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mercredi 9 novembre 2016

La catastrophe américaine : graves dommages collatéraux


À peine élu, pas encore en fonction, et voici que, déjà, les dommages collatéraux tombent comme à Gravelotte, suite à l'arrivée en fanfare dans l'histoire du monde du rubicond Gremlin. C'est ainsi que, au saut du lit ou quasi, sans la moindre préparation psychologique, j'apprenais tout à l'heure qu'un quarteron de brillants intellectuels français étaient en passe de ne pas digérer leur croissant auroral, deux ou trois auraient même repoussé leur ligne de coke réveille-matin, ce qui est assez dire peur profond désarroi. Il s'agit de MM. Hanouna Cyril, Beaugrand Christophe, Minne Olivier, Cymes Michel et Starr Joey, tous penseurs appointés de la télévision française, ainsi que La Fressange Inès de, ex-portemanteau de luxe. Ne serait-ce que pas sollicitude pour ces grands sensibles, il me semble que les électeurs américains, ces brutes, auraient pu faire un petit effort.

mercredi 27 février 2013

Réactionnaire comme un Africain : nouveau proverbe vatican

Photo choisie pour complaire à mes amis progressistes…

Mine de rien, je suis tout de même né “sous” Pie XII, ce pape aussi admirable que calomnié par la vermine communiste. Si le temps continue de passer comme il se plaît à le faire, on risque d'être de moins en moins nombreux à être nés “sous” Pie XII. Il reste que je m'apprête à vivre l'élection de “mon” septième Souverain Pontife. Jean XXIII, je l'avoue, ne m'a laissé que peu de souvenirs marquants. De même ne gardé-je qu'une mémoire assez floue du conclave ayant porté Paul VI sur le trône de Pierre. Jean-Paul 1er, ça commence à devenir plus net, mais il est passé trop vite : je n'ai pas eu le temps de vraiment dessaouler entre son élection et sa mort. Restent Jean-Paul II et Benoît XVI. J'ai beaucoup aimé le premier nommé. Même si, durant son pontificat, j'étais censé être encore de gauche, ses positions fermes sur tous les sujets à fort taux de modernodosité m'ont ravi d'emblée. Et plus la volaille progressiste piaillait, plus j'étais content de lui. 

Il me semble que c'est à partir du dernier conclave, celui de 2005, que les athées professionnels ont commencé à donner bruyamment de la voix pour expliquer aux cardinaux qui ils devaient élire et, sobre todo, de qui ils ne devaient absolument pas faire le Vicaire du Christ, sous peine d'excommunication progresseuse. On peut se moquer d'eux, je ne m'en prive généralement pas ;  mais un ami me disait l'autre jour que j'avais bien tort de dauber : le fait que des laïcs, et même des incroyants affirmés, s'intéressent voire se passionnent pour l'élection du pape, m'expliquait-il, est la preuve indubitable que les racines chrétiennes de l'Europe sont encore vivaces, malgré qu'ils en aient – il a peut-être bien raison.

Benoît XVI a soulevé de belles espérance, notamment par son discours de Ratisbonne, en septembre 2006, dans lequel il ôtait sans ménagement son masque de bisounours à l'islam. Hélas, en raison de la levée de boucliers mahométans et des criasseries de leurs supplétifs européens, il dut assez vite faire machine arrière – même s'il n'est pas interdit de se dire qu'il ne doit pas en penser moins pour autant.

Et maintenant le prochain, donc. Là, mes confrères en journalie et mes camarades blogosphéreux s'en sont donné à cœur joie ; ou, pour mieux dire, à glandes salivaires que-veux-tu. Il est indispensable, Vos Éminences, de fournir à ces jeunes gens – dont beaucoup sont cacochymes mais refusent de s'en aviser – un pontife sur mesures ! Un qui mariera les prêtres, ordonnera les femmes, bénira les évêques homos, distribuera des préservatifs après chaque bénédiction Urbi et orbi (qu'on appellera désormais une béné urb', afin de mettre l'Église en phase avec l'époque), lancera le chantier d'une grande mosquée vaticane, et autres menues choses du même acabit.

Mais, surtout, Vos Éminences, surtout, arrangez-vous pour que votre prochain patron soit noir – c'est absolument indispensable si vous voulez que votre pauvre troupeau décervelé vous fiche à peu près la paix. N'allez pas leur expliquer que les deux ou trois cardinaux africains qui auraient à la rigueur les compétences requises sont beaucoup trop réactionnaires pour devenir Évêque de Rome : vous y perdriez votre temps, nul ne vous écouterait. Chez les antiracistes, sachez-le, la couleur de la peau l'emporte sur tout le reste : ça semble un peu curieux au début, mais vous verrez on s'y fait.

Pour le coup, je serais ravi, moi, Vos Éminences (mais sans vous commander, hein !), si vous nous élisiez le Ghanéen ou le Guinéen. Je crois que je jouirais intensément d'entendre tous nos oiseaux sans tête pépier de bonheur durant les premières semaines du pontificat, avant de les voir s'étrangler et se rouler par terre de fureur dès que le nouveau pape commencerait à prendre de nouvelles mesures, à rédiger ses premières bulles.

Oui, sincèrement, je crois que ça serait plaisant.

jeudi 14 février 2013

Un conclave, c'est pas toujours Byzance


Comme ce billet du 14 février 2011 – pur hasard, évidemment – redevient d'actualité (façon de parler, espère-t-on pour Leurs Éminences…), je crois bon de le proposer derechef aux foules admiratives et ferventes. Le voici :

Le 22 août 1241, meurt Grégoire IX, pape âgé de 96 ans – comme quoi le catholicisme conserve davantage et mieux que la révolution : voyez Saint-Just. Jusqu'à son dernier souffle, Grégoire IX aura fait preuve d'une énergie indomptable pour combattre l'empereur Frédéric II à qui il a toujours voué une haine féroce. Quoi qu'il en soit, lui disparu il faut réunir en conclave des cardinaux par ailleurs déchirés entre partisans d'une paix rapide avec Frédéric II (excommunié depuis déjà quelques années par le terrible vieillard) et bellicistes à tous crins. Comme les choses menacent de traîner en longueur, le sénateur unique de Rome – véritable dictateur, en fait –, Mathieu Orsini, qui veut, lui, un pape dans les meilleurs délais, prend les choses en main. Et le conclave vire au cauchemar gore, si l'on en croit Ernst Kantorowicz :

« Immédiatement après la mort du pape, Mathieu Orsini fit saisir les cardinaux par les hommes de sa gardes qui les traînèrent au lieu du scrutin, “comme des voleurs dans un cachot”. Les brutalités commencèrent aussitôt : les cardinaux furent poussés à coups de pied et à coups de poings. Un cardinal, déjà perclus, fut jeté à terre et traîné par sa longue chevelure blanche sur les pierres pointues des rues étroites, si bien qu'il arriva tout en sang dans le local de délibération, dont les portes se fermèrent alors sur lui pour longtemps. »

Au moins imagine-t-on le local en question comme une majestueuse salle toute ruisselante d'ors et de pourpre. On a tort :

« (…) c'était une ruine en forme de tour qui, tout récemment encore, avait particulièrement souffert des tremblements de terre. Les dix cardinaux n'y disposaient que d'une pièce, abstraction faite d'une niche latérale. Les hommes d'armes du sénateur tenaient les prélats dans un isolement tellement strict que leur séjour ressemblait plutôt à un emprisonnement. En dépit de fortes gratifications, distribuées aux soldats pour les soudoyer et acceptées par eux, ni les serviteurs ni les médecins, qui ne tardèrent pas à devenir très nécessaires, ne furent autorisés à pénétrer chez les cardinaux. Toute la construction était délabrée et, à travers les fentes du plafond, c'était moins la pluie qui coulait goutte à goutte qu'un infect purin, car les gardes qui dormaient au-dessus de la salle du conclave utilisaient, par manière de plaisanterie, le plancher endommagé comme latrines. Au moyen de tentes improvisées, les cardinaux gardaient passablement propre et au sec l'endroit où ils dormaient, mais, sans vouloir ici entrer dans les détails, la puanteur qui régnait dans le local du conclave, outre la chaleur favorable aux fièvres du mois d'août romain, la mauvaise nourriture, l'interdiction d'une assistance médicale et les brimades infligées par les hommes d'armes eurent en peu de temps pour résultat que, des dix cardinaux, presque tous tombèrent gravement malades et que trois d'entre eux moururent des suites de leur internement. »

L'enfer va durer deux mois pleins. Finalement, les cardinaux épuisés, agonisants pour certains, élisent l'un d'entre eux, le Milanais Godefroy, qui prend le nom de Célestin IV… et meurt 17 jours plus tard des suites de ce conclave – encore plus fort que Jean-Paul 1er.

Tout était à recommencer.

lundi 11 février 2013

Qui sera le prochain souverain pontife ?


Les prétendants vraiment sérieux semblent être au nombre de huit, comme les jours d'une semaine bissextile ou les trois mousquetaires en deux volumes. À tout seigneur tout honneur, commençons par les Européens. (Je mets leurs noms en rouge, car c'est la moindre des choses pour des cardinaux.)

– Durant tous les siècles où seul un Italien pouvait prétendre au trône de Pierre, il a été admis que l'archevêché de Milan et celui de Venise étaient les deux meilleurs marchepieds pour venir s'y asseoir. Dans la mesure où Mgr Angelo Scola est passé directement de la place Saint-Marc à celle du Duomo, on peut dire qu'il part favori. Et puis, quoi : il est temps de revenir à un pape italien, non ?

– Celui-là est Milanais aussi mais il n'est pas archevêque de Milan : il est ministre de la Culture du pape en partance. Vous imaginez Aurélie Filipetti devenir présidente de la République ? C'est bien pour cela que les chances de Mgr Gianfranco Ravasi ne sont pas des plus fortes. Par contre, en semant la division et la discorde parmi les cardinaux ritaux, il peut empêcher l'élection du précédent – ce qui serait très vilain.

– Il convient de le reconnaître, les catholiques du monde entier se sont, à l'usage, révélés fort satisfaits de leur pape polonais : est-ce une raison suffisante pour élire un Hongrois ? Un gamin, qui plus est, puisque Mgr Péter Erdő, archevêque de Budapest, a tout juste soixante ans. D'accord, il parle sept langues ; mais ce n'est pas une raison pour être hongrois. Cela dit, en tant que président du Conseil des conférences épiscopales européennes, personne mieux que lui ne connaît les Églises du vieux continent et les cardinaux qui les peuplent : ça doit aider, dans un conclave.

Pour les Européens, je crois que c'est tout : les Français peuvent aller se faire voir chez Plumeau. En revanche, si on veut un pape de langue française, là les chances augmentent considérablement avec…

Mgr Marc Ouellet (pour faire plaisir à nos cousins, on prononcera Ouelett'…) est archevêque de Québec, c'est dire s'il jaspine la langue aussi bien que vous et moi, même si c'est parfois dans des tournures bizarres. Comme il est le patron de la Congrégation des évêques et aussi celui de la Commission pontificale pour l'Amérique latine, ce ne sont ni les amis ni les obligés qui lui manquent. S'il veut être élu, il faudrait juste qu'il cesse de lâcher à tout propos ses hostie de calice, tabernacle, calvaire et autres ciboire

– Histoire de ne pas laisser notre Québécois se morfondre tout seul dans son Amérique du Nord, on lui adjoindra un pur natif de l'Ohio, Mgr Sean Patrick O'Malley, qui, dans sa lointaine jeunesse, a tenu le rôle du matou de gouttière dans Les Aristochats. Aujourd'hui, il porte une superbe barbe à la Landru, mais ça ne suffira pas, je le crains : comme c'est un méchant Yanki, tous les Latinos risque de voter contre lui. Mais on dit qu'il est très bien vu à Rome…

Et maintenant, passons aux candidats exotiques, aux cardinaux divers, aux papabile sensibles. Sortez les congas et les maracas…

– S'il est une Éminence qui ne craint aucune concurrence nationale, c'est bien l'archevêque de Tegucigalpa, (respirez bien à fond) Mgr Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, puisqu'il est le seul cardinal de son Honduras natal. Au passage, quand on doit écrire le sien, on se dit que c'est vraiment une bonne et belle chose que les papes changent de nom une fois élus. Il a beau être vaguement de gauche, il était déjà papabile à la mort de Jean-Paul II, ce qui lui donne une certaine ancienneté dans le métier. De plus, comme il joue de la contrebasse, du saxophone, du piano et de la guitare, il pourra faire le bœuf au moment de la crèche.

– S'il est argentin de souche, Mgr Leonardo Sandri a un gros avantage pour s'installer à Rome : son nom italien. C'est ce qui s'appelle jouer sur les deux tableaux. En tant que substitut de la secrétairie d'État, c'est lui qui est apparu au même instant dans toutes les télés du monde, en 2005, pour annoncer la mort de Jean-Paul II. Il était, à ce moment-là, le numéro trois dans la hiérarchie vaticane, donc il connaît déjà bien le boulot. Et comme il est préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, il peut toujours menacer ceux qui ne veulent pas voter pour lui de leur envoyer une escouade de tueurs russes.

– On termine en samba avec Mgr João Braz de Aviz, qui fut archevêque de Brasilia et qui, maintenant, bosse à Rome et non plus à nova (ce pitoyable calembour est un discret hommage à Nicolas, notre maître à tous). Lui, quand il était jeune prêtre, a été pris dans une fusillade (chose étonnante, dans ce pays si délicatement multiculturel) et s'est mangé une poignée de bastos dans les poumons et les intestins : cela ne l'a pas empêché de devenir cardinal ; et le voilà blindé contre un nouvel attentat, toujours possible s'il est élu.

Et alors ? Pas d'Africains ? vont s'époumoner nos belles âmes. Eh non, c'est encore un peu tôt pour eux, apparemment. C'est que les vieux cardinaux se souviennent encore de feu son Éminence Joseph Albert Malula, archevêque de Kinshasa, qui, lorsqu'il venait à Rome, voulait à toute force traîner derrière lui sa femme et les enfants qu'il lui avait faits, afin que Jean-Paul II les bénisse. Délicat…

Pour finir, et afin que nul ne vienne se foutre de ma poire si aucun de ces huit n'est élu, rappelons le fameux proverbe vatican qui a cours depuis des siècles : « Qui entre pape au conclave en ressort cardinal. »

Allez en paix, mes frères, il se fait tiare.

mercredi 6 avril 2011

Vous allez nous concasser les burettes longtemps, avec votre laïcité ?


Personnellement, je n'aurais rien contre le fait de le bazarder dans les poubelles de l'histoire malencontreuse, ce hochet pour débiles qui semble exciter si fort les ténors de l'UMP et la piétaille du PS. Laïcité ? La-ï-ci-té ? Mais, que le saint Chrême me patafiole, réveillez-vous : non seulement le mot est horrible, mais en plus sur l'ensemble du globe vous ne trouverez pas une personne sur cent mille pour avoir une vague idée de ce qu'il signifie – et c'est normal puisqu'il ne signifie rien. Rien de palpable, de dessinable, de transmissible, de terreux, d'enivrant, de soyeux ou d'argentin. Un concept suspendu dans le vide, inopérant et vacarmeux. Entérinons sa mort, à ce déjà cadavre, puis rétablissons le catholicisime dans ses prérogatives et ses ors de culte d'État. Bien entendu, les autres religions “du Livre” seront tolérées : on n'est pas des brutes non plus. Mais leurs divers sectateurs auront intérêt à se faire discrets – discrets, souriants et tout dégoulinants de respect.

À chacun son tour, les joies et bonheurs de la dhimmitude.

lundi 7 mars 2011

L'amusant fabliau des cocus de l'athéisme

Au fond, j'éprouve une espèce de tendresse, fortement teintée d'amusement, pour tous ces athées que la religion rend littéralement amok. Même pas la religion, d'ailleurs, mais simplement les mots qui se rattachent à elle. Vous prenez un garçon qui, dans les circonstances habituelles de l'existence, fait montre de réactions à peu près normales, et vous lui glissez à l'oreille Dieu ou église, ou péché, ou prêtre ou n'importe quel autre vocable courant ressortissant à ce domaine particulier ; aussitôt, vous allez voir sa figure virer au violacé, ses tempes ruisseler d'une sueur aigre, sa bouche se tordre, la bave lui venir aux lèvres, des propos sans suite et d'une insigne bêtise jaillir de sa gorge, etc. : il est devenu fou. Comme ça, d'une seconde sur l'autre, simplement parce que vous avez actionné son ressort secret : la religion. La religion catholique, naturellement. Car, les gens atteints de cette pathologie étant très majoritairement de gauche, il va sans dire qu'ils sont tout mansuétude et indulgence pour l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme, etc.

Peut-être faut-il chercher le secret de cette haine toujours prête à se dégueuler elle-même dans la conscience plus ou moins nette que ces amusants personnages ont de leur incurable infériorité par rapport à ces croyants qu'ils espèrent en vain atteindre (aussi en vain que Goudurix frappant sur le crâne du chef dans Astérix et les Normands) et qui se moquent bien de leurs prévisibles éructances. Penser que jamais ils ne pourront démontrer que ce sont eux qui ont raison, se dire que personne ne pourra, chez le catho d'en face, infirmer cette foi qui les fait trépigner de fureur, on comprend bien que cela doit leur être insupportable. Et c'est pourtant ainsi : si Dieu existe, les athées militants auront l'air de cons au moment de leur mort ; et s'il n'existe pas, nul n'en saura rien et personne ne viendra détromper le croyant, qui raflera donc la mise. Pour de petits jeunes gens qui, comme Modernœud, sont habitués à avoir toujours raison simplement parce qu'ils l'ont décrété, il y a là quelque chose de fort douloureux, pour ne pas dire d'inacceptable.

Se retrouver cocu devant l'éternité quand on l'est déjà politiquement avec une si belle régularité, vous avouerez…

lundi 15 mars 2010

Face à Dieu (réflexion en cours)


Pour les croyants, c'est un Oui,
les athées disent “non” et détournent leurs regards.
Mais pour tous les autres, ceux qui scrutent sans voir ?
Dieu, c'est leur grand Peut Être.

jeudi 23 avril 2009

À part les cravates, je ne vois pas ce qu'on pourrait lui reprocher

J'ai mis l'illustration à droite juste pour le faire chier. Pour l'entendre, mentalement, me traiter de vieux con. J'aime bien quand Nicolas me traite de vieux con : ça me donne l'impression d'exister un peu. Certaines fois – passons aux aveux –, j'écris un billet juste pour le plaisir d'imaginer sa bouille consternée (ou le museau furibard de Dorham, c'est selon).

C'est une sensation curieuse, d'avoir un ami d'enfance d'un an ou deux ; ça ne m'était encore jamais arrivé. Pourtant, il me semble que c'est le cas. Nicolas J et Didier Goux sont amis d'enfance : ça vous la coupe, non ? J'en connais que ça défrise hautement (pas lui, visiblement), parce qu'ils aimeraient bien faire entrer mon ami d'enfance dans l'une ou l'autre de leurs petites cases en préfabriqué (avec plein d'amiante dedans, je subodore). Mais Nicolas n'aime pas tellement les petites cases – il préfère la bière, et moi aussi. Nicolas ne prend pas au sérieux ce dont il parle, et très au sérieux ce qu'il tait ; moi aussi. Nicolas a une gueule de mec vivant ; et moi aussi, j'espère.

Nicolas, ce soir, a 43 ans : c'est une maladie que je connais bien, je l'ai eue – on s'en remet aisément, à condition de savoir se montrer léger. Or, justement, n'ayons pas peur de manier le paradoxe qui fait rire : Nicolas est indubitablement un garçon léger ; moi aussi, je crois – j'essaie.

En outre, Nicolas est un passeur efficace. Essayez par exemple de lui demander, au comptoir de la Comète, de vous passer votre verre : il le fera sans difficulté, et avec un naturel souriant qui trahit une longue habitude. Plus essentiellement, il peut aussi se révéler passeur d'âmes. À l'instar de saint Michel : psychostase et psychopompe (à bière, évidemment). Ainsi, il a réussi à me rendre ami d'enfance avec un gros nègre, moi dont, pourtant, il est de notoriété publique que je méprise profondément ces semi-gens à la peau anormalement sombre : c'est fort.

Nicolas est un homme avec qui on peut, parfois durant plusieurs heures, ne parler de rien ; moi aussi. C'est sans doute pour ça qu'on a envie de le revoir dès qu'on reste un moment sans le faire. Et, en général, on y revient : Nicolas J aurait pu s'appeler Félix Potin, même si la mentalité d'épicier lui est assez étrangère.

Enfin, bien que de gauche, et nonobstant ses cravates, Nicolas est un homme élégant – je n'ose dire : moi aussi, ce serait par trop inélégant. Il a l'élégance du sourire, du regard, l'élégance du comptoir, une certaine élégance de vie.

Et puis, il paie volontiers sa tournée, ce qui reste inestimable.

vendredi 20 mars 2009

Étonnez-moi, Benoît

« Il nous faut un pape en phase. Un pape à la botte, au pied, aux ordres, aux mots d’ordre, un pape qui file doux et qui respecte les nouveaux règlements. Les nôtres. Un pape qui lâche ses bondieuseries pour notre eau bénite et ses patenôtres transcendantes pour nos homélies multiculturelles. Un pape qui, cessant de bêtement parler des “errances de la modernité”, nous rejoigne dans nos divagations divines. Un pape à roulettes et en culottes courtes. Un pape citoyen. Un pape qui sorte du Saint-Siège, une bonne fois, en poussant le cri primal, pour n’y plus jamais revenir. Un pape qui dégraisse la doctrine, dépoussière le Vatican, se batte pour la légalisation de l’euthanasie, prenne fermement position en faveur de la procréation assistée comme pour le mariage des prêtres et l’ordination des femmes. Un nouveau pape comme il y a de nouveaux pères, un pape qui porte le petit Jésus sur son ventre, dans un sac, comme les mamans kangourous (“Habemus mamam !”).

« Un pape vigilant sur le respect de la laïcité. Un pape qui proteste avec nous contre la mise en berne des drapeaux de la République en hommage au pape défunt. Un pape qui participe aux fanfares de soutien à Florence Aubenas et s’occupe de lâcher des ballons plutôt que de promulguer des bulles. Un pape qui milite pour les couloirs de bus, la candidature de Paris ville olympique en 2012 et l’opération “Ici c’est 100% sans tabac” (s’il pouvait, par la même occasion, nous donner un petit coup de pouce pour faire un peu remonter le oui à la Constitution européenne, ce ne serait pas plus mal). Un pape soucieux de l’amélioration de la qualité de l’air. Un pape résolument décidé à laisser tomber ses lamentables discours normatifs sur le sexe pour rejoindre les nôtres. Un pape conciliant et pas conciliaire. Un pape bon apôtre, en somme, et conscient de tous les chantiers prioritaires qui l’attendent. Un pape d’époque. Un pape comme l’époque. Un pape-époque. Un pape-société. »

Philippe Muray, Le Pape, mai 2005.


Ajout de six heures du soir : en complément, à propos des récentes déclarations de Padre Benito, seizième du nom, on lira ceci avec profit...

lundi 9 février 2009

À propos de l'affaire Williamson

Benoît XVI a-t-il eu raison ou a-t-il commis une boulette ? En tout cas, on en cause...

dimanche 9 novembre 2008

Il serait temps

Benoît XVI a reçu jeudi dernier à Rome des dignitaires musulmans pour trois jours de discussions théologiques et sociologiques avec des responsables catholiques. Le pape leur a clairement rappelé sa préoccupation de voir respectée « la liberté religieuse pour tous et partout ». « Les responsables politiques et religieux ont le devoir d’assurer le libre exercice des droits fondamentaux dans le plein respect de la liberté individuelle de conscience et de la liberté religieuse », a-t-il déclaré lors de cette première édition du Forum catholiques-musulmans.

Alors que les violences commises à l’égard des minorités chrétiennes dans les pays musulmans se multiplient (Algérie, Irak, Turquie, Pakistan, Afghanistan, Indonésie, etc.) et que la religion catholique ne peut toujours pas être pratiquée en Arabie saoudite, certains participants musulmans ont préféré faire diversion. Comme le mufti de Bosnie, Mustafa Ceric, chef de la délégation musulmane, qui a rappelé « le génocide subi par (ses) frères bosniaques musulmans » pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Ou encore l’universitaire américain Seyyed Hossein Nasr, mettant en garde les chrétiens contre « un prosélytisme agressif qui détruirait notre foi au nom de la liberté ». Qui est responsable d’un prosélytisme religieux agressif en Europe depuis des années ?

Source : Novopress.