jeudi 22 juillet 2010

« Pour faire des Français, il faut de l'héritage et du désir... »


Une interview de Renaud Camus par Élisabeth Lévy et Cyril Bennasar. Le début est ici, et la suite (et merci à Georges pour cela).

La photo est de mon choix...

22 commentaires:

  1. Un entretien conforme avec l'idée que je me suis faite de Renaud Camus que j'ai beaucoup aimé (vous l'avez noté sur mon blog, je ne reviens pas sur les raisons diverses) mais dont je me suis séparé définitivement à cause de son raidissement idéologique.
    Il y a une novation dans son discours dont je ne reviens pas, qui est un comble de la part d'un intellectuel et qui me scandalise: son option de "déscolarisation". Comme si les problèmes qu'il relève pouvaient se résoudre par de la non éducation. Incroyable!Pour le coup, oui, il se situe à l'opposé du siècle des lumières.
    Où s'arrêtera-t-il?

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  2. Mais enfin, Henri, c'est infernal, tout de même, le nombre de conneries que vous débitez au mètre !

    Vous n'avez pas lu Renaud Camus, c'est impossible. À moins que, plus certainement, vous l'avez lu, mais comme nombre de vos confrères, vous ne savez pas lire, ce qui devient très commun.

    Où vous arrêterez-vous ?

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  3. Bonjour Didier,

    bon pas grand chose sur le fond, Renaud Camus défend l'Idée qu'il se fait de la France...

    moi j'ai bien aimé l'expression "Français de souche récente".

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  4. Georges, moi peu importe où je m'arrêterai, je n'ai aucune utilité intellectuelle pour les autres (cela doit vous satisfaire, non?), Renaud Camus lui est un intellectuel mais de plus en plus il se situe comme faiseur d'opinion, en quoi cela vous gêne-t-il que dès lors je me pose des questions (je ne suis pas le seul, croyez-le, et certains savent lire)sur son rôle et sur le fond de ses démonstrations.
    Sa parole serait-elle pour vous une révélation divine?

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  5. Décidément, mon pauvre Henri, vous n'en ratez pas une. Si vous me connaissiez un tout petit peu, vous sauriez que je ne fais partie des bénis-oui-oui de la Camusie, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais passons.

    Je ne sais pas à quoi vous répondez, et je ne sais pas très bien non plus à quoi je réponds, quand je vous parle : votre discours est tellement fumeux qu'on ne sait pas ce que vous pensez dans le fond. Je disais simplement que ce que vous affirmez est tout simplement faux, et que je demande bien où vous êtes allé chercher ça. Où avez-vous pris, Mon Dieu, que Renaud Camus prônait une quelconque "non-éducation" ? Quand on lit de telles choses, on se dit que la fameuse "affaire Camus" était non seulement possible mais qu'elle était surtout inévitable, étant donné que personne ne se donne la (petite) peine de lire, AVANT de parler. On se dit aussi qu'il est inutile d'argumenter avec quelqu'un qui n'a pas la moindre compréhension de ce dont il parle.

    « (…) de plus en plus il se situe comme faiseur d'opinion. »

    Vous êtes grandiose, Henri, non, vraiment !

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  6. "Faire" des français ?
    Déjà, en soi, le projet me semble aussi douteux donc voué à l'échec que celle de la construction d'un homme nouveau.
    Est ce que ce genre de discussion a vraiment un sens, ou bien s'agit t il simplement d'approuver ou de refuser les désirs d'un homme nostalgique ?
    Il y a bien un héritage immense mais un héritage qui ne vit pas se ronge et meurt peu à peu, la seule chose à faire, alors, c'est de faire vivre cet héritage, que les vieilles maisons et Eglises soient habitées des rires des enfants et des soupirs des vieillards...au fond, il a raison, un héritage et du désir...

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  7. "C’est la raison pour laquelle le parti de l’In-nocence, dans son programme pour l’éducation, propose, ne serait-ce qu’à titre provisoire, et face à l’impasse actuelle, une sécession en faveur d’une éducation fondée sur un triple volontariat, des professeurs, des parents et des élèves eux-mêmes : faire en sorte que ceux qui désirent une véritable éducation ne soient plus empêchés de la recevoir, et de la prodiguer, par ceux qui ne la désirent pas, qui veulent même s’en prémunir par tous les moyens".
    Qui va juger des désirs d'éducation des uns ou des autres, lui? la police? Si ce n'est pas la fin de l'éducation nationale? Si ce n'est pas une école pour une élite et rien pour les autres, qu'est-ce?
    Mais puisque je ne comprends rien, je continue:
    Lorsqu'il dit que le despotisme est le lit naturel de l'Islam, il feint de croire que la démocratie est le symbole de la chrétienté, or catholiques et orthodoxes se sont vautrés dans tous les despotismes, jusqu'aux plus sanglants, depuis 2000 ans, jusqu'au milieu du 20èeme siècle et même jusqu'à sa fin; quelle leçon de démocratie peut donner la chrétienté? Je suis en désaccord sur tout ce qu'il dit, le grave c'est que ses approximations se veulent en effet une démonstration qui voudrait que d'un côté il y a une civilisation, inatteignable par quelqu'un d'autre qu'un Français ou un Européen de souche, quelque effort qu'il fasse, et qui d'ailleurs n'en a pas le désir ( il a dû entendre ça sur TF1), et de l'autre , disons, une sorte de barbarie.
    Je vais vous faire une confidence, je n'aime pas les drapeaux, ni l'armée, ni la police, je suis communautariste, une partie de moi est catalane, je refuse toute crispation identitaire, si ridicule aux yeux des autres, qu'a-t-on de plus qu'eux pour se targuer d'une culture, d'un art de vivre, tous les peuples du monde ont des arts de vivre singuliers, des arts, des traditions.
    Voila, qu'allez-vous faire de moi. Où dois-je m'exiler?

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  8. Henri : une fois de plus, vous êtes à côté de la plaque : qui a donné des leçons à ces peuples étrangers ? Ni Renaud Camus, ni Georges ni moi. Ce que nous voulons, je crois, c'est qu'ils restent étrangers justement. Et ailleurs, de préférence.

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  9. Non, là, j'crois que je renonce, hein. Désolé, Henri, mais il y aurait trop de chemin à faire.

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  10. Le problème Didier, c'est que Renaud Camus, ne parle pas d'étrangers, là, il parle de Français, aux origines diverses, mais des Français!

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  11. HENRI , ce qu'on a de plus qu'eux? ben ça alors! quelle question, mais la civilisation chrétienne, nos traditions transmises par des dizaines de siècles, quoiqu'ils aient été, notre histoire de France et ses héritages et la transmission que moi, simple petite souchienne je lèguerai à mes descendants si Dieu le veux et si Allah et ses sbires m'emmerdes pas..voilà ce que nous avons de plus qu'eux

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  12. Ne martelez pas la table du poing Henri, en répétant que "ce sont des Français. " Ils n'en sont pas, se refusent à l'être ou à le devenir, ne respectent pas ce titre de Français, en rigolent...

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  13. @henri

    "raidissement idéologique"

    J'adore, ce raidissement me donne la trique. Du coté du réel, tout se ramollit, n'est-ce pas. La proposition de scolarisation volontaire n'est pas sotte. Que les parents prennent leurs responsabilités. Ils ont d'ailleurs, pour la plupart le droit de conduire une voiture, souvent de voter...

    Dernière chose, ON PEUT AUSSI S'ABONNER A CAUSEUR POUR 45E l'AN. Pour faire des journaux libres, il faut des abonnements et donc des abonnés ! ( moi aussi je me raidis idéologiquement, RC n'aura pas le monopole du raidissement, non mais !)

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  14. Bon, merci à vous, Didier, de m'avoir envoyé chez Causeur, ça m'apprendra à n'y lire que les notes de Jérôme Leroy - remarquez, je suis prêt à tout et à son contraire pour, à l'instar de JL, prôner "un communisme balnéaire, sexy et poétique" (sic) - et merci à Georges pour la livraison de la deuxième partie de cet entretien - au passage, ça m'aura évité d'arrondir les fins de mois de Dame Lévy.

    Je vous l'ai déjà dit ici, je crois, l'une de mes dernières grandes hontes de lecteur, plus justement de non lecteur, aura été de suivre la meute (Plenel, Sollers, etc.) lors de la fameuse affaire. Depuis, j'ai largement changé d'avis sur Camus. Comment ai-je fait ? Je l'ai lu ! Et puis comme le dit avec "finesse" l'auteur qui nous (pré)occupe dans une remarquable saillie pour le prix de deux, "les officines de rééducation ne manquent pas." (in "Le magazine des Livres", entretien accordé à Joseph Vebret, n° 24, mai-juin 2010). Dans le même bimestriel, il dit aussi, dans un trait d'humour mi-doucereux mi-carnassier qui n'est pas pour me déplaire, ceci :

    "Mais ce qui est plus intéressant, il me semble, c'est en quoi la phrase, le mot, la lettre, la lettriture, la littratcheure, la lettritude, pour parler cette fois comme Ezra Pound et comme Mme Royal, peuvent devenir non seulement un mode de vie mais une vie, la vie même, mieux structurée, plus tangible, plus vraie, mieux chargée de matière, d'épaisseur et de sens que la suite élusive des jours."

    J'avoue : ce binôme Ezra Pound/Madame Royal m'enchante... Quant à la "suite élusive des jours", c'est tout bonnement somptueux. À ce propos, Camus révèle à Vebret qu'il a commencé à tenir un journal bien avant d'avoir eu l'envie d'en tenir un, et d'ajouter, dans un trait de feu dont il a le secret :

    "j'ai jeté dans un vide-ordure new-yorkais les dix-neuf premiers cahiers."

    J'en viens maintenant à l'entretien ici rapporté, surtout à ses toutes dernières lignes :

    "Dans notre héritage, il y a bien autre chose que les Lumières, même si elles en font incontestablement partie ; bien autre chose que leur universalisme, qui dans l’ensemble du legs ne me paraît pas le plus précieux, c’est vrai. Quoiqu’il en soit nous avons le droit de faire des choix, et la France ne commence pas aux Lumières. Un peuple n’est pas une idée, même s’il peut avoir des idéaux. Un peuple qui ne serait qu’une idée serait perdu — c’est peut-être ce qui nous perd."

    Sur ce coup, je sens Camus sur la défensive, sans doute assujetti à une espèce d'autocensure (on peut le comprendre). Il y a quelques années, j'ai lu "Le choix de Dieu". Dans cet ouvrage, le Cardinal Lustiger répondait aux deux journaleux-sociologues de service, Dominique Wolton et Jean-Louis Missika, où il (dé)montrait - je résume très grossièrement - qu'il pouvait exister quelque lien de parenté entre, d'une part, l'esprit des Lumières, l'idéologie des Lumières, et d'autre part les deux grands crimes imprescriptibles que furent le nazisme et le stalinisme. CQFD. Cela étant, on n'est pas très loin des derniers travaux de François Furet. Enfin bref, je m'égare, même s'il s'agit là d'un sujet essentiel qui, à mon sens, cristallise toutes les lignes de partage des eaux idéologiques...

    Pour conclure : j'apprécie Camus depuis que je le lis. Etonnant, non ?

    (Ah oui, j'aime bien notre camarade Henri, d'abord parce qu'il fabrique du vin, excusez du peu, et ensuite parce que son blog nous offre des lectures très originales sinon très iconoclastes d'auteurs tels que Mauriac, Anatole France ou encore Dickens - la lecture de Dickens par Henri est remarquable, et très drôle.)

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  15. Christophe : merci pour ce long commentaire. Je suis évidemment ravi, et plus que ravi, que vous lisiez Camus et le faisiez avec profit.

    Pour ce qui est d'Henri, je partage votre avis à propos de son blog (et de son vin que je n'ai pourtant jamais goûté). et puis, c'est tout de même le seul commentateur qui me rentre dans le lard avec autant de constance, et à ce titre il est précieux.

    (Je vais vous avouer une chose : Henri n'existe pas. C'est moi qui l'ai inventé pour faire croire que je supportais la contradiction...)

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  16. Haha! Comme si les Catalans n'étaient pas communautaristes ... surtout de l'autre côté des Pyrenées!

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  17. "Si ce n'est pas la fin de l'éducation nationale? "
    Ah parce que pour vous, Henri, elle n'est pas déjà morte, l'éducation ex nationale?
    Je vous conseille une fois de plus de lire les témoignages recueillis par SOS Education (site et blog)

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  18. il ne serait pas un peu narcissique Renaud Camus ?

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  19. Lucia Mel : narcissique ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? et quel écrivain ne l'est pas un peu ? et en quoi est-ce mal d'être narcissique ?

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  20. Exploit: Narcisse a lu 100 pages et se trouve toujours aussi beau (!)
    "Felix fuit à l'intérieur. Je suis ce que la société veut que je sois. Pour le reste, je me retourne comme un habit. J'ouvre à l'intérieur une fenêtre sur le royaume où je suis libre. Pas de résistance. D'ailleurs, comment s'opposer sans trahir les espérances de père et mère?" (Felix Leclerc donc !...dans Le roi heureux, Jacques Bertin). (Pas les baffes, c'est pas moi!)

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  21. c'est juste qu'il fait beaucoup d'auto-portraits... non, être narcissique n'a rien de mal, ou alors, souvent ou parfois, c'est un "mal" nécessaire pour écrire ou enseigner (j'ai autrefois écrit une bafouille d'une dizaine de pages, un mémoire d'études, intitulée : "De la nécessité du narcissisme pour enseigner").

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  22. Camus par Lévy, ça touche au sublime, non ? Le cercle parfait qui tourne en rond entre gens "qui se comprennent", c'est beau !
    :-))

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