Jean-Jacques Rousseau était écrivain et musicien : ce second état aurait-il eu une influence inattendue sur le premier ? Cela semble a priori peu probable, en tout cas pas immédiatement évident. Il n'en demeure pas moins que sa dernière œuvre écrite, les Rêveries du promeneur solitaire, se compose de neuf promenades, faisant chacune entre dix et quinze pages, auxquelles s'adjoint une dixième, beaucoup plus courte et jamais mise au net par l'auteur, qui peut donc – les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux à ce sujet – passer pour inachevée, voire simplement esquissée. C'est par là que Rousseau se fait musicien, en succombant à la “malédiction” des neuf symphonies dont furent victimes Beethoven, Schubert, Dvorak, Bruckner, Mahler – et peut-être encore quelques autres à qui je ne pense pas pour le moment.
lundi 1 octobre 2012
vendredi 28 septembre 2012
L'appel du grand large c'est maintenant (avec les petits bras)
Nous n'arriverons à Paimpol que samedi en fin de journée et nous y resterons, comme le veut la tradition locative, jusqu'au samedi suivant (cambrioleurs, ce message est aussi pour vous : venez vous ébattre et faire votre marché à la maison en toute quiétude ! Cependant, je vous signale que le voisin d'en face est assez observateur et qu'il est en plus chasseur…). Si nous partons dès aujourd'hui, c'est que, ce soir, nous sommes conviés à festoyer en Normandie profonde (la nôtre n'est que de surface, pré-banlieusarde pourrait-on dire ; ou crypto-diverse).
Bien entendu, comme à l'accoutumée, les commentaires sont pour cette période fermés ; néanmoins, coup nouveau, trois billets ont été programmés et s'échelonneront gentiment au fil de la semaine prochaine, si toutefois j'ai réussi cette triple manip'.
Voilà, je crois que c'est tout.
jeudi 27 septembre 2012
On était où en août ?
Le journal d'août est un peu en avance, si l'on peut dire, et j'en demande bien pardon à Jacques Étienne, dont l'emploi du temps va se trouver de ce fait gravement perturbé (sans même parler du maelström qui s'apprête à fondre sur lui dans un avenir dangereusement proche…). Mais c'est qu'à compter de demain ce blog va sombrer dans une bienfaisante léthargie d'une semaine…
mercredi 26 septembre 2012
Même le Nouvel Observateur a légèrement tiqué
« Hier matin, le quotidien suédois «Dagens Nyheter» publiait une interview
du rappeur suédois Behrang Miri, qui occupe le poste de directeur
artistique à la Maison de la Culture de Stockholm. Il y annonçait son
intention de faire retirer les albums de Tintin des rayons jeunesse de
la bibliothèque de l’institution. »
Évidemment, le premier réflexe de tout homme normalement constitué, ou à peu près, est d'éclater d'un grand rire sardonique et de se resservir un pastis dosé comme pour un légionnaire ; ensuite de se dire qu'il a vraiment tout d'un asile pour déments et demeurés, ce monde où l'on peut sérieusement, non seulement envisager de nommer un rappeur directeur artistique d'une Maison de la Culture, mais en plus le faire.
mardi 25 septembre 2012
Roma Termini ou La Modification
Notes prises après lecture de la première moitié du roman de Michel Butor…
La Modification, qui se passe entièrement dans un wagon du train de jour
Paris-Rome – pour ce qui est du temps présent du récit, de son
“maintenant” –, ressemble en fait à une grande gare ; de celles dont on
devine la proximité bien avant d'y entrer, par la multiplication de plus
en plus grande des voies ramifiées, qui finissent par former un
écheveau indémêlable. De même ici, les trajets entre Paris et Rome se
démultiplient rapidement et s'enchevêtrent dans le temps. Le personnage principal…
(Mais
comment le désigner, celui-là ? Il n'est pas narrateur, bien que
l'emploi par l'auteur de la deuxième personne du pluriel, du vous “de politesse”, donne souvent l'impression étrange qu'il l'est tout de même. L'interlocuteur
ne va pas non plus car, malgré la forme employée, on sent bien que
l'auteur ne s'adresse pas réellement à lui ; ou alors comme un procureur
général s'adresse à un accusé, sans possibilité pour ce dernier de
répondre, de se justifier. Il faudrait trouver un nouveau mot, mais
lequel ? L'adressé ? L'épinglé ? L'admonesté ? Aucun n'est satisfaisant,
bien entendu.)
Donc le personnage principal, qui se prénomme Léon, mais à peine, comme ça en passant, le personnage quitte Paris pour gagner
Rome : c'est un départ, une échappée. Lorsque les voies de ma gare se
démultiplient, on le voit également faire le trajet inverse et rentrer
à Paris : le retour à la normale, la réintégration. Dans le même
mouvement, il quitte sa femme (et aux deux sens du terme) pour rejoindre
sa maîtresse, Cécile. À l'inverse, cette dernière, Française de mère
italienne, lors de certains voyages du passé qui sont évoqués, quitte Rome pour Paris, avant de rentrer à Rome : échappée et réintégration contraires à celles de son amant.
Lorsqu'il
est à Paris, loin de Cécile, Léon cherche à recréer une Rome imaginaire où il serait avec Cécile
; en route vers Rome (dans le temps présent du récit), il se voit y
errer seul dans le futur, lorsque Cécile sera rentrée définitivement à
Paris, pour l'y rejoindre. Nul n'est jamais vraiment, entièrement où son corps se trouve,
les deux amants ne sont jamais réellement ensemble, sauf peut-être dans
l'un de ces trains qui assurent la liaison entre ces deux points fixes,
finalement inaccessibles, que sont les deux capitales : La Modification est une sorte de roman bipolaire.
Et
c'est bien parce que, entre les deux villes comme entre les deux
amants, ne semble pouvoir exister que ce qui est instable, fuyant, que
le lecteur comprend vite que ce train dans lequel on l'a embarqué en
réalité fonce droit dans le butoir.
Il reste qu'on se
sent toujours un peu ridicule et sot, à découvrir ainsi un roman
illustre, que tout le monde connaît de fond en comble depuis plus de
cinquante ans ; et légèrement prétentieux de prétendre en parler après n'en avoir lu que la moitié.
Sur une proposition de Mme Marine Le Pen
Communiqué n° 1441, lundi 24 septembre 2012
Sur une proposition de Mme Marine Le Pen
Le parti de l’In-nocence remarque que Mme Marine Le Pen, au motif qu’il faudrait interdire le voile islamique dans l’espace public, juge qu'il conviendrait pareillement, par symétrie en quelque sorte, et en gage d’impartialité, d’interdire le port de la kippa. Il estime que c’est là s'engager dans une voie extrêmement dangereuse, qui fait de l’islam et de la colonisation islamique l’aune à laquelle devraient être jugés désormais nos traditions, nos habitudes et les traits traditionnels de notre civilisation. Si l’on lutte contre les minarets, faudra-t-il abattre nos clochers ? Faudra-t-il renoncer à notre calendrier d'origine chrétienne, sous prétexte que nous ne tenons pas à fêter l’Aïd ?
Le parti de l’In-nocence estime pour sa part que cet équilibre entre ce qui est notre civilisation et ce qui manifestement ne l’est pas n’est pas acceptable ; qu’il est un piège qui accélère la marche vers la dhimmitude ; que l’égalité républicaine n’a pas lieu de s’appliquer entre ce qui est français et ce qui ne l'est pas ; que c’est du côté des indépendantistes québécois qu’il faut chercher un modèle et une inspiration, eux qui n‘ont pas hésité à assumer une stricte discrimination entre ce qui relève de leurs traditions nationales et ce qui, sur leur territoire, y porte atteinte.
Sur une proposition de Mme Marine Le Pen
Le parti de l’In-nocence remarque que Mme Marine Le Pen, au motif qu’il faudrait interdire le voile islamique dans l’espace public, juge qu'il conviendrait pareillement, par symétrie en quelque sorte, et en gage d’impartialité, d’interdire le port de la kippa. Il estime que c’est là s'engager dans une voie extrêmement dangereuse, qui fait de l’islam et de la colonisation islamique l’aune à laquelle devraient être jugés désormais nos traditions, nos habitudes et les traits traditionnels de notre civilisation. Si l’on lutte contre les minarets, faudra-t-il abattre nos clochers ? Faudra-t-il renoncer à notre calendrier d'origine chrétienne, sous prétexte que nous ne tenons pas à fêter l’Aïd ?
Le parti de l’In-nocence estime pour sa part que cet équilibre entre ce qui est notre civilisation et ce qui manifestement ne l’est pas n’est pas acceptable ; qu’il est un piège qui accélère la marche vers la dhimmitude ; que l’égalité républicaine n’a pas lieu de s’appliquer entre ce qui est français et ce qui ne l'est pas ; que c’est du côté des indépendantistes québécois qu’il faut chercher un modèle et une inspiration, eux qui n‘ont pas hésité à assumer une stricte discrimination entre ce qui relève de leurs traditions nationales et ce qui, sur leur territoire, y porte atteinte.
La discussion – si discussion s'amorce… – sera à suivre ici…
Tentative de pourtraict de François H. en Nekrozotar
L'extrait que l'on va lire constitue le premier intermède du second acte de La Balade du Grand Macabre, pièce de Michel de Ghelderode publiée en 1935. Le monologue qui le constitue est prononcé par Videbolle, philosophe asservi et humilié par son épouse, Salivaine. Videbolle est par ailleurs veuf de très fraîche date – et fort heureux de l'être –, Salivaine ayant été mordue à l'épaule par Nekrozotar, autrement dit la Mort, en balade sur terre, surnommée aussi “Le Grand Macabre” par Porprenaz, ivrogne notoire. La scène se passe au palais de Sire Goulave, prince de Breugellande. Je ne sais pourquoi, cette harangue de Videbolle a résonné en moi de manière étrangement contemporaine. Voici donc :
Alarme ! Il arrive, il est arrivé ! Qui ? Le fantasmagorant, le coupe-ficelles, le croque-vivants, le désossé, l'histrion des derniers jours, le montreur de cataclysmes, l'ordonnateur du Grand Raffût, le maître des asticots, le dégonfleur de panses, l'équarisseur fatidique, l'étouffeur, le carbonisateur, le pulvérisateur, l'échaudeur, l'écorcheur, l'émusculateur, le broyeur… Il vient celui que nul n'attend. Accourez, contemplez, admirez… On prend ses places… À minuit le théâtre flambera, explosera, croulera, et rien ne sera plus grandiose !… Venez, jeunes et vieux, sages et fous, riches et pauvres, faibles et puissants, méchants et bons, beaux et vilains, malins et bêtes : On peut apporter ses provisions et ses objets de piété. Venez voir ce qui ne s'est jamais vu et ne se verra plus. On ne joue qu'une fois. Venez avec vos remords, vos reliques, vos testaments, vos pots de chambre, vos ors et argents. Il est arrivé ! Qu'on le dise. Mouchez-vous, torchez-vous. On va commencer. On commence. Accourez et confondez-vous fraternellement dans le val de la Frousse. Il y a place pour tous, il y a égalitairement place pour tous ; il n'y aura ni premiers, ni derniers, je le garantis.
Coups de cloches.
Alarme ! Il est arrivé !… Qui ?… Le macabrant, le baladant, le malodorant, le désarmant, l'affligeant, l'épouvantant, le déflagrant, l'écartelant, le réfrigérant, le décomposant, l'abolissant, le craquelant, l'engloutissant Nekrozotar qui vous va mettre dans son sac à marionnettes, voire dans son moulin à saucisses : Nekrozotar, unique en son genre, infaillible, aux références incroyables, au doigté prodigieux, au record imbattable ! Que les incrédules, sceptiques et gens de mauvaise foi lèvent le nez : ils verront son enseigne. (Au-dessus du théâtre s'allume une grande comète rouge.) Mais vous verrez d'autres merveilles avant qu'il soit minuit !… Alarme !… La représentation va commencer…
Ils sortent par le fond, en grand arroi.
Le rideau toujours fermé et le silence revenu,
on entend les lamentations du peuple.
lundi 24 septembre 2012
La Petite Dame en son jardin de Bruges
C'est un petit livre qui ne cherche pas les histoires ; qui murmurerait à l'oreille des chevaux, s'il y avait des chevaux dans le paysage, mais il n'y en a pas. Il y a un vieil écrivain presque octogénaire qui, une nuit, rêve de sa grand-mère et qui, au réveil, décide de lui rendre visite, bien qu'elle soit morte depuis soixante ans. Mais, contrairement à sa première impulsion, il ne part pas tout de suite, diffère son voyage d'une couple d'heures – qui constituera plus ou moins le temps global du récit, puisqu'elle sera employée à ressusciter la maison des faubourgs champêtres de Bruges où le petit Charles Bertin a passé tous ses étés, entre six et douze ans, en tête à tête avec sa grand-mère.
Au début du récit, la Petite Dame du titre n'est que cela : la grand-mère ; non une personne fugitive et changeante mais un emploi éternel. Une évidence immuable. Aux yeux du très jeune garçon des premières pages, elle paie d'ailleurs cet emploi de statue par une vie chichement accordée : c'est à peine si elle parvient à se détacher du labyrinthe de feuillage fleuri où l'enfant passe le plus clair de son temps, libre et solitaire.
Mais voilà qu'elle sort du cadre pour devenir Thérèse-Augustine, une personne de chair, munie d'un passé, de qualités, de manies, de regrets, de colères, d'un visage et d'un fauteuil ; bref : de tout ce qui compose une grand-mère unique. Entre elle et l'enfant, il ne va pas y avoir seulement transmission d'héritage, passation de souvenirs : le couple estival qu'ils reforment année après année sera aussi le creuset d'un double apprentissage, celui de la lecture, de la découverte, de la connaissance ; toutes choses dont Thérèse-Augustine a été spoliée dans sa propre enfance, sacrifiée qu'elle fut par des parents peu riches sur l'autel d'un avenir réservé par décret à ses deux frères.
Que l'enfant grandisse encore un peu, et c'est la sortie du jardin et de la maison, l'apparition de Bruges – une Bruges fourmillante et joyeuse, explicitement inscrite en faux contre -la-Morte de Rodenbach – et enfin l'échappée vers la mer et la promesse du grand large.
En fait de grand large, c'est le rétrécissement de toute choses, prélude à la mort, que va connaître Thérèse-Augustine, symbolisé par la perte de la maison de Bruges et le confinement dans un triste et étriqué appartement bruxellois. Parallèlement, Charles paie son entrée dans l'adolescence par un éloignement de sa grand-mère, une incapacité (ou est-ce une réticence ?) nouvelle à entrer en contact immédiat avec elle.
Au bout de ses deux heures d'évocation immobile, le vieil homme prendra la route pour aller rendre visite à sa grand-mère, déchainant immédiatement, par cette sorte de transgression de l'ordre naturel, des trombes de pluie sur l'autoroute, qui l'isolent aussi sûrement que le faisait l'exubérance végétale du jardin de Bruges. Il renoncera finalement à une confrontation vaine avec la maison de Thérèse-Augustine et filera directement vers la mer, sous des nuages qui se déchirent et s'ensoleillent.
L'écriture de ce récit a, dans ses premières pages, la couleur des temps qu'il évoque, le parfum de violette qu'adoraient les grands-mères. Elle se fait plus sautillante lorsque le monde s'ouvre, pour se résoudre en un adagio que je qualifierais de sostenuto si je n'avais pas peur de passer pour plus pédant que je ne suis déjà. C'est à peine si l'oreille en perçoit les dernières notes, aussi ténues que le souffle de Thérèse-Augustine en ses dernières heures, bruxelloises et confinées.
L'éditeur a choisi d'illustrer la couverture du volume avec un détail d'un tableau de Théo van Rysselberghe, La Dame en blanc, et il a fort judicieusement fait, puisque le peintre était le mari de cette Maria van Rysselberghe qu'André Gide avait surnommée La Petite Dame.
samedi 22 septembre 2012
Et c'est ainsi que je suis devenu immortel
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| L'esprit de l'escalier… |
Il a quelque temps de cela, Renaud Camus a inauguré un nouveau livre “en ligne”, intitulé Lettres reçues. Il s'agit d'une anti-correspondance, ou d'une contre-correspondance : on ne sait pas trop comment nommer l'objet. L'idée est de publier des lettres, mais non celles écrites par l'auteur : celles qu'il a reçues à diverses époques de sa vie, et conservées. (À ce stade, on entend déjà s'élever le chœur des “ronchons” : « Eh bien, voilà un livre qui ne va pas lui coûter trop de peine, à l'écrivain ! » Encore faut-il avoir eu la sagesse, ou la prescience, de conserver les lettres en question, puis d'opérer un tri à l'intérieur de ce corpus sous enveloppes.)
Comme la plupart des livres en lignes de Camus, celui-là est “in progress”, c'est-à-dire qu'il s'enrichit de plusieurs lettres chaque semaine, au gré des fantaisies de l'auteur, suppose-t-on, et de son temps disponible. Pour le lecteur, la formule est simple : il paie une fois pour toutes et, ensuite, il regarde le livre se faire sous ses yeux. Ça se passe là-bas. Quels en sont le but et l'intérêt ? À n'en pas douter, il s'agit de dessiner un portrait de l'écrivain, mais en creux, une silhouette réfractée en quelque sorte par tous les regards que ses différents correspondants posent sur lui et qui transparaissent dans leurs missives. En ce sens, l'entreprise rejoint celle du Journal d'un autre (livre également disponible en ligne et tout autant “in progress”), un peu plus ancienne, puisque, là, il s'agit du journal d'un certain Duane McArus (anagramme de Renaud Camus), dans lequel Camus lui-même apparaît comme protagoniste et est vu, décrit, sous des couleurs parfois assez peu flatteuses.
Hier, Lettres reçues s'était enrichi de deux nouvelles contributions, dont la première n'était pas une lettre au sens classique mais un mail. Le voici :
Mon cher Camus,
comme Dame Paypal vous en a sans doute averti, je viens d’acheter vos Lettres reçues.
Lisant celles qui sont d’ores et déjà en ligne, je fus soudain poigné
par une insurmontable angoisse : êtes-vous bien conscient du terrible
danger qui vous menace ? Avez-vous pensé à ces centaines de milliers de
personnes qui, prenant connaissance de cette nouvelle aventure
littéraire, vont se mettre à vous adresser lettre sur lettre, comme des
furieux, dans l’espoir de décrocher leur quart d’heure de gloriole
warholienne ? Vous allez être submergé, les vastes salles de Plieux n’y
suffiront bientôt plus !
Cela
étant dit, et plus sérieusement, je trouve ce projet très attirant et
ai bien hâte que votre collection épistolaire s’épaississe. De mon côté
(mais quel rapport ?), j’ai définitivement cessé d’écrire des Brigade mondaine et
me sens désormais léger et insouciant comme l’oiseau à son premier
envol, malgré ma surcharge pondérale notoire. Pour fêter notre admission
chez les nouveaux pauvres, Catherine et moi sommes allés aussitôt
commander au garage idoine une Volvo V 70, appliquant ainsi la maxime
d’une personne que vous avez bien connue : « Ce n’est déjà pas drôle
d’être pauvre, si en plus il fallait se priver… »
Mais je dois vous quitter : j’ai encore à lire quelques entrées du Journal d’un autre…
Vous serez bien aimable de transmettre mes meilleurs sentiments à M. Pierre et de me croire votre toujours fidèle lecteur.
Didier Goux, retraité en bâtiment
Évidemment, l'intérêt de publier immédiatement ce mail somme toute assez anodin saute aux yeux : il s'agissait de retourner vers moi, humour pour humour, ce soupçon de “gloriole warholienne” dont j'accusais d'imaginaires lecteurs – l'épistolier arrosé. Et aussi, bien entendu, d'introduire dans Lettres reçues un texte qui parlait de Lettres reçues.
Et c'est ainsi que, par effraction, je suis devenu immortel.
Ça va faire plaisir à tout le monde…
« (votre blog est tellement bon que même vos commentateurs sont excellents, je trouve (y compris les ronchons)) »
Renaud Camus, hier, 18 h 16.
vendredi 21 septembre 2012
Marine Le Pen a dit une connerie
Elle déclare ceci, en conclusion d'une interview accordée par elle au journal (sic) Le Monde : « Il est évident que si l'on supprime le voile, on supprime la kippa dans l'espace public. »
Quel rapport entre le voile musulman et la kippa juive ? Est-ce que la kippa sert à retrancher les femmes de cet espace public dont elle parle ? Est-ce que la kippa est le plus voyant symbole d'un culte nouvellement importé en France et prétendant rétablir le délit de blasphème ici ? Est-ce que la kippa est liée à une religion responsable de la plupart des actes de barbarie qui se commettent en ce moment même dans le monde ? Est-ce que le judaïsme n'est pas une composante à part entière de l'identité française, et ce depuis des siècles ? Veut-elle aussi interdire les petites croix d'argent ou d'or autour des cous (j'en connais que cela ravirait…) ? Est-ce que les porteurs de kippa incendient des quartiers entiers, caillassent la police et les pompiers, dès lors qu'un juif est interpellé pour une raison ou une autre ? Y a-t-il des filières bien organisées qui fournissent les porteurs de kippa en armes lourdes ? Est-ce que les porteurs de kippa passent la moitié de leur temps à pleurnicher et l'autre à menacer tout ce qui ne s'incline pas devant eux ? Les porteurs de kippa ont-ils condamné Salman Rushdie à mort ? Et combien les porteurs de kippa ont-ils lapidé de femmes adultères, ces dernières décennies ?
Madame, il serait bon de réfléchir un peu avant de parler – fût-ce au journal (re-sic) Le Monde.
Le droit de vote des étrangers ou la sottise des 77 socialistes
« (…) Autre argument qui déchire, niveau pertinence : les étrangers résidant en France se fendent d’une « égale participation à l’impôt, qui reflète plus que tout leur appartenance à la République ». Français non imposables, tenez-vous le pour dit ! Votre « appartenance à la République » n’est plus très assurée. Vos droits civiques non plus.
« Lecteurs, ne riez pas. Sauf si c’est la seule alternative pour éviter de
chialer. Décortiquons plutôt ce curieux syllogisme. Selon les
signataires de l’appel, il serait intolérable que des étrangers qui
payent des taxes sur notre sol soient exclus de la participation à la
vie collective. Allons bon ! Nous voilà donc passés du très politique « un homme, une voix » – qui concernait les seuls citoyens – au très économique « tu payes, tu votes
». Ça faisait longtemps qu’on n’avait plus lu plaidoyer plus émouvant
en faveur du suffrage censitaire. C’est désormais chose faite. (…) »
Le billet est à lire chez la belle Coralie.
jeudi 20 septembre 2012
Le jour où CSP s'est rallié à mon panache blond
Intéressant, le nouveau billet de M. Comité, vraiment très intéressant. Le problème de ce garçon c'est qu'il est parfois trahi par son intelligence ; je veux dire par là qu'étant nettement plus lucide que n'importe quel gauchiste de base, il lui arrive de percevoir la réalité du monde et de la dire, plus ou moins malgré lui. Comme la fois où, ayant fait l'expérience de se trouver le seul blanc sur je ne sais quelle ligne pourrie du métro toulousain, il en avait ressenti un évident malaise et avait éprouvé le besoin de nous en faire part. Bien sûr, pour cela, il avait été contraint d'en passer par un laborieux et prévisible artifice d'écriture, du style : « Ah si j'étais un méchant con de réac j'aurais salement flippé ce soir-là mais heureusement je suis un chouette révolutionnaire et j'ai même pas eu peur. »
Dans son billet d'aujourd'hui, il y a cette fin de paragraphe : « Il n'est pas
bien loin, le temps où il y en aura une ou un qui s'exclamera chez
Taddéi : "Oui, je suis raciste !" et déjà, il commence à filtrer ce
retournement de langage qui va de plus en plus consister à dire : "Si
c'est cela être raciste, alors oui, je le suis". » Ceux qui me font l'honneur de me lire régulièrement savent que je radote j'ai dit cela au moins une dizaine de fois depuis trois ou quatre ans. Et exactement dans les mêmes termes : « Si c'est cela être raciste, alors, oui, je le suis. » À force de taxer tout le monde et n'importe qui de racisme, pour un mot qu'on a dit, pour une pensée qu'on a eue, ou une pensée qu'on est supposée avoir eue, ou en raison de la déduction que certains ont faite de la pensée qu'on est censé avoir eue, eh bien, naturellement, des gens, de plus en plus de gens, vont commencer à se dire que si c'est ça, seulement ça, être raciste, alors oui, sûrement qu'ils le sont eux-mêmes – et la barrière qui sépare l'anodin du dommageable sera allègrement sautée, sans même y penser vraiment. Ils seront rejoints par tous ceux qui, jusqu'à une époque récente, n'auraient jamais eu la tentation de penser leurs rapports avec l'étranger en termes de racisme ou de non-racisme, mais qui se mettent à le faire, puisqu'il n'est plus question que de cela dans leurs journaux, leur radio, leur télé et jusque dans les programmes scolaires de leurs enfants – l'obsession racialiste des combattants du Bien ne peut aller qu'en s'étendant, mais avec certainement des résultats contraires à ceux qu'ils prétendent rechercher.
CSP a vu cela, tout comme moi, même si avec pas mal de retard. Naturellement, tout de suite après en avoir fait le constat, il se réfugie dans le convenu, s'empresse de réintégrer son petit home sweet home mental et idéologique, comme effrayé par ce qui vient de lui échapper.
CSP, l'homme qui dit tout haut ce qu'il n'ose pas penser tout bas.
mercredi 19 septembre 2012
Des bestioles bruyantes et noires, qui harcèlent et ne pensent qu'à piquer : les mahomé-taons
| J'ai cherché une photo de Pierre Boulez barbu et coiffé d'un turban, mais apparemment ça n'existe pas. Dommage. |
Eh bien, en fait, je n'ai rien à ajouter au mot-valise bébête de mon titre, que j'ai mis là (prénom arabe bien connu) uniquement pour être désagréable. En fait, j'étais bien trop occupé pour me soucier des gamineries de Charlie-Hebdo et du carrousel des prosternés qui s'en est suivi : j'ai passé la journée à préparer un long panégyrique de Karl-Heinz Stockhausen et à bâtir au fond du jardin un mausolée destiné à recueillir la dépouille sacrée de Penderecki – dont je ne me suis encore jamais risqué à tenter d'écrire le prénom, et qui en plus n'est même pas mort.
mardi 18 septembre 2012
Grand miroir de mon désespoir
Donc, si j'en juge d'après certains commentaires rageotants du billet précédent, il ne suffit plus que la musique, en notre époque, ait presque totalement disparu des écrans radars (même France Musique n'ose plus qu'à peine en diffuser, ou alors en s'excusant ; France et Musique : deux mensonges… deux souvenirs…), que les compositeurs soient ipso facto réduits au silence ou à la masturbation chromatique : il faut encore piétiner ce qu'il en reste, l'affubler d'un nez rouge afin de pouvoir y rire, la grimer jusqu'à la rendre méconnaissable, glisser par derrière un putois sous ses robes afin que les enfants se bouchent le nez si d'aventure ils parviennent à la croiser, la traiter par le brocard, le mépris et la haine, tel Quasimodo sur sa roue ; la tuer n'est qu'un prologue, il faut maintenant en effacer les traces, persuader au monde qu'elle n'a jamais existé ou bien qu'elle est ailleurs, tout à fait ailleurs, que ses orchestres sont des fantômes, qui boivent le sang des vierges si on les laisse vagabonder un tant soit peu. De la musique il ne subsiste plus que sa Fête ; le 21 juin, c'est la Saint-Barthélémy d'Euterpe (la vraie, pas Mme Mime…)
Dans son coin, la littérature aurait bien tort de ricaner : l'estrapade l'attend et c'est sans doute pour bientôt. Il y a des signes avant-coureurs : essayez donc de parler de Claude Simon ou de Nathalie Sarraute, tiens, pour voir…
dimanche 16 septembre 2012
Sous la morsure de mon dentier
Le samedi 4 août 2012, vers quatre heures et demie de l'après-midi, j'ai eu cette pensée profonde, aussitôt burinée dans le marbre le plus dur :
En fait, et tout le monde le sait bien, la seule solution pour faire
disparaître l'envie de cigarette, c'est de fumer une cigarette.
À la relecture, ça sonne un peu comme du Oscar Wilde au petit pied.
Retour au néant de celle dont on ne prononce pas le nom
Entre 1940 et 1944 (point Godwin ! And the godwinner is…), les antisémites dénonçaient des juifs : on peut critiquer d'un point de vue moral, mais il faut reconnaître qu'il y avait là une certaine cohérence. Et puis, ça s'expliquait tout seul puisqu'il est bien connu qu'il s'agissait de méchantes raclures d'extrême-droite qui vendaient du beurre aux Allemands, même sans tickets de rationnement.
De nos jours, les délateurs antisémites sont progressistes, arabolâtres, adorateurs du pseudo-peuple palestinien, parfois blondes, et appellent à la fatwa contre les islamophobes, comme ils disent, ou plus simplement contre les racistes, notion qui a l'avantage d'être si vague et englobante que plus personne ne prend la peine d'expliquer ce qu'il entend par là. Cela ne leur pose pas plus de problèmes moraux qu'à leurs grands-parents de cœur des années sus-mentionnées ; au contraire, ces rejetons dégénérés éprouvent même une certaine fierté de leur “acte citoyen”.
On s'est bien amusé, ici, durant quelque temps, avec celle dont on ne prononcera plus le nom. Elle cesse d'exister à cette minute même et sera punie de sa crapulerie par où elle est le plus sensible : sa vanité de blogueuse, l'œil frétillant rivé à ses douze compteurs de visites.
Messieurs, vous pouvez rabattre la pierre tombale sur cette charogne et ses noirs bataillons de larves.
samedi 15 septembre 2012
Les idéologies sur l'autel de l'amitié
À Nicolas, pour emmerder certains…
Poursuivant ma lecture d'Isabelle ou L'arrière-saison, de Jean Freustié, cet écrivain incestueux et malsain mais heureusement mort, je tombe sur ce paragraphe, à la page 190 de l'édition originale (La Table ronde, 1970) :
« C'est curieux, pensait-il, à quel point dans les vieilles amitiés, les idéologies comptent peu. André et moi, nous sommes le jour et la nuit, noun ne nous entendons sur rien, pas même sur des goûts littéraires, parce que nos interprétations partent d'une conception du monde différente. Et malgré tout persiste cette chaleur en comparaison de laquelle les idées apparaissent comme un acquis un peu inutile, inapplicable en tout cas à une personne pourvue d'un vrai visage, parfaitement définie et que nul discours ne pourra jamais convertir. »
J'ajoute que ce roman est effectivement, comme le disait P/Z en commentaire il y a quelques jours, une superbe réussite, subtile, ondoyante et d'une grande sensibilité, à mille lieues de l'abjecte et sotte caricature qui en fut donnée par qui-vous-savez. J'y reviendrai sans doute dès que j'en aurai terminé la lecture.
Quand donc sont apparus les “profs clodos” ?
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| Petit repos bien mérité avant la reprise des cours… |
La question était posée ce matin, sur un forum où je passe régulièrement. Je crois être en mesure de dater assez précisément l'apparition du phénomène. Ayant passé mon bac en 1975, j'ai eu la chance d'échapper totalement à cette engeance pré-modernœuse ; en revanche, mon frère, de quatre ans mon cadet, a eu droit, lui, aux premiers exemplaires mis en circulation par ce qui allait rapidement devenir l'Éduc' Nat' mais était encore, même si à l'agonie, l'Éducation Nationale. Je me souviens d'ailleurs fort bien de celui qui a débarqué en tête de pont au lycée Benjamin-Franklin d'Orléans. Je pense que c'était précisément en l'année scolaire 1974-1975. Il était “prof” de français, ce qui me stupéfia quand je l'appris, dans la mesure où il ressemblait plutôt au transfuge halluciné d'un groupe de rock progressif de la Côte Ouest. Bien entendu, non content d'être hirsute et dépenaillé, il pratiquait le tutoiement avec ses lycéens et, à la fin des cours, allait prendre un verre avec eux au café du coin (chez Mme Monique…), en copains. Moyennant quoi ses élèves, dont mon frère justement, parlaient de lui avec le plus tranquille mépris.
vendredi 14 septembre 2012
Le petit air de flûte de Dame Euterpe
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| Dame Euterpe s'apprêtant à se tortorer un nazillon tombé de son blogonid |
J'ai beau avoir l'air, parfois, de me moquer de Juan Sarkofrance, je dois reconnaître qu'il n'avait pas mérité ça : héberger Dame Euterpe chez soi, c'est comme voir un camp de Roms s'installer au fond de son jardin, peut-être même pis. Je vous livre in extenso le dernier commentaire qu'elle a laissé chez ce malheureux – c'est un peu long mais ça en vaut la peine :
Pour ce qui est des excès que l'on me prête, ils surprennent et choquent à cause de la prégnation culturelle à la francaise. En France, une femme se doit d'être réservée et si elle subit une agression elle doit l'IGNORER. A la femme de s'effacer d' - ignorer - les intimidations et autres formes d'empiétement de son espace. Pourtant quand une armée attaque une citadelle, on ne va pas dire aux habitant.e.s de celle-ci : ignorer ou soyez très très gentil.le.s avec vos assaillants comme cela il ne vous feront rien. Cela semblerait du dernier ridicule. Cela n'empêche pas que l'on demande en particulier aux francaises de faire les douces et les gentilles et de prendre le moins de place possible. Seules peuvent s'étaler les femmes qui le font en défense d'un homme (cf : Suzanne la spécialiste du gâteau de Savoie qui- n'est-quand-même-pas-si bon-que-celui-du-pâtissier (une vraie allégorie de mon propos)). Alors là où on utilise le mot "con" à tour de bras (ce que l'on fait tout le temps et partout), j'utilise le mot "couille" et oh surprise les machos n'aiment pas et les femmes qui voient l'une d'entre elle briser la règle de la douceur et de l'effacement s'offusquent. Ils/elles préfèrent que l'on emploie l'insulte convenue faisant référence au sexe féminin (on est habituées hein !). Les plus machos sentent l'effet que cela fait et cela ne leur plaît pas, bien sûr. Les non-machos par contre comprennent parfaitement ma démarche. Car ca aussi c'est de l'engagement. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais n'y a toujours pas de loi interdisant le sexisme. On n'a pas le droit de comparer les noirs à des singes car une loi l'empêche, par contre on peut utiliser sans problème des hyènes pour représenter des femmes (dans la publicité par ex.). Tant qu'il n'y a pas de mesures protégeant les femmes contre le sexisme, il faut bien desciller les yeux des femmes et des hommes avec les moyens du bord. Et si mes contradicteurs s'amusent de moi, je m'amuse encore plus d'eux (ils ne s'amusent pas en fait, ils enragent comme l'a fait remarquer coup de grisou). En tout cas, votre intervention prouve autant que la leur à quel point mon attitude non-orthodoxe fait voler la poussière mentale qui encrasse les esprits.
À part mettre ce poulet en italique, je n'ai évidemment rien touché de sa prose : la prophylaxie n'est pas un vain mot. Donc, voilà, nous avons ici affaire à une sorte de Madame Mime 2.0 qui pense faire œuvre de féminisme de combat en traitant les gens de couilles plutôt que de cons. Ce faisant, elle “brise les règles” et interpelle au niveau de leur vécu aliénant les pauvres femmes qui, bien entendu, ne “s'offusquent” nullement de ses testiculaires dérapages mais se contentent de se foutre de sa poire. Elles ont tort puisque, de la part de Madame Mime 2.0, il ne s'agit nullement d'un léger coup de surchauffe mais d'une démarche.
Ensuite, parce que sa connaissance de sa propre langue est assez approximative, notre héroïne se met à dire à peu près n'importe quoi. Par exemple ceci : On n'a pas le droit de comparer les noirs à des singes car une loi l'empêche. C'est faux : il est parfaitement licite de comparer les noirs (ou les blancs ou les jaunes ou les lampadaires) à des singes ; ce qui ne l'est pas, c'est de les assimiler à des singes. Mais, évidemment, tous les moyens sont bons à qui s'est donné pour tâche de faire “voler la poussière mentale qui encrasse les esprits”.
Pour atteindre au clou de ce petit spectacle, il faut remonter un peu plus haut dans ce qu'on n'ose qualifier de texte. Jusqu'à ceci : Pourtant quand une armée attaque une citadelle, on ne va pas dire aux
habitant.e.s de celle-ci : ignorer ou soyez très très gentil.le.s avec
vos assaillants comme cela il ne vous feront rien. Cela semblerait du
dernier ridicule. En effet, cela semblerait. Néanmoins, c'est bien ce que nous serinent tous les Rosaeux qui se traînent dans le paysage, dès qu'il est question d'islam et d'immigration massive (je rétablis la phrase en français d'avant) : « Ignorez ou soyez très gentils avec vos assaillants, comme cela ils ne vous feront rien. » C'est très précisément le sens premier, et même le seul, du mot qu'ils aiment tant : islamophobie.
En attendant, on aura tout de même ri un peu.
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