vendredi 6 mars 2009

Le Merveilleux Subconscient de Maître Cannavo

Richard Cannavo n'est pas n'importe qui : il est le directeur de la rédaction de Télé-Obs – supplément que nous qualifierons désormais de presse Cannavo. C'est vous dire si on peut compter sur cet homme-là pour ne jamais mordre la ligne jaune du politiquement correct ; le lecteur, rassuré d'emblée, sent bien qu'il pourra toujours compter sur Maître Cannavo pour combattre le lepénisme larvé, pourfendre toutes les machinophobies passant à sa portée, pratiquer de vigoureux curetages à vif sur les ventre-encore-féconds-d'où-naquit-la-bête-immonde. Un p'tit gars bien, en somme.

Sauf que, parfois, une petite voix grêle et insinuante se fait entendre à son insu, parvenant, durant une fraction de seconde, à couvrir le mâle organe éditorial auquel nous sommes accoutumés : c'est le subconscient de Maître Cannavo qui s'invite à la table au moment du dessert. Ça n'arrive pas souvent, mais ça arrive. Par exemple, cette semaine, à l'occasion d'un portrait hâtivement crayonné de Jean Marais, voici ce que dit soudain la petite voix (c'est moi qui souligne) :

« Un homme courageux aussi : héros de guerre (...), il lutta contre l'homophobie et le racisme en un temps où ces causes étaient de vrais combats. »

Ah, ça, Monsieur Cannavo, deviendriez-vous fou ? Seriez-vous en train de sous-entendre que nos petits croisés de la modernité modernante ne se jettent par pleines brassées dans ce genre de "luttes" (comme ils disent) que parce qu'elles ont déjà été gagnées par d'autres et que faire mine de les soutenir ne présente plus le moindre risque ? Pas bien joli joli, ce type d'allusions nauséabondes, savez-vous ?

Histoire d'aggraver votre cas, vous eussiez pu ajouter qu'un soir de 1943, ce même Jean Marais gifla publiquement le critique théâtral de Je suis partout, Alain Laubreaux, ce qui aurait pu lui coûter la liberté, voire la vie, sans l'intervention in extremis de Jean Cocteau. C'est que, à cette époque, la bête immonde fréquentait les mêmes cafés que tout le monde, et que l'affronter était plus difficile que de frissonner à bon compte, aujourd'hui, devant des ventres-encore-féconds depuis longtemps stériles...

13 commentaires:

  1. Un homme courageux, héros de guerre surement mais surtout acteur insuportable... pire je ne vois guère que Jean Pierre Aumont !

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  2. On est d'accord sur ses talents de comédien ! À la place d'Aumont, dans le rôle du "pire je ne vois guère que", j'aurais volontiers cité Alain Cuny, pour ma part.

    Et, chez les femmes, Catherine Deneuve. Mais c'est un autre sujet...

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  3. "Et, chez les femmes, Catherine Deneuve"
    Enfin! Il n'est que temps de déboulonner cette statue!
    Une actrice, ça? La vois criarde, le visage sans expression (et je ne parle pas de maintenant où forcément...), le jeu toujours égal à lui-même, c'est à dire immuable quel que soit le film...
    Il suffit qu'elle fasse partie du casting pour que je m'abstienne de regarder!

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  4. Orage, bien d'accord avec vous !

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  5. Qu'est-ce que vous vouliez dire ou prouver avec ce commentaire? Que Marais était un bon garçon, oui, Cocteau aussi, oui, Cannavo aussi, oui.

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  6. Délicieux billet...

    D'accord avec la majorité pour Catherine Deneuve : insupportable, et même hideuse. Elle qui a tourné avec les plus grands, elle a publié il y a quelques années son « journal » de tournage en quelque sorte. Elle ne voit rien, toute préoccupée de sa petite personne insignifiante, des histoires de maquillage et de coiffure !

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  7. En fait, Deneuve ne vaut vraiment le détour (comme on dit dans le Michelin) que pour les deux films de Buñuel et le Répulsion de Polanski. Parce qu'elle ne dit pratiquement rien.

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  8. Henri : le qualificatif de "bon garçon" appliqué à Cocteau me semble bien étrange.

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  9. La gifle à laquelle vous faites allusion, n'aurait-elle pas inspiré la scène équivalente du film de François Truffaut, "Le dernier métro"?
    Aïe! avec Deneuve, je crois…

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  10. Monsieur le Coucou, je me souviens que c'est effectivement ce qui avait été dit lors de la sortie du Dernier Métro, au début des années quatre-vingts. Cela rend d'ailleurs d'autant plus étrange, dans un récent téléfilm consacré à Max Jacob (Monsieur Max, avec Jean-Claude Brialy dans le rôle-titre), l'incarnation de Jean Marais, durant la période de l'Occupation, sous les traits d'un petit giton futile et lâche ricanant aux mots d'esprit de Cocteau et dépourvu de la moindre sympathie envers les victimes de persécutions.

    Sinon, arrêtez, les uns et les autres, je vous prie, de dire du mal de Catherine Deneuve. Elle joue quand même dans Cyprien. À première vue, cela a certes tout l'air d'une sous-merde, mais il est malgré tout possible que ce ne soit qu'une simple merde.

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  11. Le Coucou : c'est exact, pour Truffaut. À ceci près qu'il a mêlé deux personnages en un : pour la gifle, il s'agit bien d'Alain Laubeaux. Mais, à la toute fin du film, il est dit que le personnage devait mourir dans les années soixante d'un cancer du poumon : ça, c'est Lucien Rebatet.

    Chieuvrou : jamais entendu parler de ce film : je vais cliquer sur le lien (à mes risques et périls...).

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  12. Vous êtes sûr qu'elle joue dans cette daube ? Remarquez, il faut bien que les vieux mangent, hein ?

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  13. Et, pour manger, la daube semble tout indiquée...

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