jeudi 1 juillet 2010

Que l'anonyme aille crever ailleurs (s'il le peut) !

Je ne sais plus qui il est. Il n'empêche que l'un des (très) nombreux commentateurs des billets précédents a franchi la ligne impalpable. Et m'a conseillé – assez gentiment, mezzo voce – de m'intéresser aussi au camp d'en face. Parce que, pour ce clown, il y a un camp d'en face. Si on lit Guinzbourg, Chalamov, Soljenitsyne, and so on, c'est sans doute parce qu'on est anticommuniste-à-œillères. Et que, bien entendu, on n'a jamais lu Primo Levi, Robert Antelme, Raul Hilberg, Charlotte Delbo et autres.

Naturellement, t'as raison, anonyme de merde, t'as raison. Si par hasard, comme je le fais depuis quelques jours, on se penche sur le phénomène concentrationnaire en le prenant par le bout communiste (simplement parce que le cheminement de ma moyenne intelligence m'a mené en ces parages), ça veut forcément dire qu'on applaudit avec ses petites mains aux camps de concentrations allemands – ça va de soi. Je suppose que si on te poussait un peu dans tes retranchements, tu tortillerais assez du cul pour m'expliquer que cette insistance sur le goulag dit des choses sur ma complaisance vis-à-vis d'Auschwitz. Et tu m'expliquerais, comme tu l'a plus ou moins fait dans ton commentaire, que je devrais me renseigner sur ce que les nazis ont fait.

Le problème, petit con, est que je suis très bien renseigné ; que la chair n'est sans doute pas triste mais que j'ai lu beaucoup de livres – ceux que tu ne liras jamais, parce que le temps que tu passes à arpenter les blogs semble déjà outrepasser ton intelligence.

L'autre problème, mon chewing-gum trop mâché, c'est que c'est avec ta gueule de crevard que tes futurs maîtres feront leurs bulles. Tiens, puisqu'on en est à se parler – ce qui ne se reproduira pas –, je te signale que le mot “crevard”, dans les camps communistes, désignait celui qui était sur le point de mourir – et qui mourait le lendemain, en effet. Le même crevard, dans les camps de concentration nazis (Va lire Si c'est un homme, au lieu de perdre tes trois neurones sur mon blog), s'appelait un musulman.

Que des islamophobes, à Auschwitz ! C'est normal, y avait beaucoup de juifs.

17 commentaires:

  1. Un troll de basse volée, en somme, Chacun son tour !
    Et merci pour vos 2 derniers billets passionnants !

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  2. "De grâce, éloignez vous...", écrivez-vous en exergue. Miracle: la grâce vous aurait-elle touché?

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  3. j'aime bien quand vous raccrochez leur clou à certains....ma moitié juive-russe se réjouit!
    merci pour eux....et aussi pour vos derniers billets à ce sujet.....

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  4. Les prisonniers portent les mêmes uniformes à rayures sur les deux photos.
    Pourquoi donc ceux qui n'apprécient pas ce que vous écrivez, Didier, tiennent absolument à venir pour juste distiller leur amertume ?

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  5. Bonsoir Didier.

    Pas trop présent chez vous ni ailleurs ces jours-ci du fait d'une santé défaillante, mais bon, la bête en a vu d'autres.
    Quoi qu'il en soit, heureux de vous relire.

    Sur le terme musulman employé à Auschwitz et effectivement rapporté par Primo Levi, mais pas que par lui, je me permets de vous conseiller cet ouvrage qui apporte, je crois, un éclairage intéressant sur la question, ou plutôt plusieurs éclairages : Ce qui reste d'Auschwitz de Giorgio Agamben (1998, Rivages poche).
    Par ailleurs, et toujours à propos du "jargon" concentrationnaire, en tout cas de celui d'Auschwitz-Birkenau, il est une autre expression dont personne, je crois savoir, n'en connaît l'origine ni l'explication, il s'agit du Commando (du) Canada qui était chargé de trier les effets personnels des déportés et des exterminés.

    Par ailleurs, de l'immense Chalamov, permettez-moi de signaler aussi La quatrième Vologda, son "autobiographie" publiée chez Verdier en 2008.

    Enfin, pour ce qui est de votre correspondant anonyme, dites-lui seulement que seul "Le Livre Noir de l'Humanité" vous intéresse et il vous foutra la paix.

    Bien à vous.

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  6. Mais qu'est-ce qui vous prend aussi depuis quelques jours à ressasser ces histoires anciennes. Je sais, je sais, tout le mal et tous les désordres que nous leurs devons. Cocos/nazis c'est un chewing-gum trop mâché, et Bernanos a tout dit là-dessus.
    Finalement je vous préfère quand vous êtes léger. Léger, léger léger. Et puis vous paraissez inconstant, irrésolu au fil de vos billets. Ou bien c'est moi qui ne saisi pas votre constance. Vous haissez les totalitarismes? Mais comme tout le monde mon cher. Les passés les présents ceux à venir. Tachons de deviner ceux d'aujourd'hui. Puisque nous connaissons ceux d'hier en principe nous sommes avertis et vaccinés. Sauf qu'ils ont gagné en subtilité semble-t-il.

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  7. Sans vouloir vous contrarier, Fredi, je vais vous contredire.

    Tout le monde *dit* détester les totalitarismes, mais certains totalitarismes sont plus détestés que d'autres. Combien de gens pensent que même si les nazis et les communistes ont fait autant de morts les uns que les autres, les nazis étaient juste des méchants alors que les communistes avaient "des bonnes intentions" ?

    J'ai vu plein d'amis, de camarades, même des profs d'université tenir ces propos. Affirmer le contraire n'est pas du tout enfoncer une porte ouverte... En tout cas pas dans mon entourage.

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  8. Les juifs d'Auschwich avait'ils le temps d'être islamophobes ? Je ne crois pas que cela les avait encore effleurés.
    La réflexion de cet anonyme est complètment idiote, comment veux-t-il comprendre l'histoire s'il n'en apprend que la moitié ? C'est un ridicule.

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  9. Pour moi, les dictatures concentrationnaires sont aussi haïssables l'une que l'autre quelque soit leur idéologie primaire, et quelque soit leur nationalité.

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  10. Didier,

    Z'êtes énervé, là ! Mais je comprends. Ce que je ne comprends pas c'est que vous ne voulez pas envoyer chier des commentateurs, virer des commentaires, ... alors que vous êtes dans votre espace privé ! C'est facile.

    J'en ai viré des tonnes, chez moi (je ne vous ai jamais viré malgré nos débuts houleux), ça ne fait aucun bien à part soulager et rester chez vous... Je ne vois franchement pas l'intérêt de garder des connards dans vos commentaires au simple nom de la liberté d'expression.

    Rappelez vous votre passé nazi, bordel ! Censurez !

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  11. « Pour moi, les dictatures concentrationnaires sont aussi haïssables l'une que l'autre quelque soit leur idéologie primaire, et quelque soit leur nationalité. »

    Ce "pour moi" est merveilleux.

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  12. Nicolas,
    mon premier éclat de rire grâce à vous , ce matin,
    merci !!

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  13. Corto : Oui, c'est chacun son tour...

    Hermès : j'aimerais bien mais ça m'étonnerait !

    Boutfil : de rien, tout le plaisir était pour moi.

    Emma : je ne peux pas trop le leur reprocher : je fais pareil chez certains...

    Christophe : heureux de vous voir de retour ! J'ai lu Agamben aussi, mais oublié de le citer dans ma petite liste non exhaustive.

    Fredi : je ne suis pas inconstant : je cherche à comprendre. Je tâtonne...

    Clarissa : vous avez parfaitement raison.

    La Pecnaude : c'était de l'humour. L'origine du terme "musulman" dans les camps nazis n'est pas très claire, en fait.

    Nicolas : parfois, je me dis que je devrais, oui...

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  14. @La pecnaude

    "« Pour moi, les dictatures concentrationnaires sont aussi haïssables l'une que l'autre quelque soit leur idéologie primaire, et quelque soit leur nationalité. »


    Hall of fame!

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  15. Fredi Maque a dit:
    "Finalement je vous préfère quand vous êtes léger. Léger, léger léger"
    Et bien moi, pas. J'aime quand c'est du lourd chez Didier.

    "Et puis vous paraissez inconstant, irrésolu au fil de vos billets."
    ayayayayayayayaï

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  16. Tiens ! J'étais pas abonné aux com, ici. Z'avez bien fait de faire un nouveau billet.

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  17. La 1ère fois que j'ai lu le terme musulman concernant les camps, c'est dans "Le Cœur conscient" de Bruno Bettelheim : "Les prisonniers […] qui avaient la conviction qu’ils n’avaient pas le moindre pouvoir sur leur environnement devenaient littéralement des cadavres ambulants. Dans les camps, on les appelait les "musulmans" en attribuant à tort leur comportement à une soumission fataliste à l’environnement analogue à celle qu’on impute aux musulmans.
    Mais ces individus n’avaient pas, comme les véritables musulmans, pris la libre décision d’accepter leur sort. Au contraire, ils étaient si totalement privés de réactions affectives, d’amour-propre et de toute forme de stimulation, si totalement épuisés, physiquement et psychiquement, qu’ils se laissaient totalement dominer par l’environnement. Ils tombaient dans cet état le jour où ils renonçaient à exercer la moindre influence sur leur vie ou leur entourage."
    Michèle.

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