Je ne vais pas jouer les étonnés, je savais ce que je faisais, contrairement à ce que d'aucuns ont pu laisser entendre en commentaires de mon billet d'hier soir. Je m'attendais à me prendre ma petite volée de bois vert, et je savais même de quels points cardinaux elle allait venir – et sous quelle forme.Volée de bois vert, volée de bois vain : je me moque bien de complaire ou de déplaire à Paul ou à Jacques. Je l'ai déjà dit mais le répète : je tiens qu'il est sain d'avoir des ennemis et de les désigner nommément. J'écris ici et ailleurs sous mes nom et prénom réels (puisqu'il est beaucoup question d'anonymat, en ce moment, sur les blogs), pareillement je désigne mes cibles sans m'encombrer du flou artistique que l'on semble exiger de moi.
« Oui, mais vous n'avez pas besoin d'être insultant ! », me rétorque-t-on. Parce que “gros con” est une insulte. Soit. En revanche, facho, gros beauf, homophobe, raciste – toutes ces charmantes épithètes que l'on m'accole à la moindre occasion, et même sans occasion, juste comme ça, pour se défouler un peu, se faire du bien –, ce ne sont pas des insultes, mais un courageux étiquetage citoyen, un acte de vigilance. Du reste, une différence il y a bien : se voir convaincu d'homophobie ou de racisme, par exemple, peut se révéler lourd de conséquences désagréables pour la victime ; alors qu'être un gros con n'a jamais handicapé qui que ce soit. Ça n'empêche même pas de grimper à l'échelle de Miko : j'en ai fait l'expérience moi-même, par le passé.
On me dit aussi, régulièrement : « Mais si ce blog vous horripile à ce point, cessez donc de le lire ! » Pas d'accord, mes maîtres, pas d'accord ! Une fois l'ennemi repéré, il convient de l'étudier, de pénétrer ses tactiques, de démantibuler sa phraséologie, de traquer ses ridicules, de lui dégonfler la fatuité. Après cela, on peut tourner la page définitivement et cesser, en effet, d'aller s'infliger cette prose écœurante de guimauverie satisfaite – c'est, en gros, ce que j'ai fait hier soir : j'ai pris congé sans retour, et en claquant la porte. La preuve : ce matin, j'ai vu, sur une blogroll quelconque, que la Bernadette Soubirous en question avait pondu un billet intitulé “La Bave du crapaud”. J'ai tout lieu de croire que je suis le crapaud en question. Eh bien ! je n'y suis même pas allé voir : le crapaud a déserté cette mare-là, et la grenouille peut bien continuer de coasser ses petits bibelots d'inanité sonore, elle n'aura plus à endurer ma pustuleuse présence.
Mais, je vous rassure : si je croise d'autres cons, d'autres malfaisants, je les désignerai tout pareil. Et je le ferai d'autant plus à mon aise, que j'admets fort bien qu'on me rende la monnaie de cette pièce : sauf cas très particuliers et fort rares, je n'ai jamais supprimé de commentaires insultants pour moi ; à partir du moment où j'ai décidé d'avoir un blog public, j'accorde à quiconque le droit d'entrer et de s'exprimer s'il n'est pas content du service – c'est le jeu.
Bon là-dessus, il faut que je vous laisse : le temps se couvre et j'ai du linge sur la corde.
























