vendredi 26 septembre 2008

L'écureuil et la tortue

Les écolos sont des gens conscients et responsables (je n'aime guère les diminutifs en général, mais je me refuse à appeler "écologistes" des gens dépourvus de toute formation ne serait-ce que vaguement scientifique). Allègrement catastrophistes, c'est dans leur nature, mais très responsables. Sérieux et cohérents, voyez.

Ainsi, ils poussent régulièrement des cris d'alarme contre le mélange brutal d'espèces n'ayant pas vocation à occuper le même habitat. Ils le font dans l'intention louable de conscientiser les Martine-à-vélo, lesquelles sont toujours promptes à s'émouvoir et à pleurnicher dans leurs mouchoirs en papier. Ainsi, pour qui aime les scénarios-catastrophes, la tortue de Floride, introduite en fraude en notre vieille Europe, est en passe de bouffer tout ce qui, jusque là, peuplait nos rivières : on est censé pousser un braiement d'horreur, hurler à l'irresponsabilité, stigmatiser son voisin-émissaire, réclamer des coupables, exiger des têtes. Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, les putains de tortues U.S. à la lanterne !

Pareil, pour ces enculés d'écureuils américains, impérialistes jusqu'au bout du panache caudal, immondément grisâtres faute d'être vert-de-gris, qui, introduits dans nos forêts, sont en train de niquer la joie de vivre de nos gentils écureuils de souche, d'une rousseur de bon aloi. Là encore, dégainant leur gentillesse à six-coups (chargeurs supplémentaires en option), nos braves écolos s'égosillent : par notre laisser-faire, notre aveuglement, voire notre cupidité, on est en train de perpétrer un massacre - que dis-je ? Un génocide ! -, dont nous porterons la responsabilité pour les siècles des siècles - amen.

Well. Saisis par leur enthousiasme communicatif, nous en venons - les plus naïfs d'entre nous - à leur demander ce qu'il en est de l'espèce humaine. Où sont nos tortues de Floride ? Nos écureuils américains voraces et prédateurs ? Grossière erreur ! Vous n'avez rien compris ! Vous êtes des gros cons de gestapistes ! Transporté chez les bipèdes culturés, ce désastre écologique se transforme en un bonheur inouï, un éden qu'il convient de ne pas laisser passer, une Chance-pour-la-France (CPF) qu'il est requis d'accueillir à bras ouverts et avec des sanglots de reconnaissance, sous peine de re-néandertalisation immédiate ! Ce qui est bien la preuve que l'homme est irrémédiablement différent de l'animal : ce qui lui est désastre nous est bonheur.

Et puis, entre nous, à part quelques molosses à casquette gammo-crucienne, qui en a quoi que ce soit à foutre, des petits écureuils roux ? Si ça se trouve, en plus, ils mettent leurs noisettes à droite...

14 commentaires:

  1. us acceptez le mélange de bébète, vous acceptez donc le camaïeu humain, non ?
    :-))

    [Il y a un point intéressant là dedans, c'est la critique à faire des écolos qui ne sont que conservateurs, avec une nature éternellement inchangée. C'est très comique et Darwin doit bien rigoler dans sa tombe !].

    RépondreSupprimer
  2. La semaine finit donc en beauté ! Comme dirait M'sieur Franssoit : merci !

    Bon week-end.

    RépondreSupprimer
  3. Les bébètes ne se mélangent pas. C'est le plus fort qui détruit l'autre.

    RépondreSupprimer
  4. Catherine : si le plus fort animal détruisait l'autre, il ne resterait qu'un seul type de bête sur la planète !
    A part l'humain qui domine, il me semble que ça se répartit pas trop mal !
    :-))

    RépondreSupprimer
  5. En fait, les écolos, c'est les Lepen du monde animalier...

    ...

    Je sors!

    RépondreSupprimer
  6. @ melle cigüe:
    Absolument! A part le fait qu'on leur donne droit à la parole en permanence sur toutes les radios et qu'ils feraient bien de mettre la pédale douce: je ne supporte plus leur hystérie collective et culpabilisante tous les jours que Dieu fait.
    J'ai aimé leur combat, je trouve maintenant qu'il finit par exaspérer et que, à force de nous bassiner, il y aura un retour de bâton!

    RépondreSupprimer
  7. Poireau : j'accepte bien sûr tous les mélanges, tous les camaïeus. J'accepte moins qu'on fasse semblant de ne pas les voir s'opérer.

    Pluton : en beauté, c'est selon...

    Catherine : c'est exactement ce qu'il ne faut pas dire si on veut rester "sympa" !

    Re-Poireau : des tas d'espèces ont disparu, ces derniers millions d'années, pour les raisons que dit Catherine.

    Mlle Ciguë : ce n'est pas pour rien qu'on parle parfois d'intégristes écolos.

    Orage : ça demanderait un billet à part entière (trop tard ce soir, en ce qui me concerne...). Je pense qu'il conviendrait de rappeler une vérité essentielle : le monde a été créé POUR l'homme (même si on ne croit pas en Dieu, ce qui est mon cas). Le monde, l'univers n'existent que par la conscience que nous en avons ; que parce que nous sommes capable de NOMMER les choses.

    Sans nous, les hommes, avec nos faiblesses, et même nos saloperies, RIEN n'existe - même pas Dieu, si ça se trouve.

    RépondreSupprimer
  8. Monsieur Poireau, ne dites pas n'importe quoi ! Il s'agit de race d'animaux qui entrent en compétition, de nourriture et de territoire. Le plus fort l'emporte. Mais je ne sais pas discuter par écrit. On réglera ça entre 4 z'yeux ! Que le plus fort l'emporte !

    RépondreSupprimer
  9. Catherine : on peut avoir des avis différents, je ne battrais pas pour vous convaincre. Je crois plus à l'évolution qu'à la disparition. Ce qui n'exclut pas des pertes, évidemment !

    Didier : sans non plus vouloir convaincre, je ne crois pas du tout à cette histoire d'humanité, de monde fait pour l'homme. En ce moment, c'est nous et quand on en aura fini avec notre propre planète, une autre forme de groupe prendra le dessus.
    Les tortues marines d'Amérique, par exemple !
    :-)

    RépondreSupprimer
  10. Poireau : c'est, si je puis dire, une position philosophique : le monde (toute chose, en fait) n'existe que si on le NOMME. Or, nous seuls sommes capables de le faire. Et je vous rappelle que la Bible affirme expressément que le monde a été créé pour nous.

    (Ce qui ne veut pas dire que nous avons le droit de le saloper, encore moins de le détruire, mais que nous en sommes RESPONSABLES.)

    RépondreSupprimer
  11. En vous lisant, je pensais aussi à la caulerpa taxifolia dite "algue tueuse".

    RépondreSupprimer
  12. Amusant à propos de noter que c'est le mélange avec d'abominables espèces animales étatsuniennes qui est cause de désastre pour nos grandes consciences vertes. Même l'abeille tueuse est devenue américaine (alors qu'elle est africaine) : l'oncle Sam est maléfique jusqu'à la gente animale qu'il exporte.

    RépondreSupprimer
  13. "pour ces enculés d'écureuils américains" : si c'est comme les cochons d'inde, il faut mettre un élastique autour pour pas qu'ils explosent lors de la pénétration.

    RépondreSupprimer
  14. La nature fut bien la première des capitalistes...
    ET si elle est souvent gauche, elle est finalement adroite.
    Et les meilleures noisettes seront toujours entre nos jambes !

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.