vendredi 30 janvier 2009

L'anonyme est un con

Un courageux lecteur me laisse ce commentaire (évidemment anonyme) :
« Il semblerait que vous connaissez parfaitement le monde de la mine , le monde de la métallurgie,les ouvriers!!! la silicose et autre douceur, je viens d'une famille de gueule noire, le trou du cul du monde...grand père père et tutti fleur de charbon..Si vous pouviez être plus drôle, tout ceci est bien mièvre,ne vous penchez pas trop sur leur tombe , ils pourraient bien vous bouffer tout jaune!! »

J'ai laissé les fautes, les espaces manquants, les guillemets absents, etc. Du reste, ça n'a guère d'importance.

Ce qui en a, de l'importance, c'est l'étalage de bêtise de ce Monsieur Anonyme. Il semble penser que ce qu'ont vécu ses aïeux le sauveront quoi qu'il arrive ; que ce que son grand-père a pu vivre suffit à lui donner une belle âme, une sorte de passeport angélique ad vitam.

Il a tort : ce type est un connard. Son grand-père, non, en revanche. Mais lui, oui, absolument. Je l'imagine parfaitement, avec sa mèche blonde décolorée (et même s'il ne l'a pas, je l'affuble et l'emmerde), courant dans les manifs festives, son grand-père en bandoulière.

Tu vois, mon petit anonyme de merde, je pourrais tartiner des heures sur ta non-existence. Mais pour quoi faire, bon Dieu ? Petit con tu es, petit con tu resteras. Il y a une personne que j'aurais aimé connaître : ton grand-père, qui semble ressembler aux deux miens. Quant à toi, si tu pouvais dégager d'ici, tu me ferais bien plaisir.

Pauvre merde.

16 commentaires:

  1. Pourquoi tant de haine ? Goux ! T'as pété ton crayon à mine ?

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  2. Mtislav,

    T'as l'air en forme, ce soir !

    Didier,

    Bordel,

    Vous devenez zinfluent : vous avez des commentateurs anonymes qui vous gonflent au point que vous avez envie de faire des billets pour les conchier.

    Faites gaffes.

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  3. Z'avez eu de la vache enragée au dîner? Ou forcé sur l'apéro?

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  4. ... par contre, moi qui y vis, dans cette région, je ne pense pas que "grand-père père" soit une faute, Didier, mais malheureusement une bien trop fréquente réalité ici ...

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  5. En tous cas, moi, je suis pleinement d'accord avec vous , Didier, pour cette réponse à l'anonyme (je ne lui fait pas l'honneur d'une majuscule). Quand j'avais lu ce commentaire, hier en fin d'après-midi, j'avais envie de lui dire quelque chose d'un peu vigoureux, mais bon comme c'est votre blog, je n'ai pas osé, mais là, vous avez fait le travail nécessaire...
    @Mtislav : il ne s'agit pas de haine, dans ce billet, mais d'un coup de pied bien placé (c'est-à-dire dans les fesses) à un quidam bête et provoquant. (Il l'a cherché, il l'a eu son coup de pied au c...)

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  6. Mère Castor, gougueule m'a expliqué réboussier.
    Emma, d'accord aussi. Qu'est-ce qu'il croit ? Il n'est pas le seul à avoir eu des grand-parents ouvriers et pauvres.

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  7. Didier : bien vu !

    Catherine et Emma, nous sommes en phase.

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  8. Mtislav et Orage : J'avais bu trois bières avant de pondre ce billet : Nicolas vous dira que c'est à peine une mise en jambes...

    Nicolas : oui, il y a des moments où il faut que ça pète. J'ai horreur des gens qui se drapent dans la pauvreté ou les souffrances de leurs aïeux. C'est pour moi l'obscénité maximale.

    Manue : vous êtes trop indulgente !

    Mère Castor : merci pour ce mot nouveau (nouveau pour moi) : je l'adopte !

    Emma, Catherine, Pluton : grand merci du soutien. Emma, quand vous avez des envies de meurtre virtuel, ne vous en privez surtout pas : même si ce blog est mien, il est accueillant pour les gens de mauvaise humeur...

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  9. Je vous ai jamais vu aussi direct dans vos colères, d'habitude vous faites plus dans le fleuret (presque) moucheté.
    Ceci dit il m'est arrivé aussi de ressentir une fierté imbécile parce que mon arrière grand-père ( que j'ai bien connu, il est mort centenaire) avait bouffé du rât dans les tranchées à Verdun pendant "la grande guerre".

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  10. Message reçu Didier. J'en connais une qui va être contente...

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  11. Juste une question :

    Souvent, vous regrettez que le passé ne soit plus qu'une valeur morte. Ici, vous avez un individu qui manifeste une fierté, plutôt une tendresse envers ses ancêtres. C'est mal ? A-t-il dit que ça le rendait meilleur ? Non. Je ne crois pas. Il sent une Mémoire attaquée (à tort ou à raison), il la défend (vous le faites vous-même très souvent).

    Vous vous emportez pour trois fois rien.

    C'est l'usage de l'adjectif "jaune" qui a choqué le bonhomme.

    Désolé néanmoins de vous contredire, on est nécessairement déterminé par notre passé ainsi que celui des vieux qu'on a fréquenté. Ils nous ont témoigné de choses qui nous restent et nous constituent. Si je n'étais pour ma part pas issue de ma famille, je ne serais sans doute pas celui que je suis aujourd'hui (remarquez, c'est peut-être pas fameux).

    Dans certains cas, l'Histoire familiale rend plus conscient. C'est un fait. Absolument indubitable. D'ailleurs, vous défaussez le grand-père de l'anonyme. On pourrait s'en étonner : tous les mineurs étaient-ils des chics types parce qu'ils ont eu l'infortune d'avoir été mineur dans des temps reculés ? Raisonnement bizarroïde, je trouve.

    De plus, il a l'air plutôt pas con cet anonyme, il ne répond pas.

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  12. "J'ai horreur des gens qui se drapent dans la pauvreté ou les souffrances de leurs aïeux."
    Vous préférez ceux qui se repentent hypocritement et battent la coulpe de leurs aïeux?

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  13. Sniper : oui, j'ai pris feu, ça arrive...

    Cela étant, et la réponse vaut aussi pour Dorham, il n'est pas question à mes yeux de renier ou de méconnaître ceux dont on est issu, bien au contraire : je suis moi-même plutôt content et fier que mon grand-père paternel ait choisi d'entrer dans la Résistance plutôt que d'aller traficoter au marché noir. Mais je n'aime pas cette instrumentalisation que j'ai vue (ou cru voir, je ne suis plus sûr de rien avec vos conneries (smiley)...) chez cet anonyme. Une façon de brandir l'aïeul comme une massue. Mais je me suis peut-être emporté un peu vite, c'est possible.

    Orage : ah, non, ceux-là m'énervent encore bien plus !

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  14. Je donne raison au tirailleur Goux contre le diplomate Dorham. Je ne sens pas de « fierté » dans le commentaire du C.A. (Con Anonyme), ni la moindre « tendresse ». Il exhibe son grand-père, le brandit et l'assène sur le crâne pas mal bosselé déjà du rusé Goux. Ce dernier d'une chiquenaude négligente renvoie le moucheron à ses vertus silicosées. La manière dont s'exprime le C.A ne mérite pas d'être traitée autrement. Sur le fond, le sujet mérite qu'on s'y attarde.

    Ceci dit, j'ai visité déjà une mine (celle de Blégny-Trembleur, près de Liège) et c'est pas mal impressionnant. Mon arrière-grand-père maternel et ses ancêtres étaient mineurs dans les mines d'ardoise d'un charmant petit village ardennais (Herbeumont). Du côté de mon père, des meuniers en série (lui ne l'a pas été, mais il est né dans le moulin de son père, sur l'Ourthe, dans la région de Bastogne, et il l'a suivi quand il a repris le moulin du village où je suis né, en Gaume, sur la Semois). Je n'ai connu aucun de mes grands-parents, ni aucun, forcément, de leurs ancêtres, mais je suis fier aussi de mes origines. Oh ! pas à la façon d'un matamore. Mes ancêtres étaient des ruraux, des gars de bon sens, les pieds sur terre, peu causants, certes, mais à la santé de fer, au moral d'acier. J'ai rompu avec la tradition des manuels de notre famille, mais je leur dois de n'être pas un intellectuel en chemise blanche et front déprimé par les soucis de l'Être et du Néant. Ceci explique mon goût pour la philosophie concrète contre celle des fumées. Je me sens fort de mes ancêtres (et je les connais bien, étant féru de généalogie).

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  15. « Je me sens fort de mes ancêtres » : voilà, c'est exactement ça, je souscris totalement à cette formulation, cher Ygor, merci. Je préfère cela à « fier » car, comme bougonnerait notre cher Léautaud, comment peut-on être fier d'une chose dans laquelle on n'entre pour rien ?

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