mardi 9 avril 2013

Elle roupillent, nos sœurs de parité ?


Mais elles sont passées où, nos petites sœurs de parité ? Quelle aphonitude a brusquement frappé les Femen (and women) ? Les femmes à barbe réunies en collectif ? Les pourfendeuses de plafond de verre ? Les enfants de mari pré-émancipées ? Les indigné-e-s et les pas-content-e-s ? Le hasard leur apportait sur un plateau de balance égalitaire une magnifique occasion de célébrer l'une des leurs, en la personne de Margaret Thatcher, le plus brillant chef d'État européen du dernier quart du XXe siècle, eh bien, non, elle se taisent. Pas un hommage à ce génie politique ; le silence ; quand ce ne sont pas les petits crachats sur les chevilles – à hauteur de postillonneuses, donc.

Il est vrai que, à y regarder de plus près, la vie et le destin de Mme Thatcher ne furent peut-être pas de si bons exemples, pour nos gentilles égalitarées : dans la mesure où elle valait au moins 15 Sarkozy et 38 Hollande (sommes évaluées en “présidents constants”), elle établissait à elle seule la parité lors de n'importe quel sommet européen, ou dans ses gouvernements successifs, ou au Parlement britannique, etc., quand bien même il ne s'y serait trouvé que des hommes. La preuve : une fois sur deux, au moins, c'est elle qui gagnait à la fin du cinquième acte. 

Réaliser la parité parfaite dans nos différentes “ferme-célébrités” politiques ou sociétales ne semble pas une tâche si insurmontable. Encore faut-il que tous les petits personnages qui s'y agitent aient rigoureusement la même taille. C'est à peu près le cas aujourd'hui : Margaret a bien fait de s'en aller.

47 commentaires:

  1. Sur Libé on nous explique comment cracher sur sa tombe (mais on trouve heureusement quelques commentaires pour exprimer l'écoeurement que de telles méthodes de défoulement méritent).

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  2. Au sujet de Thatcher valant 15 Sarkozy ou 38 Hollande, j'aime bien cette petite anecdote.

    Lors d'une réunion du Commonwealth, il avait été prévu que le dernier jour soit moins formel. Donc les types se sont tous pointés en cols ouverts, jeans etc. Genre décontract' quoi.

    Là-dessus, voilà notre bonne baronne Thatcher qui arrive, habillée comme d'habitude dans un ensemble bleu très élégant. Le premier ministre australien a eu la réaction suivante: "49 gars qui respectent le "dress code". Une femme qui ne le fait pas. Pourtant c'est bien nous qui nous sentions mal à l'aise.

    C'est ça le charisme.

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    1. D'un autre côté, la voir se pointer en jean...

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  3. Vous imaginez aisément que je ne porte pas la politique de Margaret Thatcher dans mon cœur. Mais là n'est pas la question.
    Pourtant, même si je suis féministe (ouh le gros mot), je ne vois pas pourquoi elle mériterait un traitement de faveur post-mortem sous le seul prétexte qu'elle est (enfin était) une femme.
    Je n'irai pas jusqu'à l'insulter post-mortem (encore une fois) mais si elle était encore en vie et que j'étais extrêmement malpolie, je dirais, comme je l'ai déjà dit chez Nicolas, qu'une connasse = un connard.

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    1. Les gauchistes et assimilés ont passé vingt ou trente ans à essayé de cracher sur le général de Gaulle, simplement parce qu'il était trop grand pour eux et offensait donc leur médiocrité. Qu'eux ou leurs enfants aient fait la même chose (et pour les mêmes raisons) avec Margaret Thatcher à la génération suivante me paraît dans l'ordre des choses.

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    2. Bon enfin tout ça pour dire que je peux admirer la femme sans admirer sa politique.

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    3. Quand vous aurez un moment, il faudra nous expliquer ça…

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    4. Et bien on peut admirer sa carrière, sa pugnacité, sa force de caractère, sa grande motivation, ses tailleurs. Ah non pardon: pas ses tailleurs.
      Elle est admirable parce qu'elle a su s''imposer dans un monde d'hommes... Sans se faire marcher dessus...
      Mais je n'admire pas sa politique.
      C'est possible? Ou c'est contradictoire?

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    5. Ce me semble, à moi, non pas contradictoire mais assez absurde. Carrière, pugnacité, force de caractère, grande motivation : voilà autant de choses que l'on peut porter au crédit de Hitler, de Staline, de Napoléon Bonaparte, mais aussi de Chateaubriand ou de Victor Hugo : ça ne signifie rien. Et si toutes ces "qualités" ont été mise au service de choses qui vous hérissent – car elles vous hérissent –, pourquoi l'admirer ? Simplement parce qu'elle est une femme ? C'est d'une puérilité indigne de vous – en tout cas des études que vous dites avoir faites.

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    6. Moi personnellement, je ne l'admire pas. J'ai dit que je "pouvais" l'admirer tout en critiquant sa politique. J'ai dit qu'on pouvait admirer quelqu'un (ici une femme en l'occurrence) même si on n'approuvait pas sa politique.
      Après on n'est pas obligé non plus d'évoquer direct Hitler ou Staline hein.
      Et je ne crois pas que ce soit puéril d'admirer une femme qui a cru en ce qu'elle faisait.
      Inversement certains peuvent admirer sa politique et critiquer la femme non?

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    7. Vous ne répondez pas, évidemment. Je vous rappelle que vous êtes censée être docteur en histoire. Je sais bien que, à notre époque, cela ne veut plus dire grand-chose, mais enfin, tout de même : c'est quoi, ces guillemets autour de "pouvais" ? Ils sont censés dire quelque chose d'intelligent ? Et qu'est-ce qu'on en a à faire de votre "admiration" (là, les guillemets sont de de moi) ? Et comment une “historienne” (moi aussi, je sais utiliser les guillemets…), docteur qui plus est, peut-elle perdre son temps à "critiquer" la politique d'un personnage qui ne fait plus la politique de l'Europe depuis environ 20 ans ?

      En gros : pourquoi avoir perdu autant d'années de votre vie à "étudier" l'histoire, si c'est pour finalement vous comporter comme une petite militante de 18 ans ? On ne vous demande ni d'admirer ni de rejeter, bon sang ! On aimerait, éventuellement, que l'historienne que vous êtes censée être, nous éclaire Mme Thatcher (ou qui que ce soit d'autre) avec ce qu'elle a appris. Mais tout ce que vous semblez être capable de faire, après des années d'“études”, c'est de nous exprimer votre petit ressenti idéologique, dont tout le monde se fout (comme du mien, d'ailleurs).

      En ouvrant un blog, par exemple, vous n'avez jamais eu envie de faire partager ce que vous êtes censée savoir ? Partir de ce que vous avez appris pour réfléchir sur ce qui se passe ? Plutôt que de nous tricoter de petits billets même pas écrits, qui n'ont pour but que de prouver aux grands mamammouchis de la blogogauche que vous pensez correctement ?

      Vous me faites de la peine. Pas vous personnellement, bien entendu. Mais je suis infiniment triste de constater ce que peut être, à notre époque, un "docteur en histoire". (De même que me rend tout aussi triste l'idée qu'une Bah bye CC puisse être "prof de français".) Je sais que ce n'est pas votre faute, que vous êtes les produits de cette époque, que vous n'y pouvez rien si vous ne connaissez que ce que vous avez péniblement étudié pour obtenir votre diplôme. Mais, mois, ça m'attriste.

      Heureusement, je n'ai pas d'enfant.

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    8. Dites, le vieux. Vous pourriez évitez de m'énerver mémère. Après il faut que je me la tape dans les leftblogs. (Smiley hein, tous les deux).

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    9. Heureusement oui.
      Je n'ai pas ouvert de blog pour donner des cours d'histoire, sinon ça se saurait.
      Et il semble que vous n'ayez rien à apprendre de moi donc la boucle est bouclée.
      De quoi vous plaignez-vous alors?

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    10. Robert Marchenoir10 avril 2013 à 00:20

      Ah oui. Docteur en histoire. Tout de même.

      (Peut-être dit-on doctrice ? ou doctoresse ? je m'en voudrais de commettre un impair.)

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    11. Là, je crois qu'on peut raisonnablement dire que ça charcle sévère.

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    12. Rappelons que rien n'est plus simple que d'être "docteur" en histoire (ou en quoi que ce soit d'autre). Il suffit d'être un peu persévérant et surtout d'avoir du temps devant soi, par exemple grâce à un mari ou à un petit copain qui gagne sa vie. On n'a jamais vu une thèse refusée (sauf un ou deux cas politiques). D'ailleurs la qualité des thèses et des thésards ne se mesure plus à la simple soutenance, mais à la mention obtenue et surtout à la publication. Une thèse ne vaut, universitairement parlant (pour la suite de la carrière), que si elle est publiée. Et même ainsi il faut encore obtenir une habilitation supplémentaire pour prétendre postuler à l'université.
      Une thèse, donc, cela équivaut à peu près au baccalauréat des années 1930.

      Les seuls "diplômes" qui ont encore un sens sont en fait les concours, capes et agrégation, qui sont cependant plus ou moins exigeants en fonction des disciplines. L'agrégation de maths ou de lettres classiques, par exemple, est très facile à obtenir (régulièrement plus de 30% de réussite), alors que le capes de philo n'est donné actuellement qu'à 3,5 % des candidats (eh oui, il faut être un demi-Dieu pour être prof de philo, alors un peu de respect je vous prie). Les lycées se peuplent aujourd'hui de crétins à calculatrice et d'incultes chargés d'enseigner le français. Il est vrai que le métier n'intéresse plus grand monde (à cause d'un certain Robert Marchenoir, qui s'emploie sur internet à décourager les vocations).

      Il ne faut pourtant pas surestimer ces concours, d'abord, comme je l'ai dit, parce qu'ils ne se valent pas tous, mais aussi parce que concours et diplômes ne sont que de très vagues approximations du niveau réel de leurs titulaires. Il n'y a qu'en France d'ailleurs qu'on leur accorde une si grande importance, au mépris de qualités professionnelles qui peuvent se révéler plus tard au contact des réalités. C'est l'un des défauts de notre méritocratie républicaine, qui assure les carrières sur la seule base d'un papier obtenu à 23 ou 25 ans.

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    13. Si je puis me permettre une remarque sur les concours du CAPES et de l'agrégation. Ce sont des concours de recrutement comme chacun sait. Le nombre de postes "mis au concours" comme on dit, influe évidemment sur le taux de réussite.
      C'est en partie pour cette raison que le taux de réussite à l'agrégation de philo est aussi bas: énormément de candidats mais très peu de postes.
      Pour la thèse vous avez raison: meilleure mention possible et publication sont indispensables.
      Mais même si officiellement les concours ne sont pas requis pour obtenir un poste à l'université, officieusement ils sont indispensables.

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    14. Exact. Mieux vaut avoir l'agrégation pour postuler à l'université.

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    15. On aurait dû prévenir Gilles Bernheim que l'agrégation était si dépréciée, ça lui aurait évité de se ridiculiser.

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  4. excellent billet, je me demandais si quelqu'un évoquerait cet aspect thatcherien ! c'est la plus grande victoire féministe de ces 35 dernières années. A mon avis.
    Vous verrez que nos bécassines célèbreront la mort de Cresson lorsque son heure sera venue.

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    1. Encore faudrait-il qu'elles sachent de qui il s'agit…

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    2. Une cultivatrice de salades?

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    3. On peut effectivement ne la retenir que pour cet aspect. Les japonais en conservent d'ailleurs un souvenir ému. Une grande féministe canal "Gaston Lagaffe", en plus d'être une grande épongeuse si on en croit les ragots qui circulaient dans les cercles autorisés de l'époque.

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  5. Invasion par le Commonwealth9 avril 2013 à 16:29

    Pendant 11 ans Margaret Thatcher a laissé le Commonwealth envahir la Grande Bretagne.

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    1. Aucun homme n'est parfait, que voulez-vous.

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  6. Si il y a une personne que j'aimais bien parmi les libéraux, c'est bien Madame Thatcher.

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    1. Le tréma sur Rosaelle trahit l'imposteur…

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    2. Eh non !
      (Il n'y a pas de tréma sur Rosaëlle ?)

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    3. Il y en a un pour Gaëlle, Maël, pourtant...

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  7. On lui doit aussi le fait d'avoir poussé Jacques chirac à révéler sa véritable nature à l'occasion d'un sommet européen. Je cite l'intéressé : "Mais qu'est-ce qu'elle me veut de plus cette ménagère ? Mes couilles sur un plateau ? "

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    1. Ce n'était pas "mégère", plutôt que "ménagère" ?

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    2. J'ai eu un doute, mais il semblerait bien que ce soit "ménagère".

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    1. Maintenant qu'on se connaît un peu, je vous propose de passer au voussoiement.

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  9. Jean-François Brunet9 avril 2013 à 21:56

    Cher Didier Goux
    Vous avez vraiment une opinion sur Thatcher, basée sur une analyse de ce qu'elle a fait et des conséquences de ce qu'elle a fait, ou bien vous voulez simplement dire que puisque les progressistes la détestent, elle ne peut qu'être géniale ?

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    1. Brunet vous me gonflez, à toujours tout comprendre de moi…

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    2. D'un autre côté, s'il vous comprend, il mérite une médaille. Même si c'est un con.

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    3. M.Thatcher a pris le pouvoir dans un contexte de crise post-industrielle et elle a transformé son pays en une société de services tertiaires et une place financière internationale. Ce même système financier qu'on voit à l'œuvre en Grèce et qui fera crever tous les pays d'Europe les uns après les autres, l'Allemagne en dernier.

      D'un point de vue féministe, je dirais qu'elle ne fut rien d'autre qu'une auxiliaire du pouvoir économique masculin qui domine la planète (avec le succès qu'on sait dans l'épuisement des ressources énergétiques et minières non-infinies, les guerres pour mettre la main dessus à l'origine des mouvements migratoires auxquels ont se retrouvent à devoir faire face, l'empoisonnement généralisé de la planète qui nous font respirer, boire et manger des poisons).

      La norvégienne Gro Harlem Brundtland, par exemple, me parait infiniment plus respectable et digne d'estime qu'une brute épaisse et inculte enveloppée dans un bas de soie et un tailleur bleu-marine qu'était la Thatcher.

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  10. si si, mais je n'ai pas autant de temps disponible que vous pour réagir au quart de tour.
    et le sujet n'est pas pour moi de faire, ou pas, son apologie.

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    1. Néanmoins, je vois que vous l'avez fait…

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  11. "Grâce à elle, des milliers d'Anglais ont fui en France, et en Europe, ont essayé de coloniser des stations de ski entières" écrit-on dans ce blog de qualité. Je ne connais pas assez les stations de ski pour savoir si ces milliers de fuyards ont réussi à se maintenir dans ces territoires occupés, grâce à Madame Thatcher. Si oui, voilà une explication aux dramatiques collisions sur les pistes noires: ces crétins de rosbeefs qui font bouillir nos chamois et marmottes skient à gauche.

    Et on me reproche mon racisme anti-anglais !

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    1. J'ai failli la mettre chez les Modernœuds, cette phrase !

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  12. Ce que vous êtes sexiste, tout de même... Alors qu'il y a une bonne moitié de vos citations qui provient de la gent féminine, votre intitulé de rubrique semble bouder les
    femmes. Au nom de tou-s-tes les modernœu-ds-ses, je demande la parité !

    Modernœu-ds-ses !



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    1. "You're my heart! You're my soul"

      Modern talking.

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  13. Je ne savais pas que Margaret Thatcher était une femme.

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  14. Je salue avec admiration et enthousiasme le brillant texte que vous écrivez sur Madame Thatcher.
    Bien à vous.

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