mercredi 22 août 2012

Longtemps j'ai pris le nom de mes villages


Quand, çà ou là, reparaît dans la blogosphère la pénible discussion récurrente à propos de l'opportunité des pseudonymes, je m'abstiens généralement d'y participer, pour la simple raison que j'ai n'ai pas d'avis sur cette affaire ; pas d'avis tranché en tout cas. J'ai déjà dit que, lorsque j'ai décidé, en février 2007, à l'incitation de Catherine, d'ouvrir mon archéoblog, la question ne m'a même pas effleuré : Didier Goux j'étais, Didier Goux je resterais, aussi bien chez moi que chez les autres, si jamais j'y intervenais (et Dieu sait…).

Il n'en va pas de même dans la presse. Si j'ai signé une poignée d'articles de mon nom, au temps de ma sotte jeunesse, voilà environ trente ans que cela ne m'est plus arrivé. En revanche, j'ai usé sous moi un certain nombre de pseudonymes dont, à l'instar des volcans, certains sont éteints et d'autres en activité.

Sur la barque des morts, on trouve d'abord Marie-Laure Assay. Ce premier-né est apparu vers 1992, lorsque Catherine et moi avons acquis une maison à Beaulieu-sur-Loire, près de Châtillon (également sur-Loire), dans un hameau qui s'appelait Assay. Pourquoi Marie-Laure ? Allez savoir. Je devais trouver amusant le côté transgenre de l'opération, probablement. À la même époque, et suivant un procédé similaire, je devins aussi Didier Châtillon, lorsque, écrivant trop d'articles pour FD, il me fut demandé de varier un peu mes signatures afin que notre brave lectrice étalon ne crût pas que Marie-Laure bricolait son journal à elle seule. Toujours suivant cette alchimie topologique, après que nous eûmes résidé durant trois ans en Basse-Normandie, à Sainte-Scolasse-sur-Sarthe, dans un hameau appelé Le Grais, je devins Didier Le Grais (j'ai reculé au dernier moment devant Édouard de Sainte-Scolasse, qui de toute façon n'aurait pas tenu dans la largeur d'une colonne de journal). On notera  qu'après une brève période de flottement, je me montrai désormais beaucoup mieux assuré de mon sexe – mais attendez la rechute.

(Cette habitude d'enraciner mon pseudonyme du moment dans mes différents terroirs remonte en fait à 1988, lorsque je me suis trouvé à écrire trois romans bassement pornographiques pour GdV. Passant encore, à l'époque, tous mes week-ends de célibataire chez mes parents, à la Ferté, j'avais choisi de m'appeler Didier Saint-Aubin.)

Passons donc aux pseudonymes en activité, tout en sachant que j'ai certainement dû en oublier un ou deux, dans la rubrique précédente, simplement parce qu'ils ont été trop fugitifs pour marquer la mémoire. Par exemple, je suis presque certain de m'être au moins une fois appelé Didier Beaulieu. Mais quand ? Et où ? Impossible de faire remonter ce souvenir-là.

Longtemps j'ai pris le nom de mes villages ; désormais j'emprunte ceux de nos chiens. Comme eux-mêmes sont baptisés à partir des personnages d'À la recherche du temps perdu, on pourrait croire que mes pseudonymes actuels sont proustiens alors qu'en réalité ils ne sont que canins. Lorsque j'écris pour FD, je suis alternativement Didier Balbec et Pierre-Marie Elstir. Dans les faits, MM. Balbec et Elstir n'écrivent pas exactement le même type d'articles, je les distribue donc en conséquence – mais il est inutile d'entrer dans ces détails “de cuisine”.

Quand je travaille pour d'autres publications que celle qui me salarie, je deviens soit Paul-Albert Swann, soit Catherine Bergotte. Là aussi, peut-être plus nettement encore que pour FD, les deux avatars sont parfaitement différenciés. 

Les derniers pseudonymes cités sont également les plus récemment créés. Et l'on voudra bien noter la réapparition, après 20 ans de mise sous le boisseau, de ma part secrète de féminité.


Rajout de deux heures moins le quart : en épluchant le dossier “Lady Di” de FD, je viens de tomber sur un article du 23 août 2002 signé Sergine Duplessis-Hébert. Je l'avais complètement oubliée, cette greluche !

38 commentaires:

  1. Pas une seule particule dans vos pseudonymes, juste un tout petit Saint pour trois romans pornographiques, et cette part de féminité qui ressort après 20 ans de mise sous le boisseau ; nous saurons (presque) tout des dessous de Didier Goux.

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  2. Chaque nom est en quelque sorte une aventure.
    Ainsi on ne se déplace jamais deux fois de suite avec le même véhicule.
    Ca évite la monotonie.

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  4. Jamais Didier Bourjon, vous êtes certain ?

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    1. Vous avez de la chance d'être loin, vous…

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  5. Comme votre ami Léon, Blésois de naissance, qui par modestie a choisi de s'appeler Léon tout court au lieu de Léon Blois.

    Autre exemple : Jacques Étienne, type pas très catholique, a choisi d'enlever le "Saint" de son pseudo, malgré son amour immodéré pour la ville de Saint-Étienne et sa nostalgie de Manufrance.

    Quant à moi, j'habite dans un village où un certain Robert Burniaux, Bruxellois, passait enfant ses vacances. Devenu écrivain, il se nomma Jean Muno.

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  6. Je signale que je viens de faire un petit rajout au billet…

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  7. Il n’y en avait pas un avec Colombes ?

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  8. N'y a-t-il pas d'autres pseudos, dans votre texte, utilisés sous forme de d'initiales, votre travail à FD? avec GdV? Y a-t-il quelque chose à cacher?

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    1. FD = François Desouche
      GdV = Gouvernement de Vichy

      Y en a, j'vous jure, faut tout leur expliquer !

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    2. Pas mal trouvé !

      Bon, sinon : GdV = Gérard de Villiers ; FD = France Dimanche;

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  9. La discussion sur l'opportunité du pseudonyme, c'est un peu le marronier des blogueurs; j'ai cédé à cette facilité, je le reconnais.

    En utilisant des toponymes pour former vos pseudonymes, vous empruntez à l'ancienne tradition du compagnonnage. Lorsqu'un nouveau Compagnon était admis, la cérémonie de réception était comparable à un baptême: le compagnon prenait un nouveau nom, un peu comme s'il naissait une seconde fois. Ce nom était souvent formé à partir du prénom paternel et de la ville de naissance. Chez les Compagnons tailleurs de pierre, la nouvelle recrue choisissait une vertu et la ville dont il était originaire, ce qui pouvait donner des noms comme Droiture de Bayonne, Prudence de Rouen, Andouille de Vire... Cette pratique facilite aujourd'hui la tâche des historiens: lorsqu'ils s'emmerdent, il leur suffit de consulter les archives du compagnonnage pour pouvoir dresser la carte des origines géographiques des tailleurs.

    Tout cela n'a rien à voir, évidemment, avec Rosa Luxembourg.

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  10. Donc, Cecil Saint-Laurent, c'était pas vous ?
    (ben non, idiote, il est mort ...)

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  11. Ca me fait penser que j'ai encore changé de nom...

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  12. Ah! Si je pouvais signer d'un pseudonyme les certificats de décès...

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  13. ...Sisyphe de Toulouse par exemple !

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  14. Sans pseudonyme, on n'aurait pas entendu Charlie Parker (a.k.a. Charlie Chan) jouer avec Miles Davis ET Sonny Rollins du saxophone ténor.

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    1. Ah, Dorham, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas lu une phrase aussi dénuée de sens. Le ventilateur est en panne ?

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    2. georges, mais ta gueule, ça faisait longtemps aussi que je n'avais pas croisé un gros con. Tout arrive !

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    3. Dorham, franchement, Georges a raison : relisez-vous, vous verrez…

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    4. Rooo, mais qu'est-ce que vous avez besoin de ramener votre fraise, vous - excepté le fait que nous sommes ici sur votre blog. Il avait du sens votre billet précédent ? Non. A chaque fois que vous dites quelque chose, ça a du sens ? Loin de là, je suis bien désolé de vous le dire. Ce billet que vous venez de faire a-t-il du sens ? Est-il signifiant ? Est-il chargé ? Comporte-t-il quelque vérité universelle qui m'aurait échappé ? Ma phrase est écrite avec les pieds, elle contient plus d'implicite que d'explicite ? La belle affaire, vraiment... Peu importe que Georges ait raison. On s'en fout que Georges ait raison. Georges sur son blog, car Georges est un blogueur, parle d'éducation, de convenances et de savoir vivre, et de bruit aussi, et toutes ces interventions traduisent une seule chose : il n'a pas d'éducation (ce type est un sagouin), le savoir vivre lui est étranger, il est incapable de respecter la moindre convenance et il est le plus grand faiseur de bruit de nous tous. Je me fous que Georges ait raison. Il se pourrait qu'il ait raison. Et alors ? Je reconnais bien volontiers quand j'écris ou dis n'importe quoi. Mais Georges ? Mais Georges, mon cher Didier. Georges fait partie de ces tristes gens qui ont beaucoup d'orgueil et aucune fierté.

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    5. "ta gueule" et "gros con".
      Vous qui avez un langage élaboré, vous n'êtes pas très poli pour le coup.

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    6. Pierre, les expressions " ta gueule" et "gros con"; font des mots que ce cher Nicolas du blog etc... me réserve quand je lui cours sur le haricot.

      Il devrait penser à déposer des droits d'auteur.

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    7. Pierre, c'est vrai et je reconnais que c'est idiot d'être impoli avec les malappris. Je m'en rends compte. Avec le temps et l'âge, j'ai appris à être patient et mesuré mais j'ai parfois de petites rechutes.

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    8. Ca m'avait surpris car vous affichez un joli respect des mots, et un certain calme dans vos commentaires.
      Je ne condamnais pas vos mots, mais voulais juste manifester mon étonnement, car je crois pas encore
      vous avoir à travers ces mots.
      Malgré tout, "ta gueule", et "gros con", pour être de très vieilles insultes, usant de mots traditionnels,
      montre une certaine marque de respect pour votre interlocuteur.
      Si vous aviez dit "..culé..a..race ou ta ...er. a.. ..ute", ça aurait été vraiment choquant, mais n'aurait pas
      été de votre niveau.
      Donc, bravo pour cette insulte, toute en respect. Et je ne suis pas ironique!

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  15. Vous n'avez jamais habité Montcuq par hasard?

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  16. Quand un agent secret révèle sa couverture, c'est qu'il prend sa retraite.

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  17. Et quand on porte son vrai nom, et que celui qui vous lit se met en colère parce qu'il croit qu'il s'agit d'un pseudonyme, que faire ? Si je ne me trompe pas, c'était la mésaventure arrivée à Charles de Gaulle, il avait écrit très jeune à ... euh, peut-être à Mauriac,(lettre d'admiration ).
    C'est un petit peu hors sujet, OK, OK.

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    1. Le cas que vous citez, chère Anna, est un peu particulier, dans la mesure où, s'appelant en réalité Philippe Pétain, le Général a bien été obligé de se choisir un pseudonyme afin de n'être pas confondu avec le Maréchal.

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  18. Hum, si c'était à Pétain que de Gaulle s'était adressé, étant dans l'armée tous les deux, le plus ancien pouvait quand même bien connaître les noms des officiers subalternes. En, fait je n'ai pas compris votre réponse, cher Didier ?Et puis j'écris sur un iPad, je rame.

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    1. Ma réponse, chère Anna, n'avait rigoureusement aucun sens : c'était juste un gag stupide.

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  19. Réponses
    1. Ce doit être dans les Périnés orientales…

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    2. Dans le Lot,

      Ceci ne vous rappelle rien:

      http://www.youtube.com/watch?v=iX9SPTSY1iU

      Bien, cela ne nous rajeunit pas.

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