Avril 2013
Il y a 2 semaines
« Portrait dépaysé je cherche mon cadre. »
« La vérité est que c'est le plus souvent par amour du luxe qu'on désire le bien-être, parce que le bien-être qu'on n'a pas apparaît comme un luxe, et qu'on veut imiter, égaler ceux qui sont en état de l'avoir. Au commencement était la vanité. »
« Voilà bien la suprême imbécillité du monde : lorsque notre fortune est malade, souvent du fait des excès de notre propre conduite, nous accusons de nos déboires le soleil, la lune et les étoiles, comme si nous étions scélérats par fatalité, sots par compulsion céleste, crapules, voleurs et traîtres par ascendant astral, ivrognes, menteurs et adultères par soumission forcée à l'influence des planètes ; et tout ce que nous faisons de mal, c'est par instigation divine. Admirable dérobade de ce putassier d'homme que de mettre son instinct de bouc à la charge d'une étoile ! »
Les écolos sont des gens conscients et responsables (je n'aime guère les diminutifs en général, mais je me refuse à appeler "écologistes" des gens dépourvus de toute formation ne serait-ce que vaguement scientifique). Allègrement catastrophistes, c'est dans leur nature, mais très responsables. Sérieux et cohérents, voyez.
Notre voyage commençait mal, il faut l'admettre : bien que partis à six heures du matin de la maison, nous avons tout de même dû affronter des bouchons sur les différentes autoroutes qui bordent la région parisienne. Ensuite, une fois le trafic derrière nous, filant vers Orléans, j'eus l'occasion d'éprouver mon premier véritable agacement de la journée.
Notre petite escapade toulousaine n'a pas consisté seulement à titiller les protons et à chatouiller les électrons. On a également découvert des choses, pour en admirer certaines et ricaner bassement devant d'autre.
Vendredi était le grand jour, pour Adrien : soutenance de sa thèse de doctorat de chimie, à l'université de Toulouse. Thèse dont l'intitulé m'a paru si glamour, dans sa simplissime clarté, que j'ai décidé de l'utiliser comme titre de ce message. La descente dans l'arène était prévue à dix heures.
Il a superbement parlé, bien que je n'aie pas compris un traître mot de ce qu'il a pu raconter : si ça se trouve, c'était rien que des conneries. Durant les dix premières minutes, en fait, je tremblais de trouille pour lui, persuadé qu'il allait fatalement perdre ses mots, avoir un trou de mémoire, etc. Après, je me suis progressivement rassuré. Ce qui n'a d'ailleurs pas entraîné chez moi une meilleure compréhension sur le fond de l'affaire.
Il faut dire que le fond en question, pour quelqu'un qui n'a jamais eu l'idée de tripoter des molécules, et encore moins de les forcer à s'accoupler à coups de ligands POP, était particulièrement vicieux, rétif à la comprenette du profane.
En effet, le motif de réjouissance finit par arriver : après s'être retirés pour délibérer durant un très long quart d'heure, les jurés reviennent, et le président annonce solennellement au futur docteur qu'il n'est plus futur mais bel et bien docteur. Et lui renouvelle les félicitations de tous les membres de ce jury.
Tout s'est donc passé normalement, nos joyeux modernes peuvent se rendormir : le pape est venu, on lui a répandu sur la tête les habituels tombereaux d'ordure ; les microscopiques progressistes, les infinitésimaux Dagrouik ont déversé leurs habituels petits jets de fiel, les troupeaux de Martine-à-vélo ont bavé leurs petits ricanements attendus, toutes les paramécies ont agité leur cils vibratiles dans la soupe primordiale.L'argument consistant à dire qu'on peut toujours aller lire ailleurs est irrecevable.Je suis désolé, mais in fine, il me paraît parfaitement recevable, même s'il n'est pas l'alpha et l'oméga de toute discussion : on peut en effet toujours aller lire ailleurs.
Surtout ici, où bon nombre de billets sont consacrés aux blogs qui hérissent Didier.
Il me semble normal de consacrer quelques (et non "bon nombre de") billets aux blogs qui me hérissent MOI, vu qu'on est, ici, sur MON blog.
On attend d'ailleurs qu'il s'attaque à plus gros gibier que des Fiso aussi inoffensive qu'omniprésente dans ses allusions, ou d'autres blogueurs confidentiels à quinze visites par jour.Il n'y a ni gibier ni chasseur. Nul n'a jamais dit que Fiso était offensive, et je ne crois pas qu'elle soit omniprésente ici (ou alors, il faut que j'aille consulter d'urgence).
Pédé ramollo au 32ème degré reste une insulte homophobe. Etc.En effet. de même que "grand con de Norvégien" reste une insulte scandinavophobe. Et ?
(...) pas la peine de faire la démonstration par l'absurde avec les grands cons de blonds Norvégiens, ou les cathos abrutis, c'est l'accumulation du reste qui me pousse à réagir. Il n'y a aucune géométrie variable là-dessus, juste un constat.Bien sûr. soudain, on est touché par la grâce, on arrache le masque bonnasse afin de révéler au monde le monstre qui se cache dessous. Parfois, l'opération est un peu longuette, mais on finit par y arriver.
Le rire ne ressortait pas de façon très nette. Je vois mal ce que les autres « blogs de provoc » viennent faire ici. Mais j'aime beaucoup le « à certains que tu ne tiens absolument pas en estime » : on sent que Rambo en a encore sous le coude...Mais ce qui me fait le plus marrer - parce que des blogs de provoc comme le tien il y en a d'autres - c'est la manière que tu as de faire avaler ces pilules "au 32ème degré" à certains que tu ne tiens absolument pas en estime. Et là, c'est toi qui surfe surla géométrie variable.
On s'est aperçu rapidement qu'avec Trondheim, on jouait petits bras : méchamment loin en dessous du cercle polaire ! presque le Midi, pour tout dire. En revanche, Tromsø se trouve 400 km au-delà du cercle polaire : pas une existence de pédé ramollo. D'autant que, sur ce site, on signale, mine de rien, qu'aucune ville de ce pays de grands cons aux cheveux délavés ne possède davantage de bars par habitant.
Si ça se trouve, dans un an, on sera là : à Trondheim, Norvège. Ce sont les dégâts collatéraux et imprévisibles des discussions d'apéro. J'ai émis, juste entre la bière Royale et le bourgogne aligoté, l'idée que j'aimerais assez aller passer un an près du cercle polaire, pour voir l'effet que font des journées de quasiment vingt-quatre heures, suivies par des nuits de même durée. L'Irremplaçable, parlant la langue, a sauté sur l'occasion, suivant son appétence pour les idées stupides. Il ne s'agirait en fait que de prendre un congé sabbatique d'onze mois (le maximum autorisé) et de foutre le camp, nos deux chiens sous le bras. On va voir.
À Olivier P.
J'avais pourtant bien prévenu que je ne voulais pas de la presse, mais l'Irremplaçable a réussi à nous piéger. Nous, c'est 1) Le vieux Jacques, 2) Nicolas, 3) moi. Sur la photo, manque Tonnégrande, pas encore arrivé, ou déjà reparti, ou pas encore revenu (ce garçon est parfois un peu agité).