vendredi 11 janvier 2019

Dressons haut le bûcher de l'Aznavour !

Et le monstre a encore l'odieux cynisme de sourire !

Elles attendent quoi, nos sœurs féministes, pour organiser un gigantesque auto-da-fé, un magnifique feu de révolte, d'indignation et de dégoût, dans lequel se consumeront à jamais les disques de l'ignoble Arménien, dont le nom sera rayé à tout jamais de la mémoire de l'humanité ? Car c'est bel et bien un monstre qui, durant des décennies, sous couvert de chanter l'amour, n'a eu de cesse de magnifier l'esclavage et la violence dont l'homme a écrasé la femme depuis la plus haute antiquité, et même sans doute avant (mais on manque de documentation). Songez que des radios n'hésitent toujours pas à programmer sur leurs ondes des ignominies telles que Trousse-Chemise ou Donne tes 16 ans ou encore Tu t'laisses aller. Des titres qui sont toujours en vente libre ! Or, il suffit de les écouter vraiment pour que saute aux oreilles et aux cerveaux leur répugnante idéologie féminophobe. Prenons la première des trois citées : il s'agit de rien de moins que de la glorification d'un viol sur mineure. Quasiment d'entrée (c'est moi qui souligne) :

On s'était baigné à la découverte
La mer était verte
Tu l'étais un peu

Lorsqu'une jeune fille est verte, malgré l'air vivifiant et iodé de l'Atlantique, c'est évidemment qu'elle est malade. Cela va-t-il pousser le mâle à renoncer à ses odieuses visées ? Que nenni ! Tout est prévu, manigancé, ourdi : il ne sursoira pas. Cette pauvre fille verte, il faut commencer par anihiler sa pauvre volonté. Il a tout prévu :

On était parti la fleur à l'oreille
Avec deux bouteilles
De vrai muscadet

Deux bouteilles pour deux ? Le doute n'est hélas pas permis : le prédateur va saouler sa victime malade ! Ensuite, lorsqu'il l'aurait transformée en une pauvre loque à peine humaine, il ne lui restera plus qu'à accomplir l'irrémédiable, ce crime dont il n'hésite pas à se vanter (c'est encore moi qui souligne) :

Et j'ai renversé à Trousse-Chemise
Malgré tes prières
À corps défendant
Et j'ai renversé le vin de nos verres
Ta robe légère
Et tes 17 ans

L'affaire est donc claire, le dossier indéfendable : il y a bien eu viol sur une malheureuse fille mineure (en plus d'être saoule et verte). Et viol brutal, puisque perpétré au milieu des débris de verres.

Mais 17 ans, pour cet assassin d'innocence, c'est sans doute déjà trop âgé ! Le voilà qui s'attaque, dans la deuxième chanson, à des gamines encore plus jeunes… et surtout impubères (c'est toujours moi qui souligne) :

Viens donne tes 16 ans
Au bonheur qui prend forme
Pour que ton corps d'enfant
Peu à peu se transforme

Ce “bonheur”, on ne devine que trop bien quelle forme turgide il est en train de prendre ! Quant au corps juvénile de la victime, il est sûr qu'il va rapidement se transformer, une fois qu'elle aura un polichinelle illégitime dans le tiroir !

Mais on se demande si le comble du cynisme n'est pas atteint dans la dernière chanson de cette infernale trilogie. Il n'est même pas utile de citer exactement les vers ignobles qui l'émaillent, chacun les a, hélas, en mémoire. Dissimulée sous une musique doucereuse, il s'agit tout de même de l'histoire d'un mari rentrant tard et ivre chez lui, où l'attend son épouse, probablement en se rongeant les sangs, sachant qu'il quitte son bureau à six heures et qu'il est déjà dix heures moins le quart. Ce rustre va-t-il au moins faire profil bas ? Point ! Précédé de forts relents de vinasse et de transpiration macérée, il va avoir la tranquille audace de reprocher à la pauvre délaissée de s'être transformée en grosse vache imbaisable. Transformation terrifiante, qui n'a pris, nous informe-t-il avec une abjecte complaisance, que cinq ans : c'est assez dire les souffrances que la triste martyre a dû endurer de la part de ce sac à vin. On sent bien qu'elle ne sait plus qui elle est, à deux doigts du nervous breakdown, au point de se promener chez elle en chaussures et peignoir mal fermé, ce qui ne va guère ensemble. Et, pour finir, le soûlographe titubant retombe dans ses vieilles ornières pédophiles (c'est moi qui souligne) :

Essaie de te montrer gentille
Redeviens la petite fille
Qui m'a donné tant de bonheur

Mes sœurs de combat, mes sœurs je vous le dis : il est plus que temps d'abattre cette funeste idole, ce ricanant témoin d'un passé de ténèbres dont nous ne voulons plus. Et ne chipotez pas sur les bidons d'essence.

23 commentaires:

  1. Iconoclaste va...
    N'empêche que le dossier est lourd.
    À peu près aussi lourd que celui d'un certain Danny.

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    1. Dany avec un seul n, si nous parlons du même…

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    2. Ah oui.
      Mais on s'en fout puisqu'il s'agit d'un diminutif.

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  2. Tout, tout, tout et n'importe quoi, plutôt que de parler de Houellebecq ? J'ai juste ?

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    1. Tout le monde parle déjà de Houellebecq : inutile que je m'y mette aussi.

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    2. Oui mais vous vous le feriez avec un tel talent...
      Et puis votre avis nous intéresse, voilà.

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    3. La vérité c'est que je n'ai pas d'avis bien tranché sur ce roman. Je crois que je vais attendre de l'avoir relu (donc, vous n'êtes pas près de lire ma critique !).

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    4. Si j'ai bien compris quel genre de lecteur vous êtes, que vous ayez envie de le relire est déjà en soi une indication favorable.

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  3. Réponses
    1. Bon, j'ai mis "Dany dessinateur" sur Google et ai trouvé "Dany, de son vrai nom Daniel Henrotin, est un dessinateur belge de bande dessinée, né le 28 janvier 1943 à Marche-en-Famenne". Mais honnêtement, c'est pour moi un inconnu…

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    2. Quelle erreur vous faites de faire un lien avec la BD ici…
      Vous voulez vous faire tuer ?

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  4. Il vaut mieux sourire quand on est encore jeune et en bonne santé;après il sera trop tard...

    A propos de "grosse vache imbaisable",tout cela me rappelle le savoureux film de Chabrol "Docteur popaul",dans lequel un Jean Paul Belmondo grivois à souhait monte une cagnotte avec quelques copains,où le gagnant sera celui qui prouvera qu'il est sorti avec la plus moche.
    Belmondo étale donc la photo de l'une de ses conquêtes et à la réflexion de l'un de ses copains:"imbaisable...",il lui retourne: "Imbaisable? imbaisable? "Baisée quand même!"

    Vendémiaire.

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  5. No comment vous avez tout dit.
    Années 60/70 : un paradis pour les pédophiles.
    Au tennis, les filles n'allaient pas au club house pour se rafraîchir, ni même à la douche, c'était direct sur le vélo et rentrée à la maison.
    Il y avait des endroits comme ça où il n'était pas bon traîner ses guêtres.
    Hélène dici

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  6. Ou les paroles de cette chanson :
    http://www.bide-et-musique.com/song/670.html

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  7. Puisque Didier n'a toujours pas d'avis sur le Houellebecq il n'y a aucun mal à ce que je donne le mien, je précise, avant d'avoir lu quoi que ce soit sur le sujet.
    J'avais donc dit ici, comment arrivée à la page 88 c'était l'ennui le sentiment qui dominait.
    Mais arrivée à la page 108, au moment où j'allais lâcher l'affaire - après avoir vérifié qu'un "Brigade mondaine" intitulé : "Les filles du château" était plus agréable à lire et plus amusant - une idée me traversa l'esprit : et si Sérotonine n'était qu'un immense canular ?
    C'est donc dans cet esprit que je continuai ma lecture. A mon grand étonnement, l'ennui laissa la place à la franche rigolade, et je me remis même à souligner des bribes de phrases dans le genre : "il n'était pas question d'organiser des dégustations de fromage à la sortie des cimetières militaires ; mais enfin on finit toujours par manger, et était-il certain que les fromages normands mettent suffisamment à profit ce tourisme de la mémoire ?" (page 113).

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  8. De toutes manières je préfère Reggiani : "il suffirait de presque rien"

    "Il suffirait de presque rien,
    Peut-être dix années de moins,
    Pour que je te dise "Je t'aime".
    Que je te prenne par la main
    Pour t'emmener à Saint-Germain,
    T'offrir un autre café-crème.

    Mais pourquoi faire du cinéma,
    Fillette allons regarde-moi,
    Et vois les rides qui nous séparent.

    A quoi bon jouer la comédie
    Du vieil amant qui rajeunit,
    Toi même ferait semblant d'y croire.

    Vraiment de quoi aurions-nous l'air ?
    J'entends déjà les commentaires,
    "Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire
    Elle au printemps, lui en hiver ......."

    Hélène dici

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    1. Il serait quand même bon de préciser que ces paroles ne sont pas de Serge Reggiani, mais de Gérard Bourgeois et Jean-Marc Rivière ( pour le second, à vérifier...)

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  9. Pour la 2ème chanson, je n'ai pas très bien compris comment une jeune fille impubère ( à 16 ans ???) peut se retrouver avec un polichinelle dans le tiroir...

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    1. Disons qu'elle est à la frontière. On pourrait, juste pour elle, forger le terme de “pubéroïde”…

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  10. Et pour ceux qui se désespèrent du grand n'importe quoi qui prévaut ici, je leur recommande avec enthousiasme d'aller regarder ce qui se passe chez "l'ami Georges" !

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