dimanche 12 septembre 2010

Remplaçons le patrimoine par le matrilaïc, et tout sera dit

Depuis hier, une mini-polémique a pris naissance, dans les commentaires de mon billet du matin, notamment entre Georges et Suzanne. Je n'y ai à peu près pas participé, pour la simple raison que je comprends leurs deux points de vue et serais bien en peine de trancher entre eux. Georges a tout à fait raison, à mon sens, lorsqu'il peste contre le “tout se vaut” actuel : une religion en vaut une autre, toutes les coutumes sont rigoureusement équivalentes, du passé faisons table rase, etc. Il va de soi (il devrait en tout cas) que je considère devoir marquer un certain respect, voire une sorte de dévotion laïque, envers la religion catholique, alors que je me sens tenu à rien de pareil envers l'islam, lequel ne relève que du domaine du tolérable, et encore à certaines conditions sévères, contraignantes et intangibles. De même, il me semblerait normal, et même souhaitable, que l'on familiarisât les écoliers de France avec le christianisme – y compris lorsqu'ils sont issus d'une autre confession – mais pas avec l'islam (ni le bouddhisme, ni le taoïsme, etc.), lequel ne peut relever que d'un intérêt individuel, volontaire – et à ce titre parfaitement respectable bien entendu. Enfin, tout comme Georges je crois, je ne pense pas que l'on puisse dire que l'islam est “la deuxième religion de France”, sous prétexte que, actuellement, il se trouve sur notre sol des gens pour le pratiquer, s'en revendiquer, le brandir. L'islam n'est pas une religion de France et, pour ma part, je souhaite bien sûr qu'il ne le devienne jamais, eu égard à ses nombreux effets secondaires qui semblent toujours tendre à devenir premiers au bout d'un certain temps d'incubation.

D'un autre côté, Suzanne n'a pas tort de se placer sur un terrain davantage “utilitaire”, si je puis dire, et de souligner que, quoi qu'on fasse, il y a très peu de chance que l'on revienne au temps où les enfants se signaient naturellement lorsqu'ils pénétraient dans une église. Que, par conséquent, il faut lutter contre l'islam et ses empiètements en tenant compte de la situation présente, au coup par coup, comme il vient d'être fait pour cette stupide et répugnante affaire de visite de mosquée dans le cadre des journées du patrimoine. Et, si besoin est, en s'appuyant sur ce fameux concept de laïcité qui, tout absurde qu'il est, peut en effet se révéler efficace – au moins dans un premier temps.

Au fond, et parce qu'elles ne se situent pas sur le même plan, les positions de Georges et Suzanne me semblent parfaitement compatibles, celle du premier formant en quelque sorte le socle culturel, l'assise philosophique (et ziva que je te dérape dans les grands mots !), sur lesquels pourrait et devrait s'appuyer fermement tout combat plus ponctuel et “ciblé”. Le premier sans la seconde se condamne à l'impuissance, à la déploration sans effet (et c'est un travers dans lequel je n'ai moi-même que trop tendance à tomber, je le sais bien), tandis que la seconde sans le premier sera obligatoirement contournée et neutralisée, voire balayée, y compris grâce à des arguments d'une mauvaise foi insigne et, si besoin est, contradictoires entre eux.

En clair, il ne faut se priver de personne ni céder sur rien. D'autant moins que l'ennemi ne manque pas d'alliés (que l'on appelait “collabos” en d'autres époques) ; lesquels, privés de toute transcendance par défaut de religion, se sont enfoncés depuis longtemps dans une eschatologie purement séculaire ; par elle, en raison de ses effets gravement débilitants, ils sont désormais tout prêts à se laisser esclavagiser ou dhimmiser par leurs conquérants putatifs, au nom de lendemains toujours déjà radieux, et pour peu que ces mêmes conquérants, ou “remplaçants”, leur donnent l'assurance qu'ils vont bel et bien mettre à bas cette civilisation qui les a produits, et qu'ils haïssent parce qu'ils se haïssent eux-mêmes de façon irrémédiable et probablement névrotique.

Malheureusement, et là je rejoins de nouveau Georges plutôt que Suzanne, je crains que, face à une religion conquérante et totalitaire, ce malheureux concept de laïcité ne fasse pas du tout le poids. Simplement parce que notre désormais sacro-sainte laïcité, baudruche aussi artificielle et aussi peu “porteuse” que celle des droits de l'homme, montrera vite ses limites et surtout sa complète vacuité : à part pour cette ultra-minorité que constituent les Européens, le terme même de laïcité reste indéchiffrable et opaque à l'ensemble de l'espèce humaine.

35 commentaires:

  1. "Non, non et trois fois non, l’islam n’est pas la deuxième religion de France. La deuxième religion de France, en nombre de personnes qui déclarent en faire partie dans des sondages effectués régulièrement sur cette question, c’est celle des sans-religion. Des athées, agnostiques, mécréants, dont le nombre est en progression constante, au contraire de ceux se réclamant de la première religion, la catholique, apostolique et romaine."

    (Luc Rosenzweig, ICI)

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  2. Georges me semble faire partie de ces individus qui agaçent les autres pour le plaisir de les voir s'énerver, à la façon des enfants qui jettent des petits caillous dans les fourmillières.
    Georges n'en a rien à fiche de l'islam ; il est dans une sereine sécurité vis-à-vis de l'immigration ; il sait la vanité de toute cette agitation. Mais voir des gens prendre au sérieux des valeurs, des idéaux, le fait ricaner. Et c'est drôle, j'en conviens.

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  3. Intéressant. J'étais justement en train de réfléchir, pas exactement à l'articulation entre la philosophie et l'action, mais à une de ses conséquences : la contradiction entre le fait d'aimer la vérité et le militantisme.

    J'ai eu il y a quelques années des tares de militante : mentir à demi-mot et utiliser tout argument pour défendre une cause... Heureusement je m'en suis dégoûtée, et j'ai appris à valoriser l'honnêteté et la vérité (termes orgueilleux certes, mais bon).

    Mais ne pas agir du tout est trop difficile à accepter, donc je suis encore une militante à mes heures. Et je me rend bien compte que dès qu'on met le doigt dans l'engrenage du militantisme politique, on se remet à mentir. Ne serait-ce que par omission, pur ne pas révéler telle ou telle stratégie d'un parti, ou pour ne pas dire trop fort qu'on est en désaccord avec tel point de son programme...

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  4. Didier: oui, sauf que je ne pense pas du tout que "tout se vaut", bien au contraire.
    L'assise philosophique de Georges, je doute. Au moment de s'asseoir sur la chaise de la France éternelle et chrétienne, on s'aperçoit que, zzzim, quelqu'un a retiré la chaise et qu'on tombe le cul dans le vide.

    Personne n'a réagi aux liens vers les articles de La Croix, "enseignement catholique ouvrant ses portes aux musulmans". Je me doute bien que quand Georges parle de catholicisme et d'église, c'est de catholicisme bien traditionnel de je ne sais plus quel rite, et qu'il doit vomir autant que les mahométans les curés de gauche moderne et les enseignants catholiques qui embraient sur le renouveau moral et spirituel que leur promet l'islam. L'espoir de voir la foi chrétienne se révéler et tout un peuple se dire "merde, mais on est chez nous, on veut défendre nos églises, à bas les mosquées et vive la messe en latin, je pense que c'est foutu d'avance. Les gens qui ont passé le demi siècle savent bien que leur enfance a été témoin d'un monde qui a presque entièrement foutu le camp, et qu'on ne ressucitera pas. Lire "pays perdu" de Jourde, mais aussi Giono. Je relis Giono, et j'ai l'impression qu'il parle d'un autre pays, d'une autre civilisation aujourd'hui disparue. Et pourtant, ce n'est pas si vieux, mais je digresse.
    Il faut absolument réveiller les personnes de bonne volonté, les convaincre qu'il n'est pas raciste de s'opposer à une dictature, à un retour en arrière, virer les intégristes "parce que c'est comme ça dans notre pays". Vu le gouvernement de Mickeys qu'on se paie et la Grande défenderesse de la France Marine Le Pen qui, quand on lui demande ce qu'elle lit, répond "comme tout le monde, Stephen King et Harlan Coben", il y a de quoi se sentir un peu désorienté.

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  5. j'ai vu passer devant moi le pélerinage du 15 août parti de Notre-Dame. Une petite file de vieux, de femmes surtout, qui chantaient. Le pélerinage de Chartres, la fête de Jeanne d'Arc... Les catholiques traditionnels sont un groupuscule qu'on peut laisser dans son monde.

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  6. et j'ajoute, pour me faire taper par tout le monde, que je trouve les catholiques à l'ancienne et les royalistes à leur place en France, même si je ne partage pas leurs façons de voir. Les intégristes musulmans, pas du tout, mais alors pas du tout.

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  7. Malavita : j'aime beaucoup Rosenzweig en général, mais là, franchement...

    Paul : on va le laisser répondre, si le cœur lui en dit...

    Clarissa : le mensonge (ou plus exactement le silence) dans certains cas ne me semble pas forcément déshonorant. Il faut par ailleurs se méfier de ceux qui, en politique, prétendent mettre l'honnêteté et la morale en avant de tout.

    Suzanne : je n'ai pas réagi aux liens car j'avais déjà lu plusieurs articles sur ce même sujet.

    Pour le reste, je trouve moi aussi tout à fait normal qu'il y ait en France des royalistes (puisque la France a été fort longtemps un royaume) et des catholiques traditionnels (puisque nous sommes encore plus ou moins un pays catholique). Et je refuse que l'on mette en exact parallèle ces catholiques-là (avec lesquels, en tant que non-croyants, je n'ai à peu près rien à voir) avec les musulmans, à plus forte raison les plus excités d'entre eux.

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  8. Bon comme d'hab les protestants peuvent aller se rhabiller d'ailleurs là ils ont une veste reversiblecpour l'hiver...

    @ Paul, je ne vois pas ce que Georges pourrait répondre à quelqu'un qui exhibe une étrangeté aussi totale non seulement à sa pensée explicite mais aussi à l'expression de profonde amertume légèrement désespérée qu' il lui donne; à nous étant donné de trouver encore une flammèche d'espoir par-ci par-là...

    Se battre pour une vraie laïcité !! Nous v'la revenu en 1910 !!

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  10. Vous avez bien résumé les choses, Didier.

    Je ne suis pas aussi sûr que vous que les choses continueront longtemps dans le sens qui est prégnant aujourd'hui. Bien sûr, la plupart du temps, je me dis aussi que tout est foutu, que la pente est irréversible, que le mouvement est trop puissant pour être retourné ou même seulement retardé, mais ce pessimisme n'est pas intégral, car je sens aussi un courant de fond qui vient principalement de gens jeunes sans doute plus motivés que nous (et pour cause, ce n'est pas nous qui auront à vivre avec les conséquences de cette révolution insidieuse).

    Je serais le premier à être mal à l'aise dans une France intégralement catholique, ce n'est pas la peine de vous faire un dessin, vous me connaissez suffisamment pour comprendre de quoi je parle. Pourtant, je reste persuadé, au-delà des caricatures de Suzanne me concernant, que le cadre chrétien (forme et fond) est indissolublement lié à ce que nous appelons France. Le catholicisme n'est pas derrière nous, à mon avis, il est devant nous, je suis prêt à le parier, même si tout semble me donner tort aujourd'hui.

    La déploration sans effet dont vous parlez existe bel et bien, je ne le nie pas, mais je pense aussi que le pragmatisme affiché de certains, et les accommodements nécessaires qui les accompagnent, impliquent un renoncement fondamental, et ne peuvent mener qu'à reconsidérer le même problème un peu plus loin sur le chemin, quand, plus gravement et plus souvent, ils ne conduisent pas à préparer le terrain à la survenue de ce qu'ils prétendent combattre.

    Pardonnez-moi si je ne réponds pas vraiment sur le fond, c'est seulement un manque cruel de temps qui m'en empêche.

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  11. Georges : vous dites des choses dans ce commentaire qui me touchent au plus près et qui demanderait en effet du temps, voire un nouveau billet. On verra : là, Marlène Dietrich et Ernst Lubitsch me réclament...

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  12. Georges : "Le catholicisme n'est pas derrière nous, à mon avis, il est devant nous, je suis prêt à le parier, même si tout semble me donner tort aujourd'hui."
    Passionnant!

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  13. Simplement parce que notre désormais sacro-sainte laïcité, baudruche aussi artificielle et aussi peu “porteuse” que celle des droits de l'homme, montrera vite ses limites et surtout sa complète vacuité : à part pour cette ultra-minorité que constituent les Européens, le terme même de laïcité reste indéchiffrable et opaque à l'ensemble de l'espèce humaine.
    Comment qu'ils disent déjà?
    Ah oui: c'est clair!
    Mais pour l'heure l'Islam est bien (n'en déplaise à Malavita, l'athéisme n'est pas une religion. Le foot à la rigueur....) la deuxième religion de France et, par la ferveur et la jeunesse de ses pratiquants, je suis tenté de dire la première.
    Et pourtant, comme vous, malgré sa vitalité, j'affirme que l'Islam n'est pas une religion de France et que donner à le penser, aux musulmans comme aux français, relève de l'imposture. Nous ne referons pas El Andalus et notre tolérance trouvera ses limites. En attendant, les républicains laïcs doivent encadrer fermement et avec des conditions sévères, contraignantes et intangibles ceux qui rêvent de voir substituer aux articles du code civil les sourates ensablées du prophète pédophile au risque de devoir un jour ajouter un adjectif à république: islamique.

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  14. Camus dit des choses très justes sur le sujet: la France peut très bien accepter des individualités, voire même des groupements humains, en faire sa richesse aussi, mais elle mourra ou deviendra autre chose que je me refuse à appeler "France" si elle persiste à prétendre à intégrer des peuples entiers. Sauf à enterrer définitivement le cadre national et l'histoire des hommes qui l'ont fait, à se résoudre à une improbable "oumma", une hypothétique citoyenneté mondiale, l'aventure finira mal.

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  15. Suzanne est la preuve que le catholicisme a bien existé dans ce pays.

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  16. Les laïcs se comportent souvent comme des religieux orthodoxes. La laîcité doit être pratiquée dans des lieux communs, c'est tout.

    Autrement, de l'extérieur, nous reconnaissons la France comme étant catholique. Les seconde et troisième religions... il n'y en a guère, que des gens qui pratiquent autre chose, dans l'intimité de leur foyer.

    Les chevaliers de l'Islam doivent savoir ça. Il n'y a pas de combat perdu en France, il y a une France qui se voudrait peut-être conciliante, attention!

    Accent Grave

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  17. Ah, c'est toujours pareil : avec ma manie idiote de dormir la nuit, je prends un de ces retards, ici...

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  18. Comme d’habitude, le moindre débat sur l’Islam finit sur l’épiderme tanné des catholiques. Si le catholicisme est encore la religion numéro 1, c’est en fait parce qu’elle continue d’être l’obsession numéro 1 des athées et des agnostiques.

    On entend beaucoup parler des églises, ces derniers temps : ces lieux vides comme des entrepôts désaffectés, administrés par des types déconnectés, incapables de faire affluer le chaland. Que l’on se rassure tout de suite, les églises ne sont pas si désertes que cela. Elles le sont sans doute dans les régions rurales, éloignées des grandes villes, mais force est de constater ces régions se désertifient au moins tout autant. Pourquoi les églises échapperaient-elles à la règle ? Dans les grandes villes, toutes les églises sont pleines chaque dimanche. Elles le sont encore plus durant la semaine sainte, pour la messe des rameaux (la plus suivie sans doute) ou pendant l’avent. (Il y a en revanche une pénurie de prêtres, ça, c’est vrai…)

    Il est vrai également que le catholicisme ne convertit pas à tout va, que les pratiquants se montrent plus « relâchés » dans leur pratique que dans d’autres religions. Il y a des raisons objectives à cela. Le catholicisme met au centre de sa foi la notion de choix. Georges citait il y a peu Julien Green je crois. En substance, si ma mémoire ne défaille pas, il s’agissait d’affirmer que lorsque nous prions, Dieu répond. Or, c’est exactement l’inverse qui se produit, Dieu n’est pas à l’autre bout du téléphone attendant patiemment qu’il sonne. Il n’a pas à répondre, comme s’il vaquait à d’autres occupations (genre glander en mangeant des chips devant la télé) avant d’accourir dès le moindre « Notre Père ». C’est lui qui nous appelle constamment et nous qui avons à répondre, notamment par la prière.

    Ce que j’essaie de dire ici, c’est que le catholicisme place le libre arbitre au-dessus de tout. La parole du christ ne nous est pas imposée, elle nous est donnée et nous avons toute latitude pour la comprendre, l’accepter ou non. Nous avons le choix. C’est aussi pour cela que le doute est une étape normale dans notre cheminement de fidèle (doute que partagent même les apôtres dans les évangiles, notamment au moment de la résurrection).

    La conversion chez les catholiques est longue. Très longue. Les prêtres pourraient faire de grandes opérations portes ouvertes et asperger les candidats au baptême sans attendre, munis de grandes bassines en plastique remplies d’eau bénite mais ils ne le font pas (malgré l’influence que cela pourrait leur rapporter, malgré la concurrence des autres religions, notamment des évangélistes) parce que les catholiques considèrent que les adultes aspirant au baptême (qui recevront dans le même temps la communion et se feront confirmer) doivent comprendre exactement ce qui constitue la foi catholique et ce qui, à partir de ce moment, les engagera. Il n’y a pas de délai légal en l’espèce mais cela représente en moyenne deux années. Deux années pendant lesquelles il faut se coltiner des histoires de trinité, de transsubstantiation, de virginité de Marie, etc… s’abandonner et faire confiance, répondre… Toutes choses titillant la raison comme rien d’autre. Deux ans, cela laisse le temps de se décourager, de renoncer, de refuser, de ne pas parvenir à s’affirmer devant tous ceux qui vous considèrent dès lors comme une sorte d’illuminé cinglé persuadé que le monde fut créé en 7 jours. Voilà ce qui distingue très essentiellement le catholicisme de nombres d’autres confessions qui permettent des conversions plus simples, plus rapides, moins contraignantes. Cela pénalise l’Eglise, mais c’est davantage une qualité qu’un défaut.

    Quant à la question ; le catholicisme est-il devant nous ? Je n’en sais rien. Le message du christ toutefois, cela me parait absolument indéniable. Les évangiles ont imprégné et continuent d’imprégner toute la pensée européenne. Un jour, nous comprendrons peut-être mieux leurs messages, les mériterons, en deviendrons enfin dignes.

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  19. Suzanne,

    Le pélerinage du 15 août sur la Seine n'est pas un truc de "traditionnalistes" (je trouce ce terme un peu étrange) qui militent pour la messe en latin, c'est un pélerinage soutenu par le Diocèse de Paris.

    Y participent beaucoup de jeunes et de familles. En fait, il y a moins de places que de demandes, les petites vieilles de paroisse qui sont très assidues (parce qu'elles sont veuves et seules bien souvent) sont souvent les plus rapides à s'inscrire. Voilà tout.

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  20. Dorham : pensée toute girardienne, me semble-t-il, que cette distinction que vous opérez entre le message du Christ et l'Église censée le porter. Mais sans doute pas seulement, bien entendu.

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  21. Dorham, à Pacy aussi, l'Église est pleine le dimanche.

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  22. Catherine,

    Vous m'en voyez absolument ravi. Cet été, nous avons suivi quelques messes à La Barre de Monts, coin paumé s'il en est, l'Eglise était pleine.

    ---

    Didier,

    Girard n'est pas étranger à cela, comme vous l'avez parfaitement deviné. J'adhère à donf.

    Ceux qui administrent l'eglise sont des hommes, pourquoi les juger si durement lorsqu'ils ne sont pas à la hauteur. Nous ne valons ni plus ni moins qu'eux. Nous avons à comprendre, à répondre.

    (un bémol toutefois)

    Je ne suis pas un spécialiste des autres religions mais j'en connais peu (mais je peux me tromper) qui regorgent autant d'hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour les autres. Au sens le plus fort et le plus strict. Je pense par exemple à Soeur Rosalie Rendu qui fut une figure marquante de la paroisse à laquelle je suis très attaché.

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  23. Pierre RR: je nie farouchement.

    Dorham: c'est un détail, mais on ne doit pas parler de la même chose pour le pélerinage (la procession plus exactement sans doute) du 15 août, qui part de Notre-Dame et fait le tour des quais. J'y étais il y a trois ou quatre ans, j'ai du prendre des photos, même: une centaine de personnes à tout casser, avec une grosse sono, des grandes banderoles, mais peu de monde.
    Par chez moi, on baptise encore tous les enfants. On se marie à l'église aussi, et on s'enterre de même. Oui, l'église de la ville est fréquentée pour la messe de onze heures, mais celles des dix villages environnants sont ouvertes une fois sur dix, chacune leur tour, et la moyenne d'âge est élevée. Et il n'y a qu'une seule messe le dimanche, contre trois ou quatre il y a trente ans. Mes vieilles voisines s'en rappellent bien. Maintenant, elles regardent le plus souvent la messe à la télé, faute d'enfants ou de petits enfants qui offrent de les emmener en ville. La religion est là, mais endormie, avec de beaux réveils aux messes de Pâques et de Noël. Et l'été les églises du bord de mer avec un bateau pendu dans la nef attirent beaucoup de touristes aussi.
    Je ne voudrais pas être cynique, mais "autant d'hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour les autres", c'est aussi ce qu'on lit sur les sites islamistes le lendemain du 11 septembre...

    Bon, je vais re-regarder Monsieur Vincent (film relatant la vie de Saint Vincent de Paul (un très grand homme pour moi)avec Pierre Fresnay)en priant pour vous, si vous voulez bien de la prière d'une athée.

    (j'aime bien "épiderme tanné des catholiques". Je disais, à propos des caricatures et en comparant avec l'hypersensibilité musulmane sur ce sujet, qu'ils avaient le cuir dur)

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  24. ---
    Il est rare de trouver des commentaires de haut niveau sur les blogs engagés. Et il est rare que je lise tous les comm.

    Il est difficile d'analyser le sujet des religions dans la république sans écrire 2000 lignes, et l'on ne peut que condenser nos idées, au risque qu'elles soient mal interprétées.

    Je pense que l'islam est une religion déguisée, càd une idéologie expansionniste et raciste, prônant la supériorité du monde arabo-musulman, et depuis ses origines.
    Les rares musulmans mystiques, spiritualistes et théologiens ouverts ont été persécutés ou mis au placard.

    L'islam n'est pas la 2è religion de France, c'est un pouvoir politique, récupéré par certains politiques français.

    Ensuite, je suis pessimiste : l'Europe a atteint le point de non-retour, et il n'y a plus de solutions démocratiques.
    Le "choc des civilisations" a débuté.
    Nous allons connaitre des conflits civils ethnico-religieux violents , et des mises en place de gouvernements autoritaires (rien à voir avec les figues molles actuelles)

    Je suis un ex-militant socialiste, ex-coco, ex-écolo des années 70-80... j'ai milité pour Mitterrand, Jospin, manifesté contre les centrales...
    Mais je suis aussi un "ancien chrétien" : pendant 25 ans j'ai tenté de découvrir Dieu dans l'Eglise, les monastères, les communautés charismatiques, les temples bouddhistes... et j'ai perdu la foi, au terme d'une quête perdue d'avance.

    Je reste agnostique, croyant en une force intelligente et transcendante qui gère notre Univers, avec un faible pour les mondes chrétien et bouddhiste, qui m'ont fait découvrir le sens du mot "fraternité".

    Je crois que le Christianisme vécu à fond mène à l'Amour, et je crois que l'islam (et le judaïsme) vécu à fond mène à la guerre... les musulmans "modérés-progressistes" (concept débile mais à la mode) ne vivent pas leur foi à fond, sinon ils seraient en guerre contre nous.

    D'un point de spirituel, l'islam n'est pas une religion, c'est une imposture. L'islam s'introduit dans les failles de notre système social malade de la perte de valeurs philosophiques, spirituelles, morales, et politiques.

    La laïcité n'est pas une "croyance" assez forte pour lutter contre le cancer islamique.
    La République ne fait plus rêver ; elle ne porte aucune espérance.

    L'islam fait rêver les musulmans avec ses promesses de pouvoir mondial, et l'espérance d'un paradis sans autre condition que la soumission à la "loi" islamique, ce qui leur donne une force terrible.

    Je vais finir en parlant comme un curé : dans le Christianisme authentique, le Paradis est conditionné à une seule "loi" : l'Amour.
    Amen... ;-)
    Bonne continuation !
    ---

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  25. Oui, vous êtes cynique - c'est mal, Suzanne, c'est mal - parce que comparer Soeur Rosalie Rendu qui a donné sa vie pour les pauvres et trois types qui détruisent un building avec je ne sais combien de vies à l'intérieur, c'est un peu comme danser sur une corde d'équilibriste...

    Disons qu'ici aussi, on peut distinguer deux idées de la sainteté :)

    (en fait, j'aurais dû écrire "consacrer sa vie" plutôt que "donner")

    Mais vous me taquinez et j'accepte votre prière, je les accepte toutes ; ça m'arrive à moi aussi de prier pour des blogueurs, certains pour qu'ils arrêtent d'être cons, je l'avoue (demi-smiley)



    Je confirme, on doit parler de deux choses différentes. Chaque 15 août à Paris, on fait une procession avec la vierge sur la Seine, c'est à dire en bateaux-mouches. Moi, je ne le fais pas, je trouve cette idée un peu sotte.

    Je préfère le chemin de croix à Paques qui va de St Medard à St Etienne du Mont, c'est noir de monde et très beau, très imprégné, les chants résonnent magnifiquement dans la rue, ça change des touristes en sandales sur la Rue Mouffetard...

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  26. "La religion est là, mais endormie, avec de beaux réveils aux messes de Pâques et de Noël. Et l'été les églises du bord de mer avec un bateau pendu dans la nef attirent beaucoup de touristes aussi."

    C'est ce que je voulais en utilisant le terme "relachés"...

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  27. ça m'arrive à moi aussi de prier pour des blogueurs, certains pour qu'ils arrêtent d'être cons, je l'avoue (demi-smiley)

    oh, même un pélerinage à Lourdes...

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  28. Si la France est le pays d'Europe qui héberge la plus grande communauté juive et la plus grande communauté musulmane d'Europe, c'est aussi en raison de son passé et de ces racines chrétiennes.
    J'ai beaucoup de mal à comprendre cette manière de revendiquer les racines chrétiennes de la France dans le seul but d'exclure certains individus ou certaines communautés.
    Ces exemples de vies chrétiennes consacrées à Dieu et aux autres, comme l'a rappelé Dorham, sont à l'opposé de votre attitude.

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  29. C'est pas qu'on veut exclure certains individus ou certaines communautés, c'est juste qu'on voudrait que ces individus et communautés s'abstiennent de nous faire la leçon sur nos manières de vivre; et ne nous imposent pas LEURS manières de vivre dont certaines sont illégales par ailleurs, comme la polygamie... exemple pris au hasard bien sur...

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  30. @ Le Gaulois
    "Je reste agnostique, croyant..."
    Curieuse la juxtaposition de ces 2 mots. L'agnostique, au sens étymologique du terme, est celui qui ne sait pas. Celui qui n'a pas la connaissance, qui n'a pas la preuve qu'un démiurge soit à l'origine du fait qu'il y a quelque chose plutôt que rien.
    Entre parenthèses, tout le monde devrait être agnostique puisqu'il n'y a aucune preuve qu'un dieu (celui que vous voulez) existe. Pas plus qu'il n'est prouvé qu'il n'en existe pas.

    "...en une force intelligente et transcendante qui gère notre Univers"
    A part le fait que vous ne nommez pas un dieu du catalogue et accessoirement la bonne religion qui va avec, quelle différence y a t il entre vous et un croyant ?

    Sauf erreur de ma part, pas grand chose de mon point de vue.

    Duga

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  31. ---
    Didier, je regrette d'avoir commenté chez vous, vu l'accueil chaleureux des visiteurs de votre site.
    Merci de supprimer mes commentaires, et bonne continuation à vous.
    ---

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  32. Le Gaulois : franchement, je ne vois pas comment vous pouvez vous sentir agressé par ce que je viens de relire...

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  33. Le Gaulois a fait pareil sur mon blog: je pense qu'il est déçu que nous n'ayons pas répondu à son premier commentaire. On se rugosifie (il y a un verbe ?) quand on vieillit en blogage.

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  34. Non seulement "Rugosifier" est parfaitement correct, mais il décrit bien la situation.
    Cela dit, je pense que cette rugosification est plus redevable du thème abordé que de l'age.
    Cela dit, l'un n'empêche pas l'autre.

    Duga

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