vendredi 9 mai 2008

Promesse de crétin

Le crétin, c'est moi. La promesse est celle que j'ai faite, de participer à un pléonasme concours imbécile. Il s'agit d'écrire un texte (comme vous l'avez déjà compris si vous avez eu la curiosité de vous rendre chez l'excellent M. Dorham) sur le thème suivant : Les poubelles des supermarchés. Bandant, n'est-il pas ?

Comme, à la lecture de l'énoncé de cette pantalonnade, un hasard malencontreux a voulu qu'une idée me vienne, je n'ai pu m'empêcher de plastronner et de clamer blogspot haut et fort qu'il fallait me compter en lice.

Le résultat est que, depuis trois ou quatre jours, l'idée en question métastase salement, au point que je vois mal, au stade où j'en suis, comment je pourrais m'en tirer à moins de quarante pages - et c'est un strict minimum. Nous sommes donc face à deux issues alternatives, aussi piteuses l'une que l'autre :

1) Le vieux cheval en bâtiment refuse l'obstacle, n'écrit finalement rien et se couvre de pipi (hypothèse optimiste) ;

2) le même écrivain de labour va au bout du sillon et contraint tout le monde à se taper les interminables feuillets de sa prose (version Avoriaz).

Dans les deux cas, j'aurais probablement mieux fait de fermer ma gueule.

jeudi 8 mai 2008

Putain, je suis grillé !

Si vous avez la curiosité de googlifier (je suis personnellement opposé au verbe googueuliser) le nom de Richard Cann*vo, mirobolant rédacteur-en-chef du glorieux supplément télé du non moins glorieux Nouvel Observateur, le premier article sur lequel vous allez tomber est celui-ci.

Ce n'est pas demain que je pourrai prétendre à travailler dans la grande presse de la gauche Lubéron, moi...

Pas taper, Nicolas, pas taper !

Je sais, c'est mal. Mais je n'ai pas pu résister...

mercredi 7 mai 2008

C'est nous, les gars du 19ème !

Puisque la nôtre devient proprement inhabitable, il faut bien commencer à réfléchir : dans quelle époque du passé allons-nous émigrer ? On n'a que l'embarras du choix, même si les moyens de transports ne sont pas encore tout à fait au point. Donc, il convient de choisir avec soin et circonspection son ère de villégiature, ce à quoi je vous invite : pour quelle époque allez-vous vous embarquer ? Il vous sera demandé une date de naissance précise. Pour la commodité de la chose, on décidera arbitrairement que les hommes vivront tous 75 ans et les femmes 80, car le veuvage leur sied à merveille. Il n'est pas interdit de motiver son choix, bien entendu.

Personnellement, j'ai d'abord été assez tenté par la période 1170 - 1245, pour le plaisir gamin de voir se construire les grandes cathédrales. Et aussi d'aller voir sous le chêne de Vincennes si le bon roi Saint Louis accepterait de me rendre mon permis de conduire. Finalement, j'ai renoncé, lorsque j'ai appris que les dentistes de l'époque étaient de vrais bouchers.

Mon choix définitif est donc le suivant : 1835 - 1910. Long moment de paix, d'opulence (mal partagée certes), de bourgeoisie triomphante et assurée d'elle-même, de christianisme conquérant. Et puis, Louis-Philippe, le Second Empire, tout de même...

Période bénie où les plus aventureux franchissent d'un bond la Méditerranée et vont se couvrir de gloire à seule fin d'apporter la civilisation aux sauvages pittoresques, où les timorés se contentent de faire fructifier le capital dans l'ombre de ce bon baron Haussmann ; véritable âge d'or durant lequel ce n'est pas pécher que de retrousser malicieusement le tutu des petits rats de l'opéra qui ne demandent pas mieux ; ère éclectique où l'on peut passer la même semaine d'Offenbach à Wagner, aller s'empiffrer d'huîtres au Rocher de Cancale avec Balzac ou Flaubert, pour se préparer dignement à terminer au bordel en compagnie de Maupassant ; avant de goûter un repos bien mérité à la campagne, à trois kilomètres à peine, au-delà du pont de Neuilly.

Non, vraiment, quelle magnifique invention, que le XIXe siècle !

À vous...

Juste pour prouver que j'ai repris le joug

C'est toujours au même endroit...

Café littéraire

« - Tu aimes beaucoup Andromaque et Phèdre ? demanda Saint-Loup à son oncle, sur un ton légèrement dédaigneux.
- Il y a plus de vérité dans une tragédie de Racine que dans tous les drames de monsieur Victor Hugo, répondit M. de Charlus.
- C'est tout de même effrayant, le monde, me dit Saint-Loup à l'oreille. Préférer Racine à Victor, c'est quand même quelque chose d'énorme ! Il était sincèrement attristé des paroles de son oncle, mais le plaisir de dire "quand même" et surtout "énorme" le consolait. »


Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs.

mardi 6 mai 2008

Un blanc, un Null

Si vous allez consulter mon compteur de visites, au bas de la colonne verte, vous constaterez comme moi que l'un de mes lecteurs arrive en droite ligne d'un pays encore en gestation, puisqu'il est agrémenté d'un drapeau blanc, cependant qu'un autre, sans drapeau du tout, vient d'une contrée mystérieuse baptisée Null.

Je n'ai pas d'explication.

Exultate jubilate

Ce matin, l'Irremplaçable est partie faire les courses de la semaine. À peine a-t-elle eu disparue que je suis venu m'asseoir devant l'écran où les mots se rangent, afin de terminer le deuxième chapitre du BM, commencé hier en début d'après-midi, et...

Et rien. Profitant de cette petite poche de solitude, je n'ai pas écrit une ligne. Je n'ai même pas fait mine d'ouvrir le document Word que je suis censé nourrir.

Pour chaque livre écrit, il y a toujours une ou deux de ces demi-journées que je vole au travail. Et toujours quand Catherine est absente. Avec une jubilation disproportionnée au larcin. Ces quelques heures - deux ou trois, au maximum - sont étonnamment précieuses. On les dirait comme arrachées au flux avec lequel elles auraient dû faire corps, et suspendues à mon seul usage, pour ma jouissance toute personnelle, comme des jambons accrochés à la solive.

À moins qu'il ne s'agisse d'une sorte de voie de garage, d'une dérivation dissimulée à tous vos regards. Je m'arrête un moment au milieu de la voie déserte, envahie d'herbes courtes et jaunies dans le bout, et je vous regarde passer à vitesse régulière, fonçant vers la prochaine gare nocturne, où il me faudra bien vous rejoindre.

Mais, pour l'instant, je n'y pense pas. Je suis là pour une heure ou deux encore, dissimulé derrière un rideau de peupliers, immobile, goûtant solitairement le silence de ce temps arrêté.

lundi 5 mai 2008

Bal meilleur is the best

En tout cas, son nouveau blog m'a fait rire.

Ressuscitons les blogs morts !

jeudi 3 mai 2007

Vos âmes pareilles

Mon très jeune et très vieux Bergouze, une image étrange m'occupe l'esprit depuis quelques jours. Elle te concerne, tu es dedans - et vivant. Mais il va de soi que tu es toujours vivant dans mes images - il n'est pas impossible que les images servent à cela, d'ailleurs, je laisse à plus intelligent que toi et moi d'en statuer.

Tu es ici, au Plessis-Hébert, chez nous. Ce n'est pas la première fois que tu viens. Tu es presque chez toi. Tu es déjà ami avec l'Irremplaçable (et c'est très important, dans l'image).

C'est l'été, probablement, puisqu'on est installé dehors, sous le tilleul. Il me semble que c'est la fin du repas. Tu es confortablement carré dans ton fauteuil de plastique blanc, je suppose que tu as allumé un Café noir ou un Café crème, l'un ou l'autre de ces petits cigares que tu aimais (et dont je ne sais même pas s'ils existent encore).

Il doit rester un peu de vin dans la bouteille, sur la table (de toute façon, il y a de la réserve dans l'arrière-cuisine, ne t'inquiète pas, je veille, ton ivresse m'est chère).

Nous ne parlons pas. Catherine parle. Je ne sais pas ce qu'elle te raconte. Car c'est à toi qu'elle s'adresse. Ce doit être (ce doit, au sens de "il faut" - pour la beauté de l'image) une chose sans importance, un petit fait de la vie quotidienne, un fragment d'insignifiance, une poussière de temps - rien.

Et je vois ton regard, posé sur elle, comme je ne l'ai pas vu depuis plus de vingt ans, je te vois l'entendre et la comprendre - ce regard que tu avais, à la fois flottant et fixe, comme rendu lointain par l'épaisseur des verres.

Moi, je suis un peu décalé, par rapport à vous, de biais, peut-être un peu dans l'ombre, je ne sais pas. Je pense que Catherine est debout (elle débarrasse la table ? Elle vient d'apporter le dessert ? Oui, c'est possible.), toi assis, les yeux légèrement levés, donc.

Vous ne me voyez pas, mais, moi, à cet instant, je ne vis que par vous, par ces paroles sans importance qui passent d'elle à toi. C'est une sensation puissante, tellement que je ne veux pas sortir de la pénombre, du fugitif oubli où je suis. Et ce n'est pas tout.

Balbec est venu, et il a posé sa tête sur tes genoux, comme il le faisait avec nous. Tu le caresses distraitement, de la main droite, avec lenteur, presque sans t'en apercevoir. Il n'est pas impossible qu'une légère brise se soit mise à passer, mais je ne jurerais de rien. Le chien ne bouge pas. Ses yeux sont levés vers toi, qui ne le regardes pas, ce qui fait remonter les petites pastilles brunes qui lui servent de sourcils.

Il semble te connaître de toute éternité et posséder l'assurance que tu ne bougeras jamais de ce fauteuil de plastique blanc, et que Catherine ne cessera pas de parler.

C'est une innocence que je lui envie.



vendredi 4 mai 2007


Alors, elle t'a dit quoi ?



Le cerveau vide.

Je viens de relire ce que je t'écrivais hier, à peu près à cette même heure. (En réalité, ce n'est pas vrai : je l'ai relu au moins quatre ou cinq fois, depuis le matin de cette journée blanche, au cours de laquelle je n'ai absolument rien fait - sinon tondre la pelouse, ce qui était bien la seule chose à ma portée.)

Il est des images qu'on ne devrait pas faire naître, parce qu'elles prennent corps, ensuite. Et qu'en l'occurrence elles prennent le tien. Cette soirée d'été sous le tilleul, imaginée, rêvée, voulue, que j'évoquais, elle s'est constituée en réalité, elle a pris un poids, une épaisseur, elle est devenu un désir, une attente - et fatalement un manque. Même le goût du vin que nous avons bu ensemble, hier soir, il me reste dans la bouche - il me la fait pâteuse et amère. Non, non, pas amère... autre chose... Je ne sais pas... Mais pâteuse, en tout cas, ça oui.

Cette idée, cette envie de te réunir à l'Irremplaçable (me voilà donc affublé de deux irremplaçables : c'est beaucoup pour un seul homme, et si peu homme...), je l'avais déjà eue, bien sûr. Mais je l'abordais de loin, de biais, sur la pointe des pieds, pour éviter qu'ellle ne se retourne et me saute à la gorge.

Ce qu'elle a fait, dès ce matin, au réveil. Et sous l'oeil incompréhensif (interrogatif, plutôt) et doux de Balbec, que j'ai eu l'imprudence stupide, la vaniteuse témérité de convoquer dans le tableau.

On peut dire que j'ai réussi mon coup.

Même agencés aussi pauvrement que je le fais, les mots ont donc un pouvoir de nuisance - ce pourrait être une bonne nouvelle, au fond. Ce l'est sans doute, mais il faudra attendre quelques jours, je suppose, pour digérer ces nourritures trop riches que je me suis cru capable de soutenir.

Au moins, maintenant, je sais pourquoi, au fil des semaines, j'en suis venu à te réveiller de moins en moins souvent, à remplacer nos dialogues univoques par d'anodins babillages avec des vivants indubitables.

Il n'empêche que j'aimerais quand même bien savoir ce que Catherine te racontait, hier soir, cependant que je me fondais dans l'ombre.

À propos de M. de Norpois

À Monsieur Poireau, nouveau troll de droite...


« Il avait puisé dans la Carrière l'aversion, la crainte et le mépris de ces procédés plus ou moins révolutionnaires, et à tout le moins incorrects, que sont les procédés des oppositions. Sauf chez quelques illettrés du peuple et du monde, pour qui la différence des genres est lettre morte, ce qui rapproche, ce n'est pas la communauté des opinions, c'est la consanguinité des esprits. »

Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs.

De l'antisémitisme "moderne"

Le point de vue de Robert Redeker.

dimanche 4 mai 2008

À propos du Tibet, de Pékin, des J.O. et de nous...

Une tribune.

Le Brigadier frappe les trois coups

Toute ressemblance avec des personnes existantes (et même existant si peu que ce soit) serait purement fortuite...

[ Rajout de quatre heures : la suite est disponible, à la même adresse.]

samedi 3 mai 2008

En 1985, Guy Debord parlait de l'immigration et de la France

Lorsque l'idole de la gauche intellectuelle entreprend de secouer le cocotier...

Pour l'édification de M. Tonnégrande

Hier soir, à L'Aéro, le digne M. Tonnégrande a soudain paru fortement commotionné lorsque l'Irremplaçable lui a révélé qu'avant de se déguiser en mamie grisonnante pour voler plus facilement dans les hypermarchés elle avait été... rousse. Ce respectable Guyanais a eu l'air si surpris que, durant les trois secondes séparant ma troisième bière de la quatrième, je me suis demandé s'il la croyait vraiment. Voici donc la preuve. Les quatre photos qui suivent on été prises en 1992 ou 1993. Catherine et moi vivions ensemble depuis deux (ou trois) ans et venions tout juste d'acheter notre première maison, en bordure du canal de Briare, à Assay, hameau dépendant de Beaulieu-sur-Loire. Tempus fugit...Quant à moi, on appréciera, je l'espère le look d'islamiste au rabais que j'avais cru bon de me faire, toutefois tempéré, adouci par le poitrail délicieusement proustien.
C'était l'époque où, lorsque nous n'étions pas sur les bords de la Loire, nous hantions volontiers le Café de la plage, un bar nocturne sis rue de Charonne, en face de la rue Trousseau, où les Nègres de l'endroit, sans doute trompés par les tresses africaines de Catherine (flanquée d'Adeline, sa fille cadette), manifestaient souvent le désir de se la bouffer toute crue (là dis donc). À ma connaissance, elle ne s'est jamais laisser faire, mais bon.
L'athlète chauve ci-dessous s'appelle Jimmy Blanche, ce qui est toujours divertissant. Il était le barman de l'endroit et sa carrure avait un effet calmant sur les fauteurs de troubles éventuels. On a pu le voir tenir de minuscules rôles dans un certain nombre de films français de ces années-là - des polars pour l'essentiel. Les clients du Café de la plage, fortement multiculturels et pluriethniques, étaient parfois un peu surpris lorsque Jimmy m'accueillait d'un "Veuillez sortir, Monsieur, on ne sert pas les gros blancs ici", et que je répliquais par un truc du genre : "premièrement je ne parle pas aux grands nègres, deuxièmement tire-moi donc une pinte de Guinness". Après quoi on tombait dans les bras l'un de l'autre et on se claquait quatre bises sonores. On était jeune...
Certains prétendent que cette histoire de macrogénitomorphie des noirs est pure légende. C'est possible... Il n'empêche... Durant un temps, dans ma période pré-Irremplaçable, Jimmy et moi avons servi dans le même corps. Le corps en question avait affiché sur sa porte des photos d'elle en train de s'accoupler avec divers messieurs, dont Jimmy. Eh bien, je vous garantis que sa bite faisait bien trois fois la mienne. Ce dont je n'ai même pas été traumatisé, bizarrement.

Réponse toute faite...

À Catherine et Carlos


«... Il me semblait alors que j'existais de la même façon que les autres hommes, que je vieillirais, que je mourrais comme eux, et que parmi eux j'étais seulement du nombre de ceux qui n'ont pas de dispositions pour écrire. Aussi, découragé, je renonçais à jamais à la littérature, malgré les encouragements que m'avait donnés Bloch. Ce sentiment intime, immédiat, que j'avais du néant de ma pensée, prévalait contre toutes les paroles flatteuses que l'on pouvait me prodiguer comme, chez un méchant dont chacun vante les bonnes actions, les remords de sa conscience. »

Marcel Proust, Du côté de chez Swann.

vendredi 2 mai 2008

Retour d'enfer

Pendant une bonne moitié du trajet (bonne parce que seconde), j'ai pensé à toi, à ce que j'allais te raconter une fois revenu dans l'immobilité douce de la maison. La rêverie, mon bon Bergouze, est grandement facilitée lorsqu'on ne conduit pas, qu'on s'efforce de se transformer en poids mort (oui, bon... pardon pour ça), qu'on se remet entièrement à la personne qui affronte cette horripilante réalité qu'est le monde. Le regard divague, l'esprit essaie de suivre, les pieds se croisent et se décroisent, les mains deviennent inutiles, le corps pareil.

Donc, on pense. Plutôt, on s'écoute essayer. Pour ne pas regarder la route, ni les autres humains à gros yeux jaunes, pas davantage la campagne morte, envahie de lumières ricanantes, accusatrices, dédaigneuses. On s'efforce de se ramasser autour de quelque chose de sombre, d'immobile, quelque chose qui aurait l'air d'avoir toujours été là - et bienveillant si possible.

Donc, toi. Mon idée, plié en huit dans la minuscule voiture de l'Irremplaçable, était de te trousser un petit compte rendu de ce début de soirée au Kremlin-Bicêtre, d'essayer de faire cliqueter tes mâchoires en sourire, au moins de faire passer une vague brise odorante dans ta suspension d'existence.

Finalement, non. Pour quoi faire ? Tu ne connais pas ces gens. Ils te connaissent encore moins et s'en foutent, ce que toi et moi pouvons comprendre fort bien. Déjà, les vivants, on se demande : trop occupés à refaire le monde qui ne leur a rien demandé, ils restent droits figés au pied du comptoir, en cercle clos, en paroles égales et connues d'avance, ils se répètent ce qu'ils se sont déjà dit, et la planète proche tourne autour d'eux, le muffle en alerte, sans qu'ils songent à s'en apercevoir.

Ils préparent notre bonheur futur, ce qui donne plus ou moins envie d'être mort - mais cela équivaudrait à les rejoindre, donc on reprend une bière et on s'accroche encore un peu, afin qu'ils prennent un minimum de champ. Ne plus sentir cette haleine de poussière, que l'eau minérale qu'ils avalent sans y penser transforme en une boue translucide se déposant et séchant rapidement dans les jointures de leurs phrases prévues.

Ils ne sont pas d'ici, mon pauvre Bergouze, d'ailleurs pas davantage. Expulsés d'aujourd'hui, ils érigent des camps comme d'autres vomissent des zones pavillonnaires ; pour nous y installer. Même leurs sourires sont menaçants, et l'on se prend à rêver de ton caveau pour échapper à leurs regards.

Aéropage

NON ! il n'y a pas de faute dans mon titre. C'est juste que, ce soir, profitant d'une circulation parisienne censée être fluide, j'ai accepté courageusement d'aller me fourrer dans un traquenard éthylo-gauchisant, dans un bouge du Kremlin-Bicêtre appelé l'Aéro. Comme j'ai très peur d'une violente agression de la part des groupuscules trotsko-mao-ségolénistes (cherchez l'erreur), j'ai décidé d'emmener l'Irremplaçable avec moi, habilement grimée en chauffeur d'ivrogne.

Car je préfère prévenir les minorités collectivistes embusquées derrière la pompe à cervoise : dès qu'on fait mine de toucher à son homme, la dame se transforme en une machine à broyer du rouge, plus efficace que trois milices fascistes surarmées.

Il vaut mieux le savoir, avant de sortir imprudemment sa petite motion de synthèse...

jeudi 1 mai 2008

Mésange carnivore

Photo : Irrempe.



Dès que Swann et Bergotte s'en éloignent, il y a toujours une mésange pour fondre des nues (vous avez vu : j'ai réussi à placer l'adjectif-qui-fait-grimper-chez-Wikio !) et se précipiter voracement sur l'os qu'ils viennent de lâcher, afin d'en extraire la substantifique moelle.