jeudi 25 avril 2013

La grave question de l'aménagement du territoire



À Nicolas J., grand bâtisseur virtuel.

Le dédicataire de ce billet a raison de chercher à nous alerter tous sur cette épineuse et fondamentale question : rien n'engage plus l'avenir, le nôtre mais aussi celui de nos enfants (enfin : surtout des vôtres…) que le visage que nous allons donner à la France. À ce propos, je dois faire mon mea culpa : lorsqu'il a été question de réaménager le carrefour de la mairie, au Plessis-Hébert, inconscient des enjeux je ne m'en suis pas mêlé. Or, à présent, il est trop tard, les trente ans qui viennent sont engagés, on ne pourra plus modifier la courbure du double virage et les gens continueront de mordre du pneu arrière sur la légère avancée de trottoir plat qui a été dessinée là. 

Même chose pour la rénovation de la rue de l'Église, dans le cadre du projet Le Grand Plessis – un futur à nos portes. Pourquoi, diable, ce lampadaire de mon côté de la clôture mitoyenne et pas de celui du voisin ? Rien de tout cela n'a été pensé ! Et ce trottoir goudronné qui s'arrête juste à la limite de mes terres, pour faire place à une minable bande herbue fort discriminatoire ? On aurait voulu me pousser dans l'opposition, faire le lit de tous les extrémismes, qu'on ne s'y serait pas pris autrement ! Et je préfère ne rien dire des travaux d'agrandissement de la déchetterie du SICTOM, car je risquerais tout à la fois la poursuite pour injures et l'apoplexie sans retour.

Avant d'aller me plonger la tête dans le bac de récupération des eaux de pluie pour tenter de me calmer, je signale aussi que, lorsque nous sommes arrivés dans cette riante commune, les habitants citoyens disposaient, en bordure du terrain de foot, de deux containers à bouteilles. Or, probablement dans un souci d'économie assez méprisable, on nous en a cyniquement retiré un : est-ce comme cela que l'on compte affronter les grands défi de ce XXIe siècle balbutiant ? Ah ! il n'est pas riant, l'avenir de la France ! Et on n'a pas fini de payer les conséquences de politiques à courte vue, je vous le dis !

22 commentaires:

  1. Néanmoins ça va !
    Je vois que votre situation est grave mais pas désespérée !

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    1. Non, c'est l'inverse : désespérée mais pas grave…

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  2. Je suis un défdicataire, moi, maintenant ? C'est une promotion ?

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    1. Comme vous n'êtes dédicataire que sur ce blog, la promotion reste fort modeste.

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  3. Ici, c'est, aussi incroyable que cela puisse paraître, encore pire : aucune décision ne semble avoir été prise pour faire face aux défis du XXIe siècle. On a bien mis des bordures de trottoir au carrefour de l'Insinière (bien qu'il n'y existe pas plus de trottoirs que de passants), on a bien redécoré la salle des fêtes l'an dernier mais à part ça ? Nos impôts locaux demeurent ridiculement bas. Quelle honte !

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    1. Je propose que nous lancions un printemps normand, rien qu'à nous deux.

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  4. C'est que tous les Nicolas J. ont une vision particulière de l'aménagement du territoire. Les locaux sont trop cons pour savoir ce qui est bon pour eux. Le département, la région et l'Etat doivent donc leur imposer de merveilleux aménagements qui feront de leur quotidien à venir un long fleuve tranquille. Qu'importe s'ils rompent ainsi une longue tradition de subsidiarité, principe éclairé de droit et de bonne gestion.
    De toute manière, ça fait partie de ces vieilles lunes que la tabula rasa, qu'ils ont érigé en saint principe laïc et républicain, rangera dans les placards poussiéreux d'une histoire qu'il faut de toute façon oublier. Après tout, les nouveaux français y pigent que pouic. Leurs papiers leurs suffisent, pourquoi s'emmerderaient-ils à assimiler des machins dont la socialie généreuse se branle ?

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    1. Moi, tant qu'ils s'amusent avec leur “Grand Paris”, je m'en tamponne allègrement le coquillard.

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    2. Koltchak, mon pauvre ami, non seulement vous faites un mauvais porte parole des Nicolas J mais en plus vous ne comprenez rien, visiblement, puisque la décentralisation vise justement à redonner du pouvoir aux locaux...

      On ne rompt pas avec une longue tradition de subsidiarité : c'est exactement le contraire.

      Cela étant, si vous ne voulez plus que les départements construise et entretienne des routes, faites nous le savoir.

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    3. Euh, chez Nicolas J., justement, les locaux ont été consultés parait-il, sur l'aménagement de la place de la Comète et alentours; je trouve la résultat plutot moche, avoir à sprinter entre potelets, poubelles, vélos sur la piste cyclable et pins parasols pour attraper un bus, ce n'est pas très pratique; mais s'ils sont contents tant mieux

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    4. Commentaire ridicule : les trottoirs sont très larges et il y a largement de la place pour tout ça dont une piste cyclable. On pourrait virer les poubelles pour permettre aux gens de foutre leurs ordures par terre.

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    5. il faut bien le traverse ce trottoir pour atteindre l'arret, et mettre les poubelles à coté c'est franchement idiot ; je ne vais pas me disputer avec vous sur le blog de Didier ce n'est pas correct

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    6. Mais si. Il aime bien.

      Quel arrêt ? Il n'y a pas d'arrêt de bus place de la Comète.

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    7. Concernant les départements et leurs staffs pharaoniques d'ingénieurs subdivisionnaires chargés de penser l'infrastructure routière, il y aurait beaucoup à dire. Entre les villages traversés par des routes à grande circulation, obligeant les gamins à faire du slalom entre les semi-remorques pour aller à l'école, les rocades inutilisables par les dits poids-lourds pour cause de mauvais calcul du gabarit, etc. Le tout avec le pognon des administrés, je me dis que les communes devraient effectivement pouvoir disposer des outils pour s'opposer à ces conneries. Le pire, c'est qu'il ne se passe pas d'année sans qu'une de ces "perles" arrive.

      Quant à la décentralisation, elle a visiblement été pensée pour permettre à des hobereaux de partis de se tailler des fiefs. On ne compte plus les caciques députés et présidents de CG ou de CR, qui parfois, trop, cumulent aussi la présidence de la fédé régionale de leur parti. Les collectivités locales ont-elles toute latitude pour fixer leur fiscalité ? Non. Ont-elles une réelle capacité à légiférer ? Non

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    8. Kolt, vous confondez... La décentralisation de l'entretien des routes date d'une dizaine d'année (la décentralisation de Raffarin). Avant, les routes étaient entièrement décidées "par Paris" et donc des fonctionnaires des DDE. Maintenant, les élus ont repris le dessus mais ça ne se fait évidemment que progressivement.

      Par exemple, la Place de la Comète dont parle Athéna est un lieu parfaitement agréable, conçu avec les élus des échelons concernés, et n'a rien à voir avec l'espère de Nationale que nous avions avant (que Didier connaissais mais il ne vient plus pour des raisons inavouables).

      Quant à la capacité des collectivités locales, heureusement qu'elles n'ont pas la capacité à légiférer : les lois sont des machins de la République (ou de l'ex royauté, on s'en fout, ce sont des trucs de l'Etat).

      Nous en sommes à l'acte III de la décentralisation. Il y a eu le premier en 82, le deuxième avec Raffarin, le troisième maintenant et tout vise (la loi de la République, donc) à rendre le pouvoir de décision plus près des citoyens. Tout ne se fera pas en trois jours, il y a beaucoup de réticences mais ça se fait.

      Par exemple, le département 69 va quasiment disparaitre parce que les élus locaux ont constaté que la Communauté Urbaine de Lyon prend la quasi totalité du territoire. Ce sont bien les élus locaux qui ont fait bouger l'Etat.

      Mais vous aimez bien gueuler pour le principe en confondant les Direction Départementales des services de l'Etat avec les machins des Conseils généraux.

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  5. La lecture de billet fut terrible car elle collusionna opportunément mon quotidien citoyen.
    Même chez moi, dans ma campagne préservée, j'ai eu droit aux "ambassadeurs du tri".
    Ils m'ont enlevé ma grande poubelle et l'ont remplacée par trois conteneurs plus petits. Celui des ordures ménagères ne serait plus vidé que tous les quinze jours; et encore si je le sortais. Si je ne le sortais pas, je paierais moins. Combien en moins ? Ah ben on sait pas encore, mais moins. Les recyclables seront recyclés tous les lundis, et les déchets organiques... J'ai décliné l'offre de ramassage des déchets organiques. Ils se désorganisent très bien dans le poulailler . Oui, mais c'est gratuit, on vous met quand même le bac. Non, merci, je ne l'utiliserai pas. On vous le met, vous n'êtes pas obligée de le sortir, de toute façon vous paierez le même prix.
    Les ambassadeurs du tri étaient vêtus de gris avec des bandes fluos partout. Il y en avait un qui parlait et distribuait les calendriers de ramassage, l'autre qui mettait les mains dans la poubelle et triait vos déchets devant vous. La honte. S'il y avait eu des enfants présents, j'aurais rentabilisé le temps investi à la célébration de mon devoir citoyen en leur démontrant qu'il vaut mieux avoir un bac pro environnement durable qu'un contrat communal de retour à l'emploi pour zérodiplomés en mal d'insertion.

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    1. Ambassadeur du tri : voilà un métier qui aurait été à la hauteur de mon génie ! Hélas, ça n'existait pas quand je suis entré dans la vie dite active…

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    2. Suzanne, vos employés ont l'air des zorglhommes imaginés par Franquin

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    3. J'ose espérer que c'est du plastique Français..
      Hier j'ai croisé des enquêteurs de circulation. J'ignorais totalement l'existence de cette profession.
      Pareil, gilets jaunes fluos, et 3 enquêteurs postés à chaque feu rouge.

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  6. Vous auriez vu ce rassemblement citoyen, immense, dans mon patelin : nous venions chercher nos nouvelles poubelles "sélectives" ....

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  7. C'est quand même fameux. Les mecs nous créent un bordel monstre, et ensuite nous demandent de payer pour corriger ce bordel.
    La République est magique!

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  8. Bon, les locaux sont quelquefois aussi autistes que leurs collègues fonctionnaires.
    Dernier exemple, sur la commune il s'agissait de protéger "l'abri-car" sous lequel des ados frétillants se faisaient des bisous, jamais bien longtemps pour cause de voitures les rasant à trois centimètres.
    Donc la municipalité à fait appel au centre d'étude de la DDE pour cogiter. La solution retenue fut de rétrécir la voie de circulation à cet endroit en créant un trottoir (sur quelques mètres) en remplacement de la bande enherbée sur laquelle les véhicules empiétaient quand il s'agit de croiser un autre véhicule.
    Problème: l'entonnoir ainsi créé engendre un danger, les autos ayant la fâcheuse tendance à se doubler à cet endroit: évidemment, désormais ça coince. Ca coince aussi en se croisant, évidemment. Je précise qu'il s'agit d'une route "principale".
    Je témoigne du problème "à la maire". Celle-ci répond "Ha bon, vous savez de nos bureaux on ne peut pas voir tout".
    Puis m'explique ensuite qu'il eut été impossible de reculer l'abri car le riverain n'a pas voulu céder les deux mètres nécessaires. Ce qui est faux, puisqu'ils n'ont interrogé qu'un seul riverain (plus loin) sans interroger le propriétaire du champ situé juste derrière l'abri-bus.
    De plus, la mairie peut toujours réquisitionner un ou deux mètres en bordure de voirie pour des raisons de sécurité.
    Donc je menace le maire: s'il y a un accident m'impliquant, je porterai plainte pour non signalement de rétrecissement de la chaussée.
    La maire a donc décider de demander à l'ingénieur une nouvelle étude, c'est-à-dire à l'abruti de se déjuger.
    Nous en sommes là.

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