jeudi 1 avril 2010

Pourquoi tant de mystères pesant sur nos cervelles ?

Dieu que la vie moderne est compliquée, et angoissante à force d'opacité ! Je me faisais cette profonde réflexion en récupérant des mains de la jeune et levalloisienne boulangère de l'avenue de l'Europe (eh oui...) quelques menues piécettes rouges (“noires”, disent les Québécois) en sus de la demi-baguette que je venais d'acquérir pour accompagner le contenu de mon bento du jour. Ma question était la suivante : pourquoi tant de gens parlent-ils de centimes d'euro ? Est-ce qu'avant 2002 ils parlaient de centimes de franc ? Non, n'est-ce pas ? Alors ?

Et comme de bien entendu cette question en appelle aussitôt d'autres, comme un aspirateur la poussière et les poils de chiens. Si nous avons tout naturellement, et avec bonheur, francisé ces cents ridiculement anglo-saxons, est-ce que de leur côté (du Rhin) les Allemands se sont mis à parler de pfennig d'euros ? Ou de pfennig tout court ? Et peut-on continuer à évoquer sans dommage collatéral la roupie de sansonnet ? Le roi Lear ? La tentation des Grecs de revenir à leurs drôles de drachmes ? Tout cela m'épuise...

Le pis est que, pendant ce temps, le travail ne se fait pas.

17 commentaires:

  1. Un kir royal ! Merci !

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  2. Nicolas : à 11 h du matin, un jour où je bosse ? Vous charriez !

    Ovitors : je vais voir ce que je peux faire...

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  3. Ouh lala, rentre vite à la maison, y'a ton stent qui est en train de se tordre...

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  4. Les cents existaient en Belgique auparavant et ils étaient donc employés dans un pays francophone, certes bizarre mais quand même francophone un peu. Pis ! ils étaient prononcés sennt. Je sais que cela peut choquer : les Belges ont toujours su adapter le mauvais goût américain à leur façon avec des cravates-lacets de cow-boy, de grosses décapotables à gros phares tout en longueur, des vestes à gros carreaux, des autoroutes illuminées la nuit, une chaîne de hamburgers qui fait encore l'actualité et une équipe de football qui défile avec le maillot Belgium. Il ne fallait pas se référer à un nom de monnaie européenne antérieure, mais on a repris un terme employé par les monnaies belges et néerlandaises malgré tout.

    En revanche, si l'on observe les Suisses, fort discrets, eux parlent encore de centimes en français, mais de Rappen en allemand, de centisimi en italien sans se demander si c'est d'un franc suisse, d'un Schweizer Franken ou d'un franco svizzero. Et on n'y regarde pas la couleur de l'argent. Je ne me suis jamais entendu demander tant de centimes de franc suisse quand je me suis rendu dans ce charmant pays. C'était entendu.

    Y a-t-il une morale dans tout ça ? Je ne crois pas. Il a fallu faire avec les échanges quotidiens faut-il accorder euro et comment ? comment le prononcer en grec alors qu'il est paronyme d'urine ? comment l'abréger alors que son symbole est un logo et non une lettre ? comment faire la liaison après un s ou un t ? comment se référer à des valeurs antérieures lors de l'époque du franc français ? Le temps se chargera de faire le tri entre les usages. Nous sommes loin du moment où les gens s'empoignaient à propos de l'emploi de "centimes d'euro" ou de "cent". La redondance disparaîtra d'elle-même, je ne l'observe d'ailleurs pratiquement plus.

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  5. Catherine : tu me fais un mot pour mon chef ?

    Dominique : décidément, vous êtes irremplaçable (vous aussi)...

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  6. Jacques Etienne1 avril 2010 à 13:14

    La vie moderne? Anxiogène? Un peu, mon neveu!

    Toutefois, la question qui vous taraude, M. Goux, trouve une réponse dans le fait que "cent" apparaît comme un diminutif de "centime" et que le franc n'étant pas si loin, il est bon d'éclaircir la situation. Si le prix de la demi-baguette qui fut à l'origine indirecte de vos questionnements avait été exprimé en centimes de francs, vous auriez fait une super affaire. En centimes d'Euros ce n'est qu'un achat banal. Le complément déterminatif (pour faire moderne) a donc pour fonction de ramener les rêveurs à la prosaïque réalité.

    Ca me rappelle un rêveur qui passait à la caisse d'un magasin de bricolage devant moi; C'était à l'époque de la transition franc-euro. Il venait de faire l'emplette de trois tronçonneuses. D'un coup. Parce qu'à ce prix-là... Quelle déconvenue l'accabla quand il réalisa qu'il s'agissait d'euros et non de francs!

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  7. Tiens c'est marrant, moi je parle de cents.
    Pourquoi ?
    Je crois que j'avais entendu ça au lancement de l'Euro, me semble-t-il

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  8. Didier, on parle de centimes d'euros pour Bernadette et le gros judoka... faut que ça douille si je puis me permettre !

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  9. A mon sens, si les français emploient le terme de « centimes d’Euro », c’est parce que, d’une part ils se refusent à utiliser le mot « cent » par trop américain à leur goût, et d’autre part parce qu’ils entendant bien faire la différence entre l’Euro et le Franc.

    Je suis persuadé que quelque part les Français de plus de 20 ans sont traumatisés d’avoir perdu leur monnaie… Et cette tournure linguistique est l’expression de ce traumatisme.
    Et puis, peut-être que faire perdurer le mot « centime » dans le langage est une façon de dire que l’Euro n’est pas (et ne sera pas) accepté dans la vie de tous les jours… Qu’il est comme un usurpateur qui s’est arrogé le trône, mais qu’un jour le souverain légitime reviendra et le renversera… Pour l’instant, ce Franc légitime reste dans l’ombre, mais l’on peut discerner ça et là quelques graffitis verbaux qui entretiennent sa mémoire. Comme par exemple ces « centimes d’Euro ».

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  10. Dans mon village d'Alsace, la baguette coûte un euro. Problème réglé.

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  11. La vache, z'ont du pognon en Alsace, 1 euro la baguette ! chez les bouges d'a coté de chez moi , c'est 0 euro et 85 centimes d'euro

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  12. Cette épineuse question (sur les centimes) nécessitait évidemment mon intervention discrète (et attendue, n'est-ce pas) et mes mes lumières...

    L'existence de deux monnaies dans nos mémoires et la confusion rendue possible par le même terme imposaient j'imagine cette précision pour l'euro quand le franc n'avait pas à se référer à une autre monnaie...
    Dire qu'on aurait pu avoir à dire... un centime d'écu, à quoi a-t-on échappé...

    Passante d'avril

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  13. Et dire qu'il n'y en a pas eu un pour me signaler la grosse faute de frappe dans le titre ! Ah, on est aidé, je vous jure...

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  14. Compte tenu de la gravité de votre état, révélé par la teneur de cet article, personne n 'a voulu enfoncer le clou avec cette petite faute de frappe de rien du tout !

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  15. Corto : oui, finalement, c'était prudent : on ne sait jamais quel type de réactions on peut déclencher...

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  16. Pour la faute de frappe, j'avoue piteusement avoir cherché pendant un bon quart d'heure où était le jeu de mot, et ne trouvant pas, j'ai conclu à une plaisanterie accessible seulement à des gens cultivés, et je n'ai pas voulu étaler ma médiocrité.
    Pour une fois que j'aurais pu l'ouvrir !!!

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