vendredi 3 mai 2013

La rugueuse courtoisie des restaurateurs belges


 Comme une certaine Rania, employée du Trésor public, a daigné se pencher sur mon cas ces temps derniers, il a bien fallu que, équipé de mon casque de spéléologue, j'effectue une plongée dans la masse désordonnée de mes “justificatifs” ; j'ai donc secoué la boîte qui les contenait. Parmi ces paperolles tombant en cascade sur mon bureau, se trouvait le “ticket client” du restaurant bouillonnais où nous déjeunâmes, le señor Yanka et nous-mêmes, le 4 décembre 2011 (c'est écrit sur le ticket client). Je ne m'étais pas, alors, avisé de la formule qui concluait ce document financier de première importance ; elle se présente exactement ainsi :

VOUS AVEZ PAYE
AU REVOIR

Le restaurateur belge, surtout lorsqu'il est francophone, a parfois la courtoisie un peu rugueuse. Nous avions néanmoins excellemment déjeuné, il m'en souvient, à la table du fond, à droite.


10 commentaires:

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    1. Comme j'avais très peu bu (je conduisais…), je me suis souvenu que cela se faisait généralement, oui.

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  2. Robert Marchenoir3 mai 2013 à 19:37

    MAINTENANT RAMASSEZ VOS CLIQUES ET VOS CLAQUES
    PRENEZ MADAME PAR LA MAIN
    ET DEBARRASSEZ-NOUS LE PLANCHER
    SANS VOMIR SUR LE TAPIS
    NI VOUS ENFARGER DANS LES VERRES EN CRISTAL
    NI MARCHER SUR LE CHIEN
    CE SERA BIEN AIMABLE DE VOTRE PART
    ET NE CLAQUEZ PAS LA PORTE DERRIERE VOUS
    BORDEL DE MERDE
    S'IL VOUS PLAIT
    NON MAIS SANS BLAGUE

    On dirait un restaurant français.

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    1. Ça n'aurait pas tenu sur le ticket client…

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    2. Marchenoir ; l'autre différence, c'est qu'en France 80 % des repas sont surgelés… C'est pas marqué sur le ticket client non plus.

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    3. Robert Marchenoir4 mai 2013 à 14:44

      Hahaha, la vieille phobie franchouillarde du plat surgelé dans les restaurants... Quand je pense qu'il y a des députés qui ont voulu faire une loi pour obliger à signaler le surgelé sur les menus...

      Les Français ont toujours trois ou quatre trains de retard.

      Pour commencer, ça fait belle lurette que les restaurants ne servent plus de surgelé : ils servent du sous-vide.

      Qui est naturellement excellent.

      Tout comme le surgelé.

      Evidemment, comme Madame ne sait déjà pas faire cuire un oeuf et passe son temps à commander des pizzas, Monsieur, quand il met les pieds sous la table au restaurant, s'imagine que le chef fait pousser les petits légumes dans le jardin et égorge le veau dans l'arrière-cuisine.

      Il fait un scandale quand il découvre que ce n'est pas la grand'mère du patron qui baratte le beurre avec ses mimines dans la cave.

      Mais il insiste quand même pour ne pas payer son plat plus de 12 euros, hurle contre l'immigration illégale (sans laquelle son addition serait deux fois plus chère) et grimpe aux rideaux en poussant des cris de koala en chaleur dès qu'il est question de retarder l'âge de la retraite. Le tout en se croyant parfaitement cohérent et plus intelligent que "les Anglo-Saxons" -- pardon, que la terre entière.

      Le surgelé et le sous-vide sont naturellement de fantastiques progrès pour la cuisine en général et la restauration en particulier. Ils permettent de disposer de produits frais, parfaitement hygiéniques, excellemment conservés, déjà parés, d'un très grand choix, d'un très bon rapport qualité-prix, et de réaliser des plats d'un niveau de sophistication normalement inaccessible à moins de payer beaucoup plus cher.

      Mais le Français n'aime pas le progrès, à l'exception du progrès social.

      Il fait l'éloge des Trente Glorieuses, prétendu paradis où les ménagères, en pleine ville, allaient encore au lavoir municipal pour laver leur linge à la main.

      Il préfère payer des prix scandaleusement élevés à des pitis producteurs de proximité, qui vont se foutre ouvertement de sa gueule en lui fourguant un abonnement hebdomadaire obligatoire à un "panier de légumes" dont il n'aura le droit de choisir ni la nature ni la quantité -- mais cela lui procurera l'incomparable plaisir d'enculer la finance internationale pendant qu'il mangera ses rutabagas filandreux avec son surplus de navets de la semaine dernière.

      Tandis que ses députés défendront son bien-aimé "modèle social" et sa fabuleuse "exception culturelle" en stigmatisant les restaurants qui servent du surgelé.

      Pendant que le pays fonce à pleins gaz vers le mur de la dette en klaxonnant -- dette qui est dûe, naturellement, à lébanks et à leulibéralisme (et aussi à léjuifs, pour les plus audacieux, les plus révolutionnaires et les plus lucides d'entre les Français).

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    4. Hé ho ho!! je ne suis pas français moi, je suis Breton
      Et pis quand je vais au resto j'aime effectivement bien que ce soit le cuisinier qui fasse les plats plutôt qu'un maçon sénégalais ne fasse réchauffer au micro-onde des plats surgelés industriels, comme dans quatre vingt pour cent des cas.
      et puis je ne "grimpe pas aux rideaux en poussant des cris de koala en chaleur" : mon cardiologue me l'interdit.

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  3. Ooooh, les belles chaises!

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  4. La classe le restaurant, j'espère que le ramage était à la hauteur du plumage si je puis m'exprimer ainsi pour avoir était quelquefois outre-quiévrain , je ne me souviens point du gentil sur le ticket de fin ou de faim.

    Peut être que les montois sont plus civilisés que les gars de Bouillon. ou ont un sens de l'humour moins rugueux.

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