mardi 3 novembre 2009

Didier Goux renonce au nœud coulant. Provisoirement.

Vers midi et demie, ce jour, j'ai hésité quelques secondes entre me passer une corde autour du cou et griffonner hystériquement quelques phrases exutoires. Finalement, j'ai griffonné :

– État de fureur indescriptible depuis plus d'une demi-heure, ridiculement disproportionnée à son objet. En fait, il serait sans doute plus juste de parler de rage impuissante. Ce matin, donc, vers dix heures et demie, je m'attèle enfin au nouveau BM. Je décide, comme souvent, de commencer par une amorce de dialogue, entre les deux jeunes héroïnes du premier chapitre (dont l'une finira zigouillée selon un protocole encore inconnu). Premier tiret pour ouvrir celui-ci, trois ou quatre lignes de texte, retour chariot pour donner la parole à l'interlocutrice. Paf ! Le deuxième tiret apparaît avant même que j'ai eu le temps de le taper sur le clavier et tout mon premier paragraphe se décale vers la droite : pré-réglages (on ne dit pas comme ça mais je m'en fous) de mon nouveau logiciel Word.

J'avais déjà été confronté à cette plaie sur l'ancien ordinateur, mais j'avais miraculeusement trouvé le moyen d'annuler le diktat. Naturellement, depuis quatre ou cinq ans, j'ai largement eu le temps d'oublier comment je m'y étais pris alors. Je me souviens juste que c'était très très simple. Vraiment très simple. Je suis donc reparti, à tâtons, dans ce labyrinthique logiciel...

Après y avoir perdu près d'une heure, j'ai piteusement échoué. Résultat : cet état de nerfs dans lequel je me trouve (impression d'être nargué par la machine, défié par l'inerte), un feuillet écrit en tout et pour tout, une matinée perdue. Et, faute de mieux, l'obligation où je me trouve désormais, pour chaque futur dialogue, de taper au lieu du simple “tiret” un lourdingue “alt + majuscule + tiret”, afin de contourner sur la pointe des pieds le maudit pré-réglage, ou paramétrage, ou ce qu'on voudra. Manœuvre que, la force de l'habitude étant ce qu'elle est, je vais évidemment omettre d'effectuer au moins une fois sur trois, ce qui entraînera de nouveaux accès de fureur et une perte de temps considérable au moment de la relecture. La plume d'oie, bon sang, qu'on nous rende la plume d'oie, l'encrier et la perruque poudrée !



Quatre heures de l'après-midi – épilogue bouffon : Le déjeuner n'ayant pas suffi à me calmer, je me suis rapidement rendu compte que je n'arriverais à rien de bon, et je suis descendu à Pacy chercher du pain frais, pour dire de n'avoir pas été totalement inutile aujourd'hui. Revenant, je dis à l'Irremplaçable : « Bon, puisque je n'ai rien de mieux à faire, je retourne au bureau et je me replonge dans cette saloperie de Word... » Arrivé ici même, je commence par créer un nouveau document afin qu'il me serve de terrain d'entraînement. J'ébauche un dialogue bidon, histoire de bosser sur du concret... et tout se passe normalement. Je veux dire : comme je souhaite depuis ce matin que les choses se déroulent, les tirets attendant docilement mon commandement pour apparaître, les paragraphes ne remuant pas une oreille.

J'en ai alors déduit que, ce matin, par hasard, j'avais dû décocher les bonnes cases, abaisser les bons leviers, pousser les boutons idoines, mais que cela ne pouvait pas fonctionner sur le document déjà créé ; qu'il m'aurait suffi, comme je viens de le faire, d'en ouvrir un nouveau afin de, comme on dit, “réinitialiser” le bouzin. J'ai donc, on peut le dire, doublement perdu ma journée : j'espère au moins vous avoir fait rire.

Le pire est que je ne sais toujours pas comment j'ai fait, et que le problème se reposera intact au prochain ordinateur...

23 commentaires:

  1. Didier, surtout ne cassez pas votre Imac tout noeuf...

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  2. Cliquez droit sur la petite foudre qui apparaît quand vous tapez le second tiret et dans la petite fenêtre cliquez : "arrêter la création de puces automatiques". Il n'y a plus ensuite ni puces ni retrait.

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  3. Donc, si je comprends bien, vous avouez chez Dorham mesurer la chance de ne bosser que trois jours par semaine, et pendant ce laps de temps, vous nous trouvez le moyen de péter un plomb !
    C'est du propre...

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  4. C'est en écrivant des bouquins de cul que vous avez attrapé un nœud coulant ?

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  5. Mifa : merci, j'aurais aimé vous avoir ce matin près de moi ! Mais (voir le rajout du billet), tout s'est finalement réglé autrement et par l'absurde...

    Pluton : je n'en étais tout de même pas là, heureusement.

    Monsieur Social : c'est que je bosse aussi à la maison...

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  6. Plus d'excuses pour ne pas t'y remettre. Au boulot, bordel !

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  7. Il y a de quoi se tirer un balle d'automatique dans le crâne !
    :-))

    [Encore sous Word ? Savez-vous qu'il existe le même en gratuit ? OpenOffice par exemple fnctionne très bien avec Mac ! :-)) ].

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  8. Ah ah, excellent ! Ça m'a toujours énervé aussi ce truc là. Mais là où c'est inquiétant que je n'ai jamais imaginé une seconde que l'on puisse modifier les paramètres pour que cela ne se produise plus...
    J'ai honte !

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  9. "c'est que je bosse aussi à la maison..."
    j'avais compris, mais l'occasion était trop belle !
    :D

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  10. Catherine : arrête de me parler comme ça, on dirait Nicolas !

    Mère Castor : et je n'ai encore rien dit des chaises à porteurs...

    Poireau : ne le répétez pas mais, pour moi, W*rd aussi est gratuit...

    Zoridae : c'est ça la chierie de l'informatique : on ne sait même pas tout ce qu'on pourrait faire avec.

    Camarade Poison : je sais bien que vous aviez compris !

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  11. bonjour Didier,

    surtout pas de noeud coulant, et puis ce n'est pas si simple, par exemple je lis là un bouquin où on parle d'un bourreau il faut bien calculer la longueur de la corde en rapport avec le poids de la victime sinon on peut avoir la tête qui se détache littéralement du corps...bon.. le résultat est le même mais c'est tellement plus propre un simple crac qui signifie que la colonne vertébrale est bien brisée...mais la corde je dirai que ce n'est pas votre style...

    plutôt la guillotine, nette et sans bavure... la quintessence même de l'esprit français...100% de réussite et presque sans douleur...

    Enfin bon, n'en faites rien et continuez à nous régaler et à dégommer la GAUCHOSPHÈRE...

    au fait que signifie BM dans votre article?

    Autre question: je suis totalement étranger à l'oeuvre de Renaud Camus dont vous êtes un des promoteurs, on peut donc dire que vous allez bientôt lui faire gagner un nouveau lecteur. De passage à Paris le week-end prochain, je vais me recharger en livres...je vais donc prendre un Renaud Camus...avez-vous un livre à conseiller pour entrer dans l'oeuvre comme on dit...

    Cherea

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  12. Cherea : vous avez déjà essayé de vous guillotiner tout seul, vous ?

    Sinon, pour Camus, la question est vaste et j'aimerais mieux vous répondre par mail personnel : envoyez-moi donc un petit mot (mon mail est dans mon profil, ou je sais où, enfin bon on le trouve facilement) et je vous fais un topo demain. Précisez-moi si vous envisagez de lire plutôt des écrits politiques, ou "moraux", ou le journal, etc. Pour vous faire une idée de la variété de l'œuvre, allez donc jeter un coup d'œil par ici.

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  13. « plutôt la guillotine, nette et sans bavure... la quintessence même de l'esprit français...100% de réussite et presque sans douleur...»
    Sauf pour Néel !

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  14. Cherea-bis : BM = "Brigade mondaine".

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  15. A la question qui vous est posée : "un livre à conseiller pour entrer dans l'oeuvre" de Camus ? j'ai envie de répondre : Vie du chien Horla.

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  16. Je suis d'un autre avis qu'Agnès.
    La vie du chien Horla, c'est bien, mais l'œuvre majeure de Renaud Camus, c'est son journal. Donc, commencer par n'importe quel tome du Journal. Renaud Camus a également écrit le meilleur hypertexte que je connaisse: Vaisseaux brûlés .

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  17. Didier, puisque vous avez fait l'énorme connerie, si je suis bien informé, d'acheter un Mac, profitez donc du seul avantage de ce tas de ferraille snob et dispendieux : je crois savoir qu'il existe, pour Apple, de vrais traitements de texte destinés à des gens qui, heu... écrivent. Pour gagner leur vie.

    Chanceux que vous êtes, vous allez pouvoir jeter cette daube de Word à la poubelle.

    N'ayant pas personnellement utilisé ces logiciels puisque je suis sur PC, je ne peux rien vous promettre, sinon que vous avez tout intérêt à les essayer. Certains d'entre eux ont spécifiquement été conçus pour les écrivains, les scénaristes, etc.

    Ce qui n'est pas le cas de ce tas de merde fumant qu'est Word et que je suis obligé d'utiliser, notamment parce qu'il est le seul à ma connaissance sur PC à posséder un mode plan.

    En plus, comme vous m'avez l'air bourré de pognon, vous ne serez même pas obligé de vous cantonner à des logiciels gratuits. Que demande le peuple ?

    Allez voir ici :

    http://www.literatureandlatte.com/scrivener.html

    Et ici :

    http://www.literatureandlatte.com/links.html

    Sinon, tapez "traitement texte mac" dans Google et partez à la pêche. Bien sûr, vérifiez que le logiciel que vous choisirez sera capable d'exporter sous format Word pour votre éditeur, mais il y a pratiquement 100 % de chances que ce soit le cas.

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  18. perso je pratique textedit, dont le modèle de départ est vide... ;=))
    geargies

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