. Ben oui, mais aussi vous commencez votre billet par une allusion à Wagner,... à 350 EUR la place au Festival d'Aix en Provence vous mettez la barre très haut ! Après quoi vous nous parlez de deux types qui ont écrit des vâcheries sur leurs contemporains, c'est normal d'être prudent dans les commentaires... Faudrait pas qu'ils s'en prennent à nous, même d'outre-tombe !

      Supprimer
  2. Une correspondance faite en vue d'une publication, est-ce une correspondance?

    Emily

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, en effet : elle se transforme instantanément en tabouret de bar, sous l'action d'un processus chimique encore mal élucidé.

      Supprimer
    2. Ah bon ? Je croyais que c'était en godemichet, qu'elle se transformait…

      Supprimer
  3. C'est pas pour critiquer mais..."Critique publié par"

    Désolé
    Duga

    RépondreSupprimer
  4. Très bonne recension, si contagieusement enthousiaste qu'elle m'a conduit chez l'Amazone dès potron-minet pour passer commande !

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.