jeudi 17 juin 2010

La retraite ? La Bérézina, oui !

Je vous rappelle, mes bons amis, que c'est moi qui suis censé être le vieux, ici et même parfois ailleurs. Or, que vois-je dans la blogosphère depuis déjà trop de temps : de jeunes petits vieillards ayant à peine entamé leur vie professionnelle et qui ne sont déjà plus obsédés que par une chose : leur retraite. Obsession qui, de plus, s'exprime sur le mode pleurnichard : « Ouiiin ! Maman ! Chuis fatigué, j'ai mal au g'nou ! Quand est-ce qu'on arrive chez Mémé ? » – ce genre-là, vous voyez. Et ça trépigne et ça s'indigne et ça rechigne, à l'idée de – peut-être – devoir travailler deux ans de plus d'ici une trentaine d'années. Et j'en vois même qui commencent à compter leurs petits sous, quand ils s'imaginent qu'on regarde ailleurs. Ah, elles sont choucardes, les forces vives de la nation, je vous le dis ! Toute une vie passée à comptabiliser des trimestres, à faire de petites croix sur le mur de la cellule, comme le premier taulard edmond-dantesque venu !

Ma retraite, je m'en fous, les gens. Je m'en bats les gonades, je m'en contre-pignole la membrane. Je ne veux ni en parler ni même en entendre parler : non-sujet absolu. Le moment venu, je prendrai ce qu'on me donnera et je m'arrangerai avec, basta. De toute façon, je n'ai aucunement l'intention de profiter de ma retraite, selon l'écœurante expression en vogue. Si je ne touche pas assez pour manger à ma faim, je me débrouillerai pour mourir, comme mes aïeux l'ont probablement fait avant moi. Si j'ai suffisamment, je ne décarrerai plus de mon fauteuil et je relirai des livres oubliés en sirotant des alcools à prix cassés.

De toute façon, qui va vous la payer, cette tant espérée retraite dont vous salivez d'avance à l'idée d'en profiter ? Les cohortes de branquignols nantis de deux bras gauches qui poussent derrière ? Vous me faites rire ! Dans trente ans d'ici, ils ne seront même plus capables de vous offrir un dentier quand vous perdrez vos chicots.

Tiens, c'est bien simple : si je n'avais pas été d'aussi excellente humeur ce matin, la simple vue de vos blogrolls aurait suffi à me déprimer. La retraite, pff ! Et le prix des caleçons molletonnés ? Quelqu'un a commencé à s'en préoccuper, du prix des caleçons molletonnés ? Et les couches pour incontinents ? Il n'est jamais trop tôt pour s'en préoccuper, vous savez.

Je vous laisse : j'ai mes trimestres à compter.


(L'illustration, c'est le Kremlin des Blogs dans une douzaine d'années...)

34 commentaires:

  1. Didier,

    Je me contrefous également de MA retraite. C'est juste un système que je souhaite préserver pour mes descendants, mes ascendants et ceux des autres.

    Vous avez une vision purement individualiste de la société. C'est ballot.

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  2. Je vous rappelle cher Didier que je suis plus vieux que vous. Par ailleurs cette image de la Comète me convient tout à fait. Je porte toutefois un intérêt à cette réforme ne tenant pas à continuer à bosser jusqu'à 63 piges. Pour le reste, je partage votre idéologie.

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  3. Nicolas : je voulais juste exprimer mon agacement (ou mon accablement) face à des gens de trente ans qui, depuis des jours et des jours, ne parlent pratiquement QUE de la retraite.

    Pour le reste, vous aurez beau faire : les jours de ce système sont malheureusement comptés, je crois.

    Yann : oui, je sais ! Vous êtes maz "caution vieillarde"...

    Cela dit, moi non plus, je ne tiens pas à travailler jusque-là. Dans ce cas, je choisirai sans doute de partir avec moins d'argent, voilà tout.

    Catherine : J'avais même pas remarqué !

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  4. Ouais mais vous, aucun souci à vous faire car tout est gratuit en Gaspésie!
    Pour nous autres, purée!
    Je me vois pas devant nos chères têtes blondes (sic) jusqu'à la fin des temps.
    Mon câble a déjà sérieusement commencé à péter, manque plus grand chose! A moi la dépression salvatrice!

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  5. Didier,

    Si on parle de la retraite depuis six mois, c'est parce que le gouvernement a sorti le projet il y a six mois. Si le gouvernement voulait réformer la culture des poissons rouges et qu'on y était opposé, on parlerait de culture de poissons rouges depuis six mois.

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  6. Bin pour une fois, je suis totalement d'accord avec Nicolas!
    C'est pas pour nous (on sera sûrement morts d'ici là), c'est pour nos enfants.
    Je ne veux pas d'une régression d'un siècle.
    Si le système craque, qu'on en corrige les causes! On dé-délocalise et on donne du boulot aux jeunes Français (ceux qui cotisent), et on ne fait pas traîner les vieux en entreprise (surtout avec leur bénévolat à la con!)
    Comme le disait quelqu'un hier, les seniors sont virés de leur boulot à 55 ans. Alors ils vont toucher les assédics jusqu'à 62 et plus? Tu parles d'économies!

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  7. J'avais pas non plus remarqué que c'était la Rue Myrrha "avant"

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  8. Carine : ah, non, la dépression, ça ne va pas du tout : on n'en meurt même pas !

    Quant à la régression, nous l'aurons, que cela nous plaise ou non.

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  9. Nicolas : et vous croyez que ça me déprimerait moins ?

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  10. A partir de 60 ans (si je survis à l'effondrement), me cherchez plus!
    Je serai en dépression, comme les copains.
    Jusqu'à 67 ans.

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  11. "...tout est gratuit en Gaspésie!"
    Ben oui, on va aller vivre chez Yanka : )

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  12. Je n'ai tellement pas envie d'en parler que je ne commenterai même pas, sinon pour dire que le minimum vieillesse pour les femmes d'agriculteurs pauvres, c'est en dessous de tout.

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  13. Et merde pour la modération des commentaires....

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  14. Vous avez une vision purement individualiste de la société. C'est ballot.
    M. Goux a peut-être fait sienne l'idéologie de la Dame de Fer qui prétendait que "la société n'existe pas, que seuls existent les individus".
    Mais si la société n'existe pas, alors il ne faut pas se plaindre ensuite de la voir partir à vau l'eau.
    Pour la retraite j'ai déjà dit qu'il était normal que les générations montantes s'inquiètent du fait qu'elles vivront moins bien que leurs ainés même si l'on peut trouver tristes ce genres de préoccupations à 30 ans. Mais ce ne sont pas les jeunes qui sont tristes: c'est l'époque.

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  15. Sinon je vous imaginais déjà retraité M. Goux...

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  16. S'agissant de la réforme de la retraite, ce gouvernement applique à la lettre le bon mot d'Alphonse Allais:
    -il faut prendre l'argent là où il est:chez les pauvres.

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  17. Puisqu'il est question de régresser de quelques siècles, allons-y!
    Et si on pensait à créer des Ateliers Nationaux, comme sous nos "bons rois", pour donner des emplois aux jeunes? Je verrais bien des fabriques de voitures, de bateaux, d'avions. Ici, en France. Gérées par l'Etat.
    Allez, et si on renationalisait tout ceux qui vont fabriquer ailleurs, alors que l'état a mis des deniers dans leurs capital?

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  18. Fredi Maque:
    Je la connaissais de Coluche, qui l'a ptet prise chez Allais.
    "vaut mieux faire payer les pauvres, ils sont plus nombreux!"

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  19. L'islamisation de la France et l'immigration nous coûtent cher en mosquées, "instituts culturels", stades, santé, allocations familiales et aides sociales !
    C'est de l'argent foutu par la fenêtre, avec très peu de retour à en attendre, sinon le mépris le plus total de la part des "accueillis".
    Et c'est ainsi que votre fille est muette...

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  20. @carine: taratata, il s'agit de causer retraite ce jour, le billet du taulier nous y invite, pas de trucs qui vous asgagassent ! :)

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  21. Marine, le problème c'est qu'il ne s'agit plus là d'immigration mais de la 2° voire 3° génération. Ils sont français aussi.
    Que l'on revoie la manière de dépenser l'argent public ne me pose aucun problème, mais l'immigration n'est plus le problème (ou bien c'est trop tard, il fallait y penser avant).

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  22. Pour rire... jaune:

    http://www.youtube.com/watch?v=DMKb9A6Kouk

    Laurent l'Anonyme

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  23. Carine, je suis d'accord avec Didier, vu les équipes de bras cassés qui tiennent le bas des tours...la retraite, les cotisations sont pas prêtes de combler le déficit...
    ceci dit, moi j'y suis, je fait parti des joyeux nanti du baby boom, qui vivent avec des retraites en dessous du SMIG pour 44 ans de cotis...et je vais vous dire, je n'y ai pas pensé jusqu'au jour où je l'ai prise, je m'en tapais le coquillard....faites pareil, ça vous empêcheras pas de vieillir!!!!! et vous vivrez plus sereins....

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  24. Respecter les règles, les temps de parole, interpeller les syndicats, prendre sa carte de la CGT, faire des groupes de travail, alerter les dirigeants, les salariés, se mobiliser sans jamais être entendus et enfin faire la grève pour qu'au final tout ça soit récupéré pour justifier des décisions toujours plus arbitraires, mais au nom de nos valeurs à nous, cette fois! "Vous voyez bien que ça ne fonctionne plus ! Puisque vous faîtes grève, c'est bien qu'il fallait tout reprendre à zéro".
    Alors on délocalise, on reconstruit tout ailleurs mais en mieux. Au nom de ces mêmes valeurs de solidarité, pour que "nos enfants" n'aient plus à souffrir des grèves, pour qu'il n'y ait plus de petites retraites, pour une société égale, on justifie n'importe quoi et n'importe comment. Si on ose marquer le mécontentement, c'est simple, il n'y a plus d'interlocuteur. Les informations arrivent par personne interposée, au compte goutte. Plus d'argumentaire mais des menaces: la peur, la rumeur, la menace de fermeture, l'impératif économique quand des sommes folles sont dépensées par ailleurs pour former les dirigeants à ce type de communication moderne. Alors oui, les syndicats et salariés sont accablés, isolés et ne savent plus quoi faire ni quoi dire après ce dressage qui n'a pour seul but que d'ôter toute tentative de réflexion considérée comme subversive en soi. Aller négocier oui mais quoi et avec qui? On nous dit que tout ça est dépassé, obsolète, des clichés jaunis du passé. "Qui fait encore la grève de nos jours? Regardez vos voisins, ils font la grève eux? Prenez exemple puisqu'eux ne se plaignent pas, vous non plus, allez voir ailleurs, cessez de vivre en autarcie, repliés, cessez de "chercher la distinction", soyez ouverts, faîtes comme eux, obéissez aux injonctions"
    Il faut plier ou crever, ça ne va pas plus loin et pis c'est tout.
    La réalité est bien plus caricaturale encore. Plus c'est énorme, plus on aime...

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  25. A 60 ou 62 ans, une seule certitude: on a fait un grand pas vers les ennuis mécaniques de toutes sortes et, pour tout dire vers la tombe.
    Pas vraiment de quoi se réjouir.

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  26. France-Hélène17 juin 2010 à 15:46

    Désolée, Didier, mais si tu veux partir en Gaspésie, il va bien falloir que tu te préoccupes du prix des caleçons molletonnés.

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  27. France-Hélène: hahaha !


    Didier: si vous ne voulez pas entendre le chant du muezzin, il y a moins loin que la Gaspésie pour passer sans trop dépenser votre retraite. Une petite île bretonne, sauf l'été à cause des touristes.

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  28. Moi m'sieur Goux mais vous qui êtes un vieux, zetes quasi un privilégié vis à vis de la retraite. Moins visà vis de la cirrhose.

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  29. [Deuxième édition] : Cher Didier, la peur qu'ont les jeunes pour l'avenir des retraites n'est pas une peur pour demain (quand ils seront vieux), mais bien pour aujourd'hui (les cotisations écrasantes qu'ils doivent payer pour financer les retraites de leurs aînés). Ce n'est donc pas une peur sénile, mais au contraire saine, de craindre d'être obligé de porter deux vieillards sur son dos.

    Comme d'habitude, la réacosphère se soucie peu des questions matérielles pour se focaliser sur l'« Esprit » (désincarné, comme si un livre n'était pas aussi un assemblage de feuilles de papier). C'est décevant, Didier...

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  30. Oui mais, Roman... porter deux vieillards sur son dos, pour un jeune, ce devrait être un jeu d'enfants... et un honneur, car ces deux vieillards pourraient être, sont sans doute ses grands-parents. Toutefois, je crains que vous ne preniez votre (légitime) souci pour un souci général. Didier Goux, ce vieux prophète au rond bedon, n'a pas l'air d'un type très sérieux, mais il a raison souvent, et spécialement sur le coup des retraites : le jeune d'aujourd'hui (pas vous, j'entends bien, car vous êtes hors généralité) se soucie de croupir, non de vivre. La retraite, il ne rêve que de ça. Un Goux, malgré tous ses défauts de pochard invétéré, ne rêve pas de confort, mais d'existence, même seul parmi les chiens (pas forcément les siens d'ailleurs), même triste à en faire chialer un vrai Nazi. Au final, ça donne un homme. Misérable peut-être, mais attachant (on m'excusera, mais je suis une vieille bête sentimentale) et un peu plus que ça.

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  31. Cher Ygor, vous n'avez pas tort. Un ingénieur EDF de mes amis, qui se plaignait de l'ennui de son poste, a préféré y rester pour avoir une meilleure retraite...

    Cela dit, étant un indécrottable individualiste, je n'aime pas les généralisations, même si elles ont toutes les apparences de la vérité (et c'est le cas en matière de retraites). Quand bien même il n'y aurait qu'un jeune sur cent qui rêverait à autre chose qu'à sa retraite, cela ne signifie pas que ses préoccupations à ce sujet devraient être balayées d'un revers de la main. C'est justement parce que je ne veux pas vivre dans une morgue à ciel ouvert que je me préoccupe de cette affaire.

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  32. Je suis d'un naturel trés peureux , et j'ai une énorme aversion au risque, comme la plupart de mes concitoyens, donc je me suis réfugié dans la fonction publique.
    Mais même quelqu'un comme moi, à 30 ans , aurait eu HONTE de manifester pour ma retraite,pour moi c'était "un truc de vieux" je crois que je n'aurais pas osé regarder une fille aprés, tellement je me serais trouvé peu viril, peu sexy.

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