mardi 16 mars 2010

La chaîne à remonter dans le temps

S'il y a bien une chose dont on est certain qu'elle ne peut pas être, c'est la machine à remonter le temps. Pourquoi ? Simplement parce que si elle devait exister un jour, elle existerait déjà – c'est ce qu'on appelle le paradoxe temporel, réfléchissez-y. En revanche, il n'est nullement interdit d'en rêver.

C'est ce que je faisais, l'autre soir, après avoir revu la plus récente des adaptations du livre de H. G. Wells à la télévision. Et je me demandais ce que je ferais si on mettait une telle machine à ma disposition, mais pour un seul et unique voyage. Où irais-je, ou plutôt : quand irais-je ? Car je suis, dans mon paresseux vagabondage, parti du principe que la dite machine se trouvait à Paris et que, donc, le voyageur ne pourrait aller ailleurs que là.

Comme on me connaît, on ne s'étonnera guère que j'aie éliminé l'idée d'un saut dans le futur d'un négligent revers de cortex, pour me tourner vers le passé. Et comme je suis un voyageur de nature peu aventureuse, j'ai choisi de ne pas aller bien loin, ou pour mieux dire : de ne pas aller bien avant. Ce sera 1876 ou 1877, entre sept heures du soir et minuit. Chez Magny. Ou au café Brébant. Ou encore au Rocher de Cancale. Peu importe lequel de ces lieux de ripailles, l'important est que ce soir-là s'y réunissent Gustave Flaubert, Edmond de Goncourt, Alphonse Daudet, Émile Zola, Guy de Maupassant, Ivan Tourgueniev tout juste arrivé de sa steppe – et pourquoi pas Hippolyte Taine ou Ernest Renan, pour faire sérieux. Et même George Sand, tiens, si c'est en 1876, parce que sinon elle sera morte.

Ne me demandez pas comment j'ai fait pour être invité : quand on est capable de remonter le temps, ce ne doit tout de même pas être la mer à boire de se faufiler dans un dîner. Bref : j'en suis. Installé au bas bout de la table, je ne dis pas un mot de la soirée, me contentant d'écouter ces illustres en vidant tous les fonds de bouteilles, et en terminant augustement saoul. Après les liqueurs et les cigares, tout le monde se rabat sur le bordel le plus proche, à part bien sûr ce cul serré de Zola qui file attraper le dernier train pour Médan. – Et George Sand dont on s'est débarrassé sous n'importe quel prétexte.

(Pause : je sais aussi bien que vous que Zola n'a connu Médan qu'en 1878, mais on ne va pas s'encombrer d'incohérences temporelles vu le sujet du jour, si ?)

Au salon où nous attendent ces demoiselles, je repère une petite brune, dont les dentelles masquent à peine un corps replet qui onc ne connut le rasoir sacrilège – nous montons. Évidemment, avec la muflée que je me tiens, je suis incapable de bander. Et c'est comme ça que je manque l'unique occasion qui ait jamais été donnée à un homme de cueillir un flocon des neiges d'antan. Je retrouve notre siècle grisâtre et répugnant avec une solide gueule de bois, en me demandant si c'était bien la peine d'inventer la machine à explorer le temps pour aboutir à un résultat aussi habituel et prévisible.

Et vous, vous iriez quand, sur cette machine ? Pour y faire quoi ? Y rencontrer qui ? Je refile le levier de commande à Suzanne, Lediazec, Balmeyer, Falconhill et Manuel.

33 commentaires:

  1. Allons bon ! Didier lance une chaîne maintenant.

    Le temps à fait son oeuvre...

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  2. "Et George Sand dont on s'est débarrassé sous n'importe quel prétexte."
    C'était l'heure pour elle d'aller donner son viandox ou sa verveine à Chopin. Ah non, il était mort depuis longtemps :(

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  3. Le génie d'un écrivain n'augmente pas en même temps que les convives d'un banquet. M'est avis qu'une tablée d'hommes de lettres doit être plutôt rigoureusement emmerdante, plus emmerdante qu'une tablée de curés, car ces derniers ont au moins des anecdotes croustillantes à raconter, tandis que les écrivains... Vous savez pourtant bien que les écrivains, en dehors de l'écriture, ne sont pas très intéressants. Fructueuse uniquement, la conversation entre deux écrivains, le face à face. Un troisième arrive et ça tourne à l'eau tiède. Alors un banquet...

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  4. Heureusement que vous ne pouviez pas bander avec la petite brune. Parce qu'imaginez qu'elle ait été votre arrière grand'mère... Et là pour le coup, vous en teniez un beau de paradoxe.
    Quant à l'autre (paradoxe), bien des écrivains de SF ont trouvé des stratagèmes pour le contourner.

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  5. Puisque vous ne me posez pas la question, mon cher Didier, je vais y répondre. Non pas un dîner avec les Goncourt, Zola, Daudet et cie, plus quelques demoiselles dodues et peu farouches (j'observe au passage que même en remontant le temps vous restez fidèle à l'Irremplaçable ou du moins évitez habilement de vous faire engueuler), mais un dîner au Majestic, à Paris, le soir du 18 mai 1922 avec entre autres Stravinsky, Diaghilev, Picasso, mais surtout Joyce passablement éméché et, vers 2 heures du matin, Proust. Joyce et Proust échangèrent quelques phrases, à l'encart des convives. Nul ne sait ce qu'ils se dirent. Ainsi je ramène le scoop et vous le mettez en scène dans FD. Ok ?

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  6. Votre argument du début est un peu faible non ? Elle peut très bien exister déjà, mais on ne l'a jamais aperçue (ou alors j'ai mal compris).

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  7. J'irais bien vers 1348, histoire de voir à quoi ressemble une épidémie de peste, une vraie, bien sévère. Nettement moins festif donc...

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  8. @ Paul

    Si la machine à remonter le temps devait exister la semaine prochaine, cela voudrait dire que celui que je serai la semaine prochaine, serait susceptible de rencontrer celui que je suis aujourd'hui.
    Celui que je serai la semaine prochaine pourra même tuer celui que je suis aujourd'hui. Mais s'il me tue, je ne pourrai plus être dans l'état dans lequel j'aurais été susceptible d'être la semaine prochaine.
    C'est clair ?
    Donc le principe de la Machine à remonter le temps est autocontradictoire.
    Il est scientifiquement absurde.

    Mais on peut rêver.

    Pour ceux que le problème du Temps en physique intéresse, je recommande un petit ouvrage de vulgarisation scientifique du physicien philosophe Etienne Klein et qui s'intitue "Le facteur temps ne sonnera pas deux fois"

    Duga

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  9. Duga,

    Sauf si la machine à remonter le temps est sicilienne. L'omerta étant la première des règles, on vient se reluquer dans le passé du futur, mais en toute discrétion. Avec un silencieux, quoi...

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  10. Quitte à jouer...
    Quant à moi, j'irais bien jusqu'au Big Bang, mais je crains bien ne plus jamais alors en voir la suite... et pourquoi pas au-delà, histoire de "voir" qui, des athées ou des croyants, aurait raison? histoire de ne pas laisser les agnostiques marner seuls dans l'expectative? une 'tit' conversation entre quat'z'yeux avec le "Créateur", et hop, retour dans le rassurant cocon d'aujourd'hui?)

    Ou alors... Profiter du musée vivant qu'était Paris? Visiter mon quartier aux temps de la "Panthère..."? Mais je me demande s'il serait raisonnable de voyager vers ces époques aussi troubles (genre... la Commune et sa Louise Michel... une balle dans la tronche ou l'exil, ça ne doit pas être si plaisant);

    Ayant déjà rêvé à tout cela enfant, bizarrement, l'excitation que je tirais de cette perspective (voyage dans le temps d'avant et le temps d'après) n'existe plus aujourd'hui (bon sang, ce serait ça, vieillir? ne plus avoir envie d'être ailleurs qu'ici?),
    je vous envierais presque vos envolées imaginaires, belles preuves de jeunesse retrouvée!

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  11. « Après les liqueurs et les cigares, tout le monde se rabat sur le bordel le plus proche, à part bien sûr ce cul serré de Zola qui file attraper le dernier train pour Médan. »
    Ça ne m'étonnerait pas, ça, tiens !
    Ce qui m'interpelle chez Zola, c'est son républicanisme que l'on pourrait qualifier de "puritain".
    Prenez Miette, dans La fortune des Rougon : la Sainte Vierge de la république française ! Jeune fille vierge qui porte le drapeau tricolore et qui mourra d'une balle dans la poitrine sur celui-ci, pendant que Silvère, vierge lui aussi, lui embrassera les seins pendant qu'elle agonise, en voyant dans le regard de sa dulcinée le regret de ne pas avoir consommé leur amour plus tôt !
    C'est la république selon Zola, ça, assassinée par l'Empire de Napoléon le petit, pure, pleine de regret et morte dans l'oeuf !
    Les bourgeois au pouvoir, alliés aux conservateurs de tous poils, intéressés, forcément intéresés, et débauchés ! Unis dans et pour la luxure !

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  12. @ Gilles
    Oui je sais bien que la machine à remonter le temps est empêchée par un paradoxe. Je faisais simplement remarquer que la façon dont le prouvait le rédacteur du billet me semblait curieuse.

    Cela dit on peut mettre en échec votre argumentation si on admet l'existence d'univers parallèles, la littérature de science-fiction l'a déjà fait.

    (prouvez moi scientifiquement que les univers parallèles n'existent pas :)

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  13. Et si le pire des cadeaux que l'on puisse faire à un homme c'est justement de savoir se déplacer dans le temps, on comprendrait très bien que de ceux qui savent personne n'ose le répéter. Le bonheur est toujours dans le voyage, jamais dans l'arrivée.
    Cordialement

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  14. Z'auriez pu penser à emporter le moderne Viagra ! :-))

    Quelque chose comme l'année de ma naissance devrait me plaire, pensé-je…
    :-))

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  15. Nicolas : ce n'est pas la première fois !

    Marine : on n'allait quand même pas emmener une dame au boxon...

    Yanka : oui, sur le fond vous avez raison. Mais enfin, d'"après les descriptions qu'en fait Goncourt, ils n'avaient pas l'air tristes, leurs dîners...

    Francis : je ne suis pas un grand lecteur de science-fiction, mais ce que j'ai pu lire sur ce sujet précis ne m'a jamais paru très satisfaisant.

    Joseph Vebret : en réalité, je préférerais rencontrer Proust aussi. Mais, là, comme je sortais du journal des Goncourt...

    Paul : oui, c'est la seule solution possible. A condition d'imaginer des gens qui observent le passé, mais sans s'y mêler le moins du monde. Ce qui paraît peu probable.

    Pluton : vous êtes vraiment vicieux, là !

    Gilles : voilà tout le problème. Donc, comme je disais à Paul juste avant, on ne peut imaginer que des observateurs du temps, et non de véritables visiteurs.

    Dorham : même réponse que les deux précédentes.

    Passante : oh, preuve de jeunesse, il ne faut pas exagérer !

    Beuche : il y a en effet du puritanisme chez Zola, les témoignages sont concordants.

    Temps : une conspiration du silence ? C'est une piste séduisante...

    Poireau : pour moi, remonter à l'année de VOTRE naissance ne nécessite aucune machine : juste un peu de mémoire...

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  16. Didier,

    J'ai vu vos commentaires chez FalconHill et les trois gros Bill pour faire la réclame de ce billet et indiquer qu'ils sont "tagués".

    On dirait un jeune blogueur de gauche cherchant des liens pour le Wikio... Vous devriez lancer vos chaînes à partir du blog d'Eltsir...

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  17. Pour correctement pourvoir répondre à cette chaîne, je vais devoir lever le coude, je pense...

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  18. Nicolas : pas du tout, c'est au contraire une grande humilité : je pars du principe que, hors Suzanne, les quatre autres ne lisent pas mon blog et que, donc, je dois aller les avertir chez eux.

    Manuel : ça, c'est à vous de voir, hein !

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  19. Didier,

    Je plaisantais... J'étais MDR quand j'ai vu le mail avec le commentaire chez FalconHill...

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  20. Mais si Didier, je lis avec grand interet le blog (j'ai même prévu une citation de vous, un jour bien particulier ^__^)
    Mais j'avais zappé le tag, total zappé.

    Sur un sujet qui me touche beaucoup, et... j'ai peur de ma réponse.

    Bonne journée à tous

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  21. Ne nous leurrons pas. Le voyage dans le temps doit impérativement éviter les paradoxes temporels. De grands écrivains de science-fiction s'y sont essayés, avec succès me semble-t-il. Cependant, un coup d'essai me ferait bien "rire"...

    Le 13 juin 1789, Jacques Jallet, député du Poitou aux États Généraux, est le premier curé à rejoindre le Tiers État. De ce geste déterminant naît la fusion des Trois Ordres et, 5 jours après, la formation de l'Assemblée Nationale. Supposons que ce jour-là, je m'immisce du côté du Jeu de Paume à Versailles, j'invite le digne ecclésiastique, peu fortuné, dans une auberge quelconque, et je lui occasionne une bonne cuite, de celles qui vous sont un souvenir ému des années plus tard. Quid de la Révolution ? Peut-être se serait-elle déclenchée malgré tout, d'une façon un peu différente, mais peut-être pas.

    Moralité, si vous voyez une machine à remonter dans le temps, remontez-la à fond, crac, crac, crac, crac, et renvoyez-la vide au Crétacé. Je doute qu'un citoyen de cette époque-là puisse s'en servir.

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  22. Mon cher Didier, ton idée me plaît bien et je vais modestement essayer d'y apporter mon grain. Pas une mince affaire !

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  23. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  24. @ Dorham
    Suffit ensuite de remonter encore un peu le temps pour faire disparaître le corps…

    @Paul
    Il n'y a pas besoin de la SF pour évoquer les univers multiples. Les scientifiques en ont fait une hypothèse, prise très au sérieux, mais improuvable pour le moment.
    Même si certains pensent que le temps est le moyen le plus commode qu'a trouvé la nature pour que tout ne se passe pas d'un seul coup, il n'empêche que les scientifiques se demandent aussi très sérieusement si le temps existe.
    Pour citer Etienne Klein, "Puisque le passé n'est plus, que l'avenir n'est pas encore, puisque le présent lui-même a déjà fini d'être dès qu'il est sur le point de commencer, comment pourrait-on concevoir un être du temps? Comment pourrait-il y avoir une existence du temps si le temps n'est ainsi composé que d'inexistences? De fait, le temps est toujours disparaissant"

    Duga

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  25. J'ai fait ce que j'ai pu, mon cher Didier. Au lieu de parler comme tout le monde en ce lendemain de régionales, j'ai répondu à ton tag.

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  26. Au Trou de la Pomme de Pin où je bois un mauvais vin qui aurait fait un exellent vinaigre, une religieuse raconte ses malheurs de couvent à un type qui somnole sur son bras étalé sur le bar. Parfois il sursaute et se met à crier: "New York est une ville debout!!!". Le patron, qui dit s'appeler Lantier, lui répond en pestant contre le Baron Haussmann qui, d'après lui, est en train de bousiller Paris. A ce nom le somnolant tique un peu: "quel nom dites vous?".
    Je sors de la gargote et bute contre un clodo étalé dans un ruisseau noiratre et puant qui hurle: "mais où sont les neiges d'antan??".
    Songeur je me demande où j'ai bien pu merder dans les réglages de ma machine....

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  27. As-tu lu "Hyperion" ? je trouve que c'est un bon roman de science-fiction....

    à bientôt

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  28. Fredi Maque : en effet, vous êtes mal barré ! Enfin, la présence de votre commentaire semble indiquer que vous êtes finalement revenu...

    Lomig : oui, je l'ai lu. J'ai trouvé le premier volume remarquable, mais les deux suivants inutilement compliqués.

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  29. Fredi Maque : en effet, vous êtes mal barré !

    Mal barrés nous le sommes tous.
    C'est le lot commun.
    Je suis revenu en effet. Laissez moi vous conter comment cela c'est passé.
    Après avoir enjambé le clodo je me suis engagé dans la ruelle sombre et puante. Les ruelles sombres et puantes m'ont toujours attiré. Au croisement d'une autre ruelle, encore plus sale et obscure s'il est possible que celle que je dévalais, une gitane belle comme...comme le jour pour être original, m'a demandé le chemin de Notre Dame. "Parce que nous sommes à Paris?!!" me suis-je esclaffé. Ses beaux yeux noirs de pie voleuse sont remontés de mes tiags au bracelet de ma Rolex (et oui...je vais sur mes 50 ans...) en passant par mon jean's délavé, usé à la corde. Elle était une apparition, j'en étais une autre. J'ai sorti une tige de 6, l'ai allumée de mon Zippo et, mon regard dans le sien, le sien dans le mien, j'allais lui poser une question con dont j'ai le secret du genre: "et vous la garer où votre caravane?". Mais une boue couleur de boue a envahi mes yeux alors qu'elle s'enfuyait et que mon corps se vrillait comme une serpillère en s'arrachant du sol. Je me suis réveillé dans mon canapé, brisé, courbaturé, avec un marteau piqueur dans la tête. Je connais bien cet état comme je connais son remède. Après trois verres de St Julien ça allait déjà beaucoup mieux. A la fin de la bouteille je dormais comme...attendez je cherche...comme un bébé, ou un ivrogne, la différence étant dans la tétée.
    Quant à ma machine....Elle est là dans cette pièce qui lui est réservée et où j'entre toujours plein d'appréhension, craignant la tentation. Quand elle me sent tout près d'elle, elle pousse des piiiiiuuuuou à n'en plus finir comme une chienne qui serait restée trop longtemps enfermée. Elle semble me dire: "C'est quand que l'on repart tous les deux?" Elle battrait de la queue si elle en avait une. Mais, entre elle et moi désormais, c'est un problème de confiance et, en secret, je cherche à m'en débarasser comme d'une maîtresse encombrante.
    Le passé est un cimetière qu'il ne faut pas déranger.

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  30. Suzanne a dit...
    Joli teste, fredi maque !

    Merci!

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