Qui songerait à se scandaliser de ce que le postulant à un emploi quelconque se voie d'abord offrir un contrat de six mois avant d'être réellement embauché ? Qui s'offusque de ce méchant A discriminatoire et stigmatisant que les jeunes conducteurs doivent arborer au cul de leur voiture durant trois ans avant de prétendre à un vrai permis de douze points ? Et moi-même, après avoir subi un retrait de ce même permis six mois durant, ai-je ameuté les foules haldophiles parce que je n'ai récupéré qu'un document valable six mois, puis un autre bon pour un an, avant de redevenir un “conducteur à part entière” ? Non, n'est-ce pas ?Dans ce cas, à quoi riment ces cris de pucelles envapées dès lors qu'on parle de déchoir de leur toute fraîche nationalité française des malfrats faisant mumuse à l'arme lourde ? Possibilité qui, rappelons-le, existait déjà bel et bien sous les règnes de MM. de Gaulle et Mitterrand, ces fascistes bien connus, sans que ça ait fait remuer l'oreille du moindre progressiste de leurs époques respectives. Est-ce qu'il n'est pas bien plus scandaleux que ce traitement soit l'apanage des tueurs de policiers ou de gendarmes, tandis que les massacreurs d'épiciers et les pourfendeurs de coiffeurs pour dames resteront de bons Français comme les autres ?
On nous clame que l'on va ainsi fabriquer des Français “de seconde zone”. Et alors ? Ou avez-vous pris, mes bons apôtres, qu'il n'y avait pas de différence entre telle personne qui est née et a grandi au sein d'une communauté quelle qu'elle soit et telle autre personne qui demande à en faire partie, qui sollicite son admission ? Est-ce que celui-ci n'a pas ipso facto plus de devoirs que celui-là, au moins dans un premier temps ? Et vous-mêmes, lorsque vous êtes invités à dîner chez vos voisins, ou en villégiature à l'hôtel, est-ce que vous ne vous efforcez pas un peu de manger votre soupe en silence, et non avec ces grands slurps que vous vous autorisez chez vous lorsque le potage est trop chaud ?
Cela étant, si vraiment vous ne voulez plus de Français de seconde zone, il y aurait bien une solution : celle qui consisterait à n'en plus fabriquer ; à fermer les distributeurs automatiques de cartes d'identité que l'on a, voilà quelque temps déjà, installés à toutes les frontières. Ensuite, on prendrait le temps de régler les problèmes existants avant d'envisager, peut-être, extrêmement peut-être, avec des prudences délicates, une réouverture des dites frontières.
On pourrait même remplacer le droit du sol, totalement absurde, par celui du sang – pour le simple et gamin plaisir d'entendre s'égosiller la volaille.


































