mardi 26 juillet 2011

L'Unicef invente la famine “light” – et l'Afrique se sent tout de suite mieux

J'ai commencé par mettre la phrase chez les modernœuds. Puis, m'avisant que, si on passait en mode cynique, on pouvait en faire un petit billet “raccord” avec mon jambon-purée d'hier soir – donc je m'exécute.

C'est chez Nicolas que j'ai trouvé la perle en question : l'Unicef prétend nous alerter à propos de la crise nutritionnelle qui sévit en moment dans la corne de l'Afrique. La crise nutritionnelle : pas la famine. Terminée, la famine. Ça fait terriblement vingtième siècle, la famine – limite passéiste. Pour l'Unicef, il faut crever de faim avec son temps, en musique pourrait-on dire. D'où cette merveilleuse et surgissante crise nutritionnelle. C'est beau, c'est propre, c'est une expression entièrement carrelée de blanc, on ne risque pas d'y choper des virus.

Il reste que je me demande si, dans l'optique qui est celle de l'Unicef – nous ratisser un peu de monnaie –, cette invention modernœuse ne serait pas un peu contre-productive. Parce qu'enfin, une famine, ça fout la trouille ; on pige que l'heure est grave, presque désespérée ; on imagine aussitôt de petits enfants squelettiques avec des bataillons de mouches aux coins des yeux ; du coup, le “public” met la main à la poche sans même y penser, emporté par un généreux élan cardiaque.

Mais une crise nutritionnelle ? Qui va bien arriver à s'émouvoir d'une crise nutritionnelle ? Une crise nutritionnelle, pour un Européen moyen, ce pourrait être à la rigueur une rupture de stock au rayon Nutella du Super U, et les gosses accrochés au chariot, braillant qu'ils veulent leur pâte de merde et qu'ils la veulent tout de suite. Oui, ça, ça ressemblerait vaguement à une crise nutritionnelle. Mais personne n'ira filer un rond pour la résoudre.

Par conséquent, si les fonctionnaires qui peuplent les couloirs feutrés de l'Unicef consentaient à être moins cons – ou à la rigueur des cons un peu moins flambloyants dans leur progressisme lexical –, ils reviendraient illico au terme désignant ce qu'ils prétendent combattre : famine.

Puisque, si j'ai bien compris, c'est malheureusement de cela qu'il s'agit.

32 commentaires:

  1. Hier, vous gaspilliez la purée, maintenant vous faites un billet à propos de la famine, c'est malin...

    RépondreSupprimer
  2. "Elle alla crier crise nutritionnelle
    Chez la fourmi sa voisine"
    Vous avez raison, ça le fait pas !

    RépondreSupprimer
  3. La terminologie anglo-saxonne, purée c'est dur à avaler.

    RépondreSupprimer
  4. La Somalie se meurt... Population plus que triplée en 50 ans, +47 % ces quinze dernières années...
    Il est évidemment urgent d'agir.
    http://tinyurl.com/3f9xb7c

    RépondreSupprimer
  5. Mais qu'est-ce que vous avez contre le Nutella (à part que ça fait grossir)?

    RépondreSupprimer
  6. Je prépare les sacs de riz......avec un petit ajout maison ils m’en diront des nouvelles!

    RépondreSupprimer
  7. ô comme j'ai ri.. patatata et patati ! .. On devrait leur envoyer des pilules contraceptives pour limiter les dégâts d'eaux ! Et par canadaire on sait jamais !

    RépondreSupprimer
  8. @Sand Z
    Et comment! Ça n'a pas de quoi manger mais ça continue à baiser...

    RépondreSupprimer
  9. @Orage
    Faut bien avaler quelque chose ! et on dit pas baiser c'est pas bien faut dire faire l'amour, un peu de morale tout de même !
    ..pour la foudre c'est sur commande ?

    RépondreSupprimer
  10. Didier,

    En fait, c'est une question de terminologie bête et méchante lié à des définitions utilisées en particulier en géographie.

    La famine, c'est quand il n'y a plus rien à bouffer, rien du tout. Genre récoltes bousillées par la pluie, etc.
    La "crise nutritionnelle" (qui porte d'autres noms, selon les écoles de géographie), c'est lié à une question de répartition des ressources, de marchés bloqués, de prix trop élevés pour que les gens puissent acheter à manger.

    Ce sont donc deux choses bien distinctes et qui n'appellent pas les mêmes réponses de la part de la communauté internationale et des ONG.

    Je n'y connais rien mais il semble que ce qui se passe en ce moment en Afrique relève plus de la crise que de la famine.

    Après, oui, ça fait un peu pinaillage. On est bien d'accord. Mais ça fait toujours plaisir aux géographes.

    RépondreSupprimer
  11. Ah, ben alors, si la crise nutritionnelle a été estampillée par les géographes, jdipurien

    RépondreSupprimer
  12. 3 ans sans une goutte de pluie dans certaines régions d'afrique !! Donc il n'y a plus rien à bouffer. Rien à voir avec le prix des soft commodities...

    RépondreSupprimer
  13. "Les Somaliens se jettent sur les routes pour fuir la mort qui fait des ravages ."

    C'est pas faux ...
    Les morts ne sont pas dut seulement à la famine , mais surtout à la mort , c'est elle qui est responsable de la plupart des décès .

    RépondreSupprimer
  14. Sur Atlantico.fr (mais quel nom, bon sang !), Sylvie Brunel, économiste et géographe, parle bel et bien de famine.

    RépondreSupprimer
  15. "La famine, c'est quand il n'y a plus rien à bouffer, rien du tout"

    Dans les différents reportages que j'ai vus (mais peut-être étaient-ils truqués ?...), c'était désertique au possible, plus le moindre brin d'herbe, des carcasses d'animaux en veux-tu en voilà. Les réfugiés interviewés disaient : plus rien à manger, presque plus rien à boire. Pour moi cela signifie : famine.
    Bon, maintenant, si ce n'est qu'une crise nutritionnelle, il suffit de le leur expliquer et je suis sûre qu'ils vont tout de suite se sentir mieux, non ?
    P.S. Une question : est-ce que "crise nutritionnelle" ne signifierait pas tout simplement que les Somaliens n'arrivent pas à manger 5 fruits et légumes par jour, comme on nous le recommande ad nauseam sous nos tropiques ?
    Je sais, je fais du mauvais esprit.
    Geneviève

    RépondreSupprimer
  16. Famine ou crise nutritionnelle. Le résultat est le même : la mort. On disserte, on glose, on polémique, on n'en a surtout rien à foutre, je crois...

    RépondreSupprimer
  17. à tous,

    Comme je le disais, je suis un peu à la ramasse sur l'info en ce moment donc j'expliquais juste les termes.

    MAIS Didier Goux cite Sylvie Brunel qui est une excellente référence dans ces questions de famine et de crise, or Sylvie Brnel parle de famine.

    Donc, l'Unicef se plante dans son interprétation des phénomènes. C'est pas la première fois.

    RépondreSupprimer
  18. Je confirme, je n'en ai pas grand chose à foutre...

    Mais je ne suis qu'un salaud, bien évidement, de ne pas m'inquieter du sort de gens que je ne connais pas et qui n'habitent même pas sur le même continent que moi alors même que nombre de mes compatriotes ont du mal à nourrir leurs enfants...

    RépondreSupprimer
  19. "l'Unicef prétend nous alerter à propos"
    Tiens, vous êtes un des derniers de la blogosphère à ne pas vous commettre dans l 'horrible "alerter sur".
    Je le trouve et le lis tellement partout que machinalement, j'ai cru le voir et je me suis dis, "non, pas lui !"
    Et, bien sûr, pas vous...

    RépondreSupprimer
  20. Monsieur Goux, demandez donc à votre irremplaçable épouse de préparer quelques bonnes samoussas pour aider le bon peuple somalien.


    Islamist group in Somalia bans samosas after deciding they're too Western

    Militants believe triangular snack 'resembles Christian Holy Trinity'

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2018858/Islamist-group-Somalia-bans-samosas-deciding-theyre-Western.html

    RépondreSupprimer
  21. "Militants believe triangular snack 'resembles Christian Holy Trinity'"

    Et ça prétend avoir inventé la géométrie.

    RépondreSupprimer
  22. De toute façon ce sera de notre faute la mort de tous ces braves gens qui sont nés, sans demander rien à personne dans une coin du globe qui est le plus chaud depuis des millénaires et où on a crevé de soif, de faim et d'ennui avant même que Platon ou Socrate usèrent leur première playstation. C'est vous dire.
    D'ailleurs, pour s'y désennuyer, on y a inventé toutes sortes de trafic très nauséabonds : armes, otages, esclaves, piratages et toussa. On y a invité aussi pas mal de guest stars occidentales pour animer ces festivals festifs tel Arthur Rimbaud et autres.
    De toute façon ce sera de notre faute et je suggère donc de rapatrier tous ces crève-la-faim en France, terre d'asile et de gastronomie. Ces mecs ont beaucoup de choses à nous apprendre sur le marché noir (pas Robert, mais la vraie truanderie) et on manque de chômeurs en Europe. Le monde entier nous le reproche, alors...
    Exécution.
    Rompez.

    RépondreSupprimer
  23. Personne pour me répondre. Bande de bleue-bittes
    Rompez.

    RépondreSupprimer
  24. Oui enfin, s'ils ne peuvent pas se nourrir de leurs récoltes, ils n'ont qu'à manger des surgelés ou aller au Mac do... De la malbouffe? Peut-être. Mais quand on a faim, on mange...

    Et puis ils ont des enfants tout autour du ventre. C'est un truc que je n'ai jamais compris, ça. Pourquoi les plus pauvres sont ceux qui ont le plus d'enfants, et pourquoi ne mangent-ils pas leurs enfants?

    RépondreSupprimer
  25. Général Bol,
    Je suis étonnée aussi que Carine n'ait pas été enflammée par ce commentaire !
    Mais c'est de votre faute aussi. Pourquoi avoir mis tant d'obstacles à la manifestation de ses ardeurs ?

    RépondreSupprimer
  26. Mildred
    Ah mais j'ai apprécié !
    Je cherchais juste une photo récente de moi.
    Je crois que j'en ai trouvé une de moi en warrior:

    http://www.afrizouk.com/wp-content/uploads/2010/05/Sera-Lubowa_ouganda.jpg

    Gaaaaardavous !

    Et pis, Mildred, vous avez aussi le droit de répondre aux commentaires du Général hein ! Suis pas jalouse.

    RépondreSupprimer
  27. Carine,
    Google m'a répondu : "did not watch any documents" avec un S !
    Pauvre Général Bol, il ne vous verra pas en warrior !

    RépondreSupprimer
  28. Mildred
    Bizarre, chez moi, l'image fonctionne, si j'ose dire.

    RépondreSupprimer
  29. Carine,
    Donc le général pourra vous voir en warrior ?
    Chic alors !
    Vous allez voir comme vos actions vont grimper !

    RépondreSupprimer
  30. Je crois que je vais me contenter de mes actions chez Total, Mildred .

    RépondreSupprimer
  31. Est-ce que, pour aider la Somalie, on peut envoyer directement ses actions Total à l'Unicef ?

    (Ah, c'est d'un goût…)

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.