vendredi 15 octobre 2010

Ce fier exil, ce triste exil


Depuis ce matin, quasiment dès mon lever, tourne et retourne dans ma cervelle le début d'un poème de Paul Verlaine (uniquement le début car la suite s'effiloche en lambeaux dans ma pauvre mémoire) – que j'aime beaucoup mais là n'est pas la question :

Ô triste triste était mon âme
À cause à cause d'une femme
Je ne me suis pas consolé
Bien que mon cœur s'en soit allé...

(Comme je ne sais pas quelle ponctuation mettre ni où, je vous livre le matériel, vous en ferez ce que voudrez : ... ,,, ;;; !!! J'ai compté largement.)

C'est d'autant plus curieux que :
1) je ne suis pas triste ;
2) en tout cas pas à cause d'une femme ;
3) je ne suis même pas sûr d'avoir une âme.

L'esprit humain est une drôle de boutique.

(Pour le titre de ce billet, n'ayant en apparence rien à voir, il s'agit d'un autre vers du même poème. Dont, en plus, le titre m'échappe.)

27 commentaires:

  1. Mais un coeur?
    Je crois que vous avez un coeur?

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  2. "Dont, en plus, le titre m'échappe"
    ...même si vous n'avez pas de tête ^^

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  3. Pour le titre, Google est formel : "Ô triste, triste était mon âme".

    N'est-il pas curieux, ce Ô vocatif suivi d'un verbe ?

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  4. Et en guise de chapeau - c'est le cas de le dire - pour votre note, encore Verlaine : "De grâce, éloignez-vous madame. Il dort."
    Si ce "Il" qui dort, Didier, était un "cadavre", comme on le dit des bouteilles vidées, alors il n'aurait plus d'âme, en effet.

    Bref, je suis sûr que vous en avez une, d'âme, enfin voyons...

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  5. et même si votre coeur s'en est allé...

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  6. Tiens, j'ai trouvé à la photo un air de famille avec Lénine sur le tard, hormis le verre d'absinthe qui m'a rappelé à l'ordre... Mais est-ce de l'absinthe? Qu'est-ce que ce que ça que c'est ? Comme aurait dit notre Auguste partagé ! Bon, en tout cas, je serai avec vous de tout coeur ce 23, étant moi même "on duty" !

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  7. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  8. Carine : oui, avec plein de petits ressorts dedans...

    Tcheni : triste est un verbe, maintenant ?

    Christophe : extrait d'un de ses plus beaux poèmes, je crois :

    L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable...

    Pluton, c'est bien de l'absinthe que boit Paul Illitch Verlaine.

    Nicolas : j'aurais pu le faire, c'est vrai. Mais, alors, il alors fallu que je replace la ponctuation...

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  9. Didier,

    certes non, mais l'était suivant, oui. (Et ce n'est guère plus fréquent de le voir suivi d'un adjectif !)

    "Habituellement" (ce qui n'est guère un critère, s'agissant de poésie, soit), la proposition au vocatif est sans verbe il me semble (mais je peux me planter complètement). Du coup, c'est effectivement "triste" qui devient le sujet de l'interjection. Et boum, c'est poétique.

    Bref, tout le monde s'en fout, probablement, mais moi il me plaît bien, ce Ô.

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  10. Tcheni : non, non, on ne s'en fout pas le moins du monde ! Et vous avez raison, à propos de ce Ô. Du reste, Verlaine a fréquemment des audaces grammaticales et syntactiques de cet ordre. Par exemple, ici, le deuxième vers :

    Il patinait merveilleusement
    S'élançant, qu'impétueusement !
    Rarrivant si joliment vraiment.

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  11. Rajouter mentalement une virgule après "merveilleusement", désolé...

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  12. "L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable..."
    Et quand on a entendu ce vers dit par le vieux Léautaud qui tape le sol avec sa canne pendant ses entretiens radiophoniques, on le lit avec la voix de Léautaud.
    Oui mais de la musique, avant toute chose... (Ferré chante Verlaine et Rimbaud)

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  13. Mais il faut bien sortir de l'adolescence, un jour ou l'autre.
    Et oui, chanté par Léo, ça vous prend aux tripes.

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  14. Tiens, je vous donne l'occasion de me faire un nouveau procès sémantique.
    Pour le même genre de circonstances, j'avais un "supérieur" (héhé) hiérachique qui disait : Faut sublimer mon gars !
    (en lieu et place de magnifier)

    Pour éviter à Georges de se fatiguer, j'ajouterai que tout le monde s'en fout.

    Duga

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  15. Merci de supprimer le commentaire précédent - et celui-ci

    Duga

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  16. Pardon, rien à voir, mais Lettres Libres, le blog de Christophe Borhen, vient d’être tout bonnement supprimé (sans qu’il en soit prévenu) par un webmaster ignare de la plate-forme Zeblog.com sous prétexte « d’un article déplaisant » (????). Tout a disparu en un clin d’oeil.
    CENSURE, donc, je ne vois pas d’autre mot, sans compter que je trouve le procédé immonde.

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  17. Un blog disparaît, Georges est content.

    Et un coup de rouge, merci Sophie.

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  18. Georges, vous ne pensez pas si bien dire - comme souvent.
    Je viens en effet d'ouvrir une bonne bouteille... mais de Gewurztraminer Vendanges Tardives.

    Christophe Borhen

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  19. Ah les joies de l'incertitude, la raison totalisante mis en échec.

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  20. "Je ne me suis pas consolé
    Bien que mon cœur s'en soit allé..."


    Merci Didier pour ce poème super beau.

    Et oui, l'amour peut faire souffrir au point qu'on tente de le détruire. Et quand on a détruit son amour pour une personne, aucun sentiment ne peut remplacer cet amour, certainement pas une simple camaraderie.

    On reste en même temps bien triste au fond de soi par son amour déçu.

    D'où cette impression paradoxale, d'avoir perdu son coeur, tout en étant triste ?

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  21. Avec un bon coup de pied, on sait qu'on a un cul ! Pour l'âme, c'est plus compliqué, je te l'accorde...

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  22. il y a le conscient, le subconscient et l'inconscient ... quand les 3 parlent en même temps, ça peut être compliqué !

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  23. Ouais y'a le ça, le moi, le toi, le pas- ça et le reste...

    @ Christophe , j'avais juste lu une fois la pointe du raz.... Et rien compris , bien sur. Rouvrez un truc sur blogspot ! Y'en a pour 5mn...

    @ DG scusi de passer par chez vous pour mettre un mot à CB....

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  24. La photo de votre billet est superbe!
    Exil et retrait jusqu'à disparaître et se confondre avec le décor, avec l'absinthe pour compagnie.

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  25. Les blogs semblent être pas mal censurés ces jours-ci... Ce n'est pas le seul qui ait sauté.

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  26. Faisons sauter les blogs sur nos genoux, et mettons-leurs des beignes.

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