vendredi 22 juillet 2011

La télévision selon Modernœud : le docu-fiction



C'est venu subrepticement, il y a quelques années. Dans la France d'avant, lorsque la télévision programmait un documentaire sur, mettons, l'affrontement de Louis XI et de Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, ou bien sur les bâtisseurs de Notre-Dame de Chartres, on voyait des vues de la Bourgogne, des plans de Notre-Dame, des champs de bataille désertés depuis cinq siècles, des gargouilles et des carrières de pierre – et surtout des plans fixes (en général sur fond de bibliothèques bien fournies en riches reliures) sur des trognes d'agrégés mâles et femelles, tout frétillants qu'on les interroge sur la question à laquelle ils consacraient leur existence professionnelle, et plus si affinités.

Tout cela est terminé. Un beau jour (ou peut-être uuuune nuit…), les responsables des diverses chaînes proposées à notre convoitise se sont avisés qu'il s'adressaient à des cons festifs (que l'on orthografiera désormais : confestifs – création libre de droits, comme toujours) et qu'il convenait de descendre de trois ou quatre marches si on ne voulait pas les perdre. Car perdre Confestif, quand on est une chaîne de télévision, est ce qui peut arriver de plus terrifiant. Ils ont donc inventé cet hybride, glaçant ou burlesque selon votre humeur du moment : le docu-fiction. Je ne vais pas perdre de temps à vous expliquer ce qu'est un docu-fiction : vous en avez tous vu, par malheur, au moins une fois dans votre existence de téléspectateur passif. Pour faire bref, il s'agit d'un documentaire “à l'ancienne” où l'on a remplacé le discours d'un professeur d'université par le commentaire dramatisé d'un intermitttent du spectacle, sur le fond d'une musique envahissante et excessivement violoneuse dont la surenchère expressive ferait dégueuler un rat baroque – le tout emballé avec des images d'autres intermittents costumés en tailleurs de pierre ou en archers du roi (douze au maximum et en plans serrés : il faut tenir les budgets), filmés d'une truelle tellement plâtreuse qu'elle ferait passer Josée Dayan pour John Ford.

Il n'est désormais plus possible de prétendre être instruit par la télévision sur un sujet ou un autre sans devoir passer par ces monstruosités. Bien entendu, si on ne croisait ces bouses que sur TF1, France 2 et quelques autres chaînes du même acabit, elles ne vaudraient même pas qu'on leur consacre un billet de blog. Seulement, il faut se résigner à n'y échapper pas non plus sur Arte (dont le statut admis de chaîne culturelle dit assez l'effondrement de notre monde et la prise de pouvoir absolue d'une bande de professeurs incultes sur ce qui fut, naguère, une civilisation), et pas davantage sur les différentes chaînes officiellement vouées à l'histoire qu'il peut m'arriver de regarder.

Et c'est là que les points d'interrogation surgissent. Car si le docu-fiction n'était que l'ultime étron moulé par les modernœuds de l'audiovisuel pour grapiller quelques sous avec des sujets peu populaires, on comprendrait. On n'admettrait pas forcément, mais on comprendrait. Or, ce qu'il me semble, c'est que le docu-fiction joue à qui perd perd. Il devient évident – si j'en juge par mes propres réactions et la bave qui me monte chaque fois aux lèvres – que ce type de… comment dire ? De produit ? Oui, disons cela : de produit. Donc il me semble évident que ce genre de produit ne peut qu'indisposer et chasser au loin les gens qui, au départ, étaient fort bien disposés envers les combats de Louis XI contre Charles le Téméraire ou l'érection de Notre-Dame de Chartres (ça marche également avec la culture du riz en étages dans la Moyenne Thaïlande du XVIe siècle, ou le déchiffrage de l'écriture sumérienne, ou un aperçu rapide sur la vie de Léonard de Vinci). Mais cela ne gagnera pas non plus les bas-du-front incurieux, qui se foutent de toutes ces choses, ne savent même pas où se trouvent les chaînes en question sur leur zapette, et ont de toute façon prévu de regarder sur TF1 le quatrième épisode de La Revanche des oliviers de l'amour, avec Cristiana Reali dans le rôle de l'amour-qui-pleure-mais-qui-va-gagner-à-la-fin et Gérard Depardieu dans celui de l'olivier-millénaire-si-solide-malgré-son-apparence-fragile.

Demeure donc la question, finalement assez angoissante tellement on ne lui trouve aucune réponse satisfaisante : à qui sont destinés ces putains vérolées de docu-fictions de merde fumante et molle, si je puis me permettre cette explosion de haine fécale et misogyne ?

J'attends vos avis…

50 commentaires:

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  2. Les anonymes seront désormais impitoyablement virés : faites passer.

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  3. Vanessa Taprendra22 juillet 2011 à 22:29

    Le but est simplement de noyer le poisson pour que d'autres docu-fictions sur certains épisodes des HLPSDNH ne soient pas remis en question.
    Hors-sujet: les autorisations de pastis semblent avoir un effet sur votre lyrisme, mais je m'en voudrais de vous encourager, je sais que c'est mal.

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  4. J'en sais rien mais je vais changer le sous-titre de mon blog.

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  5. Rendez nous les Rois Maudiiiits!!!

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  6. Didier : Tournez votre télé, car derrière, c'est bien plus vrai. (Merci Boris) L'Occident se réveillera (peut-être) quand il comprendra (ils comprendront) que l'Histoire est entre ses jambes. On la fait ou pas. Faut savoir vivre comme il faut savoir crever. Je dis ça comme ça.
    Rompez.

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  7. Cela étant, "confestifs", j'adore !
    Rompez.

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  8. Je m'ennuie devant les documentaires fictions. Etant donné que je n'allume la télé que pour me divertir (c'est à dire rarement), je ne regarde pas ces émissions.

    En revanche, excellent reportage hier dans "faut pas rêver", sur la Polynésie... loin des images cliché qu'inspire cette région du globe.
    Et surtout, semaine dernière, avant "Aîda" en direct du théatre d'Orange...un documentaire sur les pharaons exceptionnel !

    Il me semble Didier, qu'il en faut pour tous les goûts. Les gens sont friands de costumes, mascarades, sans tenir compte de la réalité de l'histoire, sans faire de recherches une fois leur téléviseur éteint.

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  9. Très bon billet !
    Je le dis puisque personne encore ne l'a dit.
    Je recommande à tous les confestifs une série qui passe actuellement sur Arte et qui s'appelle "Rome".
    En plus de tous les avantages dont parle Didier : les intermittents costumés, la musique assourdissante etc, on ne comprend rien à l'histoire.
    L'avantage c'est qu'on a tôt fait d'être endormi, et ça, ça n'a pas de prix !

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  10. Mildred signale le cas de "Rome" sur Arte : c'est pas mal, quoique ...
    L'image de synthèse est pratique pour la duplication à l'excès des personnages, surtout dans le but de constituer d'énormes armées.
    Par ailleurs, l'usage du latin et du grec évite les surcoût de doublage.

    Enfin, le terme "étron" m'indispose.
    Ayant utilisé le vocable "estron" pendant ma jeunesse, j'ai longtemps cru qu’étron était la prononciation "parisienne" du terme d'origine.
    Je suis donc allé sur Wiki qui m'a affirmé que le premier est bon et le mien désuet.
    Décidément,Paris pilote la France sans vergogne : exemple déjeuner (rompre le jeune : en anglais Break Fast) et dîner (le soir).

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  11. Ilme semble, mais je peux me tromper, que l'expression docu-fiction est antinomique en soi, non ? Une antinomie devenue par la grâce de Confestif un oxymore. magique !

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  12. tachons d'être précis:
    Rome est une série historique (à l'instar des Rois Maudits) l'équivalent de ce qu'à pu être le film historique (le péplum par ex) ou le roman historique. Ajoutons aussi dans une série comme Rome, la volonté d'un certain réalisme. (je ne me prononce pas sur la qualité de cette série).
    Le docu-fiction est mélange (assez grotesque il faut bien l'avouer) d'une partie strictement documentaire et de reconstitution historique qui vient illustrer la première partie. La chose est effectivement assez monstrueuse d'autant que la partie illustrative se signale par une laideur sans-nom qui vient parasiter la partie documentaire et lui enlever sa part de sérieux.
    On peut, me semble-t-il, distinguer une troisième catégorie qui est celle de la reconstitution historique, genre qui n'est plus en vogue et dont le fleuron a peut-être été "La caméra explore le temps" (ah époque heureuse où le PCF était encore le PCF et où L'ORTF contrôlé par les Stals diffusait les Perses le soir à huit heures et demi !)

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  13. P/Z : vous avez raison de souligner que “Rome” n'est pas un docu-fiction (ne l'ayant jamais regardé, j'avais préféré me taire…).

    Pour ce qui est des Perses en “primTim”, Renaud Camus fait observer, dans un volume du journal peut-être, ou bien dans La Dictature de la petite bourgeoisie, que ce genre de choses étaient alors possible, dans la mesure où les postes de télévision coûtaient fort chère et n'étaient donc accessibles (pour généraliser un peu hâtivement) qu'aux gens aisés, donc à la bourgeoisie, réputée par lui plus cultivée que la petite bourgeoisie et, bien entendu, que les ouvriers ou les paysans. D'où Eschyle…

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  14. Pas relu, ce commentaire bourré de fautes, gros imbécile !

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  15. Didier,
    L'explication sociologique donnée par R.Camus ne me semble pas tout expliquer. Il y avait au sein du PCF et d'une certaine partie de l'ORTF (Lorenzi, Prat etc...) l'idée, pour reprendre l'expression de Vitez, d'une culture élitaire pour tous. L'expression peut sembler contradictoire, utopique mais elle a animé un certain nombre d'esprits dans les années 70 avant de se fracasser contre l'idée de culture de masse. Pour répondre à votre question, "La caméra explore le temps" s'adressait à tous, les docu-fictions à la masse.

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  16. Je me souviens très bien de mes parents regardant La Caméra explore le temps. Mais pas plus car, moi, je devais être au lit à huit heures et il n'était pas question de dérogation : les parents étaient de sacrés fascistes nauséabonds, à cette époque…

    Ah, si, je me souviens d'une série de quatre dérogations, pour regarder Illusions perdues – mais on a déjà parlé de ça, je crois bien.

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  17. P'têt ben que votre Renaud Camus a raison, mais p'têt ben qu'il a tort !
    Le premier poste en couleurs que mon mari a vu fonctionner c'était dans une cité de l'Abbé Pierre, chez un malade qui payait la visite "au papier", bien avant que nous n'en ayons un, nous-mêmes.

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  18. Je ne suis pas anonyme23 juillet 2011 à 12:10

    On ne sait pas pourquoi la bave vous monte aux lèvres...
    -C'est mal joué
    -inexact historiquement (la faute aux profs incultes qui n'ont pas votre savoir universitaire de haut vol sur le moyen age dans la région d'évreux au temps des capétiens)
    -autre

    Bref, vous n'aimez pas mais on ne saura pas les raisons, ce qui affaiblit un peu vos propos. Juste envie de vomir sur une chaine publique, c'est de bon ton.

    Rassurez vous avec la matraque qu'on va se prendre pour garder notre AAA, ça va tailler sec dans ce genre de dépense.

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  19. Bonjour. J'ai la solution. Si. Pour cela, vous avez besoin d'une télévision (à tube ou plasma ou ce que vous voulez...), d'une fenêtre ayant une largeur et une hauteur dépassant de peu ou de beaucoup la dite télévision, et d'une dalle de ciment ou de goudron ou autre chose (mais du solide hein ?) situé en-dessous de cette ouverture.
    Alors. Vous débranchez soigneusement l'objet terrible de toutes sources électriques (inutile de dégrader l'habitat pour si peu...) et de toutes sources 'ondiennes', genre fréquences Hertziennes, satellites, TNT ou je ne sais quoi (pas vraiment à la page en fait...). Puis vous amenez l'appareil vers la fenêtre élue. Vous déposez l’abscons. Ensuite, vous ouvrez la solution (en ayant, si c'est le cas, relevé le volet roulant...-pas de casse !-). Vous posez alors l’inimaginable sur le rebord en prenant soin de maintenir un barycentre subtile et en équilibre (Cf : cours de troisième d'il y a 20 ans...). Vous prenez ainsi un air satisfait comme Patton lorsqu'il baisa Rommel lors d'une attaque de char dans un désert africain à une époque révolue et..., d'un doigt subtil et décidé, vous poussez la machine vers le vide (Ah oui, votre fenêtre doit se situer à au moins deux étages ou 4 à 5 mètres..., sinon on rigole moins...). Et alors, vous assistez à l'éclatement de toute une 'culture' niaise et stérile, nullement imposée car voulue, et vous vous séparez enfin d'un instrument inutile. Ainsi, vous n'avez plus à regarder des insanités bondées d'intermittents débiles et abrutis, et en plus, vous allez redécouvrir les joies de vous ennuyer profondément. Et ça, c'est génial ! Si.

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  20. En tous cas sur la photo on sent que chabal est bien a l'aise dans ces costumes de Thierry la fronde. C'est l'épisode ou cette gueuse de tante mahaux a encore fait une chique au dauphin ?

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  21. C'est très bien, Rome. J'ai vu les deux saisons, et je me suis régalée, sans rire. (Et pourtant j'ai fait jadis du latin, lu Cicéron et les Commentaires du grand Jules. Et puis Alix l'Intrépide. Alors hein, camembert, ceusses qui.)
    Les docu-fictions, en revanche, beurk, ça oui.

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  22. Oh, c'est sûrement très bien... comme Troie avec Brad Pitt.. Le seul problème c'est que c'est sûrement faux a plus de 50% Faire de Patrocle le cousin post pubère d' Achille... Et de celui ci un hetero dingo de sa nymphe c'est quand même passer à côté de l'Iliade... Et je dis rien des Myrmydons..

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  23. Je me demandais de quoi vous parliez, et puis un effort de mémoire m'a rappelé un machin vu sur Arte, sur la préhistoire je crois, d'origine allemande, il y a quelques années. Il doit y avoir de quoi devenir enragé quand un sujet vous intéresse… J'ai mieux connu l'ancienne télé, qui avait de meilleurs budgets, mais aussi des gens totalement différents pour la faire. Comment dire? Ils donnaient souvent l'impression de pouvoir passer de l'écran à la vie culturelle traditionnelle sans effort, voire d'en provenir. C'est terminé. Depuis qu'il a été décidé que la multiplication infinie des chaînes est un progrès, les nouveaux acteurs semblent avoir assimilé dès l'école primaire les lois de l'audimat et fait de la culture "peuple" (rien à voir avec la culture populaire qui grappillait ce qu'elle pouvait de l'autre pour se distraire et quelquefois s'élever) leur véritable nourriture, au propre et au figuré.
    Zut, une interruption et je ne sais plus ce que je voulais dire… Tant pis.

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  24. Je crois que Sophie K a raison.
    Si je ne comprends pas grand chose à "Rome" c'est qu'en fait - pourquoi le nier - je fais partie de ces foutus confestifs.
    La preuve : hier au soir je me suis délectée à suivre les aventures d'un roi fou, de son médecin et de la reine du Danemark, sur Arte.
    Cette histoire palpitante se passe entre 1769 et 1772.
    Bizarrement sur Wikipedia l'histoire du Danemark saute de 1733 à 1807.
    Alors vive las docu-fictions, quand ils sont bien faits !

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  25. A toutes fins utiles : séance de rattrapage cet après midi sur Arte à 14h45.

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  26. Ah non, Geargies, "Troie" était un gros gâteau hollywoodien sans intérêt.
    "Rome", c'est franchement plutôt bien fait, tradition anglaise, comédiens de qualité, avec un travail de recherche historique poussé - ne serait-ce que sur la vie dans les ruelles de Rome. Et pour tous ceux qui ne savent pas vraiment comment César a pu prendre le pouvoir et faire disparaître la république, c'est vraiment intéressant.
    Maintenant, côté fiction, on peut ne pas apprécier les histoires romancées secondaires, très "peplum" - mais moi j'ai bien aimé.

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  27. Mildred : il faut dire que pour avoir pris, à sa première diffusion sur C+, la série en marche, j'avais eu aussi du mal à piger l'histoire romancée, haha ! :0)

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  28. Avant d'être viré, je voulais vous signaler que samedi dernier, Arte a relaté un épisode fort intéressant de l'histoire danoise "Copenhague au siècle des Lumières", sous un mode que je qualifierais de mixte.
    Deux tiers sous le mode docu-fiction (Acteurs, costumes, chevaux et baldaquins etc...) et un tiers sous forme "émission savante" avec force historiens et historiennes et archivistes.
    Finalement, on a un peu de mal à s'y mettre mais ce mélange rend à la fois plus digeste l'érudition savante des uns et la reconstitution fictive des autres.

    Voilà, vous pouvez effacer

    DUGA

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  29. Sophie K,
    Ce que vous dites est fort possible car, effectivement je ne regarde cette série qu'épisodiquement.
    De plus d'une semaine sur l'autre j'oublie qui sont les personnages, surtout les personnages féminins.
    Je ne me souviens jamais de qui est la femme de qui, et ainsi de suite.
    En revanche, j'aimerais bien que vous puissiez regarder le documentaire dont parle Anonyme.
    C'est celui dont j'ai parlé moi-même, aussi.
    Ils devaient le repasser cet après midi, mais en dernière minute ils l'ont annulé pour décider de le reprogrammer le 5 août à 10 heures du matin !!!
    J'aimerais beaucoup savoir ce que vous pourriez en penser, parce que pour ma part je l'ai trouvé passionnant, d'un bout à l'autre,
    et extrêmement bien fait.

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  30. Mildred : si j'arrive à m'en souvenir - j'ai la mémoire qui flanche assez souvent, et ma télé sert peu en ce moment - je vais essayer... :0)

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  31. Sophie K,
    C'est vraiment très sympa !
    Je suis presque sûre que vous ne le regretterez pas.

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  32. En même temps, je crois quand même qu'on peut nuancer, pour le docu-fiction. Il y a quand même de très bonnes choses, tout ça dépend du talent des réalisateurs et de leurs moyens. L'autre truc, c'est que quand on réalise un documentaire sur le passé, on ne peut pas ne filmer que des érudits, des cartes, des pages de grimoires et des vases ébréchés, sous peine de faire fuir un paquet de monde...

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  33. "Il devient évident – si j'en juge par mes propres réactions et la bave qui me monte chaque fois aux lèvres"

    Dites donc, vous êtes un sensible, vous !

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  34. Sophie K,
    C'est tout à fait ce que vous dites. Dans les docu-fiction, comme dans tout, il y a du bon et du moins bon, et du carrément mauvais.
    Ce qui en fait l'intérêt, quand ils sont bons, c'est lorsqu'ils traitent de sujets qu'on ignore complètement.
    C'est le cas de ce docu-fiction qui traite de l'histoire du Danemark dont je ne connais rien.

    P.S. N'avez-vous pas l'impression que ce Norvégien les a tous rendus fous ?

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  35. J'arrive en retard, désolée, j'étais en vacances chez papamaman.


    Alors d'abord merci pour la dédicace !

    Ensuite, commençons par examiner le phénomène. Certains ont parlé de Rome ou de Troie pour dire qu'il y a des docus-fictions plutôt réussis. En l'occurence, Rome et TRoie sont des fictions très réussies mais pas des docus.

    Le docu fiction, comme cela a été dit, est une sorte de reconstitution avec souvent une voix-off qui donne des indications.

    En général, le docu fiction est très prisé des professeurs d'histoire géographie, car tout cours d'histoire géographie est fondé sur une chose : raconter des histoire aux élèves. (non mais vous croyez vraiment qu'on fait ce que dit le ministère, à savoir que toute connaissance est fondé sur une enquête personnelle ? bien sûr que non, on raconte des trucs à nos élèves et c'est déjà bien).

    Autre intérêt du docu fiction pour les profs d'histoire géo : permettre aux élèves de s'imaginer, en "3D", ce qu'a pu être la vie à telle époque. Leur faire prendre conscience que la photo de la vitrine du musée machin où l'on voit une épée médiévale, c'est pas juste de la déco : de vraies gens s'en sont servi.
    L'image animée (la télé, quoi) est très efficace pour cela.

    Enfin, le (bon) docu fiction permet aux enfants d'éprouver un peu d'empathie, et ça c'est aussi une des bases du cours d'histoire : faut un peu les faire chialer (ou alors les faire rire, mais c'est moins efficace) si vous voulez qu'ils retiennent quelque chose.

    Notez dans mon dernier paragraphe que j'indique qu'il y a des bos docus fictions, ce qui sous entend qu'il y en a des mauvais - oui, oui.

    Si vous en voulez un bon, par exemple, il y a celui sur les derniers jours de Pompéi, un machin qui a été diffusé pour la première fois quand j'étais en classe prépa, donc genre en 2005. C'est plutôt très réussi dans le genre, avec de vraies données scientifiques et un vrai sens de la mise en scène.

    Pour reconnaître le mauvais docu fiction, c'est facile : il y a des braseros dehors quelle que soit la saison - faut dire qu'ils étaient cons, avant, ils chauffaient l'air de dehors.

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  36. Artémise : en effet, je n'avais pas envisagé l'affaire sous son angle purement scolaire !

    Il reste que je me souviens fort bien qu'étant enfant je me suis passionné pour l'histoire SANS l'aide du moindre docu-fiction. Mais bon…

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  37. Mildred : Si. D'ailleurs, c'est un peu inquiétant, je trouve.

    Artémise : J'ai pas dit que "Rome" était un docu-fiction. Je l'ai même pas pensé. Et "Troie", c'est pas bien.
    Les Inconnus avaient fait un sketch très très drôle sur les docu-fictions à l'ancienne, faits avec trois bouts de ficelle et quatre figurants qui tournent en courant autour de la caméra (ou des braseros) pour faire une armée...

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  38. Didier : est-ce qu'au moins vous avez lu, petit, "Les histoires de l'Oncle Paul", mmh ?

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  39. Je l'ai retrouvée, la parodie de feuilleton historique des Inconnus :
    http://www.youtube.com/watch?v=a7uOayuj3HQ

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  40. Et moi à la physique quantique au travers de la collection Que sais-je ?
    Pas une image. Et pour cause. Même aujourd'hui, on est incapable de photographier un photon.

    Vous comme moi, qui avons un certain age (surtout moi) , étions habitués à nous intéresser aux choses au travers des textes et quasi uniquement cela. Quand au milieu d'un livre, nous découvrions une ou deux images en noir et blanc, c'était l'extase. Et en couleur, je vous dis pas.

    Duga

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  41. Sophie K :

    Mais non, justement, les Inconnus font une parodie de FILM historique, pas de docu fiction : ce n'est pas un docu sur le moyen âge, mais une sorte de sous Thierry la Fronde

    (et moi, j'aime bien Troie, il y a un côté déconnant qui va bien à l'Iliade - oui oui, je l'ai lue en entier, j'ai un père prof de grec, alors pensez, l'Iliade, je la connais bien).


    Didier,

    Ah mais je suis bien d'accord, on peut très bien s'en passer ! mais de temps à autres, on peut s'accorder des compromissions avec le monde moderne, et trouver du bon à la télé.
    Je crois que le docu fiction a remplacé Ivanhoé, Thierry la Fronde et les Rois Maudits, par souci de coller un peu plus à la recherche et à la vérité historique, mais le but reste le même : montrer aux petits enfants comment c'était.

    Le docu fiction, c'est le Puy du Fou sans sortir de chez vous, si vous voulez. C'est kitsch, mais ça plait.

    à Noël dernier, justement, je suis tombée sur le docu fiction sur les derniers jours de Pompéi, avec l'Epoux qui n'y connaît pas grand chose (moi ça va, c'est le genre de trucs qu'on connaît bien chez les enfants d'agrégés de lettres classique). Il a appris et retenu des tas de trucs sur l'histoire de ces heures tragiques, ça lui a bien plu.

    Et quand on est professeur (on est professeur même de son entourage, vous savez - et ça doit d'ailleurs être très énervant pour l'entourage en question), la maxime de base, c'est "qu'importe le flacon, pourvu qu'ils retiennent".

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  42. Voui, Artémise, j'ai corrigé. Cervelle sauce blanche, c'est l'été, scusi. :0)

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  43. La vidéo des Inconnus.

    Ah ! Abdallah de Bourgogne ! Quel délice ! Je crois que je vais mettre la vidéo en ligne, tiens.

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  44. Artémise, vous devez avoir raison. Mais pourquoi passer en boucle ce genre de sous-produits sur des chaînes spécialisées dans l'histoire ou des chaînes “culturelles”, c'est-à-dire s'adressant a priori à des gens qui non seulement pourraient se passer de cette scénarisation bébête mais qui, en plus, sont fortement horripilés par elle ?

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  45. Sinon, Sophie K, j'ai assez peu pratiqué Oncle Paul, je dois dire.

    Chapeau bas, garçons : c'était des hommes !

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  46. Merci Didier, je ne sais toujours pas faire les liens ici.

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  47. Didier : :0) Alors "Tout l'Univers", peut-être ?

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  48. Sophie,

    vous avez bien fait de nous redonner le lien. Il y a aussi celui sur Thierry la Fronde qui est excellent
    http://www.youtube.com/watch?v=vPCkrV5N5E8

    Didier,
    Parce que n'est pas très cher, j'imagine. En tout cas beaucoup moins qu'un vrai documentaire où il faut filmer des lieux, aller voir des spécialistes, écrire un vrai texte avec des vrais morceaux scientifiques dedans...
    un mauvais docu fiction, c'est facile et bon marché : des costumes cheap, quelques décors, des comédiens ratés et le tour est joué.

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  50. moué , j'adorrrre les docu fictions
    les ceusses d'arte sont vraiment épastrouillants
    et si vous vous cognez "rome" vous voyez de quoi je veux parler
    leurs acteurs sont tout ce qu'il y a de crédibles ( une cléopatre mince comme un fil avec un visage émacié de marathonienne ....), leurs visions de la foule et de la populace avec animation numérique , j'ose même pas en causer
    bref
    du pur bonheur avec rires garantis
    ce qui est , en somme , le but recherché ; rendre captif le spectateur

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