mardi 30 septembre 2008

Conscience nationale des blogueurs de gauche

Il est possible que je me trompe, bien sûr ; ou que l'esprit partisan m'aveugle. Néanmoins, moi qui traîne volontiers mes chausses dans des bouges mal famés, il me semble que point de plus en plus ouvertement, dans divers blogs de gauche militants, une certaine jubilation face à la crise boursière actuelle. Il y entre évidemment l'anti-américanisme pavlovien de ces gens, mais pas seulement.

En même temps que la jubilation, se fait sentir une certaine inquiétude : et si, par malheur, cette crise épargnait l'Europe, et plus particulièrement la France ? Ou bien les frappait, mais pas assez durement ? Quelle occasion perdue ce serait !

Car il devient patent que, pour ces impétueux jeunes gens, les dégâts que cette crise ne peut manquer de produire ne sont rien, ou pas grand-chose, face à la merveilleuse chance qu'elle offre, celle de mettre en difficulté leur adorable bête noire, leur idole détestée et indispensable, leur modèle-obstacle : Nicolas Sarkozy. Tout sera bon pour abattre le totem, on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs des épargnants, la fin justifie l'effondrement des moyens, et toutes ces sortes de choses. C'est ce qu'on appelle « la conscience de l'intérêt national », je suppose.

En face, les petits libéraux dansent au milieu des futures ruines la ronde du tout-va-bien, désormais certains de triompher de leurs adversaires collectivistes. Sans s'apercevoir une seconde qu'ils leur sont devenus tragiquement semblables ; eux aussi, mais de manière moins ouverte, appelant la salutaire crise de leurs voeux, afin de prouver aux peuples l'inaltérable vertu auto-régénératrice du capitalisme mondial.

Au bal des aveugles mimétiques, il devient de plus en plus difficile de trouver un simple borgne. De toute façon, si elles venaient à en débusquer un, nos deux bandes rivales s'uniraient aussitôt pour lui faire subir le sort d'Oedipe en lui crevant son oeil restant : le pieu d'Ulysse n'est jamais très loin, et Polyphème se fait bien vieux...

44 commentaires:

  1. Bon, en même temps, comment espérer changer un système qui ne convient pas si ce n'est en période de crise.
    Si cette crise amène (enfin) des décision politique, il y a de quoi effectiivement se réjouir !
    :-))

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  2. Didier,

    Je vous ai répondu en commentaire chez moi. On ne se réjouit pas de la crise... Juste de penser avoir eu raison avant.

    Vous mélangez tout ! Il faudrait peut-être que par solidarité nationale, on continue à soutenir un gouvernement qui nous pousse à la ruine ?

    Un exemple : une hausse du chômage a été annoncée hier. C'est triste. Mais on peut quand même se moquer du gouvernement qui organise d'abord la communication (des "fuites" dès vendredi) et ensuite une "réunion de crise" pour trouver une solution... Ca fait trente ans ou trente cinq ans qu'on vit avec un chômage de masse et ces guignols annoncent une réunion pour résoudre le problème.

    Et on devrait fermer notre gueule ? Rester bien rangé, comme vous, devant notre cher Président ?

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  3. Monsieur Poireau, de quel «système» parlez-vous ? Du capitalisme ? De la démocratie ? De la Ve République ?

    Nicolas : Je mélange peut-être tout, mais, vous, vous me caricaturez à pleins tubes ! Notamment lorsque vous feignez de croire que je soutiens notre gouvernement.

    Je n'ai évidemment demandé à personne de «fermer sa gueule» et d'être aux ordres. Je soulignais simplement que la contestation peut parfois, à mes yeux en tout cas, prendre des formes déplaisantes. Et, de toute façon, stériles.

    Quant aux décisions politiques que pourrait en effet provoquer cette crise, je ne suis pas certain que M. Poireau ait raison de s'en réjouir avant de savoir de quel type elles seront.

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  4. Mettre en difficulté Nicolas Sarkozy ? Mais de quelles difficultés parlez-vous ? Pour boucler ses fins de mois ? Il achète des produits périmés lui aussi ? Il fait son travail, comme disait Georges, et son travail n'a rien à voir avec la gestion d'une crise financière ou la baisse du chômage.

    Marcel... qui retourne à son travail

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  5. Dider Goux : je suis un utopiste ce qui me permet d'avoir la plupart du temps bon moral ! Je parle ici du système ultra-libéral tel qu'il existe chez nous depuis le début des années 80 ! :-))

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  6. Le problème est que le libéralisme (qui n'a rien d'ultra) existe désormais partout. Sauf peut-être en Corée du Nord et, ainsi qu'on le voit, aux Etats-Unis.

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  7. Didier,

    Je vous caricature en commentaire d'un billet, ce qui n'est pas trop grave... Je pense être la cible de votre billet d'autant que vous avez mis à peu près la même chose en commentaire chez moi.

    Et quand vous écrivez : "pour ces impétueux jeunes gens, les dégâts que cette crise ne peut manquer de produire ne sont rien, ou pas grand-chose, face à la merveilleuse chance qu'elle offre, celle de mettre en difficulté leur adorable bête noire, leur idole détestée et indispensable, leur modèle-obstacle : Nicolas Sarkozy",

    Il n'y a pas un peu de caricature ?

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  8. Jubiler ? Comment dire, on peut quand même parler d'un certain "rire jaune" devant ce qui se passe, et qui me semble comsiquement grotesque.

    Vous savez, je ne suis ni blogueur politique, ni militant. Bizarrement, j'étais beaucoup plus "engagé" quand, étudiant, je vivais chez mes parents qui, même modestes, me mettaient à l'abri des crises, de la pluie et de la dalle.

    Maintenant, quand on me cause "pouvoir d'achat", ça me donne envie de faire des motions avec la caissière, en fin de mois. La crise ne me fait pas rigoler, ce n'est pas les méchants qui perdent, c'est juste ma pomme qui fait chauffer de l'eau salée pour les pâtes. Et je préfère franchement le tournedos, en fait. C'est ballot.

    Sauf qu'on me shampouine la tête depuis des années sur ce marché qui ne devrait pas être "régulé". Là, c'est 700 milliards que le gouvernement américain injecte. Que faut-il comprendre ?

    ---

    Sinon, il me semble que ce billet est une "suite" ou une poursuite de vos remarques "Girardiennes" sur le film 2001 (mimétisme, modèle-obstacle, bouc émissaire), mais appliquées au blog politique, à ce titre, je les trouve assez pertinentes.

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  9. Balmeyer,

    Bordel ! On ne fait pas chauffer l'eau salée, ça dure plus longtemps et ça gaspille du gaz. On ajoute le sel après, en même tant que les pâtes.

    Elle est où l'épouse du taulier pour nous donner des conseils culinaires appropriés ?

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  10. Nicolas : j'ai toujours entendu dire le contraire ?!

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  11. Je dois être un peu vicieux, parce que je suis de près la crise et j'espère ni plus ni moins un effondrement du système, dans l'espoir naturellement vain d'une moralisation du capitalisme boursier, notamment ces fameuses CDS (Credit-Default Swap). Il n'est pas normal que la spéculation sauvage (qui touche même les matières premières, et de plus en plus) mette en péril toute l'activité économique planétaire. Non, je ne vire pas gauchiste, mais entre Besancenot et Reagan, il y a de la place. Il semble inéluctable que le plan Paulson passe finalement (pour le montant de l'intervention), mais ses modalités doivent être détaillées et bétonnées. De telles sommes, dont une partie servirait à payer les "golden parachutes" ? Et après vous vous étonnerez que le peuple gronde ? Je veux bien être cynique, mais là, non. L'idée que les bénéfices aillent tous dans la poche des spéculateurs et que les pertes soient épongées par l'État est profondément révoltante. Donc Sarkozy a raison de vouloir moraliser le capitalisme financier et de privilégier le capitalisme des entrepreneurs. Aux States, il serait traité de marxiste.

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  12. Catherine me souffle qu'il faut mettre le sel au moment où l'eau se met à bouillir.

    Sinon, Nicolas, je ne caricature pas : je mets en lumière. (Mauvaise foi typiquement réac...)

    Balmeyer : personne ne semble s'en être avisé, mais, dans la deuxième partie du billet, je me montre tout aussi "caricatural" envers les libéraux béni-oui-oui, les idolâtres du sacro-saint marché.

    Un certain nombre d'économistes se sont emparés des thèses de Girard et en ont tiré des prolongements très intéressants (le rôle du mimétisme dans les mécanismes boursiers, notamment).

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  13. Balmeyer,

    Fais confiance aux pros. N'oublie pas que j'ai 25 ans de célibat à mon actif.

    Par contre, pour les pommes de terre, il faut les mettre dans l'eau froide : elles commencent à cuire pendant que l'eau chauffe et ainsi tu consommes moins d'électricité.

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  14. Yanka : je ne pense pas être cynique et me trouve d'accord avec ce que vous dites quant aux spéculateurs. Mais vouloir une crise encore plus grave, afin d'abattre le système (faire la révolution, etc.) pour enfin déboucher sur le bonheur du peuple et la punition des méchants, on sait où cela conduit, dans quoi cela débouche.

    Quant à Sarkozy, ce qui est grotesque, c'est l'écart entre ses prétentions, ses rodomontades et les marges de manoeuvre dont il dispose.

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  15. Didier,

    Pour les libéraux, j'avais bien noté. J'étais occupé à répondre sur les gauchistes donc je n'ai pas commenté ce point.

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  16. Balmeyer : ne crois pas Nicolas, les patates sont bien meilleures à la vapeur !
    :-))

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  17. Avouez quand même qu'il y a contradiction flagrante. Les libéraux dérégulent, et quand à force de faire n'importe quoi, on arrive à la crise financière actuelle, ces mêmes libéraux après avoir privatisé les profits veulent nationaliser les pertes (Plan Paulson 700 milliards de dollars au frais des contribuables) ça ne fait pas rire, ou alors jaune...
    C'est une crise qui était hélas prévisible

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  18. Je ne savais pas qu'il y avait des pommes de terre de gauche et des pommes de terre de droite.

    Suzanne (qui manque de sel)

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  19. Un système s'effondre, tout de même, celui de ma conception de la préparation des pâtes. J'espère qu'il en ressortira quelque chose de plus sain.

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  20. Oui, mais il reste un conflit entre les patates de droite et les patates de gauche.

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  21. Je ne jubile pas non plus de cette crise, d'autant que mon couple y laissera des plumes "d'épargne retraite", comme on dit sinistrement —mais il ne me vient pas à l'esprit de m'en plaindre quand je pense à tous ceux qui vont en pâtir sans avoir un rond d'économies.
    Par contre, de mon point de vue, le pays a fait une grosse erreur en élisant M. Sarkozy, et la personnalité même de celui-ci, qui ne manque malheureusement pas de quelques qualités, fait qu'il n'y a pas un jour à perdre pour avoir une chance d'en être débarrassé à la prochaine élection.
    De ce point de vue, il me semble qu'il y a un "risque" de le voir rassembler le troupeau autour de sa personne en dramatisant et jouant de la peur, comme il le fait déjà. Et comme l'histoire du capitalisme prouve que ce dernier se relève toujours plus fort de ses crises, il est prudent d'essayer d'empêcher N. Sarkozy de se poser en sauveur au moment de l'embellie qui pourrait bien coïncider avec la fin de son mandat.

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  22. Allons bon, Sarko le marxiste aux Etats Unis. ça, c'est la connerie du jour. Et l'Etat américain qui vole au secours de la Grande Finance, c'est quoi, Bush accusé de guevarisme ?

    En fait, Sarko a dit mais ne fait rien. Les américains ont au moins le courage de l'action.

    Les idéologies sont mortes, on le sait, l'idée ne consiste plus qu'à trouver la recette de faire durer, durer, durer. Rien de plus...

    Par pur opportunisme. Sarkozy est à la tête d'une puissance qui n'en est plus une et ses petits bras musclés vont faire marrer la planète entière. Il fait comme il a toujours fait, il flaire le sens du vent et joue des épaules pour faire croire qu'il en a...

    C'est vaine pitrerie.

    (et parler de lui dans le cadre de ce débat précis, c'est croire à son influence, pourtant nulle, en amont, comme en aval)

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  23. Dorham : rien d'incohérent à ce que Sarkozy soit pris pour un marxiste au Etats-Unis. Chirac l'était bien, et comme Sarkozy se Chiraquise...

    Son discours sur la "méchante finance même que maintenant ça suffit je dis non", c'est un peu le réchauffé de la "fracture sociale", non ?

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  24. Après la cuisson des patates et des nouilles, tu veux nous réchauffer la fracture sociale ?

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  25. Dorham : c'est exactement ce que je voulais dire avec ma boutade à propos de la Corée du Nord : les Etats-Unis ne sont "ultra-libéraux" que quand ils sont les plus forts et qu'il s'agit de pénétrer les marchés mondiaux. dès que quiconque fait mine de vouloir investir leur propre marché (Airbus face à Boeing, par exemple), ils redeviennent bigrement interventionnistes, pour ne pas dire étatistes.

    Quant à Nicolas Sarkozy, il s'agit pour lui, une fois de plus, d'occuper les caméras et de rassurer le populo - ou d'essayer. D'un autre côté, que peut-il faire d'autre, en ce moment. Rappelez-vous que quand Jospin a eu sa petite phrase sur l'État "qui ne peut pas tout", il l'a payé cher...

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  26. Goux : c'est injuste parce que Sarkozy en début d'année, nous a bien qu'il ne pouvait pas vider des caisses qui l'étaient déjà et personne ne lui en tient rigueur !
    :-))

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  27. Didier : mille excuse pour ce "Goux" tout seul en début de commentaire ! Mes doigts sont trop lents !

    [Je sens que je ne devrais pas utiliser cette formule...].

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  28. Tout comme Yanka, mais en moins fin; donc en plus brutal.. je pense que sincèrement (le monde est beaucoup plus petit qu'on ne pense) qu'on a laissé la crise pourrir sur pied pour pouvoir racketter toutes les disponibilités possibles... si les libéraux américains ont voté contre les 700 milliards, c'est (quand même!!) qu'ils se sont rendus compte que ça leur ferait perdre les élections avec une marge qu'ils ne souhaitent pas .. (on va pas recommencer à assassiner tout le monde comme au temps des Kennedy, si?)

    Quant à Sarkozy, qu' a t'il dit en substance? qu'il se donnait le droit de soutenir si ça penchait dans le mauvais sens: traduction simultanée: on va laisser pencher jusqu'à presque la rupture et après on rempli le trou avec tout ce qu'on trouve," tout" étant surtout des fonds de la Caisse des Dépots et Consignation, qui pour le clampin de base reessemble fort à la caverne d'Ali Baba...
    et "dans les poches " de qui va tomber tout cet argent.. et bien pour commencer et puisqu'il faut donner des noms: Tapie.. qui s'est pas mal débruoillé avec ses martingales banquaires et qui attend "ses" 400 millions d'euros tranquillement.. aidé par une martingale judiciaire qui laisse pantois..

    (oui j'ai eu une journée difficile, jem'en excuse..)

    et pourquoi toujours des patates et des pâtes?
    jamais de riz??

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  29. La forfaiture de Sarko est de faire croire qu'à lui tout seul, il peut faire quelque chose, rien qu'en gonflant ses petits muscles.

    Exemple:
    Présentation du plan paulson : CAC 40 : +5%
    Rejet du plan Paulson par le congrès américain CAC 40: -5%

    Rien effectivement n'interdit d'imaginer des corrections à apporter au système, mais ça ne peut pas se concevoir tout seul à Paris, mais a minima au niveau européen ou plus sûrement au niveau planétaire

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  30. Didier,
    oui,

    mon intervention - vous avez cependant le droit d'y répondre, ça ne me dérange pas - ne vous était pas destinée.

    J'ai bien compris ce que vous, vous vouliez dire et je suis d'accord sur certains points, en particulier sur le fait que ce n'est pas très réjouissant comme perspective que cette crise là (et honnêtement, je ne crois que Nicolas fasse partie de ceux qui s'en réjouissent).

    Ni réjouissant ni symptomatique d'un nouveau départ, ni rien de tout cela.

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  31. Monsieur Poireau, je suis bien d'accord avec vous. Les pommes de terre à la vapeur et surtout, ne pas les éplucher avant ! Et pour nous, le riz, c'est Basmati.

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  32. Fallait l'entendre fin août notre Sarkozy nous expliquer avec sa prosodie bien connue que le financement du RSA passerait par un taxation des revenus du capital, qu'y en avait marre de toujours taxer les revenus du travail et que c'était injuste. Un vrai discours de candidat au poste de 1er secrétaire du parti socialiste.

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  33. J'adore l'idée que le plan Paulson va servir à payer Tapie et les golden parachutes ; elle tombe à point nommé finalement cette crise

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  34. Ca n'a qu'un rapport lointain avec votre billet mais j'ai bien ri en tombant sur cet article et le hiatus entre titre et photo (Coppé est au bord du burn out et le figaro devenu bien subversif) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/30/01002-20080930ARTFIG00719-cope-arretons-de-dire-que-la-majorite-est-deprimee-.php

    Désolée je ne sais toujours pas faire les liens correctement

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  35. Je suis d'accord ! A l'eau ou à la vapeur, la question n'est pas là. Ne pas les éplucher avant, les pauvres.

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  36. Y'en a qui mangent la peau.

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  37. Je me demande tout de même d'où la Belgique, qui a peiné des mois durant pour boucler le budget en raclant les fonds de tous les tiroirs, sort en 48 heures 4,8 milliards d’euros pour sauver Fortis, puis deux jours plus tard 3 autres milliards pour sauver Dexia. Avec ça l'un des dirigeants de Dexia s'en va avec un bonus de 3 millions (2 ans de salaire)... J'ai le sentiment qu'on creuse un trou pour boucher un autre trou, sauf que les banques dans 6 mois auront retrouvé santé, vigueur, spéculation sauvage et morgue, tandis que l'État s'échinera à combler le trou de sa générosité en puisant dans les poches du pauv' couillon de citoyen.

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  38. @ dom je me mets au niveau de ceux qui nous expliquent la crise...
    par ailleurs je maintiens qu'à un certain niveau de fortune mondial tout le monde se connaît.. et tout le monde sait où va finir l'argent spécularisé et dans quelles poches.. bon ok Tapie avec ses 280 millions d'euros il fait figure de concierge mais il est bien accroché à l'idée de retourner dans le club..

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  39. Geargies, d'accord j'ai trop forcé sur le cynisme, je le reconnais. Néanmoins le problème particulier de cette crise c'est qu'avec le phénomène de titrisation, les banques se sont allègrement mises à spéculer sur des "paquets de merde" (les créances douteuses en général et les subprimes en particulier). On peut, dans l'euphorie, faire monter lesdits paquets, mais intrinsèquement ils ne vaudront jamais rien. Quand il devient évident que ces créances ne seront jamais recouvrées, la chantilly euphoriste ne parvient plus à masquer l'odeur et le truc collapse : il n'y a donc pas d'argent à récupérer, il n'y en a jamais eu.

    Deuxième phénomène, autrement plus grave, depuis une vingtaine d'années, les spéculateurs (opérateurs, traders et autres) peuvent gagner de l'argent en jouant des titres d'entreprises saines à la baisse ! C'est le fameux short selling ou vente à découvert. Résultat on fait un raid sur une entreprise en la faisant plonger et on multiplie ses gains par 10. Et le pire c 'est que plus le bilan est sain (pas de dettes, des actifs rapidement mobilisables, une profitabilité industrielle moyenne) et plus on fait d'argent en la détruisant et en la revendant à l'encan (je vais vite mais c'est ça) et là non plus il n'y a plus d'argent car le système repart dans des investissements de paquets de merde...

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  40. voualà c'est exactement ça , que je voulais dire.. (mais je ne suis pas très économiste..)

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