mercredi 22 juillet 2009

Portrait d'un vrai journaliste

Olivier B., c'est son nom. On va lui ménager l'anonymat, pour lui faire plaisir : il se croit connu. Et important. Et journaliste. Il ne fait pas trop la différence entre journaliste et blogueur : il n'est pas le seul, Dieu sait, mais, lui, il devrait.

Olivier B. est blogueur, en fait ; en plus d'être un con, mais, ça, il le partage avec plein d'autres blogueurs – dont moi, sans doute, plus souvent qu'à mon tour.

Olivier B. est un blogo-journaliste de gauche. C'est sa gamelle. Il aimerait faire passer à la trappe son côté “blogo” pour qu'on croie qu'il est journaliste. Alors, il pond des billets de ce genre.

(.......... Le temps que vous lisiez la prose de ce cuistre...........)

Donc, voilà. Pour M. Olivier B., le scandale est tout simple : Nicolas Sarkozy nous trompe sur le nombre de voiture brûlées, soit à Pâques, soit à la Trinité. Du coup (n'oubliez pas que M. Olivier B. est journaliste), notre héros enquête. Et ce n'est pas le genre qu'on va niquer en deux ou trois phrases : il est journaliste, bordel !

"Les chiffres ne sont pas disponibles pour l’instant", a-t-on répondu à notre demande."

Voilà ce qu'il écrit, Olivier B. “À notre demande” : les journalistes des années cinquante du précédent siècle adoraient se donner ce pluriel de majesté, ils avaient l'impression d'être cohorte, légion, centurie, etc. J'ai écrit comme ça, moi aussi, à mes débuts : il m'attendrit, Olivier B. Cela étant, dressé sur ses ergots, il s'insurge. Il a raison, cet homme : il pose la bonne question, carte de presse au bord du chapeau, et on ne lui répond pas ! Quand un journaliste (libre, toujours libre) pose une question et qu'on ne lui répond pas, c'est forcément parce qu'il vit en dictature avérée. Jamais parce qu'il a posé une question idiote. Jamais.

Par exemple, ce n'est pas du tout une question idiote, de savoir si, dans telle circonstance, on a cramé douze voitures plutôt que trente. Ou l'inverse. Aux yeux d'Olivier...

[Et puis, là-dessus, un appel de ma mère, pour me donner des nouvelles de mon père. Le téléphone raccroché, je m'aperçois que je n'ai plus rien à foutre de cette escarmouche en cours. Plus certainement encore, la certitude que Olivier B., s'il lui arrive de lire ceci, comprendra fort bien que je laisse tomber tout cela. Au bout du compte, comme toujours, c'est Nicolas qui gagne : une rencontre dans la “vraie vie”, une bière prise en commun – et rien d'autre.]

Monsieur Bonnet, j'avais encore bien des gifles à vous donner : considérez-les comme non avenues (je vous les administrerai une autre fois, peut-être, si je redeviens suffisamment gamin – et vous me les rendrez : toujours le bac à sable, n'est-ce pas...). Mon père va mieux. Le reste...

29 commentaires:

  1. Cher Didier, j'avais été très ému en lisant le billet "Nous étions là", aussi, permettez-moi de vous dire que je suis sincèrement content d'apprendre que votre père va mieux (et ce concept du billet raté, inabouti que l'on publie quand même, ne serait-ce que pour dire qu'il est dérisoire, et pour dire quelque chose d'important pour votre vie intime, eh bien cela me plait beaucoup).

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  2. Oui il y a des importances qui en rendent dérisoires d'autres.

    Je suis bien contente pour vous.

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  3. Je pense que vous avez mal compris le propos d'Olivier B.
    Ce n'est pas parce que le nombre est moins important que la cause du nombre, que le fait de vouloir dissimuler les vrais chiffres (il s'agit de différences de plus de 100%) n'a pas son importance.

    Certes la personne qui se fait crâmer sa voiture s'en fou probablement de savoir s'il fait partie d'un lot de 200 ou 1000 victimes ...

    Je trouve toujours dommage que pour s'assurer de la pertinence d'une insulte, il faille s'insulter soi-même ...

    Je trouve dommage que votre discours qui se veut sérieux se mêle avec le genre du cynisme facile (en commençant par le titre).

    Le blog d'Olivier B. est clairement orienté, je ne comprends pas trop que vous puissiez être surpris de l'axe qui est pris en fonction du thème, quel qu'il soit...

    Et vous, que pensez vous de toutes ces voitures brûlées, des chiffres qui semblent importants pour des politiques, etc ?

    Et que pensez vous de l'idée de donner du jour à une personne en essayant de lui faire de l'ombre ?

    En tout cas je découvre votre blog, je pense qu'il me plaira :)

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  4. Là, vous devenez ridicule, vous rêvez de lui la nuit, ou quoi ? vous collectionnez les billets sur son compte, en prétendant le traiter par le mépris. Demandez le en mariage, ça ira plus vite...

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  5. Ces crises de misanthropie sont de plus en plus drôles. Vive le bac à sable !

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  6. Didier G. vengeur à visage découvert de la bêtise humaine et redresseur des torts de blog. Vous devenez touchant à force. Je vais finir par en faire un article ! :-))

    [Bonne idée de publier un article en l'état, avec l'irruption du réel, de l'important comme un cheveu sur la soupe mais c'est le cheveu qu'on remarque le plus… :-)) ].

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  7. Je salue l'élégance de Monsieur Bonnet.

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  8. un petit message perso à destination de mon confrère:
    j'ai un stock, non référencé Place Beauvau, de 3 voitures calcinées début juillet vers là où j'habite...
    je crois que ce chiffre secret l'intéressera au plus haut point... pour ses statistiques, et en plus cela me débarasse car je ne savais plus trop quoi en faire de ce tryptique...

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  9. j'ai découvert votre blog par le biais de celui de MG Profonde et le ton me plaît. je repasserais donc de temps à autre entre 2 feux de poubelles, 2 chiens écrasés et une Maonna en visite privée
    ps : débarrasse et non débarasse dans mon comm' précédent... j'ai rippé...

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  10. Audine : oh, dérisoires, elles l'étaient déjà, j'en ai bien conscience, vous savez.

    Anonyme : le problème est que l'on sait très bien pourquoi on cache ce nombre : pour ne pas stig-ma-ti-ser. Autrement dit, pour continuer de faire croire aux gens (qui n'en croient rien, heureusement) qu'il n'y a pas de problèmes particuliers des banlieues.

    Poison social : on appelle ça une "fixette" : ça va me passer...

    Paul : si vous continuez, je vous pique votre seau ! (Et j'vais l'dire à ma mère.)

    Poireau : le cheveu sur la soupe : bon titre de blog...

    Olivier Bonnet : merci beaucoup.

    Catherine : en fait, je n'en doutais pas.

    Charl' : les amis de Marie-Georges sont toujours les bienvenus ici.

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  11. Les journalistes ne sont pas seulement légion, cohorte, centurie ; ils sont aussi manipules.

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  12. Qu'est-ce que je viens faire dans cette histoire moi ? D'autant que j'ai arrêté de boire après le travail.

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  13. Avec l'article d'Olivier Bonnet, j'ai appris que le gouvernement bidonnerait les chiffres des cramages de voitures. C'est une info. À vérifier. Mais OB est dans son rôle de journaliste, là. On peut pas le lui reprocher. / Content que l'ancêtre ait repris du poil de la bête.

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  14. Appas : sans doute, oui... mais j'adore asticoter mes confrères !

    (J'ai un ami de trente ans avec qui, chaque fois qu'on se voit (pas souvent) on finit toujours par s'engueuler, à propos de journalisme. )

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  15. bien, le voilà habillé pour l'hiver !
    j'aime bien quand vous vous énervez.

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  16. Est-ce qu'on a entendu parler, après les incendies nocturnes de voitures de 2005, d'arrestations, de comparutions, de procès, de jugements ? Moi pas, jamais. Ce n'est pas que ça m'intéresse de savoir précisément qui a détruit trente voitures de gens pas bien riches dans la cité des Orchidées, mais je ne me rappelle pas avoir lu ou entendu "la police a interpellé cinq personnes, dont quatre mineurs" (par exemple).
    Il ne FAUT pas en parler, pour ne pas stig, stig, stigmatiser.

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  17. "mon père, ma mère" chérissez-les .. DG

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  18. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  19. Excusez-moi, Monsieur Goux, de vous dire ça, mais il y en a un peu marre de cette démagogie sécuritaire autour des incendies de polluantes la nuit du nouvel an (et, maintenant,... la nuit du 14 Juillet, pfff !), alors que chacun sait qu'il suffit d'accrocher un gri-gri islamique au rétroviseur interne de la susdite polluante pour que personne ne vienne y toucher.

    Bon, j'espère avoir contribué à dépassionner un peu ce débat stérile.

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  20. Mais vous êtes un BON M. Didier Goux !

    Quand à vous M. Bonnet je suis content de vous voir ici pour vous reprocher votre attitude de censeur vil et matois, essayez d'être à la fois de gauche et honnête, bien que je sache l'équation compliquée sinon irrésoluble.
    Charmant

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  21. Chieuvrou : merci pour le truc !

    J'ai regardé dans google "gri gri islamiste rétroviseur".

    Impie que vous êtes ! Le port d'amulettes est interdit par le Coran et par les haddiths. Pour la voiture, c'est pareil.

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  22. Suze : Qu'est-ce qui n'est pas interdit par le coran ? Hormis le viol des petites filles et le tabassage des femmes bien sûr ?..

    Charmant

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  23. À mon tour, chère Suzanne, de vous remercier de ce rappel (même si je ne parviens pas, pour tout dire, à ouvrir votre lien...).

    Reste à savoir si l'interdit que vous mentionnez s'applique également à ces disques-laser de sourates du Coran que l'on voit depuis quelques années fréquemment pendouiller à l'intérieur des voitures des plus pieux (ou des plus superstitieux, comme on voudra) des musulmans, et dont on ne remarque même plus, par habitude, le caractère proprement grotesque que revêt le passage de ces disques de l'état de simple support technique de textes considérés comme sacrés à celui d'objet magique censé protéger des accidents.

    Voilà qui pourrait en tout cas, dans un bel élan de vivrensemble œcuménique, rapprocher un peu pour l'occasion chrétiens et musulmans, puisqu'il n'est pas rare, chez les premiers, de trouver des automobilistes assez crétins pour avoir une médaille de saint Christophe dans leur toto, alors même que la croyance en ce bon géant « patron des voyageurs » relève du plus pur paganisme, comme l'ont d'ailleurs paraît-il édicté les autorités cathocrates par une décision pontificale de Paul VI radiant des cadres le saint en question (qui n'est du reste plus guère officiellement honoré que dans des contrées reculées... ha ! ha ! ha ! mousc'hoarzh ! mousc'hoarzh !, hein ?).

    Pourraient d'ailleurs également se joindre au troupeau des superstiteux vroum-vroumants certains indifférents à la religion qui ont un petit fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles sur leur tableau de bord...

    Cela étant, pour revenir plus directement au sujet du billet gouxien, je doute que l'interdit frappant le port d'amulettes dans l'islam soit pris en considération, lorsque qu'ils sont de confession musulmane, par les abrutis brûleurs de bagnoles. Pour peu qu'ils fassent réellement dans leurs méfaits une discrimination selon la religion du propriétaire du véhicule, leur connaissance de l'islam est de toute manière le plus souvent trop rudimentaire pour qu'ils distinguent les musulmans jugés orthodoxes de ceux qui ornent leur voiture d'un gri-gri islamique (ou pseudo-islamique, si l'on préfère).

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  24. Chieuvrou, vous avez pleinement raison, comme d'habitude, mais mais MAIS...
    Sous votre deuxième lien se dévoile un site celtophobe de grande nullité. Vous avez de la chance d'être loin, vous auriez pris un coup de sabot sur la tête sinon. Ce doit être un prélat catholique abreuvé au mauvais vin de messe, votre enquêteur qui parle de saints bretons n'ayant jamais existé. Il a vécu au Vlème siècle, lui ? Il a retrouvé des enregistrements vidéo ? La preuve qu'ils ont existé, c'est qu'on les prie encore, et puis voilà.

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  25. La preuve que les saints bretons ont existé, écrivez-vous avec une apparente mauvaise foi qui ne peut être qu'une aimable plaisanterie, voire un subtil second degré, c'est qu'on les prie encore...

    (oui, vous m'excuserez, Suzanne, de ne vous répondre que maintenant, mais j'aimais autant avoir dessaoulé si je devais risquer de prendre un coup de sabot, fût-il virtuel) -

    Voilà un argument comme un autre, mais je lui préfère quand même celui des Grands-Bretons, un rien plus convaincant, selon lequel la preuve du pudding, c'est qu'on le mange.

    Laissez-moi vous dire, à part ça, que je vous trouve bien dure envers l'auteur de l'article que j'avais mis en lien. En fait, je ne sais pas qui est cet Alain Le Roux. Une chose est sûre, ce n'est pas lui, et il m'étonnerait également que ce soit lui. Mais enfin, quelqu'un qui, comme il le fait page 16, cite Panoramix lui-même pour soutenir que saint Cornély n'a jamais existé ne me semble pas a priori faire preuve d'un grand ostracisme envers ceux des Bretons qui sont le plus bardés de celtitude.

    Cependant, revenons plutôt, une fois encore, au sujet proprement dit du billet gouxien de mercredi dernier. Je dois en effet faire amende honorable pour ma petite plaisanterie facile, d'où suintait bien malgré moi une islamophobie aussi inavouée qu'inquiétante. Il me faut en effet me repentir d'avoir fait abstraction de ce fait que les jeunes qui brûlent des voitures, voire des bibliothèques ou des écoles maternelles, ont parfois de sérieuses raisons de le faire, ainsi que l'a montré l'actualité récente.

    P.-S. De grâce, ne dites pas que j'ai raison comme d'habitude, ou je ne vais plus rien oser poster (d'autant que, à la réflexion, je ne sais trop si votre remarque tenait plus du lard ou du cochon).

    P.-P.-S. « Qui a créé le Cochon ? On ne sait pas. Peut-être le Charcutier. » (Thomas Carlyle, cité par Georges Darien dans La Belle France).

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  26. Dessoulé ! Damned ! Chieuvrou boit !
    Votre vidéo est excellente...

    Non non, rien d'ironique dans mon "comme d'habitude". Presque tout le temps, quoi.
    Les saints bretons... J'en connais qui ont été inventés par simple vanterie de conteur, par canular même, mais en lesquels on finit par croire, et qui ne valent pas moins que d'autres. Il y en a un un dont la source dédiée remet, quand elles en boivent l'eau en disant une prière, les péchés des femmes adultères. Il a été inventé dans les années 50 (1950), et reste inconnu de Rome, mais on s'en fiche. Aucune femme adultère n'est revenue du Purgatoire ou d'ailleurs pour se plaindre.
    Si ma mauvaise foi est feinte, que dire de ma vraie Foi, alors ?
    Eh bien, rien, ça vaudra mieux :-)

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  27. Votre père va mieux, c'est tout ce que je souhaite...

    Bonne journée

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