dimanche 22 juillet 2012

De Dien-Bien-Phu à Évian ? C'est tout droit…


La scène prend place au début des Centurions (à la page 46 exactement) ; les officiers français, héros du roman, viennent de débarquer au camp de prisonniers viet-minh n°1 après plusieurs nuits d'une marche épuisante, qui a laissé de nombreux morts sur le bord de la piste.


     « Un autre lieutenant vint se joindre à eux ; il était Algérien et se nommait Mahmoudi. discret, silencieux, il faisait deux fois par jour ses prières tourné vers La Mecque. Boisfeuras remarqua qu'il commettait des erreurs et qu'il se courbait sur le sol à contre-temps. Il lui posa cette question :
     – Vous avez toujours fait vos prières ?
     Mahmoudi le regarda étonné :
     – Non ; seulement quand j'étais enfant. J'ai recommencé depuis que je suis prisonnier.
     Boisfeuras le fixait de ses yeux presque blancs.
     – J'aimerais savoir les raisons de votre toute nouvelle ferveur, à titre personnel, croyez-le.
     – Si je vous disais, mon capitaine, que je ne les connais pas, ou du moins que je les connais mal, et que ce que j'entrevois pourrait vous déplaire…
     – Rien ne me déplaît…
     – J'ai l'impression que cette défaite de Dien-Bien-Phu, où vous (il appuya sur le “vous”) avez été vaincu par une de vos anciennes colonies, aura de très grandes répercussions en Algérie, qu'elle sera le coup d'épée qui tranchera les derniers liens entre nos deux peuples. Or, l'Algérie n'a pas d'existence en dehors de la France ; elle est sans passé, sans histoire, sans grands hommes ; elle n'a rien, que sa foi différente de la vôtre. C'est autour de notre foi que nous pouvons commencer à donner à l'Algérie une histoire et une personnalité.
     – Et pour pouvoir nous dire : « Vous, Français », deux fois par jour vous faites des prières vides de tout sens ?
     – C'est un peu cela, mon capitaine. Mais j'aurais aimé, même dans cette défaite, pouvoir dire : « Nous, Français. » Vous ne l'avez pas voulu.
     – Et maintenant ?
     – C'est trop tard. (…) Non, ce n'est peut-être pas trop tard, mais il faudrait faire tellement vite, ou qu'il se produise un miracle.
     – Vous ne croyez pas aux miracles ?
     – Dans vos écoles, on s'est appliqué à détruire en moi le sens du merveilleux et de l'espoir impossible. »

22 commentaires:

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    1. Je me demande entre Rosaelle et Léon quel est le plus crétin des deux…

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    3. Le plus crétin, c'est toujours l'anonyme.

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    4. Pour TG
      Regarde qui est le plus fasciste, qui censure le plus, et tu auras la réponse.

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    7. Bon, puisque le “vrai” Léon nous a administré la preuve qu'il était capable de s'ouvrir un compte Blogger, tous les commentaires du pseudo-Léon, (appelé aussi “Léon noir”) seront désormais supprimés.

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  2. Bonsoir, commander un roman d'occasion sur amazon.fr, est ce bien judicieux selon vous ?

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    1. Je ne comprends pas le sens de votre question. Devrais-je, selon vous, le commander chez mon pharmacien ? Auprès de l'amicale des boulistes ?

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    2. Au temps pour moi, ma question est en effet mal construite. Je cite amazon.fr car c'est le site que vous proposiez en lien dans votre dernier billet. Mon budget livre ayant subit une cure d'austérité, je me demandais si se procurer des livres d'occasions via internet étant une bonne idée (rapport à la qualité de l'objet, nombre de pages, etc.)

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    3. Ah, très bien, je comprends mieux ! Eh bien, ma réponse est oui, sans hésitation. Depuis quelques mois, prévoyant de redevenir un salaud de pauvre à brève échéance, je me suis mis aux livres d'occasion. Pour l'instant, je n'ai reçu que des volumes en qualité tout à fait acceptable, voire très bonne, et à peu près dans les délais indiqués. J'ai même trouvé des livres à moins d'un euro ( plus les 2,99 de port, tout de même) en excellent état.

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    4. Merci Monsieur Goux, pour votre réponse.

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    5. Robert Marchenoir23 juillet 2012 à 22:55

      Essayez aussi Abebooks.fr, ils sont spécialisés dans les livres d'occasion. Notez qu'ils ont été rachetés par Amazon depuis quelques années, tellement ils marchaient bien.

      Mais les équipes restent néanmoins séparées.

      Abebooks a commencé au Canada et s'est répandu dans le monde entier (beuârk...). Il y a plusieurs sites nationaux, dont un en France (piloté depuis l'Allemagne).

      Les libraires américains bénéficient de certains tarifs postaux très avantageux, ce qui fait qu'on peut trouver des livre pratiquement donnés (un dollar), parfois même neufs, soldés par l'éditeur, tout en ne payant pas grand'chose pour la traversée de l'Atlantique.

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    6. Robert Marchenoir23 juillet 2012 à 22:59

      Les librairies françaises d'ancien traditionnelles, y compris celles qui ont pignon sur rue, tendent à choisir plutôt Abebooks, qui est, à l'origine, un portail de libraires d'occasion (tandis qu'Amazon est un gros marchand de soupe qui vend des fixe-chaussettes).

      Par exemple, Picard est sur Abebooks.

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  3. Et pourtant, la guerre d'Algérie leur a surement donné un petit début d'Histoire .....

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    1. Leur histoire a commencé avec le débarquement à Sidi-Feruch en 1830. Avant ce territoire n'était qu'un des confettis de l'empire ottoman peuplé de 3 millions de personnes majoritairement incultes avec un taux de mortalité infantile élevé, sans écoles dignes de ce nom, sans hôpitaux, etc. Ces gens n'avaient pas conscience d'être un peuple, chaque tribu, chaque vallée regardant les autres avec méfiance. C'est la France qui a créé les frontières, qui a insufflé à ces gens qu'ils étaient le peuple de ce pays.

      Quant à la guerre, avant de nous les briser, qu'ils examinent les agissements du FLN avant de nous demander de battre notre coulpe. Ses premières victimes furent les algériens eux-mêmes. Des massacres immondes ont été perpétrés dans les villages en 1955/1956 avec une sauvagerie que reprendra à son compte le GIA dans les années 90.

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    2. Voilà une analyse impartiale, la France est superbe et généreuse, et eux sont des sauvages.
      Avec ça, c'est vrai on n' pas besoin de repentance!

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  5. Dis-donc, Mahmoudi, on se permet de dénigrer le système éducatif français qui t'a métamorphosé, petit dromadaire inculte aux dents marrons, en cet assidu violeur de mémées, toi qui ignores même dans quel pays tu habites?

    "Va te faire insuffler ailleurs, nardinamouk!"

    On ne dira jamais assez toute l'ingratitude de ces êtres, mi-hommes, mi-camélidés.

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  6. Le dialogue - celui des Centurions, pas celui des commentaires :-) - est profond en apparence, mais il est facile d'être prophétique a posteriori.

    Un blog de grande qualité en tout cas, bravo !

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