vendredi 9 avril 2010

Les quatre mains de Ludwig van

Jusqu'à ce matin, neuf heures et demie, j'ignorais absolument qu'il existât, faite par Beethoven lui-même, une transcription de la Grande fugue pour piano à quatre mains. Rappelons qu'à l'origine, cette grande fugue-là devait être le finale du 13e quatuor, opus 130, que le compositeur, de fort mauvaise grâce, consentit à détacher de l'œuvre, sous la double pression à froid du public de la création et de son éditeur. La grande fugue vécut alors sa vie de grande fugue de manière autonome, en s'adjugeant au passage l'opus 133.

Et voilà donc que, tout à l'heure, branché sur France Musique, je découvre dans Le Matin des musiciens l'existence de la transcription, réalisée par Ludwig van un an avant sa mort et baptisée ensuite opus 134. J'eus droit tout d'abord – entre Le Plessis et Meulan, approximativement – à une sorte d'explication de texte faite par le responsable de l'émission (dont j'ignore le nom, ayant pris le bouzin en marche) et les deux pianistes invités qui se chargeaient évidemment de l'illustration sonore des propos. C'était fort intéressant, et aussi un brin saugrenu pour un analphabète musical tel que je le suis. Ensuite, le tandem nous servit l'intégralité de la Grande fugue pour piano à quatre mains.

Eh bien, je puis vous dire que cette version, que je n'irai pas jusqu'à préférer à l'originale, cette version m'a fait exactement le même effet que celle pour les quatre archets, une sensation identique : celle de me trouver en face d'une magnifique monstruosité. Et ne venez surtout pas me demander ce que j'entends par là.

10 commentaires:

  1. Grosse monstruosité, oui, la grosse figue charnue. Cachons-la derrière le rideau de Pythagore.

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  2. ben si je demande..pourquoi????

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  3. Ben pourquoi tu demandes heuh heuh heuh ben pourquoi hein ????????????

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  4. Il y a aussi une version pour orchestre.

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  5. J'en ai aussi fait une version pour trois flûtes à bec, une scie musicale, deux balafons et un récitant. Ça déchire je te dis pas. À la création, tout le premier rang a vomi.

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  6. Quand on pense qu'il entendait "de l'intérieur"...Ca laisse rêveur.
    On peut se demander d'où vient le génie. Au bout de combien de vies peut-on y parvenir? Pourquoi lui(ou elle) et pas cet autre? Pourquoi il n'y en a plus, de tels géants (là, je crois que nous avons un début de réponse). Pourquoi la plupart d'entre eux meurent jeunes. Pourquoi sont-ils malheureux. Le malheur précède-t-il la création. Est-il une condition nécessaire. On ne crée rien d'intéressant quand on nage dans le bonheur, si?
    Etc, etc...
    Help!

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  7. Bon, Georges, faut que vous aidiez Marine là !

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  8. Une transcription pour quatre mains? Ça alors, moi non plus, je ne la connaissais pas (ce qui n'a rien d'étonnant d'ailleurs), et peut-être que ma femme est dans ce cas, alors qu'elle cherchait récemment des partitions pour quatre mains. Je vais de ce pas lui en parler! (Ah, merci, quoi qu'il en soit)

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  9. Je signale aux amateurs de quatre-mains la transcription de Georges du Sacre du Tympan. (Garantie Casher et hallal sur demande). Uniquement pour célibataires. La version "couples" est en préparation.

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