lundi 17 janvier 2011

La Tunisie comme si vous n'y étiez pas !


Voici ce qu'écrit sur son blog, à propos des événements tunisiens, l'historien spécialiste de l'Afrique Bernard Lugan :

« (…) Le capital image que la Tunisie avait eu tant de mal à constituer est parti en fumée, les touristes attendent d’être évacués et le pays a sombré dans le chaos. Les journalistes français, encore émoustillés à la seule évocation de la « révolution des jasmins » cachent aux robots qui les lisent ou qui les écoutent que le pays est en quasi guerre civile, que les pillages y sont systématiques, que des voyous défoncent les portes des maisons pour piller et violer, que les honnêtes citoyens vivent dans la terreur et qu’ils doivent se former en milices pour défendre leurs biens et assurer la sécurité de leurs familles. Les mêmes nous disent doctement que le danger islamiste n’existe pas. De fait, les seuls leaders politiques qui s’expriment dans les médias français semblent être les responsables du parti communiste tunisien. Nous voilà donc rassurés… (…) »

Le texte intégral est à lire ici.

Mais, au fond, ce qui se passe ou ne se passe pas en Tunisie, quelle importance, n'est-ce pas ? Du moment que les blogueurs de chez nous peuvent s'exciter le poireau en piaillant à la révolution, faire de jolis moulinets avec leurs petits bras pour saluer leur nouveau peuple frère trans-méditerranéen, et taper au passage sur le grand méchant Sarkozy, qu'importent la réalité ou les nuances ? Tout cela sera oublié demain, pour peu que surgisse un nouveau peuple frère, un rédempteur plus frais…

Personnellement, toute ma sympathie va aux six cent mille Tunisiens actuellement stationnés en France. Dont je ne doute pas un instant, vu leur enthousiasme face aux caméras, qu'ils vont avoir à cœur de repasser la Méditerranée toutes affaires cessantes, pour aller eux aussi arroser le jasmin fraîchement éclos sur leur terre. Car à l'instar de l'agriculture la révolution, fût-elle florale, manque toujours de bras.

dimanche 16 janvier 2011

La Mésopotamie, le Monomotapa et le grand méchant loup musulman

Je ne sais plus quel député collabo (était-ce même un député, du reste ? Collabo je suis sûr, mais député ? Enfin bref…) proposait benoîtement, il y a quelque temps, d'offrir en tribut au culte musulman les églises catholiques désaffectées ou en voie de désaffection. L'idée est certes excellente, très vivre-ensemblière, mais elle n'est pas neuve, si l'on en croit Bat Ye'Or, qui, à la page 84 de ses Chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude, écrit ceci :

« Dès les débuts de la conquête, les chrétiens avaient dû céder aux musulmans – en Espagne, en Syrie comme dans d'autres provinces conquises – la moitié des églises qui, par la suite de l'afflux des musulmans, devinrent des mosquées. Il était du reste évident que cette cohabitation n'aurait pu durer, compte tenu de l'aversion manifestée par les musulmans pour le culte chrétien. Les prohibitions concernant les cloches, les enterrements, les cérémonies, les constructions d'églises, furent appliquées en Andalousie comme dans tout le dâr al-islâm. »

Un peu plus en amont de ce même livre, l'auteur nous donne l'une des raisons pour lesquelles, après la mort de Mahomet en 632, la conquête par les troupes arabes de la Mésopotamie, de la Syrie et de la Palestine fut si rapide et aisée : c'est que, depuis près de deux siècles, des tribus arabes parcouraient ces contrées, y vivaient en bonne intelligence avec les autochtones, commerçaient avec elles, souvent même se sédentarisaient parmi eux. Mais, dès que les armes parlèrent, toutes ces populations pourtant bien “intégrées” se rallièrent comme un seul bédouin à l'islam conquérant et facilitèrent grandement ses entreprises ravageuses et colonisatrices.

L'histoire est décidément pleine d'enseignements nauséabonds. On a donc bien raison de ne la prendre plus désormais qu'avec des pincettes et de circonscrire son champ à l'étude de ce que la planète a pu compter comme divers et gentils Monomotapa.

PENSEZ BIBI ! (Comme dirait l'autre nase.)


Je sais, c'est mal de se moquer. Mais si on ne peut plus rire le dimanche… Et puis, celui-là est tellement réussi qu'on le croirait inventé par un nauséabond dans mon genre pour dauber sur nos frères africains. Plusieurs perles précieuses par ligne : relisez-moi tout ça et tâchez de n'en manquer aucune !

Merci à Carine, pour ce joyau.

jeudi 13 janvier 2011

La dhimmitude ? Une vraie galéjihade !

J'ai reçu hier l'épais volume de Bat Ye'Or, intitulé Les Chrétientés d'Orient, et sous-titré entre jihad et dhimmitude. Ce dernier mot à été forgé par Béchir Gémayel en 1982, apprend-on dans l'avant-propos, c'est-à-dire par un homme bien placé pour savoir ce que l'on peut attendre des musulmans lorsqu'on est chrétien et, circonstance aggravante, libanais.

Il s'agit là d'un livre d'histoire – et non d'un trac-pamphlet de quelques feuillets comme il s'en vend ces jours-ci – qui tente de comprendre et de retracer plus d'un millénaire de conflits entre l'islam et nous, en mettant en lumière ce que sont véritablement le jihâd et cette fameuse dhimmitude dont Bat Ye'Or a la première défini les aspects généraux ainsi que l'inquiétante permanence.

Pourquoi lire cela ? Parce qu'il est nécessaire, vital, de connaître le mieux possible son ennemi si l'on veut espérer le vaincre un jour – et tout espoir, bizarrement, ne semble pas nous avoir encore complètement désertés. On va bien entendu m'opposer que je me noie dans mon propre délire ardent (ceux qui diront cela sont les mêmes qui continuent de décapiter chaque semaine, depuis soixante ans, l'hydre sans cesse renaissante du fascisme et de l'hitlérisme…), que je prends mes cauchemars guerriers pour des réalités futures. C'est faux : il me semble parler de réalités présentes, même si encore suffisamment discrètes pour se soustraire au regard des myopes. La guerre n'est déjà plus un avenir. Sur ce thème, un court extrait de la préface que Jacques Ellul a écrite pour le livre de Bat Ye'Or, sur lequel il n'est pas très difficile de prévoir que j'aurai l'occasion de revenir, au fil de ma lecture :

« Le monde, Bat Ye'Or le montre à merveille, est divisé en deux : il y a le dâr al-islâm et le dâr al-harb, c'est-à-dire le “pays de l'islam” et le “pays de la guerre”. Ainsi le monde n'est plus divisé en nations, peuples, tribus, etc., non, tout cela est placé en bloc dans le monde de la guerre, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'autres relations possibles avec le monde extérieur que la guerre. La terre appartient à Allah, et il faut que tous les habitants de la terre le reconnaissent ; pour cela, un seul moyen : la guerre. Celle-ci est donc bien une institution, non pas éventuelle, accidentelle, mais constitutive de la pensée, de l'organisation, des structures de ce monde. Il n'y a pas de paix possible avec ce monde de la guerre. Bien entendu on est obligé parfois de s'arrêter, il y a des circonstances où il vaut mieux ne pas faire la guerre. Le Coran le prévoit. Mais cela ne change rien : la guerre reste une institution, c'est-à-dire qu'elle doit reprendre, sitôt que les circonstances le permettent. »

Les circonstances, nous travaillons ardemment à les peaufiner un peu plus chaque matin, en disputant du sexe de nos anges électoraux tout en nous émerveillant de n'apercevoir aucune troupe agressive et armée au-delà de nos remparts. Ce qui est normal puisque les colonnes sont déjà installées intra muros et feignent de s'intéresser elles aussi au sexe de nos anges.

mardi 11 janvier 2011

Mélenchon-Le Pen, le vrai match de 2012

Au fond, savoir qui, de Nicolas Sarkozy ou du candidat socialiste, sera le prochain président de la République n'a pas grand intérêt, et ce n'est pas avec ça qu'on arrivera à me faire soulever une paupière. Car, quel qu'il soit, ce président sera mis en place pour nous vendre plus d'Europe, plus d'immigration, plus d'associations phobophobes, plus de vigilance anti-réel, etc. ; le tout en gérant au mieux l'après-casse définitive de la France moisie – aucun intérêt.

En revanche, ce qui pourrait bien en avoir un, d'intérêt, c'est le match qui va se disputer entre la Marine et le Mélenchon. Là, il va sans doute y avoir de l'authentique castagne et de vraies conséquences à tirer de leurs résultats respectifs, dans la mesure où les deux jouent sur le même terrain et avec des arguments sensiblement équivalents, à deux ou trois détails de surface près. En réalité, la seule différence vraiment primordiale entre eux est que, dans l'état actuel des choses, Marine Le Pen a de très bonnes chances d'accéder au second tour de l'élection présidentielle, quand Jean-Luc Mélenchon n'en a pas la moindre – et c'est presque dommage, pour le sport. Mais, pour le reste, on peut imaginer – et de plus en plus facilement – que la réorganisation du champ politique se fera à partir d'eux, sinon autour d'eux.

Si bien que ce qui va peut-être subsister d'intérêt pour cette élection encore lointaine dépend non pas de la traditionnelle question : Qui va gagner ?, mais de son corollaire, et du corollaire de celui-ci : Qui va perdre ? Et à quel taux ?

Une petite jeune fille de chez nous

Oui, oui, je sais, deux vidéos de suite ça commence à ressembler à un plan feignasse. Mais savoir qu'il existait encore des jeunes filles de 20 ans capables de penser ainsi et de l'exprimer en français, eh bien cela m'a réchauffé le cœur, disons-le. Rien n'est peut-être perdu…


Rassemblement de soutien aux Coptes : Myriam, Riposte Laïque
envoyé par RiposteCatholique. - L'info video en direct.

lundi 10 janvier 2011

Prends Lauzier et tire-toi

En dehors de la vidéo elle-même – même à l'époque où je pensais être de gauche j'aimais déjà beaucoup l'esprit grinçant de Gérard Lauzier, lorsqu'il découpait ses Tranches de vie –, ce qui me réjouit le plus est d'y retrouver la Balasko, devenue depuis la Mama dolorosa des clandestins de tous poils, la fervente adepte du grand aveuglement. M'est avis qu'elle se montrerait moyennement enthousiaste si on lui remettait ce petit numéro de politique-fiction sous le nez, aujourd'hui, vingt-cinq ans après son tournage…


Paris sera toujours Paris
envoyé par gossein. - Les dernières bandes annonces en ligne.

dimanche 9 janvier 2011

Modernœud, produit de synthèse


Au fond il n'y a pas si loin de l'inquisiteur au révolutionnaire. Le premier torture et brûle les chairs de l'hérétique ou du sorcier, non pour le punir mais pour sauver son âme ; il accomplit un acte de foi (auto da fé). Le second massacre ses ennemis réels ou supposés non pour régner seul et sans partage mais pour instaurer plus rapidement le bien qui doit advenir. Ni l'un ni l'autre ne fait le mal ni ne saurait le faire – et penser le contraire est déjà s'exposer au bûcher ou à la guillotine. La synthèse pateline de ces deux avatars, nous l'avons appelée Modernœud.

samedi 8 janvier 2011

François Mitterrand, dernier roi très-chrétien

« Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas » Quel bonheur que cette déclaration du président Mitterrand – je crois bien qu'il l'a prononcée au cours de ses derniers vœux, mais je n'ai pas la patience de vérifier –, que ce splendide aveu de sa foi en l'immortalité de l'âme ! Je n'ai jamais autant aimé cet homme qu'en cette minute-là, jamais à ce point apprécié son sens profond de l'ironie. Car enfin, finir en s'affirmant aussi spirituellement chrétien quand on a porté les espoirs et les valeurs de la gauche pendant plus de trente ans, c'était presque aussi beau et grand que d'avoir toujours refusé de renier son amitié pour René Bousquet, malgré les criasseries des socialo-modernœuds qui, le patron disparu, n'allaient pas tarder à prendre le pouvoir dans les esprits, les reins et les cœurs.

François Mitterrand restera comme le dernier président chrétien de la France, l'ultime et digne successeur des rois catholiques qui ont bâti ce pays, si solidement que ni les Lumières ni même la Révolution n'avaient encore réussi à le détruire : les forces qui se mettent en place s'en chargeront sans doute, avec l'appui des pitoyables caricatures d'homme d'État qui ont succédé à cette grande ombre dont nous célébrons la mémoire en ce jour.

François Mitterrand pouvait exprimer la France dans l'exacte mesure où il émanait d'elle. C'était un homme façonné par sa lumière, les creux de ses paysages, par sa terre – et la terre, elle, ne ment pas. Un Français de race. C'est bien pourquoi nous célébrons un double souvenir aujourd'hui, honorons deux grands disparus : cet homme et la race qui l'a rendu possible. Et que se taisent à jamais les polichinelles qui grimacent et gesticulent autour de leur tombeau commun.

J'ai lu Ellul

Je comptais revenir sur le petit livre de Jacques Ellul dont j'ai parlé un peu hier. Mais, finalement, comme j'ai enchaîné directement avec son Ce que je crois (Grasset), il me semble préférable d'attendre, d'élargir un peu ma vision avant de me risquer, très éventuellement, au commentaire. Voici toujours un court extrait (p. 15) de l'introduction du livre commencé tout à l'heure – passage qui me semble résonner de façon intéressante :

« Un autre aspect du croire fut toujours très important pour moi, celui du “ne pas vouloir croire”, du refus de croire. Un événement survient, je vois clairement se tisser, se combiner les facteurs, un événement pour moi horrible, inacceptable, angoissant ; je vois la conséquence des actes et des décisions des hommes politiques ; je vois la diffusion d'opinions folles et désastreuses dans lesquelles les masses guidées par les médias s'engouffrent sans aucune hésitation, c'est pour moi une tragique certitude, les développements de la situation me paraissent inéluctables, mais dans ma faiblesse à changer quoi que ce soit, je ne veux pas y croire. Je sais que c'est fatal, et je refuse de donner ma croyance. Je ne dirai pas “je ne crois pas que cela arrive”, mais ma pauvre protestation réside dans le refus de croire. Je me revois en 1939, un mois avant la déclaration de guerre, je marchais seul sur une route des environs de Bordeaux et plus je réfléchissais à la situation plus je voyais clairement que la guerre était parfaitement inévitable, alors dans une révolte de tout mon être, j'ai refusé de croire ce dont j'avais acquis hélas la certitude. Et toute ma vie en réalité a été ainsi déchirée, entre la clarté des conséquences néfastes de la situation et mon refus d'y croire, fragile, combien fragile obstacle que je tentais de dresser dans ma détresse contre la force des choses. La seule expression possible est d'avertir, de dire aux autres ce qui risque de survenir, pour qu'ils soient à leur tout mis en garde et qu'ils refusent de croire à la suite heureuse des événements. »

C'est moi qui ai souligné la dernière phrase – je me demande d'ailleurs bien pourquoi.

vendredi 7 janvier 2011

Les trois piliers du conformisme (demandez le programme)

Le petit livre que j'ai sous les yeux, et dont j'ai commencé la lecture il y a un peu plus d'une heure, s'intitule Islam et judéo-christianisme ; il est dû à la plume de Jacques Ellul, dont il constitue en quelque sorte le testament spirituel, ainsi que le souligne dans sa préface Alain Besançon, puisque le texte principal en fut retrouvé dans ses papiers après sa mort, survenue en 1994.

Cet essai d'une cinquantaine de pages a donné son titre à ce billet. Et voici les dernières lignes de son introduction, seule partie déjà lue – Ellul vient d'y parler de l'attirance, proche de la fascination, qu'exerce de nos jours l'islam sur les intellectuels occidentaux, et plus spécifiquement sur les chrétiens :

« (...) Donc, islam, christianisme, religion pour religion. Sans doute ces chrétiens ne sont pas prêts à renier Jésus-Christ, loin de moi ce soupçon ! Mais hormis cela (et il y a eu déjà tant d'autres interprétations de la spécificité du christianisme), ne peut-on trouver un terrain d'entente ? De dialogue au moins ? On a commencé par là, et il faut bien dire que ce fut assez réussi. Il suffit d'estomper certaines particularités, et de ne pas regarder en face le jugement (qui n'a pas changé) des musulmans sur les chrétiens et les juifs. Puis, voici peu d'années on a entrepris (du côté chrétien) de chercher les éléments d'une parenté. Et ce fut finalement assez facile. D'abord, indiscutable, ce sont des religions monothéistes. Ensuite, ce sont des religions du “Livre” : un livre saint de chaque côté, quelle aubaine, quelle base commune ! Enfin, on s'est rappelé que les Arabes descendent d'Ismaël, et par conséquent que nous sommes tous descendants d'Abraham.

« Si j'ai décidé la rédaction de ce petit opuscule, c'est à cause du succès de ces trois arguments, qui attestent la parenté de l'islam et du christianisme. Je vais examiner ces trois principes, et j'espère montrer que c'est du vent, que ces mots ne recouvrent rien. »


Voilà le point où je me suis arrêté, le devoir m'appelant. Mais, déjà, une inquiétude terrible me point : l'auteur de ce mini brûlot ne serait-il pas méchamment islamophobe – donc raciste, ça va de soi –, pour prétendre ainsi semer je ne sais quelle zizanie entre nos frères mahométans et nous ? Je vous tiens au courant, lecture achevée.

jeudi 6 janvier 2011

Mais quel raciste, cet Hassan !

Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr

Bon, cette fois, j'en ai assez. De vous, de moi, de tout et du reste ; des engueulades de bac à sable qui n'en finissent plus, des accusations de censure au moindre dysfonctionnement de Blogger, des pseudonymes obscurs mais censés être transparents – et par-dessus tout de ma boîte mail qui ne désemplit pas, nuit comme jour. Donc fermeture des commentaires, au moins durant les deux jours que je m'apprête à passer à Levallois. On verra samedi où on en est, après cette petite cure de silence.

mercredi 5 janvier 2011

Ulysse dans la vallée

Du Lys dans la vallée, je gardais le souvenir d'un roman ennuyeux et un peu mièvre, ce qui est loin d'être la norme chez Balzac. Mais, dans la mesure où Alain en parle à plusieurs reprises de façon très élogieuse, dans ce livre, je me suis dit qu'il serait peut-être bon que j'y revienne moi aussi. J'ai fort bien fait.

Je m'attendais à un paysage assez morne et enclosant tout le roman, à une mer étale où le lecteur serait plus ou moins destiné à périr de neurasthénie, privé des sirènes, Calypso ou Circé qui auraient pu venir égayer sa traversée. Et je me suis retrouvé dans un roman autant et plus balzacien que beaucoup d'autres. Car le vent de l'histoire y souffle aussi fort qu'ailleurs, dans cette vallée, et c'est même elle, avec ses inévitables conséquences économiques et sociales, qui prend rapidement la gouverne du récit.

Si, dans le premier tiers, on peut croire à une banale histoire d'amour détachée de tout contexte réel, suspendue au-dessus du sol (encore qu'il faudrait sans doute relire plus attentivement ces cent premières pages), bientôt les événements extérieurs – Cent Jours, Seconde Restauration – prennent la barre et, quelle que soit la force des liens qui les tiennent ensemble, Félix de Vandenesse et Henriette de Mortsauf ne sont plus les maîtres de leur platonique amour : la barre a été saisie par Louis XVIII mais aussi par Napoléon, le premier en appelant le jeune Félix auprès de lui pour l'expédier en mission au profond de la Vendée, le second en lâchant ses policiers à ses trousses. Du reste, dès les premières pages, et contrairement à ce que je disais plus haut, l'histoire est bel et bien là, et elle pèse son poids dans la mesure où l'émigration forcée a profondément altéré le caractère et les humeurs du comte de Mortsauf, lequel a tout pouvoir pour influer sur les rapports que nouent sous ses yeux les amants virtuels. Mais alors, elle est présente en creux, comme quelque chose de déjà survenu et d'achevé.

En même temps que l'histoire, c'est la société tout entière qui fait irruption dans le récit, d'une manière fracassante et superbe, par la longue lettre de recommandation que la comtesse de Mortsauf remet à Vandenesse avant son départ pour Paris et la cour – véritable et pénétrant vade mecum qui fera cruellement défaut, plus tard, au pitoyable Lucien de Rubempré.

Il faudrait aussi, je suppose, parler de Lady Dudley, de la greffe érotique qu'elle représente en cette histoire. Mais, à quatre-vingts pages de la fin, où je suis arrêté, elle n'a toujours pas daigné paraître…

mardi 4 janvier 2011

Elle va être belle, l'union des forces de gauche, au deuxième tour de 2012…

Voici par quoi commence un billet tout en nuances et subtilités, étalé sur ce blog de déments au lait cru et moulés à la louche :

Parfaitement ! Nous sommes nombreux à penser la même chose : le Parti Socialiste n’est ni plus ni moins qu’un parti de salopes, de collabos !

Voilà, voilà. Les socialistes sont donc des salopes et des collabos. Peut-être seulement l'un OU l'autre, ce n'est pas précisé dans la suite du billet, qui mérite un léger détour, si vous avez quelques secondes à perdre et une petite envie de rire.

Je me demande quel genre de discours rassembleur va devoir tenir au second tour de l'élection présidentielle le candidat du parti socialiste, s'il veut convaincre ses “alliés naturels” gauchiatiques de voter pour lui, c'est-à-dire pour une salope et/ou un collabo. Pas gagné…

lundi 3 janvier 2011

Papy fait de la bienpensance

« Et sinon, t'as prévu de faire quoi, toi, en 2011 ? – Ben… comme tout le monde, hein : je m'indigne, pardi ! – Ah ? Et tu t'indignes de quoi ? – Ça, je sais pas encore, il faut que j'aille voir ce que Papy Hessel en dit : c'est lui qui sait contre quoi on doit s'indigner. Il a appris ça quand il faisait résistant, comme métier. – Résistant ? Tu crois qu'il va falloir s'indigner contre les Allemands, alors ? – Mais non, eh, pomme à l'eau ! Tu penses bien qu'il a dû moderniser le truc, notre presque centenaire. Je l'ai pas encore lu, son opuscule, mais je suppose qu'il doit nous y expliquer que Sarkozy rime avec nazi, quoi, en gros. – C'est vrai que ça rime... – Ah ben, dis : c'est quand même un spécialiste, Pépère ! Il sait les reconnaître, lui, les vrais nauséabonds, même quand ils planquent leurs uniformes vert-de-gris pour se déguiser en méchants Israéliens ou en président de la République française : il a l'pif, l'ancêtre… – Ouais, t'as sûrement raison. D'ailleurs, je vais peut-être m'indigner un peu avec toi, tiens… Donc, si j'ai bien compris ce qu'il bavoche, l'arrière-grand-père – tu m'arrêtes si je dis une connerie –, on va faire comme lui en quarante, on va prendre les armes contre l'envahisseur et libérer le territoire ? – Mais t'es con ou tu le fais exprès ? C'est les fascistes qui veulent virer l'envahisseur et libérer le territoire ! L'envahisseur, il est gentil de nos jours, c'est Papy qui le dit ! Et il faut lui faire le meilleur accueil et lui présenter nos excuses. – Nos excuses pour quoi ? – J'sais pas trop : on demandera à Papy, il doit savoir, lui. Dès qu'il a fini de s'indigner, on lui en touche un mot. – Cela dit, je voudrais pas paraître inutilement pessimiste, mais j'ai l'impression qu'à force de s'indigner il est en train de nous avaler son dentier, là… »


(Merci à Cassandre, à qui j'ai emprunté mon titre.)

Novembre est à la bourre


Mais enfin, trois petits jours de retard, pour un mensuel, ce n'est pas non plus le scandale de l'année…

dimanche 2 janvier 2011

Le cadavre de Jean Ferrat bouge encore, et c'est XP qui le secoue


« Quand j’entends la chanson La Montagne, de Jean Ferrat, je me demande à chaque fois s’il s’agit de l’œuvre d’une crapule communiste ordinaire ou d’un frapadingue, en particulier quand il évoque la vinasse des ploucs qui faisait des centenaires… Il s’agit là d’un cas d’école en matière d’atrophie du sens des réalités et de manque de sensibilité artistique, ce qui est au fond la même chose. »


Et si vous voulez savoir ce que le même XP, dans sa grande mansuétude, pense des paysans, il vous suffit de lire le billet dont j'ai tiré le petit paragraphe ci-dessus.

samedi 1 janvier 2011

L'Autriche, ce ne serait peut-être pas si mal, après tout...

À quand, sur la rive gauche de la Seine, ce genre de propos à la tribune ?


On a terminé l'année en beauté


Hier, l'Irremplaçable a parlé au téléphone avec sa fille Adeline qui, vivant depuis quelques années en Espagne, songe très sérieusement à retourner dans son Québec natal. Adeline a là-bas un cousin (en fait elle en a plusieurs, mais celui-là seul nous intéresse aujourd'hui) qui travaille pour le gouvernement provincial et qui lui a appris que, cette année (je parle de 2010...), tous les fonctionnaires avaient reçu la ferme consigne de ne plus terminer leurs courriers et mails “publics” par Joyeux Noël. Ceci afin de ne pas choquer inutilement, par cet étalage d'arrogance chrétienne, l'exquise sensibilité des enturbannés locaux.

Du coup, par chez nous, et en matière d'exil, la cote de Saint-Pierre-et-Miquelon est remontée en flèche.

Je sens que 2011 va battre des records de ridicule, et, en ce 25 mouharram de l'année hégirienne 1432, c'est tout le mal que je vous souhaite, lecteur égaré en ces lieux de vindicative désolation.