dimanche 16 mai 2010

Afrique du Sud : les sombres ruisseaux de Chanaan

Je suis depuis hier (du moins dans le temps que me laisse ce damné Brigade mondaine...) plongé dans le passionnant dossier de trente pages que La Nouvelle Revue d'Histoire consacre à l'Afrique du Sud, de ses origines, au XVIIe siècle, jusqu'à nos jours. J'en retiens pour le moment – et faute d'être allé plus loin – l'épisode, évidemment inconnu de moi, dit du Grand Trek, en raison de ses étonnantes résonances bibliques et de ses très lourdes conséquences.

En 1837, les Boers (des Hollandais auxquels sont venus se mêler des Huguenots français) subissent la domination anglaise depuis trente ans, et sont las de ce joug. C'est pourquoi, en février de cette même année, vingt mille d'entre eux quittent Le Cap dans leurs chariots et partent vers la Terre promise – les terres vides et vierges du nord –, en un voyage qui va durer de longs mois, voire plusieurs années pour certains. Je n'ai pas écrit Terre promise simplement pour “faire image” : ces calvinistes nourris de la Bible se considèrent réellement comme le nouveau Peuple élu, auquel Dieu a donné cette terre d'Afrique afin qu'ils y apportent la civilisation, y refondent Sa Parole. Au point que c'est très sérieusement qu'ils nomment le roi d'Angleterre Pharaon. Ils vivent leur Exode, dans des conditions fort difficiles, mais ne doutant pas que la vallée de Chanaan se trouve au bout de leur chemin.

Les Boers fonderont en effet de nouvelles colonies, gouvernées par des patriarches, seuls intermédiaires entre Dieu et le peuple, exactement comme dans les temps bibliques. Contrairement aux Anglais à la même époque, les Boers ne sont nullement racistes, en ce sens qu'ils n'établissent aucune hiérarchie entre les races : pour eux, la seule ligne de partage est celle qui sépare les chrétiens des païens, ces derniers devant être bien entendu évangélisés. Évangélisés, mais rien de plus : en tant que “Peuple élu”, nos nouveaux Hébreux ne sauraient en aucun cas se dissoudre dans un quelconque métissage. Pas supérieurs au regard de Dieu et au leur, mais obstinément séparés.

Et c'est bien de cette croyance un peu folle, de cette volonté farouche, que naîtra un siècle plus tard l'apartheid, cette séparation érigée et durcie en politique, qui est l'un des deux maux ayant entraîné ce pays sur la pente où il continue de glisser aujourd'hui, l'autre étant le toujours plus important déséquilibre démographique entre noirs et blancs.

La suite à plus tard, peut-être...


[ 15 h 37 : mes parents arrivant ici d'une minute à l'autre, on ne me reverra plus sur ce blog – ni aucun autre – avant demain matin : vous pouvez faire les cons, siffler le whisky, vous moucher dans les rideaux, tripoter les adolescentes égarées... ]

15 commentaires:

  1. nous sommes en plein dedans aussi..comme d'habitude, cette revue remarquable a fait fort....et les articles de Monsieur LUGAN toujours excellents...quand on pense à ce qu'ils ont dû vivre pour les empêcher de publier!!! et ce que le Professeur Lugan a du aussi batailler!!! il ne fait pas bon dire les vérités dans ce pays.....

    RépondreSupprimer
  2. Hips, oups ! Ben j'suis dans le whisky comme il a dit le môsieu... j'crois bien que j'suis boeré...oups

    RépondreSupprimer
  3. Didier,

    Arrêtez de nous rappeler que vous avez des parents. On se demande toujours qui a pu vous engendrer.

    RépondreSupprimer
  4. Boer : prononcer "Bour". Ça n'est pas précisé dans ce numéro de la NRH. Par ailleurs, en lisant l'interview de Bernard Lugan, j'ai appris ceci : "Aujourd'hui, tous les historiens reconnaissent que les Blancs ont l'antériorité sur les Noirs sur au moins 30 % de l'actuelle Afrique du Sud." Ce pays était en grande partie vide avant que les Blancs ne s'y installent. Aujourd'hui on voudrait les chasser d'une terre qui leur appartient.

    RépondreSupprimer
  5. C'est une revue sérieuse ça ?

    "Aujourd'hui on voudrait les chasser d'une terre qui leur appartient" La terre n appartient-elle pas à tous ?

    RépondreSupprimer
  6. Jacques ETIENNE16 mai 2010 22:20

    " La terre n appartient-elle pas à tous ?"

    Essayez donc en utilisant cet argument d'aller construire ne serait-ce qu'un abri de jardin chez votre voisin...

    RépondreSupprimer
  7. on ne peux pas faire plus sérieux môssieur Corto en matière de revue d'histoire....puisque l'homointellectus y est abonné.....

    RépondreSupprimer
  8. pas des masses des égarées ici ....

    RépondreSupprimer
  9. Oui, pas même de trace de Carine...

    Sinon, pour ce qui est de l'affirmation de Boutfil, selon laquelle « on ne peut pas faire plus sérieux [que La Nouvelle Revue d'Histoire] en matière de revue d'histoire. », je pense, comme d'autres, que, pour ne citer qu'elle, la revue L'Histoire y parvient sans trop de peine.

    Je précise quand même, à l'intention de Corto74, que La Nouvelle Revue d'Histoire est très nettement orientée à droite, et qu'un certain nombre de ses rédacteurs, et non des moindres, peuvent même être qualifiés d'extrême droite (ou, à tout le moins, pour employer la délicieuse formule de nos amis du MRAP qui ravit tant Didier Goux, de droite extrême).

    Que La Nouvelle Revue d'Histoire, qui, semble-t-il, bénéficie d'ailleurs souvent du concours de sommités indiscutables, présente les questions historiques sous un angle que les autres publications de vulgarisation historique préfèrent ignorer, c'est possible, et même parfois sans doute heureux, mais il se dit aussi (certainement de la part de gauchistes ou de jaloux) que ses rédacteurs les plus marqués politiquement ont un peu trop tendance à ne prendre en considération que les faits qui vont dans le sens de leurs théories.

    Quoi qu'il en soit, je dois jouer de malchance quant à moi ou bien faire une fixation, mais, quand je tombe sur cette revue dans le rayon « histoire » de mon marchand de journaux, j'ai la fâcheuse impression que la couverture présente tout le temps un franquiste, un Waffen SS ou un dirigeant collabo (ou bien, dans le meilleur des cas, un croisé ou un conquistador).

    RépondreSupprimer
  10. je savais pas que je vivais depuis si longtemps avec un si dangereux facho d'extrême droite...va falloir que je surveille ses lectures...à partir de maintenant, je l'abonne à l'équipe......

    RépondreSupprimer
  11. Quant à la question du "peuple élu"... c'est pas étonnant, c'est des protestants ! Nos amis huguenots du XVIe siècle s'estimaient de même être le "petit troupeau" élu parmi la masse catholique à leurs yeux perdue.

    RépondreSupprimer
  12. @Chieuvrou:
    égarée ou détournée?
    Parce que , ce Polanski, figurez-vous que je l'ai bien connu, ce cher ptit bout!
    Mais bon, je serai discrète, j'étape sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Peux pas tout faire non plus...
    Ah on avait changé de sujet, là?

    RépondreSupprimer
  13. Je ne connaissais pas la NRH, mais si l'on croit Wikipedia, elle a en effet une forte orientation à droite, tout au moins en ce qui concerne la majorité de sa direction.

    "La revue, éditée par la SARL "Histoire et Mémoire", est dirigée par Dominique Venner, prix Broquette-Gonin de l'Académie française en 1981 pour son Histoire de l'Armée rouge. Les principaux contributeurs de « la NRH » ont été des sympathisants de la « Nouvelle Droite » (souvent anciens membres du GRECE), courant issu du nationalisme européen, tels que Philippe Conrad. Mais d'autres sensibilités sont présentes, tel que des historiens de sensibilité royaliste telle Anne Bernet, des universitaires tels Bernard Lugan (docteur en histoire, maître de conférence à l'université de Lyon III en histoire et géostratégie de la francophonie) ou François-Georges Dreyfus, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, ancien cadre gaulliste, ainsi que quelques personnalités appartenant à l'équipe de Radio Courtoisie."

    RépondreSupprimer
  14. Bon, j'ai pris un sacré retard, là... Essayons tout de même :

    Boutfil : je ne connais la NRH que depuis deux ou trois numéros. Elle me semble d'excellente tenue.

    Farr : ça va mieux, ce matin ?

    Nicolas : du reste, eux-mêmes préféreraient conserver l'anonymat...

    Sébastien : pareil pour moi : j'ai toujours été persuadé qu'il y avait eu "invasion". Or, non, apparemment.

    Corto : c'est une revue très sérieuse QUOIQUE marquée à droite, comme on le signale en commentaires après le vôtre. Ce qui compnse L(Histoire, clairement inféodée au PS, au point que j'ai résilié, il y a deux ans, un abonnement de près d'un quart de siècle...

    Chieuvrou : même commentaire que pour Corto. L'Histoire a été fagocytée par une escouade de suffragettes ségolénistes, très bien pensantes.

    Boutfil : commencez par lui supprimer sa collection d'insigne de la Légion Charlemagne : ça devrait le calmer !

    Artémise : c'est exactement ça, en effet.

    Carine : On se trompe de fil de discussion ?

    Henri : comme je le disais plus haut, la revue est en effet clairement marquée à droite.

    RépondreSupprimer
  15. j'sais pas si va aimer!!!!!

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.