vendredi 24 avril 2009

À la Sainte-Katyn, tout Polonais prend racines

Un excellent billet, sur les Carnets baroques de la précieuse Camille.

12 commentaires:

  1. Pour une fois, rien à dire. On acquiesce.

    Précisément pour ceci :

    "La vérité, c'est que les Polonais, tout le monde s'en fout. Et que si un film balançant sur l'Armée rouge réjouit le coeur des vieux réacs (moi la première) par sa sortie, l'histoire de la Pologne, on s'en tamponne quand on fait partie des "grandes puissances".

    La vérité, c'est que l'histoire de la Pologne est pathétique et que cela n'intéresse personne. La Pologne a toujours voulu jouer dans la cour des grands et nous, les "grands", nous nous sommes contentés de la piétiner joyeusement".

    Parce que c'est vrai.

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  2. Et puis pour le reste aussi, hein, particulièrement sur l'aveuglement persistant d'une catégorie de gens sur les crimes du communisme. On est d'accord.

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  3. Dorham : Camille est une fille très bien, et son blog est hautement lisible : prochaine agrégée d'histoire, catho, réac, tout ce qui fait une jeune femme fréquentable, quoi.

    Manquerait plus qu'elle soit jolie et bandante, en plus...

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  4. Y a juste le réac, quoi !

    Enfin, notez, puisque vous êtes persuadé que je le suis sans le savoir...

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  5. @Pluton et complètement hors sujet: vous avez parlé dans un commentaire trop ancien pour que je le retrouve de vignes dans le Vaucluse ou pas loin. Dans le nom il y avait le mot Plan de...?
    Pourriez-vous me redire le nom exact? J'enrage de ne pas le retrouver! Merci!

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  6. « La vérité, c'est que les Polonais, tout le monde s'en fout. »« La vérité, c'est que l'histoire de la Pologne est pathétique et que cela n'intéresse personne. »Que l'histoire de la Pologne soit pathétique, personne ne le songerait à le nier. Pathétique et même, au cours des deux derniers siècles, éminemment tragique. Pour le reste, excusez-moi, messieurs-dames, mais il faudrait quand même éviter de dire n'importe quoi. Car il n'y a, à ma connaissance, pas de peuple qui ait bénéficié, en France, ces trente dernières années, d'un soutien comparable (fût-il purement moral) à celui qui a été apporté aux Polonais après le coup d'État du général Jaruzelski, en décembre 1981. Vous étiez peut-être trop jeunes, à l'époque, pour vous en rendre compte, mais il n'en reste pas moins que, malgré le célèbre « bien entendu, nous ne ferons rien », on en a bouffé, de la Pologne, dans les mois qui ont suivi, avec émissions spéciales en direct, films de Wajda à 20 h 30, badges aux couleurs de Solidarność, union sacrée de la classe politique (à l'exception, naturellement, des méchants communistes, un peu gênés aux entournures), défilé incessant des intellectuels ou présumés tels dans les médias, coups de fil systématiques de Simone Signoret (qui avait il est vrai un peu à se faire pardonner ses admirations passées) aux invités des plateaux de télé pour qu'ils y évoquent la répression contre le mouvement démocratique, accueil des dissidents, concerts d'Anna Prucnal, petites bougies sur les places de nos villes, et tout, et tout. Sans parler, aux États-Unis, d'une soirée « spécial Pologne », sorte de show télévisé à l'américaine, avec tout le kitsch nécessaire, dont nous vîmes des extraits le lendemain dans les journaux télévisés (notamment Charlton Heston – enfin, je crois me souvenir que c'était lui, tant il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches – déambulant dans un grand studio noir éclairé de petites flammes vacillantes tout en lisant de sa belle voix grave un message de soutien de Ronald Reagan, pour une fois en sympathie avec un syndicat ouvrier, aux victimes de la répression).

    Tout cela ne mangeait pas de pain, me direz-vous peut-être. Il n'empêche, même si l'impact de cette campagne a sans doute été dérisoire sur l'attitude des dirigeants soviétiques (encore que...), l'intérêt pour la Pologne, à tout le moins dans l'opinion publique, était semble-t-il le plus souvent réel, singulièrement en France. De même, du reste, que lors de la répression tsariste de l'insurrection de 1861-1864.

    Sachez en tout cas que beaucoup de Roumains, durant cette période, auraient bien aimé que l'Occident accordât à leur situation ne fût-ce que le dixième de l'intérêt qu'il manifestait pour la Pologne. Certes, la Roumanie n'ayant pas connu de mouvement comparable à celui, admirable, des chantiers navals de Gdansk, il est normal qu'elle ait moins attiré l'attention que sa camarade d'infortune. Il n'empêche, sa situation était nettement pire : un monarque communiste délirant à sa tête, un flicage généralisé de tous ses sujets par une police politique omniprésente, et une pénurie en comparaison de laquelle la Pologne pouvait presque passer pour un pays de Cocagne. Seulement voilà, elle était nettement moins médiatique et, qu'on le veuille ou non, ses habitants sans doute moins chers au cœur des Français que ne le sont les Polonais depuis Chopin ou Marie Walewska, voire depuis Henri III.

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  7. Dorham : vous ne l'êtes pas : vous allez le devenir...

    (Garanti sur facture : vous êtes trop intelligent et honnâte pour rester très longtemps de gauche.)

    (Smiley...)

    (Churchill : “ Qui n'a pas été communiste à 20 ans n'a pas de coeur ; qui l'est encore à 40 n'a pas de tête.”)

    Orage : Le Plan de Dieu.

    (Et Pluton n'est JAMAIS hors-sujet...)

    Chieuvrou : vous avez parfaitement raison. Je me souviens même être allé (avec mon ami Bergouze, souvenir doux) brailler devant l'ambassade soviétique, en 1981, 82, pour soutenir nos amis de Solidarnosc.

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  8. Chieuvrou,

    Moui...

    Il me semble que la première phrase est au présent. Donc, il n'y a pas lieu de ressortir les anecdotes de votre jeunesse (sur ce point, je suis on ne peut plus d'accord, je n'ai de cette époque là que des flashs, des images figées et vous avez "l'exactitude" du souvenir :))

    La seconde phrase, elle, est déjà plus complexe. "La Pologne a toujours voulu jouer dans la cour des grands et nous, les "grands", nous nous sommes contentés de la piétiner joyeusement". Elle ne nie pas que la Pologne ait pu être soutenue, elle révèle qu'elle a toujours été une sorte d'enjeu, un bouche-trou, que si l'on s'en est occupé, c'est toujours en dilettante en quelque sorte, d'où il me semble son destin pathétique, misérable, déchiré.

    Car, vous en conviendrez, les soutiens insincères sont pures intentions...

    ---

    Didier,

    Déjà, je ne suis plus communiste, c'est un début :)

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  9. Ouais,
    mais je suis toujours un peu marxiste :)

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  10. Merci Didier! J'avais en tête le Plan du Roi, je vois qu'il fallait viser plus haut.

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  11. @Orage, avec beaucoup de retard, le nom est effectivement le Plan-de -Dieu, site très mal famé au moyen-âge (couvert de forêts à l'époque, vignes actuellement et vin d'anthologie) et infesté d'écorcheurs, d'où l'aide de Dieu indispensable pour le traverser sans risque.

    P.S. : toujours mal famé vu que j'y habite...nos chers Didier et Catherine vous le confirmeront, wouarf !

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