dimanche 18 mars 2012

La décadence de la civilisation islamique vue par Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun  est cet illustre historien berbère – il était né à Tunis – qui a posé les bases d'une histoire que l'on pourrait qualifier de scientifique, si tant est que ce ne soit pas un abus de langage. Comme il vivait au XIVe siècle et occupa divers postes importants dans les sphères politiques de son temps, notamment auprès du sultan de Grenade, dernière enclave mahométane en terre espagnole, il était aux premières loges pour observer le déclin irrésistible de la civilisation arabo-islamique, au profit de sa rivale chaque jour plus puissante, la civilisation chrétienne occidentale. Il dresse ce constat :

« On dépense au-delà des traitements, le revenu devient insuffisant, les pauvres meurent d'indigence, les riches dilapident leurs émoluments en dépenses de luxe, et cet état de choses empire de génération en génération, jusqu'à ce que les traitements deviennent insuffisants.  On commence alors à sentir les affres du besoin. Comme les besoins du gouvernement se multiplient, les impôts s'élèvent et pèsent lourdement sur le peuple. S'attaquer aux hommes en s'emparant de leur argent, c'est leur ôter la volonté de travailler pour acquérir davantage, car ils voient qu'à la fin on ne leur laisse plus rien. Le désordre se met dans les affaires, et les hommes se dispersent pour aller chercher dans d'autres pays les moyens d'existence qu'ils ne trouvent plus dans le leur. La population de l'empire diminue, les villages restent sans habitants, les villes tombent en ruines. »

Le lecteur perspicace a déjà subodoré que je ne suis guère familier de l'œuvre d'Ibn Khaldoun et que cette citation est de seconde main. Elle l'est même de troisième : cité par l'historien des sciences Jean Gimpel dans son livre intitulé La Fin de l'avenir, celui-ci l'est à son tour, cité, par Jean Staune dans La Science en otage, que je viens de terminer et dont je recommande chaleureusement la lecture. Le livre est sous-titré : Comment certains industriels, écologistes, fondamentalistes et matérialistes nous manipulent, ce qui me dispense d'en dire davantage, il me semble. Les chapitre du début, consacrés aux théorie de Darwin, sont particulièrement savoureux, puisqu'on y voit les créationnistes les plus obtus et les darwiniens intégristes utiliser les mêmes astuces manipulatrices, procéder aux mêmes exclusions et intimidations, bref : devenir de parfaits doubles mimétiques. On apprend aussi des choses assez peu reluisantes sur les silences et les contre-vérités des “réchauffistes” radicaux, lesquels se gardent bien d'informer leurs lecteurs de ce que le climat a brusquement cessé de se réchauffer en 2000 et qu'il reste depuis parfaitement stable. Et on se divertit de voir les militants antinucléaires les plus virulents travailler en fait dans le même sens que le lobby de l'atome.

Mais on me répondra sûrement que, étant catholique, Staune est par avance disqualifié, quoi qu'il puisse dire ou écrire. Néanmoins, scripta manent, n'est-ce pas…

11 commentaires:

  1. C'est curieux mais le constat de Ibn Khaldoun me fait penser à quelque chose… mais je ne sais plus vraiment quoi…
    Par contre, puisque vous parler de Darwin, il me vient à l'esprit cette citation de Cioran : "Au zoo. Toutes ces bêtes ont une tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin."

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    1. Moi aussi, il me fait penser à quelque chose. Mais c'est sûrement qu'on a mauvais esprit.

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    2. Oui c'est certainement cela…

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  2. De la même façon, aucun avion n'est tombé sur le Pentagone en 2001 et les tours jumelles ont explosé à cause d'un complot de la CIA.

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  3. Ibn Khaldoun, valeureux homme... ^^

    http://incarnation.blogspirit.com/archive/2011/01/09/les-arabes-selon-ibn-khaldoun.html

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  4. Ibn Khaldoun a aussi écrit des choses pittoresques sur les Noirs :

    "«Il est vrai que la plupart des nègres s'habituent facilement à la servitude ; mais cette disposition résulte, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, d'une infériorité d'organisation qui les rapproche des animaux brutes.[sic]"

    http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=12&ID_dossier=123

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  5. Marchenoir a un catalogue bien fourni en matière de racisme.
    Citant un auteur du XIVème siècle, il veut nous dire, que rien n'a changé. Je vous l'avais bien dit; les noirs sont comme ci ou comme ça.
    Sept siècles n'y font rien, Marchenoir pense toujours ainsi. Un moderne!

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    1. Et qu'est ce qui, au cours de ces sept siècles, aurait fait changer les noirs? Les bienfaits de la colonisation? Le succès phénoménal de la démocrate africaine depuis l'indépendance ?

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    2. Léon sait, mieux que moi, ce que je veux dire.

      En revanche, je crois bien que Léon, depuis qu'il parle ici, n'a jamais rien dit. Mais rien de rien.

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  6. "Léon sait, mieux que moi, ce que je veux dire".

    hélas, oui!

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  7. Une précisions: vous écrivez "dernière enclave mahométane", jamais un musulman se dira "mahométan" , il se présente comme "musulman".. C'est donc "dernière enclave musulmane"

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