mercredi 23 décembre 2009

Vous dites ? Gide ? Vous écrivez ça comment ?

Tout à l'heure, descendant fumer, je m'engouffre dans l'ascenseur à la suite de deux jeunes filles, 15 ou 16 ans pour autant que je puisse en juger. L'une d'elles expliquait à l'autre qu'elle s'était fait reprendre par je ne sais qui, pour avoir dit “par contre” plutôt que “en revanche”. Je lui dis alors, tandis que la cabine s'ébranle, que depuis qu'André Gide en a décrété ainsi, on peut désormais utiliser “par contre”.

Elle : – C'est qui, Gide ? Durant une seconde, je crois à une plaisanterie. Mais non : devant mon silence, son amie réitère la question. Aucune de ces deux filles, qui doivent bien aller au lycée, je suppose, n'avait jamais entendu parler de Gide. Je précise qu'elles avaient l'air plutôt éveillé, s'exprimaient presque correctement, et ont même fait preuve d'une certaine curiosité intellectuelle, puisque, lorsque je leur eus donné le renseignement, l'une d'elles a sorti une espèce d'iPhone de sa poche afin de noter le nom de l'écrivain. Et que, plus tard, sur le parvis, elles m'ont très aimablement remercié de leur avoir appris quelque chose.

J'ai un certain nombre d'amis professeurs qui, parfois, lorsqu'ils sont en verve, me dressent un tableau apocalyptique de l'Éduc' Nat' (c'est tout ce que ça mérite, comme nom...) ; il m'arrive de les soupçonner de noircir un peu le tableau, par esprit de vengeance pour ainsi dire. Or, je me suis bel et bien trouvé face à deux filles ayant l'âge d'être en troisième ou en seconde, pas sottes et l'esprit curieux, qui n'avaient jamais entendu prononcer le nom d'André Gide. J'en ai été atterré tout le temps que ma cigarette a mis à se consumer, puis je m'en suis amusé : venant après les deux extraits mis en ligne ici de La Grande Déculturation, ces deux adolescentes, innocentes victimes d'un “corps enseignant” en complète déréliction, m'ont fourni la plus belle et la plus pertinente des illustrations.

En plus, elles étaient souriantes.

44 commentaires:

  1. Bonjour Didier,
    en cette veille de Noël, j'ai le temps de surfer sur votre blog et d'y participer. Il m'est arrivé à peu près la même chose il y a quelques années. J'ai étudié dans ce qu'on appelle une grande école de commerce...vous connaissez le discours et bien une étudiante de ma promotion, de l'âge de 22-23ans, jolie, intelligente, curieuse d'esprit...m'a demandé qui était Jacques Dutronc alors que je parlais de lui...Jacques Dutronc...
    Donc j'ai fait l'hypothèse que nous avions chacun en nous des points noirs, des terres blanches culturelles...je suis certain qu'il doit y avoir une chose que tout le monde connaît, un artiste, un roman, un mot, un homme politique...un immense acteur ou je ne sais quoi dont je n'aurai jamais entendu parler...quelque chose qui serait passé par tout le monde, sauf par moi...

    Quant aux deux jeunes filles, j'imagine qu'elles sont plus le produit d'une ignorance crasse transmise par l'Educ Nat' plutôt qu'une terre blanche culturelle
    de Gide...voilà ce qui illustre vos billets sur Renaud Camus.
    Mais ce qui m'inquiète le plus est bien évidemment que ces deux filles n'ont jamais vu "le père noël est une ordure", film rediffusé tous les ans dans lequel une réplique fait allusion Gide et Proust...

    Cherea

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  2. « Camus C.A.M.U ? »

    Pour ma part, pas étonné que des filles de 15 ans n'aient jamais entendu parler de Gide : c'était déjà le cas il y a vingt ans.

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  3. Après son unique entrevue avec Gide, Arthur Cravan note qu'il avait du coton dans les oreilles...
    Les filles de l'ascenseur, elles, doivent avoir des écouteurs ou des trucs du genre...

    Il est pas beau le Progrès... ?

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  4. Vous avez bien fait: valait mieux s'engouffrer dans l'ascenseur que dans les jeunes filles...

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  5. Elles étaient souriantes...et mignonnes? ;)

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  6. J'ai eu un temps une collègue prof de Lettres classiques qui faisait "étudier" un truc de je ne sais qui et dont le titre était grosso modo "le retour d'Ayachi", un petit marocain. Quand j'ai osé lui demander pourquoi, j'ai obtenu la réponse que vous attendez : "ça, au moins, ça leur parle.... Molière, Corneille, tout ça, ça ne leur dit rien du tout, c'est totalement étranger à leur "culture". Donc, faut s'adapter"... Imaginez mon mépris. Le programme existe encore, en théorie, mais les enseignants s'asseyent dessus, pour la plupart, pour pouvoir continuer à venir dans leurs classes tous les jours. Faut voir aussi... Alors Gide...

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  7. Bonjour Didier,

    J'ignorais que Gide était intervenu sur cette question. Par contre (héhé), je le savais, le saviez-vous, responsable de l'absurde orthographe de mise en abyme. Dingue non ?

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  8. Et ce midi j'ai expliqué à ma soeur qui étaient Cervantès et Don Quichotte... Le tableau peut difficilement être plus noir que la réalité.

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  10. Alexandre Soljenitsyne
    Pablo Neruda
    Heinrich Böll
    Patrick White
    Eyvind Johnson
    Harry Martinson
    Eugenio Montale
    Saul Bellow
    Vicente Aleixandre
    Isaac Bashevis Singer
    Odysséas Elýtis
    La plupart d'entre nous connaissent quelques noms (trois ?)dans cette liste, et pourtant...

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  11. Je me demande combien de jeunes (moins de 30ans) professeurs de français ont lu un livre de Gide, un seul. Combien ont lu Don Quichotte en entier. J'ai un enfant en troisième, au collège. Il étudie Claude Gueux (au programme), et les seuls livres qui ont fait l'objet d'une lecture commune sont des livres "éditions ados". Je recopie la 4ème de couverture du dernier, que j'ai sous les yeux, rien que pour faire s'étrangler Didier (j'ai un mauvais fond, on le sait.)
    "Mei est née en Chine. Elle vit depuis six ans à Sponge avec Hua, sa mère, qui s'échine au noir pour un tout petit salaire dans un atelier de confection. Aucune des deux n'a de papiers français. Or, les gendarmes de Sponge ont reçu des ordres: il faut faire du chiffre et donc expulser les sans papiers de la ville. Tom, Léo, la directrice de l'école, le clochard du square et plein d'autres encore, vont se mobiliser pour que Mei et Hua restent à Sponge où elles ne mettent pas en danger l'ordre social ni l'économie du pays.
    Un roman d'actualité, un cri d'alarme et de colère"

    (Jean-Paul Nozière, tu peux pas rester là)

    Et PRESQUE TOUS les romans ados sont comme ça. Quand on étudiera l'époque, dans vingt ou trente ans, on se dira "c'est pas possible.."

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  12. Et encore ce roman là, il est bien écrit pour un roman d'ado. J'ai lu, du même auteur, trois petites mortes (un bon polar). Pas mal, Nozière Mais ce n'est pas de la littérature, c'est de la lecture plaisir. Le temps est compté, pour les heures de cours. Si le niveau des élèves est faible, pourquoi ne pas piocher dans des extraits choisis, de la belle langue ?

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  13. Bon, je réponds plus tard à tout le monde : là, j'ai boulot...

    Mais, s'il vous plaît, arrêtez avec vos témoignages, ça me donne envie de pleurer !

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  14. Bon courage Didier et Joyeux Noël !
    Joyeux Noël à tous.

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  15. Tzatza : Cinq seulement pour moi, et encore, Bellow, je n'en ai pas lu un livre entier, je n'aime pas.

    Alexandre Soljenitsyne
    Pablo Neruda
    Heinrich Böll
    Saul Bellow
    Isaac Bashevis Singer

    Ce sont tous des prix Nobel de littérature, et vous voulez dire qu'on s'étrique le cerveau avec nos petits auteurs franchouillards ?

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  16. Non, ce n'est pas ce que je veux dire précisément, je veux simplement relativiser la notion de culture dans le temps et l'espace.
    Quels écrivains retiendra t on dans 100 ans ?

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  17. Voyons... Quand ai-je pu entendre parler de Gide durant mes années de lycée il y a bien des années et juste un peu après votre époque ? Jamais ! Je l'ai découvert dans le bouquin de français de terminale (oui, j'ai fait du français en terminale), mais notre prof a préféré nous parler de Giraudoux, d'Anouilh, de Cocteau, de Christiane Rochefort, de Prévert ou de Vian (les trois derniers étaient sa concession moderniste).

    Ensuite, je l'ai lu à peu près en entier, pas simplement par obligation pour les examens puisqu'il n'a jamais été au programme en fac dans quelque UV que ce soit. Claudel, oui. Péguy, oui. Francis Jammes, oui. Valéry, trois fois oui. Proust, on ne compte même pas. Mais Gide ? Je me demande même s'il a été un seul jour au programme de l'agrégation.

    Je ne sais d'ailleurs quel livre de Gide je pourrais recommander en classe de lycée. Les Faux-Monnayeurs, mais il faudrait expliquer bien des choses sur le surréalisme ou la haine de Cocteau aussi. Les Caves du Vatican ? Je suis certain de me faire écharper pour défaut de laïcisme et apologie du crime gratuit. Dois-je conseiller un livre plus pédophile comme l'Immoraliste ? Une collègue documentaliste a placé en rayon Corydon et je trouve cela totalement incongru tellement c'est absurde même d'un point de vue zoologique.

    Bien sûr Gide dérange encore, mais il était fort peu enseigné avant aussi : on ne trouve que des pages fort convenues et scolaires (d'un style à la mode Alphonse Daudet) de Si le grain ne meurt dans les anciens manuels. Le reste était oublié et l'on oublie aussi qu'il était déjà oublié.

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  18. Gide, j'en ai à peine entendu parler au lycée, il devait y avoir un livre de lui dans la liste des "ouvrages à lire si vous avez le temps" que le prof nous avait donné.
    La baisse de niveau, je l'ai prise dans la figure le jour où un(e) lecteur(lectrice) de mon blog m'a dit que je faisais des fautes de conjugaison. Il(Elle) n'avait, semble-t-il, pas entendu parler du passé simple.

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  19. Rhô l'autre, il connait même D.J. Gide !
    Il est nul mais trop, quoi !
    :-))

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  20. « L'une d'elles expliquait à l'autre qu'elle s'était fait reprendre par je ne sais qui, pour avoir dit “par contre” plutôt que “en revanche”. »

    Rassurez-vous en pensant que ce « je ne sais qui », c'était sans doute son professeur de français. Qui, lui, connaissait André Gide, du coup...

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  21. Décidément, Dominique m'émerveille à tous les coups. Au point que je me demande où il a bien pu passer son existence, en dehors du fabuleux monde champignacien. Et à quelle génération il peut bien appartenir (je dirais né au début des années soixante, et c'est bien ce qui me laisse perplexe).

    Je me souviens très bien avoir entendu parler, et longuement, par mon prof de français, d'André Gide au lycée en classe de seconde (notamment des "Caves du Vatican"). Le prof de troisième en avait aussi parlé brièvement.

    Je me souviens également avoir étudié "Les faux monnayeurs" dans le cadre du "roman", en Lettres Sup.,

    A vrai dire, j'en avais entendu parler bien avant; il y avait la plupart de ses livres chez mes parents. Mon grand-père citait volontiers "Retour de l'URSS" pour signifier ; "il avait déjà compris, à l'époque...".

    Mon arrière-grand-mère, qui n'avait fréquenté que l'école primaire jusqu'à dix ans (à onze, elle avait commencé à travailler), envoyait ma mère lui chercher des bouquins à la bibliothèque municipale du patelin paumé (non, c'était pas Champignac mais ça devait ressembler) le plus proche du hameau où elle avait atterri, seule avec ses six petits-enfants de six mois à quinze ans après l'exode pendant la guerre. "Tiens, tu me ramèneras André Gide ou Balzac"... la lecture était sa seule distraction.

    Mais à y bien penser, je crois avoir trouvé pourquoi Dominique m'émerveille autant: parce qu'il défend systématiquement des gens dont non seulement l'arrière-grand-mère n'a jamais entendu parler de Balzac, et encore moins d'André Gide, ce qui peut se concevoir, mais qui eux-mêmes n'en ont jamais lu une ligne aujourd'hui.

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  22. Mon cher Didier Goux, je vous trouve d'une naïveté confondante. Si vous saviez ce que j'ai pu entendre, jusque dans des endroits où l'on est censé former l'élite de la nation...

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  23. Floréal : Décidément, Dominique m'émerveille à tous les coups. Au point que je me demande où il a bien pu passer son existence, en dehors du fabuleux monde champignacien. Et à quelle génération il peut bien appartenir (je dirais né au début des années soixante, et c'est bien ce qui me laisse perplexe).

    Vous supposez bien pour ma date de naissance, mais si j'ai voulu lire Gide c'était de mon propre fait et je dois dire que mes profs de seconde, première et terminale ont refusé Céline, Vallès ou Aragon que je leur proposais parce que j'étais un peu révolté. Et aujourd'hui, je refuserais également d'enseigner certains des textes de Gide* parce qu'ils ne correspondent pas vraiment aux valeurs que je dois transmettre dans un cadre républicain. Je suis désolé, mais je suis d'abord républicain et démocrate, pas nationaliste, cela peut vous chagriner.

    * Il m'est arrivé de prendre certains extraits pour des devoirs ou des commentaires composés. Mais je les ai choisis en connaissance de cause et parce que cela correspondait à ce que j'enseignais en grammaire. Pas comme œuvre au programme et pas comme auteur à inscrire malgré tout parce qu'indigne comme le dit Didier Goux.

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  24. Je dois avouer que j'ai commis un lapsus fort révélateur dans mon dernier message. Cela montre un peu mon état d'esprit et ce n'est pas du meilleur français.

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  25. "Pas comme œuvre au programme et pas comme auteur à inscrire malgré tout parce qu'indigne comme le dit Didier Goux."
    Où Didier Goux dit-il que Gide serait indigne de figurer au programme ? Au lycée, s'entend. Je n'ai pas lu la même chose que vous, moi. Il s'inquiète (s'indigne) seulement de ce que les deux filles n'aient jamais ENTENDU LE NOM DE GIDE. On est loin même de la lecture ou de l'étude. Seulement le NOM.

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  26. À tous : bon, Marine m'a compris : je n'aurais nullement été surpris que ces deux filles n'aient pas lu Gide, bien entendu : déjà à mon époque, dans une classe de quarante, on aurait compté les lecteurs de Gide sur les doigts de la main gauche de Django Reinhardt. Mais qu'elles entendent aujourd'hui, dans l'ascenseur, son nom pour la première fois, ça...

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  27. Didier Goux : encore une blague sur les handicapés et je préviens la Halde dare-dare !
    :-))

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  28. Didier Goux : déjà à mon époque, dans une classe de quarante, on aurait compté les lecteurs de Gide sur les doigts de la main gauche de Django Reinhardt.

    Je suis plus d'accord avec cette proposition qu'avec ce qui précédait. J'ai pu faire étudier deux ou trois textes très scolaires de Gide en collège, mais de là à ce que son nom soit automatiquement reconnu et que l'on connaisse parfaitement l'histoire littéraire française en entrant au lycée...

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  29. Vous avez raison de râler ! Dans les années 60, il était encore de bon ton (aujourd'hui, on dirait branché) pour les jeunots, de lire Gide, comme en témoigne la chanson de Jacqueline Taieb, La fac de Lettres. Mais que s'est-il passé entre-temps ????

    Assis tout près de moi, il y a des gens de psycho
    Des petits gars boutonneux qui parlent de leur âme
    Et avec de grands gestes, chacun fait son solo
    Sur la pensée de Kant, de Bergson ou de Sartre
    Quand ça devient mignon, c'est une licence de lettres
    Petit costar cintré, grande fente dans le dos
    Qui vous dit volontiers, avec fierté peut-être
    Je ne lis que Gide, Verlaine ou Rimbaud

    http://www.youtube.com/watch?v=QZjExxr2S_c

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  30. Etonnant, pour Gide. Mais pas tant que ça, dans ce monde tourné vers le cinéma, les séries télé (voir ce qui se vend le plus dans les magasins actuellement, c'est fou)...
    Où voulez-vous que les jeunes aient le temps de lire vraiment?

    De plus: des ingénieurs (ponts et chaussées, arts et métiers), jeunes, la trentaine, m'affirmaient ne pas avoir étudié Voltaire car... leur prof de lycée prétendait ne pas vouloir étudier un écrivain raciste et esclavagiste.

    Les bras m'en sont tombés: toute une éducation à refaire!

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  31. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  32. Même sur la chaîne de montage la plus perfectionnée, on ne peut fixer un boulon là où il n'y a pas de trou... Pardonnez cette métaphore un peu prosaïque mais il me semble que tout commence, que tout devrait être préparé avant le premier pas d'un enfant dans une cour d'école.

    Pour le reste, les « explications » de Dominique montrent bien l'état de délabrement de la chaîne de montage de « la fabrique de crétins » :

    L'histoire du surréalisme comme préalable aux Faux Monnayeurs ou l'explication de la figure Passavant/Cocteau sont loin d'être nécessaires.

    « Défaut de laïcisme » dans Les Caves du Vatican ? Il aurait fallu l'expliquer en URSS où l'on voulait en faire un film...

    Faute d'être une « apologie du crime gratuit », l'étude de cette sotie pourrait montrer aux élèves les limites de l'acte gratuit qu'on leur vend à chaque instant à coups de « be yourself ».

    Corydon « absurde même d'un point de vue zoologique » et sans doute aussi « au niveau de l'histoire » ou « sur le plan littérature »...

    Et que dire de l'Immoraliste « livre pédophile » ?

    Le commentaire suivant discrédite heureusement ces jugements : « Et aujourd'hui, je refuserais également d'enseigner certains des textes de Gide parce qu'ils ne correspondent pas vraiment aux valeurs que je dois transmettre dans un cadre républicain. Je suis désolé, mais je suis d'abord républicain et démocrate, pas nationaliste, cela peut vous chagriner. »

    A tout prendre, je préfère ceux qui n'ont jamais entendu parler de Gide à ceux qui en parlent sans l'avoir lu. Ou compris.

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  33. Personne ne cite Julien Green ? Moïra, Minuit... J'étais folle de ses romans en seconde et ensuite, mais je ne me souviens plus si on en avait parlé en cours.
    Une chose que j'ai toujours regrettée, c'est de n'avoir jamais eu de cours sur Shakespeare.

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  34. @ Dominique

    "Nationaliste"? Je comprends bien que ça puisse vous arranger de le penser mais vous tombez mal. Vous savez je pense que je suis résidente à l'étranger et que mes enfant sont de père italien. Etant né dans les années soixante comme je le supposais, vous vous souviendrez sans doute que les italiens il y a trente ou quarante ans n'étaient pas toujours particulièrement bien vus.
    Inutile de vous dire que vous me faites doucement sourire, comme tous ceux qui pensent à sens unique.

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  35. Gide ? C'était le Frédéric Mitterrand d'avant la télé ? C'est ça ?

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  36. Allez Joyeux Noël ! En ce qui me concerne, j'ai découvert Gide en fouillant les bouquins de fac de ma mère (qui étudia en 1968... hi, hi, hi...) Et je suis tombé sur "la porte étroite". Cette œuvre, ce roman (même si Gide ne le considérait pas ainsi), ce livre donc, me donna envie de gouter à la petite bourgeoisie. Autant je me retrouvais dans le personnage de Jérôme, autant il me dérangeait. Mais j'aimais ce silence donné qui me rappelait mon arrière grand-père pétainiste... Certes, c'est con comme exemple, mais c'est le coté vieille France qui m'anime. Ce temps, cette lenteur... (Comme dirait Kundera..)

    Cependant, cette lecture, je le dois uniquement à ma curiosité, comme Céline, comme Bataille, comme Bernanos, comme Claudel... et pourtant, j'ai passé mon enfance dans les églises, les collèges-lycées privés catholiques, avec des profs en soutanes chaussés de sandalettes du pèlerin.
    Tout ça pour dire, que mon pote, prof d'histoire en lycée, agrégé, ne connait pas ce livre de Bataille, qui retrace le procès de Gilles de Rais. En fait, il ne connait ni Bataille, ni vraiment Gilles de Rais. Et je conclurais à la Desproges : "Etonnant, non ?"

    (au fait, j'ai quitté l'educ' nat' en 1993, en première S... J'avais trouvé le temps trop long et trop chiant...)

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  37. Nous voilà enfin débarrassés de Gide. Vive le XXIe siècle.

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  38. Connaître ou ne pas connaître le nom d'un auteur n'a pas grand chose à voir avec l'instruction et la culture.

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  39. A 15 ou 16 ans, elles sont seulement en seconde ou en début de première, elles n'ont jamais eu Gide au programme. Soyez honnêtes, et à moins que vous ne soyez issus d'une famille de gens cultivés, essayez de vous rappeler à quel âge vous avez lu Gide pour la première fois. Et il y avait beaucoup moins d'auteurs à lire que maintenant.

    Mon petit fils qui a 6 ans dessinait il y a quelques mois un géant avec un seul oeil. Je lui dis "c'est un cyclope?" il me répond : "oui, il s'appelle Polyphème" , et il me raconte l'histoire d'Ulysse et du cyclope.

    Avant de dire que les jeunes ne sont pas cultivés, demandez-vous plutôt par quel miracle ils peuvent résister à l'assaut d'informations de toutes sortes dont ils sont la cible en permanence, à commencer par la publicité, et par quel miracle ils arrivent à mettre un peu d'ordre dans tout cela.

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  40. « sur le parvis, elles m'ont très aimablement remercié de leur avoir appris quelque chose. »

    Un peu comme Socrate demandant à ses interlocuteurs de l'instruire, parce qu'il veut effectivement apprendre quelque chose. Mais en fait il ne sait rien. Le Socrate, il ne sait même pas qui est Gide ! c'est dire... Satanés incultes.

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  41. Je viens de vérifier auprès de ma fille (16 ans):
    - Si je te dis "Gide", ça t'évoque quoi?
    - Gide?! André Gide? L'écrivain?

    Ouf, sauvée!

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  43. Didier : il y a les soviétiques qui débarquent !
    :-))

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