mercredi 3 juillet 2019

À cul nu


Je découvre que, par la grâce d'une loi sur le point de devenir agissante, la fessée sera désormais interdite en France, comme elle l'est déjà ailleurs, grâce au Ciel. C'est évidemment une excellente chose : le retard de notre pays, en ce domaine, devenait difficilement supportable. Mais cette remarquable avancée n'est évidemment pas suffisante. Si on veut que les choses bougent vraiment, qu'une vraie conscience giflophobe pénètre et s'incruste dans chaque famille, qu'elle soit pluri ou monoparentale, on ne pourra faire l'économie d'une grande campagne d'information lancée auprès de notre belle jeunesse, et ce dès la maternelle. Car il est plus que temps d'instituer de vrais comportements citoyens, sous tous ces préaux où règne encore trop souvent la loi du silence ainsi que d'odieux tabous patriarcaux. Il va donc être nécessaire d'expliquer à toutes les petites têtes blondes ou brunes, filasses ou crépues, qu'il est désormais de leur plus absolu devoir de courir dénoncer aux autorités compétentes leur parent 1 ou leur parent 2, dès lors que celui-ci ou celui-là se sera laissé aller sur leur personne à quelque contact sub-dorsal un peu trop appuyé de la paume. Sinon, la loi risquerait de rester lettre morte, de se prendre une sévère déculottée, voire de finir en pantalonnade – ce qui serait proprement désespérant.

Et puis, ces files d'enfants devant tous les commissariats et officines de France, attendant leur tour de dénoncer leurs géniteurs déviants, voilà qui rappellera de doux souvenirs à tous les enthousiastes du communisme, tout autant qu'aux nostalgiques du Troisième Reich.

Si la délation n'y suffit pas, il faudra songer, dans un second temps, à équiper appartements et maisons individuelles de caméras dans chaque pièce – y compris dans les toilettes, car il y a des vicieux –, caméras dont l'installation, supportée financièrement par les propriétaires, pourra donner lieu à des crédits d'impôt. De toute façon, peu importe les moyens et leurs coûts : il est urgent que la fessée cesse. Knout que knout.

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