vendredi 11 septembre 2009

Didier Goux offre un nouveau concept : le psittracisme

Le sourcil en croc de boucher, l'œil déjà guillotineur, la lippe flétrisseuse et le tarin raide de vertu : il est très parlant, ce portrait du sieur Fouquier-Tinville, vous ne trouvez pas ? On le croirait tout à fait de notre époque. D'ailleurs, il l'est.

On rit comme rarement, dans la blogosphère de gauche, depuis hier soir. Les milices antifascistes se sont reformées dare-dare et, en rang par quatre, le bonnet (pardon !) phrygien entre les ratiches, ils sont prêts à monter à l'assaut du nid d'aigle de la place Beauvau (c'est la bonne orthographe, m'sieur Bonnet : vous pourrez corriger chez vous en recopiant ici), où se terre la bête immonde – c'est reparti comme en avril 2002 : on est tous des petits Jean Moulin, on va vous refaire Valmy, z'allez voir !

Depuis ce matin, en plus, l'effet boule de neige joue à plein son rôle. Ils veulent tous en être, les chéris ! Qui n'a pas mis sa petite vidéo en ligne ? Allez, allez, prenez la file : il y aura de la conscription pour tous les braves sans-culottes ! Et, quand vous aurez signé l'engagement, n'oubliez pas de retirer à la coop associative votre kit “spécial psittracisme”, avec plein de bons slogans à l'intérieur, un guide du vivrensemble, des adresses d'alter-restaurants et d'épiceries citoyennes, un abonnement à Rue89, un “jeu de l'oie de la tolérance” et trois préservatifs bio (mais non recyclables). Regardez-les se bousculer pour être sur la photo, au premier rang ! C'est à celui qui aura la tête au plus près du Bonnet.

Entendons-nous, hein : je ne songe nullement à défendre le ministre de l'Intérieur. Je trouve même que ce qui lui arrive est un peu bien fait pour sa gueule, si vous vous voulez tout savoir. Il croyait acheter la neutralité des antiracistes encartés et judiciolâtres, en leur faisant rouler la tête d'un préfet jusqu'aux pieds des miradors : mauvais calcul. Ah, mais c'est qu'une fois que ç'a goûté au sang impur, ça ne demande qu'à continuer d'abreuver les sillons, ces gens-là, Monsieur le ministre, vous auriez dû le savoir ! Ils ont des âmes de Croisés, ces petits vertueux de la onzième heure. Et si Saint-Jean-d'Acre est trop loin – et un peu dangereux... –, eh bien, on se contentera du krak Beauvau, on ira vigiler faubourg Saint-Honoré.

Donc, exit le ministre, coupable d'avoir participé à un échange de plaisanteries traditionnelles entre militants d'un même parti, au sortir d'un meeting probablement aussi stupide qu'inutile (Im-par-don-na-ble ! s'égosille mamie Vigilante). De toute façon, ils s'en foutent bien de ce qu'a pu dire ou ne pas dire le ministre. L'important, c'est le chahut dans le bac à sable, les coups de cymbales dans les blogounets, pouvoir tous ensemble beugler Ra-ciste ! ra-ciste ! dans le petit bassin. Montrer qu'on existe, nom d'un dieu laïque et durable !

Se montrer qu'on existe, quoi, merde...

26 commentaires:

  1. Et les toilettes sèches ? Pourquoi vous n'en parlez pas, des toilettes sèches ?

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  2. bougnat, bougnoule
    , boules-dogues

    Ah quelle affaire ! Les chiens sont lâchés.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Dans les blogs de goches, le militant de l'UMP (le type proto) est critiqué un peu comme l'a été le blanc-bec qui s'était fait casser la gueule dans le bus nocturne. Le tout à l'envers, bien sûr.

    A chacun son social-traitre !
    A chacun son ethnic-lâche.
    Très curieux.

    Franchement, cette affaire, cette hystérie, de la beaufitude de l'un à l'épilepsie collective des autres... Muray n'aurait survécu à ça. Il serait mort de rire.

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  5. Je me faisais la réflexion ce matin que lorsque Lavoisier a demandé à pouvoir terminer ses expériences de chimie avant d'être guillotiné, on lui a rétorqué que « la République n'a pas besoin de savants ». La République des blogs non plus... ;-)

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  6. Moi ce que je préfère dans ce billet, ce sont les tags.

    Bon, deux personnalités racistes éliminées du devant de la scène (enfin, ce n'est pas encore fait pour Hortefeux, mais il est bien touché à l'aile, là); à qui le tour?

    J'ai tapé dans Google "Hortefeux heures sombres de notre histoire" :

    ...43 400 entrées. (Et on vient d'interdire les ampoules de 100 watts...)

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  7. Charles Juste de Beauvau-Craon :
    Fils de Marc de Beauvau-Craon, 1er prince de Beauvau, et frère de la marquise de Boufflers. Il épouse en premières noces, le 3 avril 1745, Marie-Charlotte Sophie (1729-1763), fille de Emmanuel-Théodose de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, dont il a une fille : Louise Anne Marie (1750-1834) qui épouse Philippe Louis Marc Antoine de Noailles, vicomte de Lautrec. Veuf en 1763, il épouse en secondes noces en mars 1764, Marie Charlotte de Rohan-Chabot (1729-1807). Ce second mariage reste sans postérité.

    Entré comme volontaire au service de la France, il est nommé lieutenant de cavalerie le 10 décembre 1738, colonel des Gardes Lorraines le 1er mai 1740, et se distingue sous le maréchal de Belle-Isle au siège de Prague en 1741. Brigadier le 16 mai 1746, maréchal de camp le 10 mai 1748, lieutenant général le 28 décembre 1758, il commande en chef les troupes envoyées en Espagne en 1762.

    Il est nommé gouverneur du Languedoc le 12 juin 1747, puis gouverneur général de la Provence, où il sait se faire aimer des ressortissants de cette province.

    Grand d'Espagne de première classe le 11 mai 1754, il est fait chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 1er janvier 1757.

    Nommé à l'Académie française en février 1771 alors qu'il n'a jamais rien écrit, il participe activement aux travaux académiques. Il est également membre associé de l'Académie des sciences, membre honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1782) et membre des académies italiennes de Cortone et della Crusca.

    Il s'entoure d'un cercle d'hommes de lettres parmi lesquels Jean Devaines, le philosophe Jean-François Marmontel, le poète Jean-François de Saint-Lambert. Le chevalier Stanislas de Boufflers, neveu du maréchal, anima longtemps son salon.

    Le prince de Beauvau fut fait maréchal de France en 1783. En 1789, il fut secrétaire d'État à la Guerre pendant seulement cinq mois. Partisan des réformes, il n'est pas inquiété sous la Révolution, et meurt dans son lit en plein milieu de la Terreur, laissant une veuve inconsolable.

    Le maréchal de Beauvau laisse son nom à l'hôtel de Beauvau, place Beauvau à Paris, où siège aujourd'hui le ministère de l'Intérieur, dont il est le locataire de 1770 environ à sa mort. À Saint-Germain-en-Laye, il possède le château du Val, où il accueille Benjamin Franklin en 1778.
    [wikipedia]

    ____________________

    Ah, c'était une époque où on savait retourner sa veste au moins ! :-))

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  8. Un lien vers wikipedia suffisait...

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  9. @ Monsieur Poireau :

    Les Français sont de baux vaux...

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  10. "coupable d'avoir participé à un échange de plaisanteries..."

    sinon,

    cool blog, nice billet...

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  11. Maintenant, la version intégrale de la vidéo de Brice Hortefeux est disponible, dans son intégralité.

    http://www.20minutes.fr/article/346855/Politique-Hortefeux-Public-Senat-sort-ses-images-du-placard.php


    Maintenant, nous pouvons la voir et l'entendre, dans son intégralité.

    La ligne de défense de Brice Hortefeux est pulvérisée par cette vidéo.

    Brice Hortefeux ne parle pas des Auvergnats lorsqu'il dit : " Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. "

    Brice Hortefeux ne parle pas des clichés, des photographies, lorsqu'il dit : " Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. "

    Brice Hortefeux parle des Arabes.

    Brice Hortefeux, démission.

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  12. Ce qui est bien, c'est que toute cette histoire vous amène à déjà deux billets anti anti racistes.

    Plus le buzz fera buzz, plus ça sera pain bénit pour la multiplication de vos billets.

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  13. Chieuvrou : je vous promets un billet pour bientôt, sur ce sujet capital.

    PRR: tiens, ça me rapelle qu'un des tous premiers films d'Adjani s'appelait Le Petit Bougnat et racontait l'histoire d'un gamin arabe.

    BA : pourquoi n'exigez-vous pas la démission de Copé, qui a fait des blagues sur les Auvergnats ?

    Audine : j'accepte le qualificatif de "anti-antiraciste". Qui n'est évidemment pas la même chose que "raciste", que je récuse.

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  14. Cher Didier, ne donnons donc pas aux "antiracistes" (notez les guillemets anglo-saxons pour montrer la fausseté de leur antiracisme, sans couper le mot en deux) le privilège de faire croire qu'ils le sont. Ce sont eux les racistes, en attribuant des attitudes à tous les membres d'un groupe ethnique (racisme pour les Blancs, tolérance pour les autres).

    Je persiste à me dire opposé au racisme, et je pense qu'il faut démasquer l'imposture "anti"raciste plutôt que d'accepter son empire...

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  15. Mais voyons, Roman, il me semble que nous sommes d'accord sur ce programme ! J'ai fait un billet, il n'y a pas si longtemps (la flemme de chercher...) dans lequel je disais qu'il fallait, autant que faire se peut, éviter d'employer ce que j'appelais "les mots de l'ennemi". Antiraciste est en effet un de ceux-là (même si, naturellement, il y a dans cette troupe, une bonne proportions de gens sincèrement antiracistes).

    L'effet pervers qu'ils obtiennent, c'est qu'un nombre grandissant de personnes (et je suis de celle-là) qui se trouvent résolument opposées au racisme ne peuvent plus se dire antiracistes, par répugnance à être assimilées à ces clowns malfaisants.

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  16. Je me souviens de ce billet, que j'ai lu. Je crois qu'il faut, en plus de cette attitude défensive (se préserver de la maladie mentale de nos ennemis), passer à l'attaque : dire que ce sont eux les racistes, en les qualifiant d'alter-racistes, par exemple. Il faut harceler ces gens-là, leur faire subir le même matraquage que celui qu'ils nous infligent. Ainsi les vaincrons-nous.

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  17. Oui, Criticus, matraquons les imbéciles d'anti-racistes, mais ils ont le crâne dur.

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  18. Chère Emma, le crâne "anti"raciste est dur, mais il est comme les autres fait de calcaire. L'acide gouxique devrait sérieusement l'altérer. Puis un bon coup de massue criticusien devrait le faire voler en éclats... ;)

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  19. Didier, vous êtes, aussi, dans le bac à sable. "Qui n'a pas mis son petit billet anti-bienpenseants en ligne ?", dirais, en vous paraphrasant.

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  20. C'est du grand-guignol et de la comédie, tout ça.

    Quand Valls dit à peu près la même chose, les blogueurs de gauche font le gros dos, lâchent une vanne, disent "oh, tiens, c'est sans doute un hasard si on ressort cette vidéo, cet entretien, coupé de son contexte, juste au moment où, juste avant le congrès qui, les primaires que, les élections à..."

    On invoque sur les blogs et dans les commentaires de presse le droit à la bourde, à la gaffe, au verre de trop.
    Comme un type de gauche ne peut pas, par essence, être raciste, on parle d'autre chose, c'est à dire des vrais problèmes. Les blogueurs de droite, les réacs et conservateurs, disent alors: "tiens tiens, il essaie de se la jouer populo, j'vous la fais pas les gars, mais il fait un petit clin d'oeil, un petit câlin à ses électeurs à qui il ne faut pas dire que les jeunes des quartiers sensibles qui pourrissent le quotidien des travailleurs à petits (ou gros) coups d'incivilité sont des victimes innocentes à qui il faut donner tout ce qu'ils veulent et davantage encore pour nous faire pardonner le commerce triangulaire.
    La droite, évidemment, ne crie pas au racisme quand un type de gauche cherche des blancs pour mettre en spectacle une représentation de métissage (Chez moi où que j'ai été élu ou bien là où que j'aimerais bien l'être c'est le jardin d'Eden, toutes les espèces z'animales et humaines y vivent en harmonie, différentes et semblables à la fois, et unies par un même projet politique, le mien) dans un quartier qui ne l'est peut-être pas tellement.

    Mais les braves gens de la gauche,vigilante, alors là... Il leur faut la vertu et l'argent de la vertu. Chercher profond le racisme comme un chien truffier, mais seulement le racisme de leurs adversaires politiques, ce qui réduit considérablement la portée humaniste de la chose.

    Un élu, un ministre ne devrait pas faire le guignol chez Drucker, chez Ardisson ou chez Ruquier.(ou pire encore)
    Les hommes politiques s'abaissent, s'abaissent, s'abaissent et pataugent dans la médiocrité, la pipolisation, la boue télévisuelle.
    Et on leur demanderait de se montrer digne de leur fonction, de ne pas rigoler bêtement, de ne pas faire de blagues sur les nègres ou les pédés, de ne pas parler comme l'homme de la rue ?

    Tiens, passe-moi la télécommande, Lulu, ya une table ronde avec, tu sais bien, la rousse qui couchait avec le ministre qui gère des manifs de ploucs,là, tu vois qui je veux dire... Ouais, pis ya Elie Moumoune et Anne Mouranof, et l'aute je sais plus c'est quoi son nom pour se payer la tronche du ministre des flics, tu sais, celui qu'était tellement ridicule que tout le monde gueulait hou hou, quand il est parti, et même qu'on lui jetait des barbe à papa dans le dos...

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  21. Appas : c'est pas faux...

    Suzanne : waouh ! grande forme ! Vous devriez reprendre ce commentaire et en faire un billet chez vous, je trouve, ça le mérite.

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  22. « Les racistes sont des gens qui se trompent de colère. »
    Léopold Sédar Senghor

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  23. Le racisme n'est ni de droite ni de gauche.

    Bonne soirée.

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