mardi 15 février 2011

Tirez les premiers, Messieurs les Anglais !



Amis anglophones, savourez-moi ça jusqu'à la dernière goutte ! (Pour les monoglottes, il reste les sous-titres…)

D'une manière générale, on ne s'intéresse pas assez aux blogs suisses



Je viens de découvrir celui-ci par le moins calculé des hasards. Après avoir parcouru les trois ou quatre plus récents billets, il m'a paru digne de vous être signalé – ce qui est fait.

On notera que beaucoup de texte sont signés par un certain Caïn Marchenoir : il y a de la concurrence sur le pseudo…

dimanche 13 février 2011

Les glorieux révolutionnaires tunisiens prennent enfin des vacances. En Europe.


Il y a quelque temps, alors que le glorieux peuple tunisien ébauchait sa libération, desserrait les griffes du tyran agrippées à son cou, je disais en substance dans un billet (j'ai la flemme de chercher lequel – de toute façon on s'en fout) que cette insurrection était une très bonne chose, dans la mesure où, le dictateur chassé et la démocratie instaurée, les Tunisiens réfugiés en France auraient tous à cœur de repasser la Méditerranée afin d'aller participer à la fabuleuse reconstruction de leur mère patrie.

Raté. Contrairement à ce que je feignais de croire juste pour vous faire rire, c'est bien évidemment le contraire qui se passe, comme on l'apprend sans surprise disproportionnée dans cet article du Monde.fr – article où l'on relève par ailleurs cette phrase savoureuse (c'est moi qui souligne) :

« Cet exode intervient alors que le gouvernement tunisien de transition semble dépassé dans un pays en totale reconstruction après la chute du régime du président Ben Ali. »

Mot ancien et traditionnel : chaos.
Mot nouveau et modernœud : totale reconstruction.

Bref, ils sont déjà plus de cinq mille, ces petits chanceux de la révolution, à avoir débarqué clandestinement sur les côtes de l'Italie, laquelle commence à se demander ce qu'elle va bien pouvoir foutre avec eux, mais ce n'est pas le sujet. Ce que je me demande, moi, c'est ce qui a bien pu leur passer par la tête, pour fuir aussi vite un navire à bord duquel nos petits gauchistes ne rêvent que de s'embarquer pour souquer avec les autres vers des aubes splendides, ou en tout cas le prétendent à grands cris d'enthousiasme.

De deux choses l'une, n'est-ce pas : soit les Tunisiens n'ont pas de couilles, soit nos petits-bourgeois guévarisés sont des cons. Le choix reste libre.

samedi 12 février 2011

Les Égyptiens et les Palestiniens peuvent toujours s'accrocher !



Puisqu'on s'est mis à parler d'armée… Hommage ému à Israël et à ses combattantes.

vendredi 11 février 2011

Nos camarades gauchistes tombent amoureux des militaires


En Égypte, l'armée reprend les rênes du pouvoir, lâchées bien à contrecœur par le camarade Moubarak.

En France, les gauchistes exultent de cette grande et merveilleuse victoire du peuple égyptien, de l'aube nouvelle qui se lève à l'Orient.

Un détail m'aurait-il échappé ? C'est moi ou ils deviennent tous fous ?


Les nauséabondes dans mon sens (titre à la Nicolas…)


On sent peut-être mauvais de la cervelle, mais on sait s'amuser. Aujourd'hui, surtout dxdiag.

Heureusement qu'elle était là pour me sortir de de ma torpeur, parce que les blogs, aujourd'hui… Ils me font rire, les gauchistes et les soc'-dem' qui ne cessent de se vanter de leurs blogo-légions. Oui, c'est vrai, ils semblent nombreux, à premier regard, mais… Qu'ont-ils fait, tous, hier ? Ils ont comme un seul homme écouté leur modèle-obstacle, leur serpent Kaa, à savoir le président dont il ne faut pas dire le nom parce que ça salit la bouche et carie les molaires du fond. Pour, ce matin, en dire tous exactement la même chose.

Ils ne pourraient pas fusionner en un seul blog, nos modernœuds ? On gagnerait un temps fou. Celui d'aller lire dxdiag, par exemple.

jeudi 10 février 2011

Là, tout n'est qu'ordre et beauté…



Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche



Pour essayer de retrouver un peu de sérénité, après les tirs de shrapnels qui se succèdent sans discontinuer d'une tranchée à l'autre depuis quarante-huit heures, je me suis dit qu'une grosse niaiserie aragonnaise nous ferait le plus grand bien – je recommande de faire glisser ces alexandrins tout sucre et miel avec un blanc des côtes de Bourgogne. Mais chacun fera bien comme il voudra, et de toute façon le principal est de sourire et d'aller vers l'Autre.

(Mohammed, tu m'envoies les chants de rossignol et tu me balances le clair de lune en fond, s'il te plaît…)

Et en admettant même…

Personnellement, je ne déteste pas plus les étrangers que mes voisins. Je suis même fort satisfait des contacts épisodiques et brefs que je puis avoir avec les uns comme avec les autres. En revanche, non seulement j'apprécierais peu que le voisin en question vienne s'installer dans mon salon – façon Abdallah dans Tintin – sous prétexte que ma maison est plus confortable que la sienne et mon frigo mieux rempli, mais je finirais par me fâcher et devenir méchant s'il se mettait dans l'idée de faire également venir son beau-frère, qui habite la rue suivante, ses cousins qui vivent dans le village d'à côté, et sa vieille mère qui dépense une fortune pour sa maison de retraite. Et il aurait beau être poli, aimable, voire prévenant, mon voisin, ça ne changerait rien à l'affaire.

C'est une chose qui m'a frappé, hier, en lisant certains des commentaires ayant atterri sur ce blog ces derniers jours – je parle de ceux qui concernent mes billets musulmanofuges. Il y est très souvent question de délinquance, de criminalité, d'incivilités, etc. Certains commentateurs pointent la lourde responsabilité de nos frères exogènes dans l'augmentation d'icelles ; d'autres aussitôt reprochent aux premiers de manipuler de simples faits divers dans des buts idéologiques (car chercher à sauver du naufrage ce qui pourrait l'être encore, cela s'appelle un but idéologique).

Tout ce petit monde semble donc considérer que le problème (ou le non-problème…) ce sont les immigrés délinquants. Or, non, pas du tout. Le problème, comme l'a parfaitement vu et simplement dit Brice Hortefeux il y a déjà quelque temps, c'est le nombre de migrants qui se déverse chaque année sur le sol de France. (Nombre qui se trouve bien sûr aggravé, surmultiplié, par la radicale et hostile étrangèreté de l'islam à l'encontre de tout ce qui n'est pas lui, mais ce n'est finalement qu'une question annexe, presque un point de détail.)

En admettant même que les musulmans renoncent à récriminer à tout propos, à bloquer les rues les soirs de prière et à exiger des mosquées à chaque tournant de rue ; en admettant même qu'ils adoptent les jolis principes de la laïcité d'un cœur bondissant de gratitude ; en admettant même que leurs enfants renoncent à bolosser les nôtres au nom du respect qu'ils estiment leur être dû ; en admettant même que, du jour au lendemain, on ne rencontre plus que des souchiens estampillés dans les prétoires des tribunaux et les cours fermées des maisons d'arrêt ; en admettant même qu'ils deviennent radicalement autres que ce qu'ils sont aujourd'hui, il n'en resterait pas moins qu'assister à la colonisation de quartiers, de villes et sans doute bientôt de départements entiers serait encore un fait inacceptable – tout comme il semble inacceptable aux Tibétains d'être progressivement minoritairisés sur leur propre terre, et pour des raisons à peu près semblables.

Bien sûr, il serait plus facile de vivre au milieu de musulmans athées que de crypto-jihadistes ; d'étrangers s'appliquant à nous ressembler plutôt que nous reprochant à grands cris de ne pas devenir assez vite comme eux. Mais ça ne réglerait rien. Parce que le fond du problème, la vérité ultime, c'est que nous ne voulons pas devenir musulmans, nous n'avons aucun désir de nous africaniser – nous n'avons même pas tellement envie de les avoir chaque jour sous les yeux, et chaque jour plus nombreux que la veille.

Simplement parce que nous sommes encore capables de marquer la différence essentielle qui existe entre un invité et un monte-en-l'air. D'autant que le cambrioleur, lui, généralement, essaie au moins de ne pas troubler la quiétude de ceux qu'ils dépouille. Surtout s'il opère de nuit.

mercredi 9 février 2011

La petite sirène va-t-elle émigrer au Groenland ? Non, trop tard !

Voici une information qui ne pouvait tomber plus à point, comme illustration aux commentaires nombreux et fournis de mon billet de dimanche. On doit le long article dont elle est tirée à nos cousins québécois, et dont je vous sers un court extrait, dédié à tout ceux qui croient encore naïvement que la banquise protège de l'islam :

« À cause du racisme musulman, des populations indigènes du Groenland, les Kalaalits, qui sont danois depuis des siècles, sont obligées de changer de domicile. Les Kalaalit n’osent plus marcher dans leurs rues parce que des musulmans leur jettent des pierres ou les attaquent régulièrement de différentes manières. Le motif de ces agressions est incompréhensible et en même temps surréaliste : de nombreux adeptes de cette “religion de paix” voient les natifs du Groenland comme étant des “infidèles” ou même comme des bêtes sauvages ne bénéficiant aucunement de la protection des droits de l’Homme.

« […] Johanne Christiansen, l’une des femmes de la communauté Kalaalit ayant accepté l’assistance de l’État pour déménager, dit : « Je ne pouvais plus supporter d’être la cible de leurs constantes attaques. » Elle était harcelée par des Somaliens et des Arabes. « Ils n’ont absolument aucun respect envers nous. » Les musulmans disent aux Kalaalits qu’il faudrait carrément uriner sur eux car le Danemark est devenu leur pays.

« À l’exception d’un ou deux journaux locaux danois, les principaux journaux européens n’ont jamais évoqué ces faits. Au contraire, le Süddeutsche Zeitung, champion du déni de réalité d’une « soi-disant menace d’islamisation » de l’Europe, affirme régulièrement que ceux qui mettent en garde contre l’islamisation de l’Europe font erreur, sont racistes, xénophobes, et sont accusés de toutes sortes de vilenies. (…) »


L'intégralité du billet est à lire ici. À condition d'avoir le moral bloqué au beau fixe.

mardi 8 février 2011

Stéphane Hessel ou le retour de la Castafiore

L'idée de ce rapprochement à première vue incongru m'est venue en lisant le dernier numéro de Causeur, dont le dossier s'intitule La République des indignés et contient une longue et belle et bonne interview d'Alain Finkielkraut que je recommande au bon peuple. Dans ce dossier également, un article de François Taillandier, Les pépins de la colère, dont je vous livre le dernier paragraphe alors que vous n'êtes même pas abonnés si ça se trouve :

« (…) qu'y a-t-il donc de si grotesque dans la posture de l'indigné ? Je hasarderai ceci : elle est un narcissisme. L'indigné est assurément sincère ; mais la sincérité ne nous protège pas de l'erreur, et d'abord de l'erreur sur nous-mêmes. L'indigné, au fond, même s'il ne le sait pas, est beaucoup moins soucieux du scandale, de l'injustice contre quoi il exhale ses fulminations que de montrer à tous qu'il a une belle âme noble. Et montrer sa belle âme noble, il n'y a rien de plus dégoûtant. »

Évidemment, il y a d'abord la vanité fugitive de voir reprise par un écrivain que l'on aime l'image que l'on a soi-même utilisée plusieurs fois, celle de la belle âme, et que l'on pourrait aussi appeler le syndrome de Marguerite : Ah ! je ris de me voir si belle en ce miroir !

C'est alors que, dépassant pour ainsi dire le stade du miroir, et repensant à l'antédiluvien inventeur de l'indignationisme, je me suis aperçu que Stéphane Hessel n'était pas Marguerite, laquelle a sa noblesse, mais seulement et tristement Bianca Castafiore (avec Edgar Morin au piano ?). C'est-à-dire l'envahissante diva qui, jouant de son pouvoir orphéonique, assène de sa voix puissante et fausse qu'elle est si belle en ce miroir, mais en ayant bien garde d'aller s'y contempler. S'il l'avait fait, qu'aurait-il vu ? Un vieillard affublé d'un keffieh pour singer la jeunesse, renvoyé par une surface lisse et radicalement étrangère puisque réfléchissante.

lundi 7 février 2011

À question du jour, réponse facile



Mais qui est donc ce mystérieux Didier Saint-Aubin ?



dimanche 6 février 2011

Yahia, mein General !

Pour une raison qui continue de m'échapper, moi qui n'ai jamais fait mystère de mon soutien plein et entier à l'État d'Israël, je reçois régulièrement dans ma boîtamel les déjections inspirées du parti antisioniste – dont la page Facebook, au passage, semble à première vue constituée à 90 % par des prénoms à consonances arabes, lesquels Arabes ne sont pourtant pas le moins du monde antisémites ainsi qu'on se tue à vous le marteler derrière les étiquettes. Allez comprendre.

Bref, je viens tout juste de recevoir le dernier Protocole de ces Sages d'Anti-Sion. Comme on pouvait s'y attendre, les émeutes égypto-tunisiennes de l'heure mettent ces jeunes gens dans des états de frénésie prophétique tels que, durant un moment, j'ai cru avoir atterri par erreur chez mes Ruminants et être en train de lire les baveux enthousiasmes de ces pro-bédouins asilaires.

Mais non, malgré la proximité de ton et les effluves de zyklon B, j'étais bien chez les camarades de Dieudonné. Qui m'informaient de la grande et joyeuse nouvelle : grâce aux troubles se répandant dans divers pays arabes depuis quelque temps, il n'était plus tout à fait utopique de rêver à une prochaine destruction d'Israël – perspective dont nos petits amis antisémites se réjouissent évidemment grandement, ainsi qu'ils n'hésitent pas à le proclamer.

Et si vous ne me croyez pas, vous pouvez aller le vérifier ici.

samedi 5 février 2011

Chérie, tu les as mises où, mes lunettes de beauf et ma sacoche de fiote ?


Des pompes grotesques, une barbe ridicule, des lunettes de beauf et une sacoche de fiote : on se demande bien ce qu'elle a pu lui trouver, la petite frisée gracieuse, à ce grand dépendeur d'andouilles satisfait de lui-même…

(Photo prise au château de Chantilly, entre 1991 et 1995 probablement.)

Ô triste, triste était mon âme…


Maria Schneider – 1952-2011

Quand j'avais vingt ans, j'étais amoureux d'une image…

jeudi 3 février 2011

Édouard Glissant donne l'exemple à Stéphane Hessel


Je sais qu'il est très nauséabond de se moquer des écrivains amphigouriques, noirs et morts, ainsi que des résistants antisémitessionistes, pontifiants et bavochants d'indignation. – Et c'est pour ça que je le fais.

Désespérons Modernœud ou le sombre avenir de l'Égypte

Merci à Fredi, chevalier de l'Ordre de Maque, d'avoir attiré mon attention sur cet article du Figaro.fr. Ça change des larmes de bonheur séniles dont on est tout éclaboussé ces temps-ci, dès qu'il est question de l'Égypte. Voici :

«Si le régime iranien n'est pas renversé d'ici à deux ans, le mouvement auquel nous assistons en Égypte aboutira inéluctablement au basculement de tous les pays arabes dans l'islamisme.»

Fondateur il y a près d'un an de la Vague verte, mouvement d'opposition au régime de Téhéran, l'homme d'affaires exilé en Europe, Amir Jahanchahi, voit dans les événements en Tunisie et en Égypte la poursuite d'une stratégie iranienne de «prise de contrôle de la région» qui a déjà partiellement réussi en Afghanistan, en Irak, au Liban et à Gaza.

«Les États-Unis et l'Occident n'ont rien compris au danger de l'islamisme», poursuit l'opposant iranien dans des déclarations au Figaro. Il considère que Mohammed El Baradei, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique devenu porte-parole de l'opposition à Hosni Moubarak, est, en fait, un agent au service de la stratégie de la République islamique. «Les pays arabes, ajoute-t-il, ne pourront connaître une véritable évolution démocratique que si l'on renverse le régime d'Ahmadinejad, Hitler des temps modernes. Cela ne peut être fait que par les Iraniens eux-mêmes.»


L'intégrale.


mercredi 2 février 2011

Mon ami XP est très énervant (surtout si on est de gauche)

Voici un extrait de son dernier billet sur ILYS. Comme ça, juste pour le plaisir des uns et la fureur des autres :

(…) EN 2011, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le gauche est en état second devant les révolutions populaires en Égypte et en Tunisie… Il se force à croire que l’histoire va transformer ses sornettes en vérité, qu’en la personne de la masse arabe, il a enfin trouvé une masse capable de se libérer toute seule et de se gouverner dans le calme, comme c'est écrit dans ses très vieux livres de pronostics, mais là encore, il sait bien dans son tréfonds que c’est l’homme de droite qui va gagner, que tout ça va finir en républiques islamistes et qu’il appartient définitivement à la catégorie des imbéciles, lui, l’homme de Gauche… Alors, plus que jamais, pour faire taire la petite voix, il surjoue l’enthousiasme, éructe de plus belle contre l’adversaire de droite quand il lui fait discrètement remarquer qu’il est encore en train de perdre, que les fous de Dieu sont déjà dans la place et que les Tunisiens viennent tranquillement de faire flamber leur première synagogue… Sans avoir l’air d’y toucher, nous venons de décrire le plus insupportable des cercles vicieux ; l’homme de gauche, il a désormais tellement de raisons objectives de le détester, l’homme de droite, qu’il ne va plus s’arrêter d’éructer et lui balancer ses thèses idiotes en pleine gueule, dans l’espoir de mieux se mentir et d’oublier qu’elles sont idiotes, justement.

L'unité est de Dieu et la diversité du diable

« Frédéric II interdit, sous peine de confiscation des biens, à tous les hommes et jeunes filles de Sicile de contracter un mariage avec des étrangers, c'est-à-dire avec des personnes qui n'étaient pas nées en Sicile, s'ils n'avaient pas une permission spéciale de l'empereur. Il justifie ces dispositions avec une profonde sagesse : « Souvent déjà nous avons constaté avec douleur qu'après que des peuples différents se sont mêlés, l'intégrité de notre royaume a souffert de la corruption du fait des mœurs étrangères. Depuis que les hommes du royaume de Sicile se sont mêlés avec des filles de non-Siciliens d'origine, la pureté des hommes s'est ternie et le mal et la faiblesse des sens allant croissant, la pureté a diminué parmi le peuple, salie par les paroles et les usages des autres. Ainsi le troupeau de nos fidèles sujets a été souillé par la semence de ces étrangers. » Cela explique que l'empereur ait édicté l'interdiction du mariage avec des étrangers, comme un remède contre l'“avachissement de la race” et contre la “bigarrure de la population du royaume”.

« Rien mieux que cette mesure ne saurait exprimer plus clairement la volonté de l'empereur de faire des Siciliens un peuple homogène, même par le sang. (…) Dans cet État rigide, fondé non seulement en théorie mais en pratique sur la necessitas rerum, tout tendait à l'unité, car l'unité était de Dieu, la diversité, du Diable. »

Ernst Kantorowicz, L'Empereur Frédéric II, chap. V, 2.

mardi 1 février 2011

Les gros réacs et le Péril vert


Il faut sauver Constance Margain !

Je savais que, à force de monter à n'en plus finir comme le veulent les discours les plus doxiques, le niveau des étudiants français atteignait désormais des sommets inversés dans le gouffre de l'ignorance. Mais au point de cette chère Constance Margain, je n'aurais pas cru cela possible. Lisant ce matin sa petite bafouille atterrie dans ma boitamel, et m'en réjouissant du style, je me suis demandé quel petit démon farceur avait poussé cette tapeuse électronique à se prétendre “doctorante en histoire contemporaine à l'université du Havre” au mépris de tout début de vraisemblance. Enfin, voilà ce que ça disait :

Bonjour
J'espère que vous recevez ce message sur le temps? S'il vous plaît j'ai besoin de votre aide, j'ai eu un voyage à Manchester City pour un séminaire de formation, malheureusement, j'ai été volé la nuit dernière sur le chemin de l'hôtel. Je suis actuellement à Manchester (Royaume-Uni) et je n'ai pas d'argent avec moi.
S'il vous plaît j'ai besoin d'argent pour rentrer à la maison.
Je veux que vous de bien vouloir m'aider avec un prêt de £ 1250 ou tout autre montant que vous pouvez m'aider à payer mes factures et faire des arrangements. Je vous rembourserai à mon retour.
S'il vous plaît laissez-moi savoir maintenant, j'ai accès uniquement aux e-mails à ce jour!
Je vais être en attente de votre réponse.


Ma chère Constance, je n'ai nul argent à te donner, mais un conseil oui : si tu veux sucer la moelle financière de tes contemporains les plus crédules, laisse tomber la manche – même de l'autre côté d'icelle – et fais-toi warrior modèle. C'est beaucoup plus tendance.


Rajout de 11 h 30 : Suzanne me signale qu'il existerait bel et bien une Constance Margain, doctorante en histoire contemporaine au Havre. En plus de nous prendre pour des imbéciles, notre tapeuse se serait donc livrée à une usurpation d'identité, ce qui est très vilain. Pour la peine, elle n'aura pas un rond, la mendigote ! Et mes plus plates excuses à la vraie, l'unique, l'irremplaçable et futur doctoresse Constance Margain.