dimanche 4 octobre 2009

Les Irlandais sont des couilles molles (grotesquement vêtues, en plus) !

« Ils ont voté, et puis après ? » chantait déjà Léo Ferré en 1967, avec une assez jolie prescience des clowneries à venir. C'est ce que viennent de faire les Irlandais. Pour ne pas risquer d'y aller une troisième fois, pour ne pas non plus être sifflés depuis la tribune officielle, ils ont choisi d'ôter respectueusement leurs grotesques chapeaux verts et de s'incliner bien bas devant nos maîtres bruxellois.

Finalement, les Français peuvent adresser un grand merci à Nicolas Sarkozy : grâce à son entourloupe parlementaire, à son petit traité empaqueté "cadeau Bonux" (je trahis mon âge, je sais...), il nous aura au moins épargné cet agenouillement, dont la conséquence ne fait aucun doute : quand on se retrouve le cul exposé, il ne faut pas venir s'étonner des suites douloureuses.

Du coup, je me retrouve d'accord avec mes petits amis de gauche... pour quelques secondes. Le temps du premier paragraphe, celui où ils s'égosillent au déni de démocratie. À l'alinéa suivant, je me mets à goguenardiser derechef, les entendant invoquer le peuple. Vous savez ? Ce fameux souverain aux mille bouches à qui les vertueux sociaux-démocrates qu'ils sont tous plus ou moins, à droite comme à gauche, ne doivent pas manquer de demander son avis pour ensuite le suivre scrupuleusement. C'est ça, la démocratie, mon petit pote ! Si on veut bâtir une Europe sociale, la vraie, celle du demain-matin-qui-chante, il faut écouter ce que le peuple a à dire et respecter sa volonté !

Fort bien, mes maîtres, fort bien. Demandons-lui donc son avis, au souverain d'en bas. Sur les 35 heures, sur la peine de mort, sur l'immigration, sur le mariage homosexuel, sur l'extension de la chasse, sur les éoliennes et le nucléaire, sur... sur... et encore sur... Et, là, quand vous aurez sa réponse, au monarque multi-tronches, vous verrez : fini, le peuple ! Disparu, évaporé ! Atomisé façon puzzle, pour n'être plus qu'un ramassis de beaufs rancis, frileux, trouillards et omniphobes ! Ce ne sera plus un souverain mais un caudillo, un duce, que dis-je ? Un führer ! Va en faire une tête, le peuple, quand il va se regarder dans le miroir qu'on lui tendra alors – qu'on lui tend déjà à la moindre occasion.

Heureusement, on ne lui demande rien.

18 commentaires:

  1. Ah! Mais quel billet, façon tonton flingueur ! Voilà de quoi m'encourager pour demain ! Merci Didier .

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  2. Démocratie, peuple, élection.
    Quand vous écrivez des billets de science fiction, je ne comprends plus rien.

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  3. Ce billet vaut le détour pour ce qu'il révèle de médiocrité, de petitesse et d'insignifiance. Je ne comprends pas comment on peut prendre du temps pour écrire ça... Vous n'avez rien de mieux à faire, vraiment ? Je ne sais pas, moi, sortez de chez vous, marchez un peu, ou bien ouvrez un livre... N'importe lequel, je vous assure. Ce sera toujours mieux que de vous user les doigts à ça. Car, figurez vous, je soupçonne que vous valez infiniment mieux que ce genre de billet de caniveau que l'on trouve à tous les coins de blog. S'il vous plait, ne me décevez pas !

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  4. Alors là pas d'accord anonyme.
    Il a du style et ce coup gueule-défouloir sont l'une des facettes du bonhomme. D'accord ou pas sur le fond, j'ai toujours plaisir à les lire.

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  5. Qu'est--ce qu'il a ce vote ? Il est très bien. Voilà qui va donner une bonne leçon aux Nonistes qui se pavanaient, il y a un peu plus d'un an, en estimant que le bon peuple irlandais avait parlé...

    Et les Irlandaises, au fait ?

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  6. Je savais bien que je ne lisais plus votre blog pour une raison qui m'échappait, aujourd'hui, elle me revient: le côté pisse-vinaigre que vous portez haut.
    Parfois. Ce soir, en tout cas.

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  7. C'est mieux que le côté pisse-froid non ?

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  8. Didier Goux, le président qu'il nous faut.

    J'adore quand il part ainsi à la chasse aux palombes. Il n'en rate pas une.

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  9. J'avoue que ce blog m'énerve souvent et que je me suis parfois aprêté à quelques phrases assassines à ce propos. Mais, là, bravo. Net et sans bavure. Avec ce qui vous sauve toujours malgré tout: le style.

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  10. Quel rapport entre la souveraineté et les 35 heures ?

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  11. Bon, mettons que le peuple soit con comme un manche, admettons, mais ensuite ? On fait quoi ?

    [Evidemment si on pose une question con, la réponse est con ! :-)) ]

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  12. Pluton : on n'a pas le choix, c'est flinguer pour ne pas se flinguer.

    PRR : parce que vous croyez que je comprends, moi ?

    Olivier : vous dites ça pour me faire peur ?

    Anonyme : signe tes bavures, on en recause après.

    Sniper : merci !

    L'Hérétique : je pense, moi, que ça ne peut que les renforcer, les "nonistes". Au moins dans leur conviction de se faire fourrer princesse.

    Orage : retournons à Zao Wou-Ki (absolument superbe : merci !)...

    Fraises & tendresse : je n'ai fait ce billet que pour stimuler votre mémoire, vous savez ?

    Yanka : des palombes ? En Normandie, pas l'ombre d'une...

    Hermès : mais pourquoi retenez-vous vos phrases assassines ? Ce n'est pas un blog de gauche ici : on supporte la contradiction, la moquerie et même la mauvaise foi !

    Nicolas : aucun rapport, c'était pour l'effet d'accumulation.

    Poireau : mais je n'ai pas dit que le peuple était con comme un manche ! Que nos belles élites, droite comme gauche, le tienne pour tel, ça en revanche me paraît évident.

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  13. "Finalement, les Français peuvent adresser un grand merci à Nicolas Sarkozy : grâce à son entourloupe parlementaire, à son petit traité empaqueté "cadeau Bonux" (je trahis mon âge, je sais...), il nous aura au moins épargné cet agenouillement, dont la conséquence ne fait aucun doute ...": je ne suis pas certaine que le oui l'aurait emporté chez nous, en cas de second referendum. Le peuple a de plus en plus conscience de se faire couillonner avec leur Europe.
    J'en prends pour témoins, entre autres, les pêcheurs français de coquilles Saint-Jacques que l'on voit gentiment rejeter à la mer les coquilles de moins de 11 cm (j'imagine les commentaires goguenards que ce moins de 11 cm va m'amener...) Pas simple de mesurer les coquilles à la main une par une sur le bateau! Surtout quand on sait que d'autres pêcheurs, d'autres états de l'UE (par exemple les Irlandais) ont le droit de pêcher des calibres plus petits... Pas difficile de faire accepter un traité en accordant des traitements d'exceptions. C'est le cas du Royaume-Uni, dont le statut au sein de l'UE fourmille d'exceptions et de particularismes.
    Les producteurs français de lait, du moins ceux qui sont interviewés, affichent un bel optimisme et une grande confiance en nos élus à l'UE pour négocier le prix du lait à la production. Pas sûr que ceux-ci gagnent à la foire d'empoigne. Le lobby du lait? Vous avez déja entendu parler de ça, vous?

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  14. À part votre "grotesquement vêtues", bravo.

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  15. "Le lobby du lait?"

    Marine, ne soyez pas galactophobe, ou le tenancier va avoir des ennuis avec Les Associations !

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