mardi 18 septembre 2012

Grand miroir de mon désespoir


Donc, si j'en juge d'après certains commentaires rageotants du billet précédent, il ne suffit plus que la musique, en notre époque, ait presque totalement disparu des écrans radars (même France Musique n'ose plus qu'à peine en diffuser, ou alors en s'excusant ; France et Musique : deux mensonges… deux souvenirs…), que les compositeurs soient ipso facto réduits au silence ou à la masturbation chromatique : il faut encore piétiner ce qu'il en reste, l'affubler d'un nez rouge afin de pouvoir y rire, la grimer jusqu'à la rendre méconnaissable, glisser par derrière un putois sous ses robes afin que les enfants se bouchent le nez si d'aventure ils parviennent à la croiser, la traiter par le brocard, le mépris et la haine, tel Quasimodo sur sa roue ; la tuer n'est qu'un prologue, il faut maintenant en effacer les traces, persuader au monde qu'elle n'a jamais existé ou bien qu'elle est ailleurs, tout à fait ailleurs, que ses orchestres sont des fantômes, qui boivent le sang des vierges si on les laisse vagabonder un tant soit peu. De la musique il ne subsiste plus que sa Fête ; le 21 juin, c'est la Saint-Barthélémy d'Euterpe (la vraie, pas Mme Mime…)

Dans son coin, la littérature aurait bien tort de ricaner : l'estrapade l'attend et c'est sans doute pour bientôt. Il y a des signes avant-coureurs : essayez donc de parler de Claude Simon ou de Nathalie Sarraute, tiens, pour voir…

53 commentaires:

  1. La fin est biaisée: Claude Simon, oui, vraiment, une écriture forte du genre forteresse, l'élégance de la pierre si je puis me permettre cette oxymore.. . Mais N. Sarraute n'a pas pas cette densité, cette façon de conduire un récit à partir de l'écriture même. Elle est inteligente. Ce qui ne suffit pas à en faire un(e) bon(ne) écrivain(e). Les parenthèses sont là pour...

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  2. Bon. Je vais mettre de la musique dans mon blog pour faire croire que j'ai un blog littéraire et musical.

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  3. Non mais vous êtes un hystérique paranoïaque pervers compulsif, vous ! Salaud de nazi qui infligez du Boulez matin, midi et soir à vos pauvres lecteurs assoiffés de culture vraie, sincère, vivante et révolutionnaire ! Au bûcher, crypto-élitiste sadique, hyène dodécaphonique, satrape de la dissonance !

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  4. Vous êtes bien sombre...
    Et Nathalie Nothomb alors ?

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  5. Chritine Angot, Chloée Delaume etc....
    Non vraiment, la relève est assurée, pétillante, rebelle, anticonformiste.
    Pour ce qui est de la musique, sur les ondes je n'ai pas fait de sondage, mais déplacez-vous un soir de votre tannière à la salle Pleyel et vous verrez que tout n'est pas perdu.

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  6. Nan, mais faut arrêter de déconner un peu. Pour mettre tout le monde d'accord, voici un morceau parfaitement indépassable:

    http://www.youtube.com/watch?v=oijunPaCRZo (non je ne sais toujours pas faire les liens).

    Tout ce qu'il y a eu avant était de la merde, tout ce qu'il y a eu après était de la merde.

    On peut se remettre à cogner sur les barbus cocos et salafistes maintenant?

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  7. Mais non, cher Didier, la musique n’a pas disparu telle Eurydice aux yeux d’Orphée ! Elle est bien vivante et toujours bien-aimée.
    Voici pour vous.( Quelques minutes hypnotiques pour vous garantir les plus doux des rêves).

    http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/media/1460/Passion%20-%20Pascal%20Dusapin/

    Cet opéra peut être visionné en « streaming » comme on dit jusqu’au 1e octobre mais l’image, même accompagnée du son ne rendra jamais l’atmosphère de la salle, toute pleine de frémissements, de soupirs, de plaintes minuscules captées directement sur le corps des chanteurs.
    Aline

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    1. Chère Aline, merci pour ce lien ! Je vais essayer d'écouter ça ce matin (pas facile, dans un bureau…).

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  8. Soyons honnête: la plupart des romans de Claude Simon sont magnifiques, du Vent au Tramway en passant par Histoire et les Géorgiques (en sautant peut-être Pharsale et la phase ultra-Ricardolienne), et la plupart des œuvres de Boulez sont inécoutables, l'ont toujours été, et le resteront pour les siècles à venir, en dépit de toutes les tentatives d'intimidation. Ce n'est pas de sa faute, c'est une impasse historique, comparable à celle de l'Ars Nova tendance subtilior, voilà tout, dans laquelle il a eu le malheur de naître.

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    1. Si vous le dites… Personnellement, je ne me hasarderais pas à prédire ce qui sera ou ne sera pas écoutable (et écouté) ne serait-ce que d'ici trente ans.

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    2. Mais enfin, il n'y a rien à prédire du tout! Le Marteau sans Maître date de 1955. Boulez n'est un peu joué ici et là que parce qu'il dirige lui-même ses œuvres, et encore, en les panachant de Ravel ou de Berg. Barraqué est mort en 1973 et sa sonate date de 1952. Qui l'écoute ou qui fait semblant de le faire? Je ne conteste pas que ces gens soient des génies. Peut-être des compositeurs pour compositeurs. Il reste qu'une bonne partie de la musique contemporaine a voulu s'émanciper de paramètres physiologiques de l'écoute musicale pour s'intéresser exclusivement à des règles de fabrication toujours plus sophistiquées, et qu'elle s'est plantée. Ça n'a rien à voir avec une quelconque déculturation du public.

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    3. Boulez ne serait joué que parce qu'il se met lui-même au programme ? Les trois sonates pour piano sont jouées extrêmement souvent, et ce par de très nombreux pianistes du monde entier. La sonatine est jouée extrêmement souvent. Éclats/multiples est très souvent joué, Messagesquisse et le Rituel aussi. Le Marteau est très souvent joué, et pas par Boulez ou l'Intercontemporain. Même les Structures pour deux pianos le sont plus que vous ne l'imaginez. Ses œuvres récentes pour orchestre, si elles sont également jouées, le sont peut-être un peu moins en raison de contraintes technico-administratives assez difficiles à satisfaire, ce qui est un problème commun à tous les compositeurs qui utilisent des effectifs hors du commun et/ou coûtant cher, avec des machineries complexes à mettre en œuvre, nécessitant des salles adaptées, comme Répons, entre autres. Avez-vous entendu une de ces œuvres pour orchestre (Répons, Dérive 2, Sur Incises, Explosante/fixe, Notations…) en étant dans la salle, au moins une fois, M. Brunet ?

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    4. Ce sera mon dernier message ici. Il se trouve que l'an dernier, je suis allé au concert avec plusieurs amies qui me disaient "ne pas aimer la musique contemporaine". Au programme… Boulez ! Sur Incises, pour être précis. Et non, ce n'était pas Boulez qui dirigeait. Il y avait au même concert En blanc et noir de Debussy et la Sonate pour deux pianos et percussions, de Bartok.

      La pièce de Boulez a été la plus appréciée.

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    5. Ah pardon, Georges, mais ce n'est pas En blanc et noir mais en rouge et noir.

      Et c'est Jeanne Mas.

      J'messcuse, mais quand même !

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    6. Et revoilà le parasite Boulez, toujours à s'accrocher aux vrais musiciens, Bartok ou Debussy.
      Toujours le même principe qui nous fait gober du Buren alors qu'on était venu admirer du La Tour, la grosse escroquerie visant à nous faire croire qu'il y a une tradition, une continuité entre des gens qui n'ont rien à voir entre eux, et qu'il faut aimer aussi Boulez, si l'on aime Debussy, puisqu'on les joue ensemble. Mais ces accouplements monstrueux n'ont rien de scientifique ni même de simplement sérieux ; ils sont le fait des institutions, c'est-à-dire bien souvent de fonctionnaires du ministère de la culture. C'est une politique d'Etat et certainement pas la sanction de la postérité.

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    7. Mais oui, mais oui, EXTRÊMEMENT souvent, c'est-à-dire à peu près 3 millions de fois moins souvent que Schubert, Bach, Beethoven, Mozart, Stravinsky etc... Il est sans précédent dans l'histoire de la musique, que celle-ci (la grande, la seule, la vraie, celle qu'il ne faut pas confondre avec les single de Sheila) soit représentée à 99% en disques, en concerts ou par quelque critère mesurable que ce soit du temps d'écoute, par de la musique composée il y a largement plus d'un demi-siècle. Cette situation n'existe ni en littérature, ni dans les arts plastiques. Il faut expliquer ce phénomène, et ce n'est pas la grande déculturation de machin-chose qui fera l'affaire.

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  9. Déjà, parler de Julien Gracq...

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  10. Cronos a dévoré ses enfants
    Le show-bizz a dévoré la musique
    Les "arts plastiques" ont dévoré la peinture et la sculpture
    La (à vous de le dire)… a dévoré la littérature
    etc etc…
    et moi j'ai dévoré ma palette demi-sel aux lentilles
    rien que pour moi

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  11. Je me sens un peu visé.
    La gloire, enfin !

    Maintenant, si LA littérature, pour vous, c'est Claude Simon et Sarraute, et LA musique Boulez (j'imagine que pour LA peinture ce sera Soulages), évidemment, on a quelques chances de ne pas être d'accord, même si pour le reste je rends hommage à votre sagacité.

    Regardons l'hypothèse en face et avec le sérieux nécessaire.

    Et si en effet littérature, peinture et musique, au sens ancien de l'histoire des arts, étaient mortes ? Est-ce vraiment inenvisageable ? Et si les vrais artistes s'étaient réfugiés dans ce qui reste vivant, c'est-à-dire les arts populaires, cinéma, musiques rock, pop, etc. ?

    Voilà qui ne me paraît pas si délirant.

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    1. Certes, dans ce débat, Georges/Polo, je n'ai pas d'autre choix que d'être dans le camp de Georges ( ce qui me tord l'estomac) . Mais la partie est très inégale. C'est Polo qui prend tous les risques (inutiles), qui essaie de défendre sa position (intenable ),  qui creuse pour trouver des arguments (idiots). Georges, lui, il est tapi en embuscade, et se contente de canarder tout ce qui bouge en ricanant, sans argumenter sur quoi que ce soit...

      Bien sûr, on ne voit pas trop sur quel roc cognitif on peut s'appuyer pour trancher la question de savoir si Boulez est ou non un grand compositeur ou un grand chef d'orchestre ( la tentative , pas forcément stupide de distinguer les deux a rencontré l'ironie de Georges mais tout rencontre l'ironie de Georges... Personnellement, je ne connais aucun autre chef que Boulez qui soit arrivé à faire quelque chose d'audible et de "tendu" de ce tintamarre impossible  qu'est en général le dernier mouvement de la 7eme de Mahler. Rigole, Georges...), mais c'est le cas de la quasi -totalité des discussions... Quel que soit le sujet, on discute sur du mou et sur du flou, et il ne saurait être question s'abandonner le terrain aux prétendus experts qui vous écrasent de leur morgue (sinon, autant admettre que Mucchielli a toujours raison). 

      Ceci dit, il est évident que la musique classique "moderne" ne fait pas appel aux mêmes dispositions d'écoute que la musique classique tout court ( qui ne se limite pas à la musique "classique "  ).  Et on ne s'en sort pas en tombant dans le relativisme généralisé (dans le genre "qui sait, on écoutera peut-être du Boulez dans le métro dans 50 ans "- oui, peut-être, mais peut-étre que ... n'importe quoi...). Au lieu de se foutre de la gueule de Marco Polo, il serait peut être plus intéressant de se demander pourquoi la musique du XXeme siècle a ce statut si particulier  et de lui offrir quelques pistes lui permettant de se faire l'oreille à des harmonies moins immédiatement accessibles. 

      Bien sûr, je n'ai pas les mêmes goûts que Georges. D'ailleurs, comme Georges ne les expose ni ne les argumente, il est en position parfaite pour ridiculiser ceux des autres.  Et le cœur de mes goûts n'est probablement pas éloigné de celui de Marco. Sur l'ile déserte, j'emporterais Tristan. Et pourtant, peu à peu, de Schoenberg à Berg, de Schostakovitch à Gubaidulina, il m'arrive d'écouter du Scelsi ou du Feldman ... Du Boulez, justement, pas trop... Marco, si vous voulez vous priver de ce plaisir, pourquoi tenez vous tant à en dégouter les autres ?

      Un moment, j'ai cru que la réponse était  politique. Que ce qui révulsait Marco dans le moderne, c'est le point où il nous a conduit. Effectivement,  je pense 
      que ceux qui ont déconstruit l'harmonie traditionnelle, l'image traditionnelle, le récit traditionnel, les légitimités traditionnelles, ont une responsabilité mecanique evidente dans le désastre culturel que nous connaissons. Et pourtant, cette entreprise de  déconstruction est intellectuellement excitante, esthétiquement fascinante, et probablement historiquement inévitable. Je n'ai jamais rien trouvé pour sortir de ce paradoxe.

       Mais  maintenant, Marco nous explique que les véritables artistes se sont cachés dans les arts populaires.  C'est plus ou moins la thèse de Jack Lang. Là, je jette l'éponge.

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    2. Vous revoilà nietzschéen comme toujours mais, Monsieur Marco, si la vie est la source de toute valeur, comment comprendre votre jugement sur la musique des grands musiciens morts et votre dégoût à l’abord de Boulez, musicien vivant et s’adressant encore de façon stimulante et créatrice à des auditeurs vivants. Enfin il me semble que c’était le cas de Georges ce matin encore.

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    3. K2R… (sic) Je ne vais pas vous répondre sur le fond parce que vous m'êtes tout à fait antipathique. Je vais seulement dire, ce que Didier Goux sait parfaitement d'ailleurs, bien qu'il se garde soigneusement de le dire, que ce que vous dites est faux, qu'il m'est arrivé souvent (mais pas ici, c'est vrai) d'argumenter très longuement, très sérieusement et de manière assez approfondie, lors de conversations passionnantes, sur les sujets que vous abordez dans votre message. Il faut vous y faire, c'est la vie, on ne discute qu'avec ceux qu'on a choisis, parce qu'ils sont compétents, honnêtes intellectuellement, intelligents, cultivés, sachant un minimum de quoi ils parlent, ou tout simplement sympathiques. Ces conditions n'ayant jamais été remplies dans un blog, en tout cas dans celui-là, je me suis toujours tenu à l'écart de ses soi-disants débats, qui ne m'intéressent pas à ces conditions, c'est vrai. Il y a d'autres lieux pour ça. Ce que vous dites à mon propos est doublement faux, parce que mon blog, qui comporte à ce jour, près de 1700 articles, n'est pas exempt de tentatives d'analyse, avec lesquelles on peut parfaitement être en désaccord, mais dont on ne peut pas se débarrasser d'un revers de main de blogueur négligent. Vous qui venez me faire la leçon, vous avez fait QUOI, dans ce domaine (ou dans un autre) ? Parce que, question morgue et jugements à l'emporte-pièce, il se trouve que vous vous posez un peu là, dans le peu que j'ai lu de vous. Cela fait cinquante ans que je pratique la musique, et quarante ans que je me passionne pour la création contemporaine, à laquelle j'ai participé activement, vous vous doutez bien que ce genre de conversations n'a pas manqué dans ma vie. C'est tout à fait extraordinaire, ces hôpitaux qui se foutent de la Charité, sur Internet !

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    4. Georges, je n'ai pas vocation à combattre toutes les contre-vérités qui sont proférées à votre sujet : vous le faites fort bien vous-même. Mais, en effet, je sais que vous écrivez souvent sur la musique, pour avoir lu la grande majorité des billets en question. Et même en souhaiter davantage.

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    5. Mais bon sang de bonsoir, où ai-je dit que ce qu'écrit Georges sur SON blog n'était pas fin, intelligent, et argumenté??? Où-ai je dit cela??? Humainement, ce type est vraiment un étron de première...

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    6. K2R, merci pour votre long message, qui rend bien compte de la disproportion des forces en présence et où, comme vous le dites, j'assume tous les risques. Ce qui fait que Georges est disqualifié, puisqu'il ne dit strictement rien. Dès lors je ne vois pas très bien pourquoi vous prendriez malgré tout son parti. C'est bien votre droit, évidemment, mais sur quelle base travailler, puisqu'il n'y en a pas ?

      Peut-être détestez-vous par principe tout ce qui est composé sur des guitares électriques et chanté par des Anglo-saxons, ce qui expliquerait en effet l'impossibilité où vous êtes de me rejoindre. Ce n'est pas un drame, et vous ne seriez pas le seul dans ce cas.

      Vous posez intelligemment (pardon pour la flatterie, mais j'essaie de vous rallier à ma noble cause) la question du critère qui permettrait de distinguer le grand compositeur du simple et bavard faiseur. J'ai déjà donné une piste, qui vaut ce qu'elle vaut, en faisant observer que la musique vivante ne devrait pas avoir tant besoin de s'auto-inscrire de force dans l'histoire de la musique. C'est un indice peut-être ténu et ambigu, mais je le crois pertinent. Avec Boulez, comme avec ses cousins plasticiens d'aujourd'hui, on est constamment renvoyé à l'héritage (déconstruit/reconstruit et transfiguré, bien sûr, et toutes ces fariboles), bref au passé ou plutôt à l'histoire, c'est-à-dire au passé digéré et transformé. C'est un art de références et de clins d'oeil, un art pour critiques et historiens plus que pour un public, fût-il éclairé. Au-delà de cette piste, il y a bien sûr mon aversion physique pour la "musique" de Boulez, mais c'est moins facilement communicable, sans oublier son caractère terriblement officiel, estampillé et politiquement valorisé, qui ne me dit rien qui vaille.

      En face de cela nous avons Georges qui trouve "beau" Boulez, bien qu'il ait vieilli.

      En ce qui me concerne, mes goûts me portent vers à peu près tous les musiciens de tous les temps, y compris d'aujourd'hui, qui ont pour volonté de faire de la bonne et grande musique au lieu de vouloir épater les ministres, les critiques de musique sérielle et trois ou quatre snobs parisiens. Je pense de Boulez ce que je pense de Soulages en peinture, à savoir que personne ne peut vraiment aimer ça, parce qu'il n'y a rien à entendre, à voir, et donc à ressentir. Ce n'est pas de la peinture, ce n'est pas de la musique, et je ne doute pas un instant que les siècles sauront faire le tri et que les grandes étendues noires de Soulages, pour rester dans la comparaison, feront rire mes petits enfants plus qu'elles ne m'auront fait pleurer.

      Si mon dicrours vous paraît un peu radical ou excessif, n'en déduisez pas trop vite qu'il est insignifiant. C'est peut-être qu'il est à la hauteur de l'escroquerie qu'il entend dénoncer, et qu'à force de me prendre pour une bille, Boulez à fini par m'énerver.

      Quant aux arts populaires, je ne vois pas en quoi cela nous ramènerait à Jack Lang, qui au contraire n'a jamais fait qu'encenser des Boulez. Mais encore une fois, si vous êtes allergiques aux amplis, à la distorsion des guitares et à la bonne grosse batterie, on ne peut pas se comprendre sur ce point.

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    7. Maeco, merci au moins de ne pas me couvrir d'injures ! Non, nous n'avons pas du tout les mêmes goûts et je suis totalement allergique à ce que vous aimez. Pour le reste , je voudrais vous répondre, mais il faut vraiment que j'aille bosser. Plus tard, peut-être, si ce fil est encore d'actualité. Si je prenais partie pour Georges, c'est précisément parce que je lis son blog. Mais je ne comprends vraiment pas pourquoi il intervient ici si c'est pour le faire de cette manière. A plus tard, si Didier le permet.

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    8. Bon, je vais poser la question qui tue.
      Quelqu'un, ici, a-t-il déjà essayé d'écouter les productions de Georges ?
      Ou de voir ce qu'il peint (ou colle, ou barbouille sur un écran) ?

      Parce que, sans vouloir être méchant, cela explique bien des choses. On me dira que je n'ai rien à présenter qui serait supérieur et donc que je ferais mieux de me taire. C'est sûrement vrai, mais que cela n'empêche personne d'aller se faire une opinion.

      Et puis je ne pense pas un seul instant que Georges soit l'atrabilaire misanthrope qu'il se vante d'être. Justement parce qu'il s'en vante beaucoup, et que s'il l'était il ne tiendrait pas un site où l'on peut voir des échantillons de son art. Il resterait dans sa cabane au fond d'un bois et nous ficherait la paix, non ?

      En réalité, je le soupçonne d'être gentil.

      Un mot pour répondre à "Au secours" : je ne pense pas que Boulez soit vivant, ni qu'il l'ait jamais été. Ce type est né avec une encyclopédie de la musique à la place du cerveau, et son coeur n'a battu que quand son nom y est finalement apparu. Pour Georges j'ai un doute. Sa propension à aimer ce qui est mort et à ne pas même remarquer ce qui est vivant en ferait quelque chose comme un nécrophile.

      Mais un gentil nécrophile.

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    9. 4'33" de John Cage a été donné aux ouvriers de Fiat dans les années 70, à l'invitation du comité d'entreprise (ou son équivalent en Italie). A la fin de l'interprétation le public a crié "bis".

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    10. Monsieur Polo, il vous est arrivé, ici, de considérer que de telles attaques quasiment ad hominem ou faisant état de votre statut n'avaient pas beaucoup de valeur argumentaire. Je me permets de vous retourner ce jugement. Il y a chez Georges des textes admirables et, pour qui sait y être attentif, la profondeur d'un amour absolu. Je donne sans hésiter vos écrits les mieux structurés, les mieux argumentés contre une seule des fulgurances qui, là-bas, m'ont sorti de moi-même.

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    11. Ben ouais, fallait bien que quelqu'un nous fasse le coup du carré blanc sur fond blanc en musique, et c'est Cage qui s'y est collé.
      Boulez, lui, s'est plutôt inspiré de Piero Manzoni.

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    12. « Bon, je vais poser la question qui tue.
      Quelqu'un, ici, a-t-il déjà essayé d'écouter les productions de Georges ? »

      Alors là, Monsieur Polo, soit vous lisez mal ce blog, soit depuis pas assez longtemps. Oui, j'ai beaucoup écouté (et il m'arrive encore…) les “productions” de Georges, et j'ai même essayé d'en parler.

      Ici.

      Et ici.

      Et aussi là.

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    13. J. Vincent : Georges passe son temps à vouloir ridiculiser tout le monde, alors ce n'est pas en attaquant ce personnage que j'aurais mauvaise conscience.
      Cela dit j'ai lancé une ou deux piques un peu faibles, je l'admets.
      Si vous préférez les fulgurances aux arguments c'est votre droit. A mon avis c'est dommage, et c'est aussi trop facile.

      Didier : oui, c'est vrai. C'est d'ailleurs à cause de vous que je suis allé écouter moi aussi. Plein d'espoir.

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    14. Monsieur Polo, je préfèrerai toujours la valeur d'effraction sur le sens commun que nous proposent les fulgurances des créateurs - et Georges en est un ; je la préfèrerai même parfois au sage ressassement de ce qui est su ou connu et à la lente et exigeante escalade des épaules des géants etc... à quoi vous excellez et en quoi je vous apprécie. C'est précisément de vous voir quitter ce registre qui a motivé mon commentaire.

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    15. Ah bon, si vous me flattez un peu quand même, ça va, j'accepte !

      Moi aussi j'aime bien certains textes de Georges. Je les trouve un peu trop écrits, parfois. Il peut en faire trop. Mais dans l'ensemble c'est très agréable à lire, quelquefois même revigorant. C'est dommage qu'il prenne toujours ce ton méprisant dans les commentaires.

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  12. Claude Sarraute et Nathalie Simon sont connues du public télévisuel, est-ce une consolation ?

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  13. Ben oui, Claude Simon, essayez donc d'en parler pour voir. J'ai fait une courte recherche sur votre blog, et on voit bien que vous essayez d'en parler, mais de là à y arriver, c'est autre chose...

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  14. Marco Polo confond l'art populaire et la "culture" industrielle de masse. L'art populaire est mort, bien mort. Le cinéma, la musique rock et pop relèvent de la culture industrielle destinée aux masses. Les grands concerts de rock et de pop, l'hystérie qu'ils suscitent me font penser aux grands rassemblements de... heu...zut,je vais toucher le point Godwin... Ces musiques qui doivent plus à la technique qu'à l'homme dans sa totalité ( la voix, la main,la chair, l'esprit, le cœur) témoignent peut-être d'une aspiration à la transcendance mais ne transcendent rien, ne subliment rien.
    Pas le temps d'en dire plus. Mon commentaire est forcément réducteur.Désolée.

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    1. Il n'y a pas de chanteurs dans de petites salles où on peut boire une bière entre potes ? Merde alors, j'ai dû rêver.
      Allez voir "Heima" sur You Tube, c'est gratuit. 1h30 de concerts en Islande du groupe local Sigur Ros, devant 100 ou 200 personnes, parfois moins, par l'un des meilleurs groupes du moment. Une magnifique tournée formidablement filmée. Avec de vrais instruments et une vraie émotion. Même la fanfare du village a participé.
      Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

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  15. D'où je suis j'entends encore l'orchestre qui joue. Je ne distingue pas vraiment si c'est du Boulez ou du Sarraute. D'ailleurs, doit-on dire Boulaise ou Boulé ?

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  16. Ma journée est ensoleillée, j'ai appris un nouveau nom de torture.

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  17. Il est triste de constater que notre pays use allègrement de l'eau de Javel afin qu'on puisse arriver à un niveau certain de médiocrité,
    dans le but que la culture devienne intelligible à la masse. Celle-ci n'aime pas ce qu'elle ne comprend pas.
    Ces clowns comme vous dîtes, seront nos héros.
    Bonne journée.

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  18. Je ne sais pas si quelqu'un, ici, a déjà essayé d'écrire quatre mille signes sur un animateur de TF1 tout en écoutant Passion de Dusapin, puis les Gruppen de Stockhausen, mais c'est vraiment une expérience limite, j'peux vous dire…

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    1. Est-ce que c'est Stockhausen que joue la pianiste dans le film Celles qu'on n'a pas eues?
      Si c'est le cas, je pique un rire nerveux à imaginer la scène que vous décrivez.

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  19. "Georges, lui, il est tapi en embuscade, et se contente de canarder tout ce qui bouge en ricanant, sans argumenter sur quoi que ce soit..." Je partage l'avis de K2R. Voilà qui est parfaitement résumé.
    Avant-hier, j'ai commis l'erreur de publier un post concernant la musique classique. Je concède que ce post , rédigé vite fait, sans relecture, n'était pas d'une clarté absolue.
    Bien entendu, je me suis fait allumer à double titre. Le premier étant que je suis une cible systématique de cet individu, quoique j'écrive. Je ne suis pas le seul dans ce cas, mais là n'est pas le sujet. Monsieur Georges doit s'ennuyer terriblement pour consacrer ne serait-ce qu'une demi seconde à une prose ou à une personne qu'il déteste de façon quasi pavlovienne. Il n'a recours qu'à deux stratagèmes : la scatologie et l'embaumement des avis ou des formulations qu'il rejette. C'est pauvre. Et il n'a toujours pas compris que je m'en tamponne le coquillard.
    Le deuxième tient dans le fait que Monsieur Georges est un ancien professeur du Conservatooooiiiire. A ce titre, personne ne peut exprimer quelque avis musical sans se faire allumer. Sans que l'on connaisse vraiment le sien. Sur son blog, il déclare aimer Mozart et Beethoven, ce qui est d'une folle originalité par ailleurs.
    Mon post exprimait (maladroitement) ma préférence de direction d'orchestre entre celles de Gatti ou de Myung Wun Chung et celle de Boulez (au relatif détriment de ce dernier). Sur ce sujet, aucun avis (musical) de M le professeur Georges. Il suffit pourtant d'écouter les retransmissions de concerts de France Musique, notamment les mercredi, jeudi et vendredi soir pour se faire une idée – soumise à la subjectivité certes. Peut-être que M Georges ignore ce qu'est une chaîne HiFi. Peut_être que M Georges, confiné dans ses WC, ne va jamais au concert. Allez savoir…
    J'abordai (maladroitement aussi) , la différence de perception d'une direction d'orchestre au travers d'un CD ou au travers de retransmissions en direct (radio ou télé). Aucun avis non plus de M l'ex professeur Georges.
    Car il n'en n'a sûrement pas.
    Dès lors, comment faire vivre un sujet musical sur ce blog ? Bien sûr, M Goux est maître chez lui (encore heureux répondra t'il) et MGeorges y bénéficie d'une impunité absolue.
    Et d'une inutilité qui ne l'est pas moins.

    Duga
    Dugaga pour Georges (ça lui économisera un post)

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  20. Cher Didier, là, vraiment ! Vous faites comme bon vous semble pour Gruppen mais tenter d’écrire je ne sais combien de milliers de signes en visionnant Passion ! C’est vous qui irez en enfer.
    Aline

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  21. Les temps ne sont plus à la déconstruction, période définitivement obsolète désormais, chacun le comprend, mais à la destruction de tout ce qui rappelle de près ou de loin l'esprit pionnier et novateur des Européens en matière d'arts, des écrits rocks d'un Patrick Eudeline à l'écriture pour happy few d'un Claude Simon, et j'en passe. Tout doit disparaître, le multiculturalisme niveleur et égalitariste l'exige, c'est dans l'air du temps, c'est inscrit dans les nouvelles tables de la Loi. Pas sûr que la tentative réussisse malgré le soin apporté par les nouveaux maîtres censeurs à tout démolir, depuis l'école.

    Il n'empêche, écouter " I Put A Spell On You " de Sreamin' Jay Hawkins, - oui, un nègre -, repris par The Kills me met en joie pour la journée. Alors... comprenne qui pourra. Et que dire du Parsifal de Wagner enregistré en 1970 dans le cadre du festival de Bayreuth, dirigé par Boulez, un sommet.

    Une part de ce désespoir, le vôtre Didier, se retrouve exprimé d'une autre manière dans le blog suisse francophone, stylé et beau, POUR 15 MINUTES D'AMOUR. pour15minutesdamour.blogspot.fr

    Notamment dans le dernier billet du 18 : Belle (de) nuit.

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  22. "Hyène dodécaphonique"

    Ah, bien, très bien. Je note et je réutilise.

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  23. @ Duga : vous mériteriez un bon coup de pied au derrière.

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  24. K2R, comme Dugateux, je vous filerai bien un coup de détachant ... Vous inquiétez pas, je ne suis pas salafiste pour un sou, je ne travaille qu'avec des produits anesthésiants éprouvés et sûrs!

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