samedi 1 septembre 2012

Comment je suis devenu réactionnaire sans douleur ni même m'en apercevoir

Renaud Camus, écrivain cristalliseur…

Hier, le jeune Gaël (je ne sais pas son âge, mais je sais qu'il est assez nettement plus jeune que Nicolas, et donc a fortiori que moi), sur son blog De tout de rien, me disait, en réponse au commentaire que je venais de lui laisser, qu'il pensait justement à moi et se demandait où je pouvais bien en être, sur le plan idéologique, dans ces années quatre-vingt-dix qu'il évoquait, et à quel moment j'étais passé “du côté obscur de la force” – selon sa propre expression. Bien entendu, il a employé cette formule par humour ; néanmoins, elle reflète très bien ce que pensent plus ou moins consciemment tous les gens de gauche à propos de ceux qui ont abandonné les idées auxquelles eux continuent de s'accrocher : que notre changement de perspective ne peut être qu'une chute, un lâcher-prise ; qu'en disant adieu à tous les idéaux plus ou moins fumeux, nous succombons à je ne sais quel bas instinct, qui se nicherait en tout homme et qu'il importerait de combattre vigoureusement. Pendant ce temps, bien entendu, nous autres pensons – tout aussi sincèrement – que nous avons enfin accédé à la lucidité, que nos yeux se sont décillés ; et nous plaignons les malheureux progressistes de continuer à errer comme ils font dans les brouillards de leur jeunesse attardée. 

Bref, j'ai botté en touche, comme disent mes confrères en journalie, et lui ai dit que la réponse à sa question était assez difficile à donner, y compris à moi-même, mais que j'allais tenter de l'éclaircir, au moins dans mon journal. Ma première tentation, si je réponds vite et sans trop examiner la question, serait de dire que je suis devenu réactionnaire (mot employé faute de mieux et qui ne recouvre pas exactement ce que je crois être) sur le tard, assez précisément en 2006, le véhicule de ma “conversion” ayant été les livres de Philippe Muray dans un premier temps, et ceux de Renaud Camus juste après. C'est ce que j'ai d'abord pensé. Ensuite, il a commencé à me sembler qu'il y avait quelque chose d'un peu étonnant dans un changement de point de vue à la fois aussi tardif et à ce point radical, massif, comme dirait l'autre en parlant de l'ennui qui naît immanquablement chez le lecteur de mon journal. Il devait bien y avoir autre chose.

Petit à petit, en repensant à certaines de mes réactions face à tel ou tel événement précis du passé, j'en suis arrivé à me dire que, sans doute, mes lectures de Muray et Camus avaient opéré en moi non pas une quelconque conversion mais une cristallisation, qu'elles m'avaient servi à réunir et à structurer des éléments disparates et épars qui, pour cette raison même, m'étaient jusqu'alors demeurés invisibles, ou en tout cas pas assez signifiants pour remettre en cause une appartenance au “camp” de la gauche, posée par moi comme un indiscutable a priori, un postulat à la remise en cause impensable. Je me suis alors rendu compte que mon réactionnariat était beaucoup plus ancien que je ne le croyais ; et peut-être même que mon “progressisme” n'avait jamais existé plus profondément qu'au stade de la pure et simple jactance. Jactance qui, je le crains fort, m'avait été inspirée par un banal conformisme sécrété par l'époque à laquelle je fus jeune. Plus guère de doute : j'avais été, durant des années, un réac-avant-l'âge, mais affublé du gros nez rouge de la révolution et coiffé de la perruque jaune paille des lendemains qui chantent.

Sinon, comment expliquer, dès le début des années quatre-vingts, mon admiration jamais démentie pour le pape Jean-Paul II ? Mon enthousiasme, à la même époque, pour la montée en puissance de Solidarnosc ? Ma satisfaction, en 1984, de voir réélu Ronald Reagan, au prétexte qu'il était le plus anticommuniste des candidats à la Maison-Blanche ? Ma très force suspicion devant la farce sandiniste au Nicaragua ? Et mon dégoût instinctif pour l'éducation permissive, qui commençait d'exercer ses ravages chez les jeunes parents ?

Mais, tous ces éléments, ces petits faits isolés, il ne me serait pas venu à l'esprit de les relier entre eux, de les réunir afin qu'ils dessinent mon portrait. Pour cela, il a fallu le “coagulant” que furent les lectures conjointes de Muray et de Camus. Et ce qui m'amuse aujourd'hui, c'est de voir certains individus, notamment chez les blogueurs, qui sont eux-mêmes, en ce moment, dans cette situation prémurayenne, antécamusienne, où j'étais alors : ils se disent et se pensent sincèrement toujours-de-gauche, mais dès qu'ils expriment une opinion, ou mieux : une réaction, celle-ci est quatre fois sur cinq en opposition radicale avec ce qu'ils prétendent être.

Comme suis un bon garçon, je ne donnerai pas de noms.

56 commentaires:

  1. Ouf heureusement que je lis pas trop de livres !

    Plus serieusement merci de cette introspection

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  2. J'aime cette idée de cristallisation. J'ai quant à moi eu l'impression d'avoir été déprogrammé, libéré d'un logiciel par un heureux virus qui aurait enfin réussi à passer le pare-feu savamment construit au fil du temps par le conformisme. En tout cas, ce statut de rénégat me procure un vrai sentiment de liberté...

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    1. J'ai une impression assez voisine, j'ai tendance à trouver que mes amis restés de gauche sont en fait enchaînés à gauche. Mais bien entendu il leur est assez facile de me retourner l'argument.

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  3. "...je ne donnerai pas de noms;"
    Rassurez-vous on a tous compris, mais ils ne m'agacent pas moins pour autant !
    Je ne les lis pas et j'enrage de les trouver tout à coup, ici ou là, à nous servir leurs inepties.

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    1. Bon, d'abord, on ne pense pas forcément tous aux mêmes gens. Ensuite, je vous rappelle que, pour eux, ce nous nous qui avons sombré dans l'ineptie.

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  4. Il nous faut les noms des néo-réacs qui s'ignorent.

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    1. Je ne suis pas du genre à dénoncer, je laisse ça aux gens de gauche. Et, d'abord, qui vous dit que vous ne faites pas partie des gens dont je parle ?

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    2. Je m'attendais à votre réponse

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    3. Les vieux réacs sont des gens très prévisibles. c'est pour ça que leur fréquentation est reposante…

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  5. Tiens, marrant, vous aussi vous êtes un lecteur de Murray.

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    1. Non, moi, je suis lecteur d'un Muray avec un seul r…

      (Je sais, je suis agaçant, avec cette manie que j'ai d'accorder de l'importance à l'orthographe…)

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    1. Eh bien, vous, par exemple : tout le monde vous croit socialiste tendance Front de Gauche, mais en fait, j'ai bien compris que vous étiez très différent de l'image que vous tentez de donner de vous-même.

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    2. Oh, mais, euh, je croyais qu'on pouvais vous faire confiance et que vous ne dénonciez pas!
      Ah bin ça alors, ah bin ça alors !

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  7. C'est amusant de poser la "conversion" dans ce sens-là alors que l'on pourrait se demander qu'est-ce qui opère la transformation d'un être viable et issu de la sélection (struggle for life) en altruiste socialiste perdant/perdant, puis conduit à la perte des illusions collectives puis au retrait en soi préparatoire à la mort, seul moment où l'on échapperait à la manipulation. Sans doute une programmation génétique relayée par les hormones ou alors des vers nématomorphes ou d’autres organismes allogènes qui contrôlent nos conduites en leur faveur et à notre détriment.

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    1. J'ai peur de ne pas avoir tout compris à votre commentaire : sans doute mon côté droite bas-du-front…

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    2. "ou d’autres organismes allogènes qui contrôlent nos conduites en leur faveur et à notre détriment."

      Je pense que "En phase 4" fait allusion à ceci:

      http://www.youtube.com/watch?v=UWAV1zj5TXQ


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  8. Le vote de gauche est un vote immature bien compréhensible à 20 ans, beaucoup moins à 40.
    Immatures certains le restent toute leur vie.
    Et puis il y a dans nos sociétés un vieux fond de sauce chrétien que la gauche, bizarrement et au moins dans les mots, incarne bien: solidarité, fraternité, générosité, ou un lexique volé aux curés.
    On devient réactionnaire quand on s'aperçoit que le paradis de gauche ressemble étrangement à l'enfer.
    Alors on perd la foi, et c'est dur de perdre la foi.

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    1. Immature ? Non, trop facile. Est-ce qu'un Jaurès de 50 ans était immature ? Léon Blum était-il immature ? J'en doute un peu…

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    2. quand on s'aperçoit que le paradis de gauche ressemble étrangement à l'enfer. Ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions ?

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    3. Je parlais des électeurs pas des meneurs.
      L'electeur est immature ou déraisonnable si vous préférez.
      Mais on ne m'otera pas de l'idée qu'historiquement la gauche a fait une opa sur des sentiments bien chrétiens.
      Sauf qu'aujourd'hui elle parle de moins en moins à des chrétiens.

      PS:
      Pourquoi avoir viré mon deuxième commentaire ?

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    4. L'électeur de gauche a besoin qu'on pense pour lui.
      Il se contentera de DirectMatin et Bfm, convaincu que c'est l'Info.

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    5. Je ne sais pas si M. CdlC formule une attaque, mais à mon humble avis, je ne crois pas que le réaconaute moyen s'identifie à l'electeur de droite moyen. A vrai dire je me demande si le taux de participation des A. Woland, D. Goux, F. Plus & Cie dépasse les 33%.

      Après moi je dis ça pour aider...

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    6. Bien vu Nicolas!
      En effet, à part le Figaro et la Croix, on n'est pas gâtés.

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  9. Certains doivent parcourir un "chemin de Damas", d'autres, comme moi, sont nés foncièrement et sauvagement dedroites... Mais j'ai remarqué que j'arrive quand même à me rédicaliser en vieillissant.

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    1. Bon, on en a parlé la dernière fois. Je sais très bien que les gens de votre génération ont du mal à comprendre comment nous avons pu préparer la fosse dans laquelle vous et vos enfants seront probablement enterrés. Là, bizarrement, j'ai assez envie de m'en excuser auprès de vous, et de l'Amirale, et du pauvre petit mousse, parce que j'ai participé à l'immonde gabegie qui est la nôtre aujourd'hui.

      Alors que, tout aussi bizarrement, je n'en ai rien à foutre que nos ancêtres communs aient esclavagisé les nègres, massacré les indiens d'Amérique dont je n'ai rien à foutre, rendu alcooliques les Esquimos, etc. A priori, je leur pardonne à tous. Mais rien à mes contemporains ; rien.

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    2. parce que j'ai participé à l'immonde gabegie qui est la nôtre aujourd'hui.

      Et de quelle façon si vous le voulez bien ?
      Comment avons-nous préparé la fosse ?
      Quel est votre degré de participation et le notre ?
      Voilà qui devient interessant à la fin !

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    3. Voilà un sujet effectivement intéressant qui me donne une idée de billet pour demain. Ma thèse sera en gros la suivante: les gens de votre génération ont été trop bien élevés et sont donc facilement passés d'un moule conformiste à un autre, alors que nous, ceux de ma génération, ont été moins bien élevés et ont donc moins de scrupules à foutre le brin.

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    4. Eh bien, au boulot, comme dirait Nicolas !

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  10. Ah bah y'a approbation des commentaires ici maintenant? C'est encore la faute de Marco Polo ça.

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  11. Le progressiste regarde le monde, et le trouve laid parce qu'il ne ressemble pas à ce qu'il voudrait qu'il soit.
    Le réactionnaire regarde le monde, et le trouve laid parce qu'il ne ressemble pas à ce qu'il a pu être.
    Mais ce n'est pas le monde qui doit être sauvé...

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    1. La dualité progressiste/réactionnaire est trop souvent, à tort je pense, résumée au futur contre le passé. Evidemment ces catégories sont biaisées dès le choix des mots, comme si les progressistes avaient l'apanage de l'évolution et du progrès, et que les réactionnaires n'étaient que des obscurantistes.

      Je ne crois vraiment pas que les réac vivent dans l'obsession du passé, mais dans une construction raisonnée, quasi scientifique de l'avenir. Ils voient l'avenir comme une continuité avec l'Histoire quand le progressiste va concevoir le présent comme une révolution constante, une destruction. Le réac va généralement accorder sa préférence à la science plutôt qu'à l'émotion pour observer le monde qui l'entoure.

      En fait, le réac pense au passé et au futur en essayant de survivre à ce présent qui le déçoit. Le progressiste ne vit qu'avec sa dosette journalière de satisfaction instantanée, et est figé dans un éternel présent.

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  12. hors sujet mais je dois dire que je suis une nouvelle fois impressionnée par votre précognition, après les illuminées de la Cométe 15 ans avant tout le monde, c'est le fauteuil vide 15 jours avant tout le monde. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/31/sur-le-cul-la-chaise-vide-de-clint-eastwood-deja-celebre/
    jouez au loto !

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  13. Pourquoi ne pas avoir utilisé le terme de "révélation" ou de "découverte" ? C'est quoi cette histoire de cristallisation coagulante ? Pourquoi pas "solution", "résolution", "dénouement"? Que sais-je encore. Non cette histoire de "cristallisation coagulante", c'est du petit chimiste illustré. Je vous en foutrais moi du "coagulant". Et puis ce principe de "coagulation", vous pensez à vos artères ? Pas sérieux tout ça. Faut pas coaguler ! La prochaine que vous rencontrerez R.Camus, dites-lui : "Cher Maître, je dois vous l'avouer : ma coagulation, c'est vous". Plieux, c'est plié ! Et l'électricité ? Ah, c'est important l'électricité. Une petite électrocution, pas coagulante ou juste un peu. Cherchez de ce coté là. Bref, quittez Chavignolles et rentrez au Plessis.

    Et cessez ce prosélytisme envers les jeunes réac. Ils seraient bien capables de s'ouvrir les veines pour voir s'ils coagulent. Ils doivent cristalliser d'abord.

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  14. Moi je suis né "Réac" mais il m'a fallu un certain temps pour l'admettre… Ou alors, j'ai tellement fréquenté des gens de gauche que j'ai fini par devenir "réac"… Au fond je ne suis pas "réac" je suis de mauvaise humeur.
    Et puis je dois admettre que les rares personnes de droite que j'ai connu étaient bien plus marrantes et surprenantes que nos amis de gauche de progrès… surtout les femmes…

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  15. Mélanie Sanoga-Rage2 septembre 2012 à 08:24

    Bien vu Didier, tout-à-fait pertinent, mais au fait...
    C'est son doigt qui sort de sa braguette, au Camus, ou je me trompe ?

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  16. Livre qui s'annonce passionnant à lire: "Vieux réac ! Faut-il s'adapter à tout " de Harold Bernat sortie le 12 sept.

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  17. Il n'y a pas "LA Réaction" mais "DES Réactions". Pour ma part, je m'affirme réactionnaire mais je n'ai pas grand chose à voir avec Renaud Camus ni avec la plupart des commentateurs qui s'expriment ici.
    En revanche, je me demande si on peut être encore progressiste après avoir lu le meilleur livre de Muray, matrice de tous les autres, "Le XIXe siècle à travers les âges".
    Dans ce livre, Muray démontre le contraire de ce qu'écrit Cuboméduse: les idéologies progressistes sont scientistes,elles viennent des Lumières. Pour Muray, le scientisme du XIXe est une crédulité issue en grande partie de la pensée des Encyclopédistes. Cf. l'article "Encyclopédie" de Diderot: la science rendra nos neveux plus vertueux et plus heureux.
    "Le XIXe siècle à travers les âges" s'articule sur 2 axes:
    1- Le scientisme ne fait qu'accroître l'occultisme qui est son revers. Chassez l'irrationnel, il revient au galop.
    2- Le progressisme ( crédulité au progrès social corrélatif au progrès des techno-sciences)nie le péché originel, c'est-à-dire le mal qui est en l'homme. Pour Muray, le relativisme est l'envers de ce nihilisme: si l'on nie le mal, tout se vaut.
    Dans ce livre, Muray décrit admirablement le processus de sécularisation du christianisme, ses apories et ses impasses.
    Vous avez raison d'écrire, Didier Goux,que certains toujours-de-gauche sont en fait des réactionnaires qui ne s'assument pas en tant que tels, et ils sont nombreux. (Il faut dire que nous sommes dans un moment de grande confusion idéologique et nous naviguons tous plus ou moins à vue). C'est le cas , par exemple, de Stéphane Zagdanski dont je viens de lire "Chaos brûlant". Ce roman philosophique, raté parce qu'il se veut poétique alors que c'est un roman à thèse pesamment démonstratif, veut démontrer que le cas DSK incarne la folie du monde actuel. Selon lui, DSK,comme notre monde, c'est la "fuite en avant" qui nous mène dans le mur, c'est un monde mené par les chiffres, les techno-sciences, la finance qui a tué la Parole, un monde matérialiste qui a tué la pensée, la poésie. Zagdanski "réagit" contre ce monde. Malheureusement, sa démonstration s'appuie sur un collage d'idées empruntées à des penseurs(figurés pour faire "fictif" par des fous enfermés au Manhattan Psychiatric Center)dont la plupart, Marx, Freud, Nietzsche, Debord, sont annexés depuis longtemps aux idéologies progressistes. Ce collage hétéroclite et superficiel est, à mon sens, le symptôme de nombreux intellectuels qui restent pris dans les notions "d'avant-garde", de "révolution" , d'une certaine conception apocryphe de l'Histoire. Zagdanski, grand admirateur de Guy Debord, ne reconnaîtra jamais la dimension réactionnaire de ce dernier, dans sa critique de la société du Spectacle. La grande peur de ces intellectuels ( Sollers et sa bande) c'est d'être traité de "réac". Depuis de nombreuses années, l'ultramontain Sollers loue l'Eglise catholique, depuis quelques années, il fait même l'éloge de Joseph de Maistre, mais vu son lourd passé gauchiste, ses engagements politiques publics, comment ce germanopratin qui règne sur les Lettres en se prétendant incompris, pourrait-il se reconnaître réactionnaire? Comment pourrait-il reconnaître qu'il s'est trompé?

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    1. Je ne suis pas d'accord avec vous, pour dire qu'il s'agit du meilleur livre de Muray. Pour moi, il s'agit d'une sorte de rampe de lancement pour les fusées qu'il a tirées ensuite. Si on devait à tout prix élire un “meilleur livre de Muray”, je pense que je voterais pour Après l'histoire. Mais sans oublier les quatre volumes de ses Exorcismes spirituels.

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    2. Il me semble que tout le monde ici a un Muray comme livre de chevet…
      Quant à Sollers, il est même a renier l'art contemporain qu'il a pourtant tellement défendu ; c'est dire s'il tourne réac…

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    3. "Dans ce livre, Muray démontre le contraire de ce qu'écrit Cuboméduse: les idéologies progressistes sont scientistes,elles viennent des Lumières."

      Oula mais attendez, je vous parle du progressisme contemporain (et français particulièrement), vous répondez en faisant référence au progressisme des Lumières. Les deux n'ont rien en commun. Si l'on s'en tient aux relations avec la science, le mouvement des Lumières est né à une époque où la science était cadenassée et battue en brèche par les superstitions. L'idée de progrès reposait alors (notamment) sur la pensée scientifique pour faire avancer la société.

      Il suffit de lire des articles de figures de proue du progressisme actuel pour se rendre compte que la seule science qui les guide est la sociologie... Bien évidemment, ils sont les seuls à considérer cette discipline comme une science.

      Un exemple assez emblématique - puisqu'il revient souvent dans les débats progressistes/réacs - de la considération pour la science est la question des races et de leurs différences. Combien de progressistes voyez-vous ne pas rejeter en bloc toute avancée de la génétique (notamment) qui les met à mal ? Je n'en connais aucun.

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    4. "En revanche, je me demande si on peut être encore progressiste après avoir lu le meilleur livre de Muray, matrice de tous les autres, "Le XIXe siècle à travers les âges"."

      C'est exactement ça !

      Pie IX vous bénit (on s'en fout mais ça ne peut pas faire de mal).

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  18. A propos de Debord, Sollers ou Murray qulifiés dans quelques commentaires de "réactionnaires". On aurait pu aussi rajouter Bourdieu. Eh bien, personne ici ne semble soupçonner qu'on pourrait être de gauche ET réactionnaire! C'est pourtant le cas. Moi-même je n'aurais pas peur de me revendiquer ainsi. Et je n'ai jamais accepté qu'on classe Murray à droite!Et Millet dan "L'enfer du roman" prend-il des positions de droite?

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    1. Nous sommes d'accord : on peut être de gauche ET réactionnaire (c'est du reste le cas de Nicolas, de Dorham, de vous-même et de quelques autres (merde, ça y est, je dénonce !)). Cela étant, il est tout de même difficile de classer Muray (avec un seul r, bordel !) à gauche, et Millet encore davantage. N'y aurait-il pas là, de votre part, comme une tentative d'annexion ?

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  19. Je soutiens Didier ici. Le XIXe siècle à travers les âges est très loin d'être ce qu'il a écrit de mieux et si j'avais lu tout Muray, je dirais même que c'est ce qu'il a écrit de pire. Il ne cesse de s'y répéter et redit les mêmes choses de trois ou quatre façons différentes et successives, sans jamais sembler pouvoir choisir une formule, comme le ferait un débutant trop fier de ses métaphores pour en abandonner une seule. De plus, il n'y "démontre" rien du tout, il y est pesant et empressé de prouvé une thèse préconçue sous le poids d'exemples choisis. Bref, Après l'Histoire, oui, Le XIXe, non.

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    1. Vous êtes, je crois, trop sévère avec le XIXe siècle. Néanmoins, je suis d'accord avec ce que vous dites du côté horripilant de Muray, systématiquement incapable de choisir entre les trois ou quatre métaphores qui se présentent constamment à son esprit. C'est en ce sens qu'il n'a jamais été écrivain, et surtout pas romancier.

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    2. Cher tcheni, vous un con doublé d'un ignare. Des redites dans le 19ième ? Oui, énormément. Comme pour les tables de multiplication, il faut les répéter, encore et toujours. Il ne démontre rien du tout ? Dans ce livre http://www.amazon.fr/Philippe-Muray-Jacques-Guillebon/dp/2204095362/ref=sr_1_7?ie=UTF8&qid=1346791055&sr=8-7, un des auteurs, démontre, après avoir inspecté une partie de l'"enfer" révélé par le Vatican, que ce que Muray suspectait sur le 19ième et sur l'Eglise "hors de l'Histoire", était tout à fait juste et vrai. Retournez à "votre 21ième siècle à travers les mages".

      Et Pie IX vous emmerde !


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  20. Finalement, avoir du bon sens, c'est être réactionnaire.
    Est-ce qu'on peut l'être sans avoir forcément beaucoup de culture?
    Je me demandais...

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    1. Oui, bien sûr.
      Mais mieux vaut s'en forger une si on souhaite convaincre.
      Et puis aussi pour soi.

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    2. Cool Carine.
      J'ai l'intime conviction que le bon sens n'est pas le seul fait de la culture.
      C'est pour ça que je me demandais, et de fait, être réactionnaire, est plutôt élogieux.
      Un terme avec lequel j'ai du mal: progressiste. Celui-là j'ai du mal.
      En revanche je suis réac, mais comme vous dîtes, je ne m'essaierai pas à convaincre quelqu'un,
      car mes arguments trouveraient vite ses limites, et serai obligé d'aller davantage sur un terrain philosophique.
      C'est la philo qui m'a offert cette vision du monde, et je sais que les idéaux se font très vite casser la gueule par la réalité.

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  21. Moi, j'ignore si je suis né réac, ce que je sais en revanche c'est qu'autant qu'il m'en souvienne j'ai toujours été un anti-socialiste primaire (pour des raisons familiales).

    Enfin, je croyais être un anti-socialiste primaire, car la découverte, par hasard, de blogs tels que le vôtre m'a fait réaliser qu'en réalité je pensais et réagissais comme un socialiste de base sur la plupart des sujets, hormis celui de l'immigration (grâce notamment aux interventions de M. MARCHENOIR).

    Cette révélation fut un choc, mais depuis je m'en suis vite remis en lisant et me cultivant avec des auteurs que l'Education nationale ignore.

    Je profite donc de votre témoignage, M. GOUX, pour remercier tous les bloggeurs de tendance réactionnaire et/ou libérale (et leurs intervenants réguliers aussi!) de m'avoir permis de terrasser le démon socialiste qui sommeillait sournoisement en moi.

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    1. J'ai le même en moi.
      Je ressens le parti de l'imposture.
      Il ne jouent que sur des thèmes gentils, qui font plaisir, se prennent pour un phare de l'humanité,
      et quand on les observe plus particulièrement, on se rend compte que leur existence est à l'inverse
      de leur discours. Il n'y a pas plus égoïste qu'un socialiste.
      Leurs méthodes sont grillées à 3 kilomètres à la ronde quand on a un peu de jugeote.
      Je vous rejoins sur le fait que tous ces sites ( celui-ci, Jacques-Etienne...) sont un réel bol d'air frais.
      Avant le 6 mai je n'allais pas trop sur les blogs, mais depuis que la gauche a mis le grappin sur la presse,
      qu'on n'arrête pas d'entendre leurs mesurettes absurdes, j'ai le besoin vital de lire les propos de gens
      qui font preuve de bon sens et qui n'ont pas peur de voir la réalité en face.

      Tiens, un mot qui pourrait avoir un effet clivant au ps: "criminogène".
      J'adore ce mot et j'aimerais bien l'entendre plus souvent aux infos.
      Seul M6 a osé dire que les coups de feu tirés devant l'école le 4 septembre étaient le fait de la communauté
      des gens du voyage. La plupart des chaînes n'a pas relayé l'information dans sa totalité.

      Les gigis sont une population criminogène!

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  22. J'ai quitté mon identité protectrice et grégaire de socialiste depuis 15 ans.
    Cet événement considérable est d'ailleurs passé complètement inaperçu.
    Ce n'est pas pour cela que j'ai adhéré à une autre famille.
    L'observation de l'actualité et de mes contemporains me tiennent éloignés.
    Je suis réactionnaire pour çà mais pas pour ça.
    Tiens au fait, vous parlez souvent de la gauche mais le mot droite n'apparaît jamais.

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