jeudi 11 août 2011

Je me souviens d'un coin de rue…

On a parlé de Trenet ici, il y a quelques jours, et l'envie de lui consacrer un billet ne m'a plus guère quitté depuis. Ce matin, j'ai pu constater que Georges m'avait devancé. Et qu'en plus, il en parlait bien mieux que je n'aurais probablement su le faire. Donc, je m'efface et vous donne ceci :

« Pourquoi Trenet ? Pourquoi est-ce le seul ? Pour répondre à cette question, il faut avoir eu la chance de l'entendre accompagné par Albert Lasry, ce merveilleux pianiste qui est sans aucun doute l'accompagnateur idéal pour la chanson de Trenet. Ce n'est pas l'orchestre qu'il faut à Trenet, c'est le piano, l'instrument le plus abstrait qui soit, celui de tous les instruments qui peut les évoquer tous sans en faire entendre un seul, et il faut à ce piano un musicien qui, comme Trenet, ne fait qu'effleurer les choses, les désigner d'un doigt désinvolte et léger, sans jamais les incarner, sans jamais les faire vivre (comme on dit avec la laideur prétentieuse qui caractérise si bien notre époque), mais en leur donnant seulement un contour, une silhouette, et l'amorce d'un parfum. Lasry est idéal. (…) »

La suite est là-bas…

13 commentaires:

  1. J'ai écrit chez Dorham que "La folle complainte" était un chef-d'oeuvre. Cela dit, n'est-ce pas la nostalgie de nos époques de jeunesse, avec la sublimation qui l'accompagne, qui nous pousse à considérer que les artistes de ces époques étaient et demeurent à tout jamais insurpassables ?
    Pour autant, faut-il considérer que "nos artistes" n'auront jamais de dauphins, de prolongateurs, de disciples dignes de ce nom ?
    Naturellement, je m'attendais à ce que Brel, Brassens, Ferré, Nougaro, Gainsbourg soient ici rabaissés au rang de fumistes prétentieux et usurpateurs. Si tel est le cas, nous sommes des millions à nous êtres trompés. Quoique l'erreur collective ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l'autre.
    A moins que d'autres arrière-pensées soient à la manoeuvre derrière ces évaluations, j'allais dire, derrière ces condamnations ?

    Duga

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  2. Jacques Etienne11 août 2011 à 14:30

    Vote ami Georges est décidément un "ténébreux, [un] veuf, [un] inconsolé, [un] prince d'Aquitaine à la tour abolie" et un drille des plus joyeux. Il termine sans rire par : "Je ne suis pas si vieux que ça et j'ai déjà ce triste privilège d'écrire quelque chose que plus personne, parmi les passants sur ce blog, ne comprendra." Question : pourquoi écrire, dans ce cas ? A moins, bien entendu, qu'il attende la compréhension de ceux qui ne le lisent pas ?

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  3. Duga, je ne peux évidemment répondre que pour moi : aucune sublimation, je crois, dans la mesure où j'ai énormément aimé la plupart des chanteurs que vous citez et que je m'en suis dépris ensuite, à l'âge adulte si vous voulez. Pour Trenet, c'est l'inverse : je ne l'ai réellement découvert que vers 24 ou 25, et ma dilection quasi exclusive pour lui n'est venue que petit à petit.

    Et je crois pas m'être “trompé” : pourquoi devrions-nous aimer les mêmes choses à 40 ans qu'à 16 ou 17 ?

    Jacques Etienne : En effet, Nerval lui va très bien, je ne m'en étais jamais avisé. Pour le reste, je crois comprendre parfaitement ce qu'il veut dire, le ressentant souvent moi-même (et en tenant compte d'une probable exagération dans l'expression, chez Georges) : j'ai souvent ce sentiment d'écrire certaines choses en pure perte, notamment si je me réfère à mes supposés lecteurs de… disons : de moins de 40 ans, pour faire vite. Cela ne signifie pas qu'ils soient ceci ou cela, mais simplement que leur âge leur interdit de comprendre certaines choses – et, au fond, c'est tant mieux pour eux.

    Pourquoi écrire tout de même ? Je ne sais pas : l'envie, le besoin de témoigner tout de même de certaines choses qui furent ?

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  4. Duga, j'ai oublié : d'accord avec vous au sujet de La Folle Complainte.

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  5. Je pense qu'au critère d'age (la maturité), il faut ajouter le critère de contexte. Celui qui n'a pas connu le contexte d'après guerre, cette période euphorisante malgré les difficultés, ne peut véritablement apprécier cette légèreté, cette insouciance, cet enthousiasme et cette finesse et qualité de langue qui symbolisent Trenet.
    Si Trenet débutait sa carrière aujourd'hui, c'est à se demander s'il aurait même la possibilité de s'exprimer tant le climat est anxiogène et empreint de sériosité, tant notre langue est ampoulée et dévoyée.
    A cet égard, y a t'il aujourd'hui des équivalents à Bobby Lapointe ou à Pierre Dac ? Non. Il n'y a plus que des chanteurs tristes, sombres, désabusés et des humoristes se fondant sur le sarcasme et le cynisme.

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  6. Au dessus, c'est Duga

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  7. Très franchement, qu'il n'y ait pas d'équivalent à Bobby Lapointe me réjouirait plutôt…

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  8. "je m'en suis dépris ensuite, à l'âge adulte si vous voulez. Pour Trenet, c'est l'inverse"

    Tout pareil à Didier Goux!

    La chanson Française dans sa totalité me laisse de plus en plus indifférent, à l'exception de Trenet que j'aime de plus en plus.

    Et puis rentrer dans le lard de Feu Nougaro, c'est toujours une bonne action.
    Lui, c'est épidermique, je le déteste. C'est rare de détester une chanson et son interprète, mais Nougaro...
    Rassurer-moi, ça fait ça à d'autres?

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  9. Ah, Bobby Lapointe !

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  10. Enfant, j'écoutais Trenet sur un gramophone à manivelle.
    Plus tard j'ai assisté plusieurs étés de suite à des récitals au théâtre de verdure de Nice.
    Et lors d'un de ses derniers concerts j'étais encore là, à l'Esplanade de Saint-Etienne.
    Je peux dire sans forfanterie que Charles Trenet fait partie de ma vie.
    Mais lorsque Georges écrit : "ce pays dont une mordante nostalgie me fait comprendre qu'il ne subsiste plus que dans les photos jaunies..." je dis : erreur ! qu'il aille donc voir ce qui se passe du côté des monts de Lacaune.

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  11. XP : pareil, pour Nougaro. Peut-être en moins fort, mais pareil.

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  12. Mildred : je n'ai vu Trenet qu'une seule fois, vers 1993, au Palais des Congrès à Paris. M'avait étonné le fait qu'il soit accompagné par deux pianos…

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  13. Pas d accor Nougaro un très grand monsieur un des 5 auteurs les plus impressionnants avec Ferre Vasca Gainsbourg et Bertin de plus une voix exceptionnel un sens du rythme des textes de haut niveau un placement étonnant bref un poète de grande qualité de plus un sens de la scène qui pour moi surpasse Hallyday en France alors chercher l erreur Nougaro m à fait aimer le jazz et la poésie! C EST DÉJÀ PAS MA

    Cco

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