mardi 2 juin 2009

Mon blog est un pays en son pays même (de l'anonymat des petits couillons)

Engueulade entre Nicolas et PRR (Pierre Robes-Roules), en commentaire de l'un de mes billets. PRR est un commentateur récent, chez moi ; Nicolas ne le supporte pas – ce qui est parfaitement son droit –, et le vire systématiquement de l'un ou l'autre de ses blogs, dès que PRR intervient. Du coup, ils viennent s'étriper ici.

Je leur en accorde le droit (je ne le leur accorde pas, en fait : je le leur reconnais), je trouve même cela assez sain, pour tout dire. Et, même si l'affaire prenait des proportions malsaines, je les laisserais s'étriper jusqu'à ce que mort s'ensuive : c'est ma conception des blogs – en tout cas du mien. On peut, ici, se déchirer autant qu'on le souhaite : lorsque deux (ou davantage...) personnes s'empoignent, j'ai pour habitude de me retirer, d'observer le combat sans intervenir. Je sais bien que certains intervenants (ou simplement lecteurs) pensent qu'il s'agit de lâcheté de ma part – je ne suis pas d'accord.

Du reste, il me semble que cela rejoint assez étroitement ce serpent de mer, ce pont-aux-ânes de la blogosphère actuelle, concernant l'anonymat. L'anonymat n'est qu'une parcelle d'un tout. Ce tout est la manière dont on envisage son propre blog, et surtout la façon dont on se considère soi-même.

Je vais le dire d'entrée – mais ceux qui me lisent le savent déjà – : dans cette petite controverse à propos de l'anonymat, ou pour mieux dire du pseudonymat, je suis assez nettement du côté d'un Juan Asensio ou d'un Roman Bernard qui pensent qu'on ne peut pas réellement défendre telle ou telle position sans se mettre en avant, sans porter, au sens plein du terme, l'idée que l'on prétend défendre – c'est-à-dire sans lui donner son nom. J'ai dit déjà, en commentaire chez le second, que la question ne m'avait jamais vraiment passionné, dans la mesure où, ouvrant un blog en février 2007, elle ne s'était nullement posée à moi : écrire devait se faire sous mon nom, clairement identifiable – y compris (et avant tout) à mes propres yeux, cela m'était naturel.

J'ai néanmoins lu avec intérêt les échanges sur le thème, ici ou là. Certains arguments contraires m'ont ébranlés – mais jamais ceux qui se pensaient "réfléchis". Je récuse tous ceux qui essaient de me faire croire qu'ils s'anonymisent parce que cela pourrait entrer en conflit avec leur travail : ceux-là se vantent. Personne n'en a rien à foutre de leur petit blog, y compris leur patron, aussi stupide et borné soit-il. Mais eux préfèrent penser que leur opinion a un tel impact qu'ils pourraient en arriver à perdre leur boulot : ils se trompent, tout le monde s'en fout, leur opinion n'intéresse personne – d'autant que, neuf fois sur dix, ils ne font qu'exprimer ce que tout le monde a ânonné avant eux, y compris leur patron.

(Les "professeurs" sont particulièrement touchés par ce syndrome : ils pensent comme l'ensemble des gens qui passent-à-la-télé, mais sont persuadés que s'ils signaient leur assentiment général au monde-comme-il-va, leur petit inspecteur (qui lui-même pense comme eux, parce qu'il n'a jamais eu les moyens intellectuels de faire autrement) se fâcherait tout rouge. Donc, ils prennent un pseudo, une posture de rebelle.)

Sur ce point de l'anonymat, je rejoins parfaitement Juan Asensio qui, en commentaire chez Criticus (en lien plus haut), décrète (Juan Asensio possède une certaine propension à décréter – il est comme ça...) qu'il ne voit guère que deux bonnes raisons pour choisir l'anonymat : posséder déjà un nom de plume identifiable par tout le monde (Gracq pour Poirier, etc.), ce qui n'a plus grand-chose à voir avec l'anonymat, mais plutôt avec le pseudonymat dont nous parlions plus haut, voire avec l'hétéronymat renvoyant à Pessoa ; ou bien de vivre sous le régime d'une dictature féroce qui fait que, écrivant, vous mettez votre vie (et celle de vos proches) en danger de mort. Je souscris entièrement à cela.

Pour le reste, l'anonymat, en France, sur les blogs, est un babillage de bac à sable.. Personne (je veux dire : aucun blogueur) ne se "met en danger" en blablatant ses petits lieux communs – personne ; et moi pas plus que les autres. Aucun patron, même le plus con d'entre eux, ne se souciera de vos petites élucubrations antisarkozystes (ou pro du même...), du moment que vous le servez fidèlement – ce que vous faites tous, je n'en doute pas.

La vérité est que cet anonymat vous permet de vous la jouer un petit peu Jean Moulin (voir mon billet d'hier), de vous croire subversifs, en danger, etc. Importants, quoi. Je me souviens très bien de l'orgasme collectif qui, sous couvert d'indignation, a saisi l'ensemble de la blogosphère lorsqu'il a été question de nommer un type (j'ai déjà oublié son nom, comme tout le monde), à l'Elysée, pour surveiller les blogs : mes drôles, je ne vous ai jamais sentis aussi heureux – on sentait l'érection palpitante sous l'indignation feinte.

C'est de la bandaison cher payée, je trouve. Mais, après tout, si elle est à ce prix...

29 commentaires:

  1. pas vu votre dernier post, je viens donc de laisser un com' sans interet puisque gratuit sur le billet precedent, bon mainteneant, je vais lire ce billet.

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  2. A bas les pseudo chichiteux, et vive les beaux pseudo qui, en plus veulent dire quelque chose (ah Cassandre).
    Bonne soirée normande, à bientôt dans notre Sud.
    Anna R.

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  3. Un pseudo, même occasionnel, peut rendre certains commentaires plus amusants (ou parfois plus saisissants), c'est une sorte de théâtre ou de jeu de rôle où l'on ne se prend pas forcément au sérieux.

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  4. Pascal Labeuche2 juin 2009 à 21:49

    Didier, vous êtes de la race des Lucides, c'est ce qui vous rend indispensable sur la blogosphère.

    (Mais pourquoi vous faites-vous de plus en plus rare sur la SLRC ?)

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  5. Tiens, Anna, pour rire avant d'aller se coucher, lisez-moi donc cela...

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  6. Pascal Labeuche2 juin 2009 à 21:57

    Emma = Anna R. Ah !!!......
    "Le sandwich au concombre"... J'ai compris ! (Il me faut le temps, hein !)
    Eh ben dis conc je suis content de vous trouver là !

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  7. Anna-Emma : il faut arrêter de nous commotionner le p'tit Pascal comme ça, hein !

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  8. En effet, Didier, on va lui décerner un prix à la grande fille toute simple.
    Bonsoir, Pascal, vous voyez comme on se retrouve.

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  9. Deuxième ajout : non, non, Didier, je ne crois pas avoir traumatisé notre Rabastenssinois.

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  10. Pascal Labeuche2 juin 2009 à 22:23

    RABASTINOIS, Emma, RABASTINOIS ! Et d'adoption en plus, toulousain d'origine (trente ans quand même !).
    Oh non, vous ne me traumatisez pas, après le message aussi chaleureux que celui posté il y a deux mois là où vous savez, vous ne pourrez jamais me traumatiser !
    Quelle suffisance, hein, mais j'aime les compliments, trop sans doute, du coup je suis ridicule.
    Enfin, stop, j'suis pas chez mmoi ici bordel, j'vais pas labeuchiser davantage ce site, promis, Didier !

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  11. DG, Montaigne réincarné sans le cheval ?

    @Christine : exactement ça.

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  12. Didier,

    Vous me connaissez ! C'est avec plaisir que je fréquente des gens de qualité dans mon blog. Vous par exemple. Mais aussi Suzane, Fidel, Emma, ...

    Mais l'autre andouille, ai-je le droit de ne pas avoir à le supporter pendant mes heures de loisir ?

    Cela dit, il m'a promis un billet incendiaire pour bientôt. J'espère qu'il fera un lien vers mon blog, pour mon Wikio. C'est absolument le seul intérêt qu'il puisse avoir.

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  13. Sans être normand, je suis assez d'accord avec ... les deux positions !
    D'une part, je ne crois pas qu' il n' y ait que la mégalomanie ou la peur du patron qui incitent à l' anonymat. Je ne crois être ni dans un cas, ni dans l'autre.
    Il y a, pour moi, la volonté de ne pas être trop facilement identifié par certaines communautés ou certains cercles de connaissances. Cela permet une grande liberté de ton , en sachant par ailleurs que l'on demeure entièrement responsable, notamment pénal, de ses écrits.
    D'autre part, j'ai une réelle admiration (et peut-être une secrète jalousie ) pour ceux qui signent de leur nom. Un jour peut-être ...
    Cordialement, lenonce.

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  14. Monsieur Goux, j'ai cliqué sur le lien que vous indiquez à Anna.

    Je le regrette sincèrement.

    Merci de mettre un avertissement, la prochaine fois !

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  15. Didier, vous notez donc comme moi « une corrélation négative entre le conformisme des blogueurs politiques et leur courage à assumer leurs propos. » ;)

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  16. J'ai découvert cette pratique du pseudo en ouvrant mon site et en me promenant pour découvrir les lieux. Cela a beaucoup à voir, il me semble, avec l'image de soi. Peur et envie de se dévoiler pour certains, possibilité de venimer à l'abri pour d'autres. Jeux de miroirs, où l'on se permet à couvert ce que l'on ne s'autoriserait pas en pleine lumière.

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  17. Ah ben fichtre. Je n'ai rien à redire sur ce billet. Me voilà d'accord. Personne n'en a rien à foutre de leur petit blog, y compris leur patron, aussi stupide et borné soit-il. Oui, très bon. Désolé d'être aussi consensuel. Vraiment confus. Deviendrais-je réac ? Le serais-je déjà sans le savoir ? Serais-je atteint d'une carence — passagère, hein, j'espère — de leftbloguisme ? Je vais m'en ouvrir à François Bon.

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  18. Nicolas : je dis dans le billet que c'est parfaitement votre droit...

    Le nonce : en fait, me relisant, je m'aperçois (comme souvent) que mon opinion est plutôt moins tranchée que l'opinion du moi-même d'hier...

    Hank : mille pardons ! les frais de soutien psychologique seront bien entendu à ma charge.

    Criticus : oui, c'est le plus amusant, dans cette affaire.

    Frédérique M : oui, mais justement, pourquoi se permettre à couvert ce qu'on ne s'autoriserait pas à visage nu ?

    Appas : votre cas m'inquiète, en effet...

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  19. Vous pourriez ajouter, aux argumentaires d'écrivains contre le pseudonymat ceci, qui est de Renaud Camus et que j'extrais d'une de ses contribution sue le forum de l'In-nocence :

    « (...) je ne peux pas ne pas lier la profusion des "pseudos" à la décadence de la parole, elle-même très liée à celle du nom et, pour être plus précis, à celle du nom du père. J'entendais à l'instant une émission vaguement consacrée à Paul Ricœur et constatais que l'état de langue des "universitaires" réunis était à peu près celui, atroce, il va sans dire, des gens de cinéma ou de théâtre il y a cinq ans : c'est-vrai-qu'isme généralisé (sous la houlette du grand maître c'est-vrai-qu'iste échevelé Arnaud Laporte), redoublement du sujet, manie de placer les adverbes entre les prépositions et leur régime (« réfléchir à justement comment Ricoeur il... »), et, c'est ce qui nous intéresse ici, usage exclusif du prénom ( « Là où quelque part François il a raison c'est quand... Mais ça Dominique elle l'a bien montré dans son bouquin, etc. »). L'usage exclusif des prénoms, comme celui des pseudonymes, implique, ou marque, l'irresponsabilisation (pardon pour le mot) de la parole, qui est de moins en moins signée, de moins en moins assumée, et donc n'engage pas, n'implique aucun risque et aucune responsabilité.

    Plusieurs des intervenants en faveur des pseudonymes ont utilisé comme argument le désir de ne pas prendre de risque. Je serais assez tenté de leur répondre que la parole c'est précisément le risque. Si ce que vous dites (ou écrivez) ne peut pas être utilisé contre vous, ça ne vaut probablement pas la peine d'être dit. Il n'est pas étonnant que la plupart des engagements pris aujourd'hui soient assortis de la condition implicite qu'il n'y ait pas de difficulté à les tenir, que les respecter n'implique pas d'effort : sinon, non — c'est-à-dire que ce ne sont pas des engagements. »

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  20. Merci beaucoup, cher Marcel Meyer. Je me souvenais vaguement de cela, mais j'aurais été bien incapable de le retrouver sur le forum. On va voir si RC inspire mes commentateurs habituels...

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  21. Il y a encore une troisième raison pour utiliser un pseudo, probablement la plus répandue: vouloir tout simplement échanger son patronyme contre quelque chose de plus élégant, de plus romantique. Pour le reste l'anonymat est un leurre: il faut deux secondes à quelqu'un d'un peu outillé pour retrouver l'origine d'un commentaire injurieux déposé sur son blog. Ainsi moi je sais que vous vous appelez Didier Goux, que vous habitez en Normandie et que vous avez deux chiens. Mais je ne le dirai à personne.

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  22. Sérieusement, monsieur Goux, vous lisez vraiment le blog en question ?

    Il s'y trouve peu ou prou ce que j'écrivais dans mes carnets adolescents, commentaires compris. J'avais quinze ans, c'est excusable. Mais là... "La guerre c'est mal. Il faut ouvrir les frontières. On est tous frères, mince ! L'Église est méchante, l'Islam est super. La gauche résiste, la droite collabore". Etc.

    C'est bien simple, Muray a écrit une "chanson" là-dessus :

    Ici, cliquez sur "Tombeau pour une touriste" (j'en ai déjà parlé ici je crois).

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  23. Pascal Labeuche3 juin 2009 à 14:08

    « Je serais assez tenté de leur répondre que la parole c'est précisément le risque. Si ce que vous dites (ou écrivez) ne peut pas être utilisé contre vous, ça ne vaut probablement pas la peine d'être dit. »
    Effectivement...

    Mais : « En somme on ne peut plus rien dire. Seule la littérature a le droit de dire. » (in "Esthétique de la solitude")

    Alors ?

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  24. Pascal Labeuche3 juin 2009 à 14:26

    « En somme on ne peut plus rien dire du tout. Seule la littérature a le droit de dire. »

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  25. Bonsoir.
    Merci de me citer, je viens d'allumer chez Roman le pétard mou qu'est Fromageplus, grande gueule de la "blogosphère" et petit lâche.
    Excellent, cet extrait de Renaud Camus. Une autre référence me vient à l'esprit, plus lointaine : Michel Leiris dans L'Age d'homme affirmant que, pour être quelque peu considérée, la parole de celui qui écrit devait ne pas craindre de s'exposer à quelque corne de taureau plus ou moins symbolique.
    A la possibilité, donc, réelle et pas seulement factice, de s'exposer à un danger.
    Une autre référence, superbe celle-ci, une phrase de Paul Gadenne affirmant que, depuis 80 ans et plus (nous sommes je crois au milieu des années 40), la littérature s'écrit devant les bourreaux.
    Voilà ce dont rêvent, effectivement, toutes ces petites tantes : d'agir, une seule fois dans leur vie !
    Mais, hélas, comme ils n'ont guère les moyens de leur politique plutôt... bravache, ils en oublient courage et honneur, souillent leur couche-culotte et en oublient même de signer leur petit éjaculat coupé à la pisse.
    Dommage, le Grand Soir, ce sera pour... demain !

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  26. Juan : merci de parler de Paul Gadenne (mais vous êtes coutumier du fait...). J'ai découvert cet écrivain il ya environ trente ans – par un ami dont j'ai perdu toute trace –, en lisant Les Hauts Quartiers, roman que je considère encore aujourd'hui comme un chef-d'œuvre (mais dont, à ma connaissance, vous n'avez jamais parlé dans votre "Zone"). en plus, le personnage central, pitoyable et grandiose, sorte de Christ déchu, s'appelle Didier...

    Merci d'être passé, à bientôt.

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  27. Mon cher Didier, Les Hauts-Quartiers est assurément l'un des romans français les plus puissants qu'il m'a été donné de lire : une sorte d'Idiot français, un homme, effectivement prénommé Didier, menant une thèse interminable sur Kierkegaard et s'engageant sur une voie sans retour qui est d'humilité, de dépouillement de soi et, finalement, de folie en Christ.
    Nous sommes, avec cet écrivain de race, bien loin de nos bluettistes qui n'osent pas signer leurs petites crottes...

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  28. Concernant l'anonymat : non, désolé, c'est une erreur. C'est voir la réalité de 2009 avec les yeux des années 70.

    Parmi les cas qui me viennent à l'esprit : une blogueuse a été virée de son boulot parce qu'elle racontait une ou deux choses, fort inoffensives, sur sa vie de bureau (en France) ; un dessinateur politique (danois ?), qui publie sous pseudonyme, a été réveillé par dix flics à six heures du matin, qui l'ont coffré et menacé de publier son nom ; autant le menacer de mort, puisqu'il caricature régulièrement les musulmans ; d'autres blogueurs, dans d'autres pays européens, ont été arrêtés pour leurs écrits.

    Ce ne sont pas les opinions de gauche qui sont risquées, bien sûr ; ce sont les opinions de droite, les prises de position anti-islam et anti-immigration.

    En France, au moins deux blogueurs écrivant sur leur ville ont été l'objet de poursuites acharnées et vengeresses de la part de leur maire.

    Ce qui se passe aujourd'hui aux Pays-Bas, en Suède ou en Angleterre se passera demain en France.

    Même aux Etats-Unis, malgré le Premier amendement, les blogueurs non politiquement corrects et sans surface médiatique prennent soin de masquer leur identité.

    Baron Bodissey, de Gates of Vienna, écrit aujourd'hui que si vous ouvrez un livre conservateur dans une librairie de Charlottesville (Virginie), vous vous attirez des réflexions désagréables. Si vous mettez un sticker républicain sur votre voiture, vous risquez de la retrouver rayée.

    La situation de quelqu'un qui rentre sur le marché de l'emploi en France aujourd'hui n'a rien à voir avec celle d'un journaliste qui y est entré dans les années 80, et qui a pu faire, dans certains cas, la totalité de sa carrière chez un même employeur (chose absolument inimaginable aujourd'hui).

    Ceux qui décident de bloguer sous leur vrai nom méritent naturellement le respect, mais je déconseillerais formellement à un jeune réac qui a des choses à dire de se lancer sous son nom. Sauf s'il a des ambitions politiques, naturellement.

    Mais si celles-ci sont d'esstrême-drouâte, bonne chance...

    Autre chose : je vois en passant que l'inénarrable Stalker se permet d'insulter ici, hors de sa présence et en dehors de tout contexte, le blogueur Fromage Plus, fidèle à sa sale manie qui le fait s'attaquer régulièrement à tel ou tel dans les termes les plus orduriers.

    J'ignore tout de leur discussion et je ne veux pas la connaître, mais je lis régulièrement Fromage, et je peux dire ceci : quand Stalker arrivera à la cheville de Fromage Plus en matière de dignité, de générosité et plus généralement en matière de qualités humaines, il pleuvra de la merde et des pierres plates.

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  29. Pour être tout à fait juste, j'ajouterais qu'en France, même s'il vaut mieux professer des opinions de gauche plutôt que l'inverse pour progresser dans sa carrière, il devient de plus en plus dangereux de s'attaquer, même en paroles et de façon inoffensive, au pouvoir présumé de droite.

    On recense plusieurs affaires de citoyens parfaitement inconnus, sans la moindre influence, qui ont été inquiétés par la police et la justice simplement pour avoir écrit leur désaccord vis-à-vis du gouvernement, en termes seulement un peu vifs.

    Soit par le biais de mails adressés à des responsables ou à des autorités, soit par le biais de commentaires laissés sur tel ou tel site.

    Le dernier en date étant celui de cette dame qui a écrit "Ouh la menteuse!" sur Daily Motion (je crois) en parlant de Nadine Morano (si je me souviens bien).

    Et qui a été convoquée par la police pour ce crime. Malgré son anonymat, bien sûr.

    A tel point que Nadine Morano (toujours si je ne me trompe pas d'Altesse...) à dû donner des instructions à son avocat pour empêcher la police de faire du zèle, suite à la plainte qu'elle avait effectivement déposée, et qui visait effectivement les critiques à son encontre sur Internet.

    Donc, oui, la menace est bien réelle.

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