jeudi 1 juillet 2010

Le Vertige totalitaire, II : le cas Zimmerman

Ce billet n'est pas réellement la suite de celui d'hier : plutôt une incise. Ou un “encadré”, comme on dit dans la presse. Le chapitre IX de son Ciel de la Kolyma, qu'elle a intitulé Ceux qui tiennent la hache, Evguenia Guinzbourg le consacre pour moitié à Valentina Mikhaïlovna Zimmerman, la chef du camp d'Elguen où elle purge sa peine. Voici ce qu'elle en dit :

« Jusqu'à présent – et j'écris ces lignes dans les années 70 – une discussion sur la Zimmerman se poursuit dans notre milieu. Certains, parmi les derniers Mohicans d'Elguen qui sont encore en vie, ont conservé pour elle un certain respect parce qu'elle était honnête. Oui, tout simplement honnête dans le sens le plus littéral du mot. Elle ne volait pas les denrées destinées au réfectoire des zeks, elle ne vendait pas contre des pots-de-vin la dispense de certains travaux particulièrement dangereux, elle ne se livrait à aucune manipulation avec la caisse du camp (...). À cette honnêteté s'ajoutait même un certain ascétisme. »

Et Evguenia Guinzbourg d'expliquer que Valentina Zimmerman ne participait jamais aux orgies alcoolisées des autres dirigeants, qu'elle menait une vie frugale de veuve chaste, en compagnie de ses deux grands fils. Lisant ce portrait, je pensais à tous mes jeunes camarades blogueurs, de gauche comme de droite mais tout de même plus souvent de gauche (et pas toujours si jeunes, du reste), qui ne cessent de flétrir la veulerie de nos dirigeants, réclament des élus irréprochables, des édiles incorruptibles, etc. Et qui me prennent pour un bouffon provocateur lorsque je prétends que le meilleur des responsables publics est un homme légèrement corrompu mais sans excès – c'est-à-dire conforme à la vieille et célèbre définition donnée par Édouard Herriot (« La politique c'est comme l'andouillette : ça doit sentir un peu la merde mais pas trop. »), formule qui n'est nullement une boutade mais au contraire une phrase d'une grande sagesse.

Car que dit Evguenia Guinzbourg, à propos de sa Zimmerman ? Exactement la même chose. Sauf qu'elle ne théorise pas (ou peu) mais donne des exemples concrets, terriblement et mortellement concrets. Elle cite plusieurs cas de prisonnières qui ont été envoyées à une mort quasi certaine pour un vol de trois tomates pourries et jetées, par cette femme si honnête qu'elle ne supportait pas le vol. D'autres parce qu'on les a surpris se livrant à une fugitive étreinte avec un homme, ce qui choquait profondément la chasteté de cette irréprochable veuve. En un mot, elle attend et exige de ces spectres affamés, scorbutiques, scrofuleux et j'en passe, qu'ils se conforment strictement à ces règles d'honnêteté qu'elle place au-dessus de tout. Moyennant quoi, lorsqu'il s'agit de punir (en pratique : de tuer en quelques jours ou semaines) une détenue, sa main ne tremble jamais, son esprit reste calme et sans hésitation.

Evguenia Guinzbourg lui oppose ces gardiens, parfaitement corrompus et vénaux, eux, mais qui parfois laissent passer la porteuse de trois feuilles de chou volées, ou détournent les yeux de ce couple embrassé et mal dissimulé derrière un baraquement. Et, à propos de la Zimmerman, elle conclut :

«Peut-être cette raideur de jugement renfermait-elle justement la graine qui, en se développant, avait métamorphosé la bolchevique fanatique des premières années de la révolution, la “veste de cuir”, en ce chef de camp sanglée dans son uniforme à la Ilse Koch (1). »

Il me semble bien ne pas dire autre chose lorsqu'il m'arrive de signaler ironiquement (mais au fond sans rire plus que ça...) que tel ou tel petit enragé de la vertu citoyenne et du Souverain Bien fera, si l'occasion s'en présente demain, un très efficace gardien de mirador. C'est pourquoi, à Robespierre, parangon de tous les Zimmerman présents et à venir, me paraît toujours devoir être préféré Danton. Voire Nicolas Sarkozy ou même Éric Woerth.


(1) Ilse Koch était l'épouse du commandant en chef de Buchenwald. Les détenus l'avaient surnommée “la chienne de Buchewald”...

47 commentaires:

  1. Au fond à ce niveau de perversité, les "idées" ne comptent plus, c'est sans doute l'ivresse (oui, peu glorieuse dans le cas de Mme Zimmerman) du pouvoir absolu qui a rendu cette femme folle et fanatique.

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  2. J'ai à peu près compris ce billet, pour une fois.
    Je suis d'accord qu'il vaut mieux un Danton qu'un Robespierre, mais ne voyez vous pas une différence de nature entre le fait de s'indigner de la corruption de nos dirigeants et le travail d'un chef de camp de la mort ?
    D'un point de vue politique, c'est la constitution et le respect des droits fondamentaux qui nous protègent contre ce genre d'excès du politique.
    C'est la négation de ces droits fondamentaux pourtant à la base de toutes nos démocraties qui a pu conduire à la Terreur, ou aux totalitarismes.
    Plutôt que dénoncer l'excès de zèle de tel ou tel enragé de la vertu citoyenne, ne vaudrait il pas mieux affirmer pleinement les droits individuels fondamentaux de nos sociétés ?

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  3. Comme vous les "vertueux" m'inquiètent. Je suis agacé par toutes ces "affaires" qui n'en sont pas. Si j'avais besoin d'exemples moraux, je n'irais pas les chercher parmi les politiciens. Dieu merci, cette recherche, où qu'elle s'opère, ne m'intéresse pas.

    A un autre niveau, si je m'étais trouvé être juif dans les années quarante ou chinois au Viet-Nam dans les années soixante-dix, j'aurais préféré avoir affaire à un policier qui m'aurait laissé filer (même contre une petite pièce) qu'à un con fanatique et "honnête".

    D'ailleurs, qu'est-ce qui prouve que les cris d'orfraies de ces parangons de la moralité politique ne sont pas dus à l'envie qui taraude ceux qui savent que leur médiocrité les tiendra à jamais éloignés de la moindre assiette au beurre?

    Les petits cadeaux entretiennent l'amitié, il faut de l'huile pour que les rouages de la machine tournent. On peut appeler ça de la corruption, en faire un scandale, alors qu'en fait ce n'est pas grave. Ce qui est grave, c'est la corruption généralisée comme j'ai pu la constater en Afrique. Quand tout s'achète et tout se vend, quand la police rackette les usagers des routes etc.

    Je ne désespère pas de voir un jour un politicien compromis parce que le cousin de la soeur du tonton d'un industriel aura donné un ticket de métro au beau-fils du frère d'un gars qui habite pas loin de chez lui. On marche sur la tête! Mais qu'est-ce que certains apprécient cela!

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  4. Excellent billet.
    La promesse électorale de la probité vertueuse, heureusement que c'est toujours une promesse en l'air. Quand ça ne l'est pas, bonjour les barbelés...


    "affirmer pleinement les droits individuels fondamentaux de nos sociétés "
    oui, mais tout le monde est d'accord pour ne pas taper les plus petits que soi et ne pas brûler les orphelinats. Dans toutes les constitutions, du monde entier, on énonce des droits fondamentaux, qui sont grosso modo les mêmes. (enfin, pour les hommes, pas en ce qui concerne le statut des femmes).

    Excellent billet.

    Emma: c'est le même pouvoir que celui de parents qui rendent leurs enfants fous à force de vouloir les éduquer avec trop de rigueur morale.

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  5. Emma : oui, mais l'ivresse du pouvoir, si l'on en croit Guinzbourg, n'est sans doute pas première. Ce qui vient avant, c'est la soumission (à une autorité, à une morale, à un idéal, etc.) Le reste suit.

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  6. Le rouge : j'allais vous ré&pondre, mais Suzanne le fait très bien !

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  7. >Suzanne
    Ne pas brûler les orphelinats ou taper les plus petits que soi, cela n'a rien à voir avec l'énonciation de droits fondamentaux, cela ne veut rien dire.
    C'est précisément la négation de ces droits fondamentaux qui constitue la base des totalitarismes, et un grand nombre de pays ne les ont pas intégrés comme principes et ne les respectent pas de fait.
    Je trouve par ailleurs assez malheureux cette façon de ne présenter le choix qu'entre le goulag et la corruption.
    Alors, parce qu'on préfère ne pas créer un Robespierre, il faudrait trouver naturel qu'un politique censé être au service (c'est ce qu'ils disent tout le temps) de son pays se paye 12 000 euros de cigare payés par les impôts ?

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  8. La vertu, telle que décrite ici, n'est rien d'autre que de la lâcheté. Non pas parce qu'il y aurait écrit quelque part, sur une pierre sacrée quelconque, que la désobéissance civile est un droit, voire une obligation, quand le régime est injuste, oppressif - ça, on s'en fout, à la limite, ça reviendrait au même.
    Non! C'est une lâcheté parce que cette vertu sert, en réalité, à cacher la nature d'une personne qui ne s'assume pas.

    Pour résumer en une formule, cette vertu ressemble furieusement à l'excuse d'un gamin, quand il dit "c'est pas moi!"... Eh non, c'est pas moi, ce sont des principes qui nous dépassent... donc je n'ai rien à assumer! Je peux poncepilater sans scrupule!

    Cette vertu est une vertu plébéenne.

    Une autre vertu est celle, cardinale, de l'Aristocratie: la Liberté! La liberté de dire oui, ou non, sans autre ressort, recours que soi-même... et assumer... "whatever the cost may be!"

    Je ne dis pas que les valeurs de Robespierre ou de Mme Zimmermann sont mauvaises... je dis juste qu'ils se sont cachés toutes leurs vies derrière, pour n'avoir rien à assumer et surtout pas leurs natures respectives... quoique probablement très proches.

    « Que votre vertu soit identique à votre « moi » et non pas quelque chose d’étranger, un épiderme et un manteau : voilà la vérité sur le fond de votre âme, ô vertueux ! » Nietzsche

    Laurent l’Anonyme

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  9. Le Rouge : Mais qu'est-ce que c'est que ces "droits fondamentaux" dont vous parlez ? Qui les a décrétés ? Quels sont-ils exactement ?

    Sinon, en effet, il est "naturel" qu'un homme politique se laisse corrompre. Cela ne veut pas dire que c'est "bien", mais le bien n'a que peu à voir avec la politique et c'est tant mieux. La politique consiste avant tout à essayer d'administrer au mieux le réel (et éventuellement d'améliorer les choses). Certainement pas à faire le bonheur des gens.

    Bon, j'ai du boulot, j'arrête...

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  10. Laurent : désolé de ne pas vous répondre, mais j'ai réellement du taf, là...

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  11. La réponse est dans le commentaire de Jacques Etienne.
    Et bien sûr que oui, c'est naturel. Enfin, naturel, pas vraiment, mais tellement, tellement habituel... Les chemises de Roland Dumas, ou les chaussures, les danseuses ici ou là...

    Tiens, la directrice de la Halde a demandé qu'on double son salaire, déjà bien gratiné. Lutter contre les discriminations, ça doit donner beaucoup plus faim et soif que les subir. On fait comme si la politique c'était l'Eglise, et que le moteur de l'affaire n'était pas le goût du pouvoir et l'appât du gain, au moins autant que les idées... Après, à chacun de regarder dans ce panier de politiciens qui aura gardé une ossature ou un noyau d'honnêteté, un projet dans le sens du service public.

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  12. Les droits fondamentaux ce sont les droits naturels (Egalité, Liberté, Droit de propriété).
    Je pense également que le politique ne devrait pas se mêler de faire le bien, mais je pense que tous les politiques s'appuient sur le bien pour justifier leur action, et cette façon de faire est un dévoiement.
    Administrer le réel ? Le réel n'a aucun besoin d'être administré, de même que les services publics n'ont pas besoin de l'Etat pour servir le public.
    Votre boucher ou votre boulanger est davantage au service du public que n'importe quel homme politique parce qu'il sait que s'il vend de la merde, il n'aura plus de clients.

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  13. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  14. De même que la Nature donne à l'homme la faculté d'user de sa raison pour conduire sa vie, elle lui donne la faculté de trouver les règles du droit permettant d'organiser la vie en société.
    Si tu te comportes de la même manière que ton chien, c'est effectivement que tu ne fais pas partie de la société des hommes.

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  15. Ah ! Le cynique a effacé son message !

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  16. Le Rouge: c'est qu'il va en écrire un plus long, ou qu'il tente de respecter sa résolution de ne plus débattre.

    "De même que la Nature donne à l'homme la faculté d'user de sa raison pour conduire sa vie, elle lui donne la faculté de trouver les règles du droit permettant d'organiser la vie en société."

    Euh, elle habite où, la Nature ? J'aurais deux mots à lui dire.

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  17. Je pense que le cynique en question s'interroge, comme moi, sur le vocable "droit naturel" pour des droits qui sont tout le contraire, puisque sociaux, conventionnels, contractuels.

    Même si on considère que l'homme est naturellement un animal social, ces droits "naturels" que vous énumérez ne sont évidents que dans les sociétés occidentales.

    Qu'il y ait des droits, ça, c'est naturel.
    Mais ce que sont ces droits, ça, c'est culturel.

    Par conséquent... ils sont contestables et pas inaliénables, imprescriptibles etc, etc...

    Sauf, bien entendu, à introduire un argument transcendant dans la discussion, comme la volonté divine...


    Laurent l'Anonyme

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  18. Le rouge, vous mettez le doigt où ça fait mal. Chez les réacs, les droits on n'aime pas tant que ça, ils connaissent bien les leurs,inscrits dans une révélation ou dans leur bonté naturelle, mais ceux écrits, inscrits au fronton des monuments, ils n'aiment pas, les droits de l'homme, la justice sociale, les manifestations, les grèves, tout ça les insupporte.
    Ils disent les respecter ces droits, comme ça par grandeur d'âme ou à cause de l'évangile ou de l'histoire ou de je ne sais pas quoi, ils n'ont pas besoin qu'on leur rappelle, et ne leur parlez surtout pas de liberté, d'égalité ou de fraternité, c'est détestable pour eux.

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  19. Le Rouge,

    Je ne suis pas cynique. Enfin, je ne crois pas. Oh, peut-être que si après tout. Comme vous voulez...

    C'est vrai que j'en ai assez de débattre, et que j'avais résolu de ne plus... Mais je suis malade. Ou je dois l'être. Enfin, comme vous voulez.

    J'ai surtout été découragé par le précédent débat que je trouve absolument insoluble. Et un peu risible aussi. Surtout lancé sur de telles bases. C'est bien simple, rien qu'à lire les quelques interventions des Nebo, XP et même Henri que j'aime bien pourtant, je me chope une flemme pas possible. Comme Didier, je ne me sens finalement en accord avec personne, à tel point que cela m'en désespère absolument. Et surtout, je me sens incapable de synthétiser tout ce que je pense de cette insondable question.

    J'en ai aussi assez de débattre avec des gens qui passent leur temps à tordre les idées dans tous les sens, en dépit de la simple évidence. Comme si tout pouvait être à la fois vrai et faux.

    Ce que dit Laurent l'Anonyme tombe sous le sens. Je le remercie de l'avoir formulé pour moi.

    Sauf que je vais plus loin que lui, je ne crois pas du tout que la notion même de droit soit naturel.

    La Nature est tout arbitraire, chaos, hasard. La Nature n'est pas une volonté, tout ce qui est l'expression d'une volonté (comme tout ce qui est social ou tout ce qui combat l'arbitraire) est donc par essence (et non par nature, si tu me suis biens) contre-nature.

    En ce sens, je crois pouvoir dire que j'ai une conception de la Nature très proche de celle de Rousseau. Et une conception également comparable de la société. Si tu penses que Rousseau est un cynique, alors, d'accord, je le suis aussi.

    Avant de disposer, je relève que tu parles de la nature comme on pourrait parler de Dieu. Ce qui est étrange pour quelqu'un qui a choisi un pseudo si écarlate.

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  20. [c'était pour ne pas faire mentir Suzanne [clin d'oeil]]

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  21. Je le savais bien qu'on aurait droit à un cours de droits!
    Ca a juste pris du retard, 5 billets de Didier plus tard.
    J'espère qu'il ne va pas se dire que c'était bien la peine...

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  22. Oups pardon, c'était pour Le Rouge

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  23. @Harald (Dorham)

    Et bien, pour quelqu'un qui n'a pas envie de se lancer dans des débats " absolument insolubles. Et un peu risibles", vous parlez beaucoup...

    Pour ne pas dire grand chose,il est vrai.

    "J'en ai aussi assez de débattre avec des gens qui passent leur temps à tordre les idées dans tous les sens, en dépit de la simple évidence. Comme si tout pouvait être à la fois vrai et faux."

    Que veut dire cette phrase? C'est un message codé? Une métaphore poétique? Un annagramme? On gagne quelque chose, si l'on découvre le sens? Il faut s'inscrire, pour jouer?

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  24. XP,

    Cela veut dire que l'on verse ici et ailleurs dans une espèce de relativisme permanent. Ou tout peut être dit et débattu, y compris des énormités.

    Pourquoi ? Mais parce que l'on aime bien ça, débattre, comme ça, pour passer le temps, on se persuade qu'on est doué d'intelligence.

    A ce jeu là, vous êtes un des meilleurs, je vous adresse mes félicitations.

    Vous avez raison, je n'ai pas dit grand chose, j'ai seulement et sans doute longuement rappelé une évidence. Je vais schématiser pour vous.

    "Société ; pas pareil que Nature"

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  25. "J'en ai aussi assez de débattre avec des gens qui passent leur temps à tordre les idées dans tous les sens, en dépit de la simple évidence. Comme si tout pouvait être à la fois vrai et faux."

    cherchez pas à comprendre XP, dans cette phrase y'a tous les symptômes du Catholique à Babouches, ou de l'athée à babouches, ou du souverainiste à babouches. Bref, du type qu'a besoin de suivre les diktats à la lettre sans prendre la peine de les trirurer dans tous les sens pour en tirer quelque chose de bénéfique et faire changer les choses en conservant l'essence. Il lui faut une ligne de conduite pour la suivre au pied de la lettre et aucunement chercher à en atteindre l'esprit.

    Pitou

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  26. Cela dit, puisque vous en êtes à railler l'opacité de certains commentaires, XP, en quelques phrases lapidaires du niveau Terminale Littéraire, vous nous expliquerez (on vous a déjà interrogé sur la chose) comment on peut être un individu "totalitaire" à soi tout seul.

    Je ne demande pas ce qu'il y a à gagner, je parie sur une volée de bois vert.

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  27. "Bref, du type qu'a besoin de suivre les diktats à la lettre sans prendre la peine de les trirurer dans tous les sens pour en tirer quelque chose de bénéfique et faire changer les choses en conservant l'essence."

    Communiste, va !

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  28. "Communiste, va ! "

    Allons, ne prenez pas votre cas pour une généralité.

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  29. "Communiste, va ! "

    Allons, ne prenez pas votre cas pour une généralité.

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  30. Je suppose que c'est vous Pitou.

    (grand sourire)

    Vous êtes le deuxième après XP aujourd'hui à me faire le coup du "c'est çui qui dit qui est"... Je sais que j'ai quitté le collège depuis bien moins longtemps que vous mais tout de même, il y a des limites....

    (ce n'est quand même pas moi qui crois pouvoir sur un blog, pire dans les commentaires d'un blog, "triturer des diktats pour en tirer quelque chose de bénéfique" - vous aut' vous avez la folie des grandeurs, tout bonnement)

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  31. J'hésitais à doubler ma réponse pour répondre au deuxième vous.

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  32. @

    "Pourquoi ? Mais parce que l'on aime bien ça, débattre, comme ça, pour passer le temps, on se persuade qu'on est doué d'intelligence.

    A ce jeu là, vous êtes un des meilleurs, je vous adresse mes félicitations."

    Vous êtes extremement peu perspicace. Je déteste ça, le débat.

    "Cela dit, puisque vous en êtes à railler l'opacité de certains commentaires, XP, en quelques phrases lapidaires du niveau Terminale Littéraire, vous nous expliquerez (on vous a déjà interrogé sur la chose) comment on peut être un individu "totalitaire" à soi tout seul."


    Et bien, voilà qui tombe bien, Pitou a parfaitement répondu par avance et à ma place.

    Si vous posez cette question, c'est bel et bien que vous raisonnez en CAB.

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  33. Bon, pour clarifier, il faudra se reporter à la notion de Droit Naturel telle qu'elle a été explicitée par exemple par John Locke.
    Les droits naturels en principe n'ont rien à voir avec la notion de justice sociale, ni avec la notion d'égalité telle qu'elle est actuellement encouragée. Il s'agit simplement d'affirmer que tout individu dispose des mêmes droits.
    Si le Droit Naturel est de filitation chrétienne, il s'émancipe ensuite, et repose en fait simplement sur la nature humaine.
    Nature humaine qu'il faut encore distinguer du concept de Nature. La nature humaine étant simplement la capacité pour tout individu d'user de sa raison pour se conduire, et ainsi permettre à la société de s'organiser naturellement selon ces principes.
    Tout individu, quelle que soit sa culture, sa religion, sa langue est capable de comprendre et d'approuver les droits naturels, tout est question de temps, de patience.
    le rouge c'est tzatza qui a mit son masque pour obéir au taulier...rien à voir en fait avec une quelconque couleur politique.

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  34. @Pitou

    Le problème avec notre ami, c'est qu'il ne comprend pas un seul mot de ce que vous lui dites... Alors il se la joue tout naturellement "tout cela est vain/Ce débat m'ennuie/ Qui êtes vous ) vouloir cehercher la vérité/ Vous êtes des prétentieux).

    Un GDV classique qui ne supporte pas de n'avoir pas sa place dans une conversation, parce qu'il est persuadé que ses quelques annés de fac et de lycée lui donne le droit à participer à toutes les conversations...

    Tout y est, jusqu'au "grand sourireé sencer feindre la hauteur de vue de celui qui est au dessus de tout ça", alors qu'il boue de rage de se voir largué, le garçon.

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  35. "Tout individu, quelle que soit sa culture, sa religion, sa langue est capable de comprendre et d'approuver les droits naturels, tout est question de temps, de patience."
    Faudra juste attendre quelques siècles, faire le gros dos, laisser passer l'orage, tondre sa pelouse et biner ses betteraves. Juste quelques siècles.
    Ca va passer vite!

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  36. XP,

    Pitou n'a rien répondu du tout, je suis désolé de vous le dire.

    Sans le savoir, il ne s'adresse pas à moi en réalité et vous non plus. Vous le croyez, mais non.

    Ni vous ni lui n'avez l'air de comprendre le sens du terme "idée". Vous êtes allé trop vite en besogne, l'un et l'autre, aveuglé sans doute par votre empressement à me croire rouge comme un homard (ce qui est absolument faux).

    Le sens de ce mot vous éclairerait pourtant sur mon propos et vous aiderait à comprendre que je ne mets nullement en doute la nécessité de la remise en question, bien au contraire ; l'idée en étant par définition le produit.

    Du reste, j'ai suivi vos échanges avec Henri, Chieuvrou, Nebo, sur les billets précédents, vous n'y avez rien dit non plus. A part vous chamailler les uns les autres afin de déterminer si le nazisme était comparable au communisme, ou pire, ou moins pire, ou encore qui était le plus vilain de Mao, Pol Pot, Franco, Pinochet ou Videla...

    Je ne suis donc pas intervenu et ne vous ai même pas pas interpelé. Car cela ne m'intéresse pas. Tout bonnement.

    Je me suis adressé en fait ici à Mr Rouge - et non à vous (même si il est vrai, je vous ai cité, je n'aurais pas dû) - car il soulevait à mon sens quelque chose d'intéressant. Quelque chose qui est en fait essentiel et ce sur quoi sont basées en partie les idéologies terribles dont vous parlez depuis plusieurs jours.

    Est-ce que le droit est un droit de nature ? Est-ce que les droits de l'homme sont-ils naturels ? Le droit dont on peut nous priver est-il par définition un véritable droit ? Etc...

    Oui, cette question est nettement plus intéressante.

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  37. Bon, désolé, les gens, mais j'ai rien suivi : il se trouve que, pour une fois, j'ai VRAIMENT eu du travail !

    M'enfin, apparemment, je n'ai manqué à personne...

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  38. Le Rouge, vous faites du sophisme.

    Le modèle que vous prenez en référence comme universel en énonçant ce que des philosophes ont appelé les droits naturels ( je vous cite: "Egalité, Liberté, Droit de propriété") n'est rien d'autre que circonstancié, marqué du sceau de l'époque et du lieu.

    Même si ce modèle a tendance à s'universaliser, il n'est pas universel et sûrement pas incontestable.

    Le droit de propriété, par exemple... le choix d'en faire une valeur est symptômatique de l'émergence de la société bourgeoise, c'est à dire commerçante des villes, à la fin du Moyen Age, contre la féodalité. A ce jour, nous ne sommes pas encore sortis de ce système de valeurs, mais il est très orienté! La plupart des sociétés traditionnelles, sans être des exemples de barbarie, sont collectivistes.

    La Liberté, que vous évoquez, c'est pareil! Dans ce contexte, il ne s'agit pas de la Liberté, valeur aristocratique, reliée intimement à l'essence de la Tragédie. Non! Il s'agit de la liberté individuelle, encore une fois, hérité de l'émancipation des villes à la fin du Moyen-Age.

    L'Egalité, c'est pareil: individualisme bourgeois contre hiérarchie féodale.

    Je ne dis pas que c'est mieux ou moins bien... je dis juste que votre modèle est contestable et sûrement pas universel.

    Il n'y a pas de droits naturels en tant que droits incontestables parce que de nature. Il y a des droits naturels du fait d'une convention de langage entre philosophes... ce qui galvaude le sens des mots, à mon avis.

    Laurent l'Anonyme

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  39. "dans l'horreur, tous les idées se valent"
    Uranus - Marcel Aymé je crois.

    Une belle brochette de billets que cette série nazo-goulag.

    Bientôt les gardiens solidaires !

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  40. Sur Robespierre versus Danton, il y a un élément applicable, peut être à Zimmerman : l'esthétique, l'envie d'esthétique, l'esthétique par dessus tout.

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  41. et ben!!!!!!!j'ai rien compris!!!!! c'est normal docteur????

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  42. Jacques Étienne : pardon de ne pas vous avoir répondu : je suis tellement d'accord avec vous que je pensais être l'auteur de votre commentaire...

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  43. Cette soif hystérique de pureté est typiquement adolescente. Les adolescents font de très bons gardiens de camps.

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  44. Georges : alors, ça, oui ! une chose est extraordinaire, dans le livre de Valtin, c'est que les gens dont il parle, y compris des "chefs" pour toute l'Europe ou presque, ne dépassent presque jamais trente ans.

    Il va de soi que ces deux régimes jumeaux ont tout tablé sur la jeunesse, et ils savaient très bien pourquoi.

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  45. "Il va de soi que ces deux régimes jumeaux ont tout tablé sur la jeunesse, et ils savaient très bien pourquoi."

    Bingo, Didier...

    "Le rouge, vous mettez le doigt où ça fait mal. Chez les réacs, les droits on n'aime pas tant que ça, ils connaissent bien les leurs,inscrits dans une révélation ou dans leur bonté naturelle, mais ceux écrits, inscrits au fronton des monuments, ils n'aiment pas, les droits de l'homme, la justice sociale, les manifestations, les grèves, tout ça les insupporte.
    Ils disent les respecter ces droits, comme ça par grandeur d'âme ou à cause de l'évangile ou de l'histoire ou de je ne sais pas quoi, ils n'ont pas besoin qu'on leur rappelle, et ne leur parlez surtout pas de liberté, d'égalité ou de fraternité, c'est détestable pour eux."


    C'est un pauvre Henri... faut qu'on lui donne à manger. Faut qu'il fasse gaffe, tout de même... quand il mange il en met partout... ça dégouline le ressentiment.

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  46. " pardon de ne pas vous avoir répondu : je suis tellement d'accord avec vous que je pensais être l'auteur de votre commentaire..."

    Vous me flattez, Didier!

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