lundi 18 janvier 2021

Se tenir à l'écart de l'exception française


Dans le genre “on se risque sur le bizarre”, nous avions décidé, l'autre soir, de tenter notre chance avec une série télévisée française. Je sais, je sais : c'était du téméraire… En l'occurrence, notre témérité ne fut pas récompensée : nous avons tenu un épisode et demi. 

La série s'appelle Dix pour cent. Elle met en scène une agence de comédiens et ceux qui y travaillent. Le principe est que chaque épisode est centré sur un acteur connu qui vient jouer son propre rôle, comme s'il était l'un des clients de l'agence. Il ne nous a pas fallu dix minutes pour comprendre que ce n'était toujours pas cette série-là qui bousculerait un tant soit peu les conformismes ambiants. 

Sur les trois ou quatre agents d'acteurs que l'on nous présente : une femme lesbienne (qui assume à donf, tu vois…). Sur les trois assistants qui leur servent de souffre-douleur, un seul jeune homme… évidemment pédé, tendance salon de coiffure pour dames (et qui assume à donf, tu vois…). La fille qui s'occupe de la réception est naturellement noire ; quant au seul mâle blanc de plus de 40 ans, c'est un carriériste prêt à tous les coups fourrés, doublé d'un lâche puisqu'il n'assume pas du tout d'avoir une fille majeure et qu'il fait tout pour cacher leur lien de parenté comme un honteux secret. 

Bref, ça commençait mal, la suite n'a fait que confirmer : dialogues plats et empruntés, intrigues paresseuses et convenues, acteurs le plus souvent médiocres ; mais vu les répliques qu'on leur donne à mâchouiller, ce n'est peut-être pas entièrement leur faute. Le tout réalisé – le premier épisode en tout cas – par Cédric Klapisch, dont le talent est, à ce jour, encore à démontrer. 

Nous en sommes restés là, et ce n'est probablement pas demain que nous nous aventurerons à nouveau du côté de l'exception française – dont il est en effet à souhaiter qu'elle reste une exception.

34 commentaires:

  1. D'autant que le grand quotidien de référence du soir semble avoir mis fin au feuilleton Olivier Duhamel.

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    1. Au moins, il était un tant soit peu épicé, ce feuilleton-là.

      Mais, évidemment, le principal personnage de l'intrigue n'y met pas du sien puisque, depuis le début de l'intrigue, il s'obstine à ne pas piper mot…

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    2. il s'obstine à ne pas piper mot…

      Hum...
      Vous l'avez fait exprès ? 😃

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  2. L'autre soir c'est France 3 qui nous servait une fable improbable : un patron (Pierre Arditi) évincé par les actionnaires de son entreprise pris sous l'aile protectrice de son chauffeur. Ce dernier lui propose de le mettre au vert quelques jours dans une auberge qu'il connaît et qui se trouve comme par hasard tenue par l'ex femme de son boss... Mais le patron malheureux va tomber sous le charme de la cuisinière des lieux : une Africaine irrésistible.
    Vous voyez le topo ?
    C'est fou le nombre de chefs-d'œuvre fabriqués à la chaîne avec l'argent de nos impôts...

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    1. Ah, oui, ça m'a l'air très bien, tout ça ! Très crédible, en plus, pas du tout "téléphoné".

      Quelle chance j'ai, de n'avoir plus la télé…

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  3. Malheureux, qu'alliez-vous donc foutre dans ce merdier !

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  4. Y'a du karaté, sinon, sur la 8, ce soir.

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    1. J'ai mis fin à ce supplice il y a 15 ans et je vous assure que vous ne vous en retenterez jamais.

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    2. J'aurais dû le faire bien plus tôt également. D'autant que, à l'époque où je n'étais pas encore un salaud-de-pauvre, je pouvais m'offrir tous les DVD qu'il m'aurait plus de regarder.

      Trop con, le Didier G.

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    3. Z'êtes sûr pour le s à "plu" ?

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    4. Je suis sûr… qu'il n'en aurait point fallu !

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  5. Serais-je la seule ici, qui sache encore débusquer les chefs-d'oeuvres du cinéma français que la télévision française veut bien encore nous proposer comme ce sublime "Tous les matins du monde" d'Alain Corneau, hier au soir ?

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    1. "Débusquer" un chef-d'œuvre vieux de trente ans, ayant fait plusieurs millions d'entrées et remporté un César, voilà un véritable exploit !

      Du reste, "chef-d'œuvre" me paraît tout de même discutable. Ou, disons : légèrement exagéré.

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    2. Si j'ai dit "débusquer" je voulais seulement dire l'avoir choisi entre : Sam, The Bay, Secrets d'Histoire, Opération renaissance, Ovni(s), La Baule-les Pins, Safe, La Chute de Londres, Rampage : hors contrôle, Appels d'urgence, Crimes, Génération Paname, The Story de Jean-Jacques Goldman, A l'état sauvage, Les Experts Manhattan, Kaamelott, La science des forces de la nature, Le Convoi de l'extrême : le grand frisson, The Bridge, Les Grosses Têtes, Tandem, 9-1-1, Des hommes sans loi, Prometheus, Séduis-moi si tu peux !
      Mais c'est vrai qu'à ce stade j'aurais pu parler d'"inventer" comme disent les archéologues !
      Et pour ce qui est du "reste", alors que vous nous incitez - ni peu ni assez comme on dit par chez nous - à lire des livres datant parfois de plusieurs siècles, vous déniez à ce film le nom de "chef-d'oeuvre" au prétexte, à ce que j'ai compris, qu'il aurait trente ans ?

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    3. Ah, mais non ! Bien au contraire, je ne consens à regarder des films français que s'ils ont au moins 50 ans de cave ! Je dénie au film de Corneau – fort honorable du reste – le nom de chef-d'œuvre, simplement parce qu'il me semble (dans mon souvenir…) ne pas le mériter pleinement : rien à voir avec son âge.

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    4. Très sensible mais un peu ennuyeux "Tous les matins du monde"... Marielle y est sublime.

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    5. Vous avez tort, Didier Goux; on passe souvent à la télé des films de grands réalisateurs français : Buñel,Bergmann, Fellini,Manuel de Oliveira, etc.

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    6. Très drôle ! Dans ce cas, et dans le même esprit, que l'on demande des séries françaises à David Chase, David Simon, Shawn Ryan et quelques autres.

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    7. Des chefs-d'œuvre [sans "s"] du cinéma français ? À tout hasard "Les Dimanches de Ville-d'Avray" (Serge Bourguignon, 1962), pur joyau. Ou bien encore "L'amour c'est gai, l'amour c'est triste" (Jean-Daniel Pollet, 1971), avec le sublime et lunaire Claude Melki. Les courts-métrages de Pollet ("Bassae", "Méditerranée"), qui sont des sortes de méditations, sont à pleurer, tant ils sont beaux et profonds, sans pathos aucun. Un cinéaste comme Gérard Blain n'est pas sans intérêt ("Le Pélican, 1974). Si on n'a rien contre les Suisses, on regardera avec profit un bon Tanner. Je recommande "Charles mort ou vif" (1969), avec un remarquable François Simon (fils de Michel), ou bien encore "La Salamandre" (1971) avec les inoubliables Jean-Luc Bideau, Jacques Denis et Bulle Ogier. Évidemment, s'il vous faut des pétoires et des types en bulldozers qui écrasent tout le monde, ou des Nè.. euh, je veux dire des No..., ou plutôt des Blacks avec la grosse babine et la narine quelque peu camuse (pas la sœur à Renaud), eh bien allez voir ailleurs, car je n'y suis pas.

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    8. Il est donc désormais établi que M. Yanka et moi-même n'irons jamais au cinéma ensemble…

      De toute façon, je ne vais plus au cinéma, même tout seul, depuis trente ans.

      Cela étant, si je citais moi aussi des chefs-d'œuvre du cinéma français, ils seraient tous aussi vieux que les vôtres, au minimum.

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  6. En hommage à Jean-Pierre Bacri, la télévision va rediffuser ses plus grands films. Quel plaisir de réentendre toutes ses célèbres répliques comme "Ça m'énerve ça" dans le "Goût des autres" ou encore dans "Un air de famille" quand il s'écrie "Ça m'énerve ça". Sans oublier, bien sûr, sa cultissime punchline "Ça m'énerve ça" dans "Didier". D'ailleurs, lors de chaque interview où son rôle récurrent de personnage râleur et bougon était rappelé, il répondait systématiquement : "Mais arrêtez avec vos questions, ça m'énerve ça !"

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    1. Disons que c'était un très bon comédien… mais dans un registre fort étroit.

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    2. Mais le "... Si, il chantait, mais pas des airs connus..." à propos d'un chien désormais muet restera une jolie trouvaille.

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  7. Pourtant, il fut un temps où la création française pouvait atteindre des sommets (enfin des collines) :

    « En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.« 
    Les shadocks

    (J’ai bien ri en vous lisant) :-D

    Hélène

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  8. Quel que soit le mépris que vous ne manquez jamais d'afficher contre les "séries françaises", quel n'a pas été mon étonnement d'apprendre, ce matin sur Radio Classique, que c'est une série française qui cartonne actuellement sur Netflix :

    https://www.tonicradio.fr/netflix-la-serie-francaise-lupin-n1-aux-etats-unis/

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    1. J'ai lu quelque part que si vous restez 7 minutes devant Netflix avant de zapper vous êtes comptabilisé comme ayant vu l'épisode en entier...

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    2. Ça ne m'étonnerait pas d'eux, tiens ! Je me demande même pourquoi ils attendent sept minutes…

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    3. Je crois qu'ils diffusent au maximum 7 minutes gratuites dans Youtube. Donc pour regarder plus de 7 minutes, il faut être abonné.

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    4. L'explication semble convaincante, en effet.

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  9. Je regarde " les 5 dernières minutes ", trouvée par hasard.
    Les séries américaines sont aussi bien pensantes.
    On peut aussi acheter à l' INA des séries ou mini-feuilletons, voire des trucs improbables,tel " le navire planète ".

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La boutique est rouverte… mais les anonymes continueront d'en être impitoyablement expulsés, sans sommation ni motif.