mardi 2 décembre 2008

Seigneur, quand froide est la prairie

Premièrement :
Le 7 novembre, le tenancier de cet honorable établissement a bu son dernier verre d'alcool jusqu'à ce jour. Cependant, il ne s'agit nullement d'une renonciation solennelle ni définitive ; plutôt d'une suspension de séance. Pour le moment, le seul effet (et non dommage) collatéral constaté est une disparition complète du désir de vie sociale, lequel était déjà bien faible.

Deuxièmement :
Le 19 novembre, l'abstinent de frais a également (presque) cessé de fumer : il s'autorise deux à trois cigarettes quotidiennes, tout en sachant qu'il s'agit là d'une faiblesse imbécile, puérile provocation, ou encore d'une manière de promenade les yeux bandés sur la ligne de crête.

Troisièmement :
Le 1er décembre, le même individu décidément pitoyable a renoué avec la pratique qu'il avait dans les années 2003 - 2004, d'une heure de marche quotidienne dans la campagne environnante. Parvenu à ce stade de conformité avec l'époque, la crainte d'en arriver quelque jour à prôner les vertus du métissage et les joies du mélange des cultures lui apparaît comme de plus en plus fondée.

Aujourd'hui, son arpentement a croisé le terminus d'un corbeau allongé sur son flan gauche au bord de la route. Il l'a poussé du bout du pied dans le fossé, afin de lui éviter l'écrabouillement post mortem. Durant les cent ou cent cinquante mètres qui ont suivi, il s'est interrogé sur la permanence de l'âme des corbeaux ; puis il a pensé à autre chose.

Ce billet a été entièrement conçu et écrit entre l'embranchement de la route de Gadencourt et la Ferme de l'Hôpital ; preuve que, non content de favoriser le transit intestinal, le cheminement pédestre stimule également la blogorrhée.

38 commentaires:

  1. attention, vous allez finir végétarien, et refaire votre maison pour qu'elle soit totalement feng-shui !
    Vous êtes sur la mauvaise pente !!

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  2. "une disparition complète du désir de vie sociale".

    C'est quoi la vie sociale pour vous ? Prendre une cuite avec un gros noir et un moins gros normal en terrasse des bistros ?

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  3. Et vous finirez militant chez les verts, avec une barbe et des petites lunettes rectangulaires...

    C'est comme ça que Dany le rouge est devenu Cohn Bendit, en arrêtant de boire et de fumer...et en marchant !

    (Faites pas vot' mijaurée n'empêche !)

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  4. C'est juste que marche à pied et poumons propres, c'est un peu comme faire les vitres ou nettoyer ses lunettes après quelques mois de crasse, faut s'habituer, c'est tout.
    Curieusement je ne m'en fais pas du tout pour votre vie sociale.

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  5. Rassurez moi Didier: aurons nous droit à une trêve en fin d'année, ballade exceptée ? (smiley smiley)

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  6. Nefisa : on est bien d'accord.

    Nicolas : entre autre, oui. Les soirées au bistrot quand on ne boit plus, vous avouerez...

    Dorham : barbu, chevelu, petites lunettes ? Mais j'ai COMMENCÉ par là, moi, Monsieur !

    Mère Castor : vous avez raison de ne pas vous en faire : je n'avais déjà pratiquement aucune vie sociale.

    Pluton : la trêve est prévue, soyez sans inquiétude !

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  7. Il faut renouer avec les vieux compagnons de route, vous n'aurez ainsi plus besoin de balancer les oiseaux morts dans le fossé, z'ont qu'à mourir ailleurs.

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  8. C'est rare de voir un corbeau mort sur le bord d'un chemin...
    Pis moi non plus, je bois plus, je fume plus pis je marche. C'est pas un exploit, un peu chiant, certes, mais bon...

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  9. Ce couple part en quenouille, ça finira trappiste pour l'un et clarisse pour l'autre.
    Faut les sauver

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  10. ...J'entends les cloches en lisant votre billet...ah non, le glas!

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  11. Laissez les fauvettes de mai
    Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
    Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
    le jogging sans avenir.

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  12. Mais Didier, c'est à déprimer, ce mode de vie!
    Plus d'alcool ni de clopes, j'espère que vous vous rattrapez sur le 3° plaisir des adultes (et des jouvenceaux) car sinon vous allez devenir triste et frustré à mourir.
    Je comprends mieux maintenant pourquoi vous donnez à fond dans la philosophie.
    Sursum corda!

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  13. Merci. Dans l'au dele, j'erre, mais intègre.

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  14. Mélina : je me demande si cette rencontre d'un corbeau mort est d'excellent augure...

    Catherine : ce sont les charmes discrets du troisième âge, que veux-tu...

    Henri : Tiens, bonne idée : allez, vite, la tonsure !

    Mots d'Elle :
    Mon Dieu voici que l'heure sonne
    Et puis qu'une autre après viendra...
    (Max Elskamp)

    Le Coucou : Rimbaud revisited ?

    Orage : mais je suis triste à mourir ! Un vrai bonnet de nuit, pour tout dire...

    Le Corbeau : dans l'au dele ?

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  15. Faut avouer que Catherine finissant clarisse en ayant commencé par là, c'est drôle... (private joke)

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  16. Henri, j'ai déjà été Clarisse 2 ans ! Ouarffffffff, mdr...

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  17. Nathalie : oui, j'y ai pensé aussi !

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  18. Didier, ce n'est pas une excuse...

    Tant que vous n'avalez plus de steak de tofu...

    Purée, ça veut dire que vous allez devenir encore plus chiant ou tout raplapla !

    Parce que tu parles d'un stacle !

    Il fait quoi ton stacle ?

    Une promenade...

    je vais avoir l'air fin à la cantine des stacles, moi...

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  19. Dorham, gros fou rire ! Didier vient voir et il est mdr aussi.

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  20. Un corbeau ? Hm, je ne pense pas qu'il y ait des corbeaux de ce côté-là en France, du moins ce qu'on appelle un grand corbeau (Corvus Corax). Vous voulez dire une corneille noire (corvus Corone), éventuellement un choucas (Corvus monedula) ou peut-être un corbeau freux (Corvus frugilegus), de la même taille qu'une corneille avec laquelle on le confond parfois (il est plus rare cependant). Parce que le corbeau en tant que tel, le grand corbeau, c'est en taille et en envergure plus proche d'un petit aigle que d'un gros pigeon, et à part dans les Pyrénées, je crois, il n'y en a plus en France.

    PS - Appeler corbeau une corneille, c'est comme appeler nuits-saint-Georges un quelconque beaujolpif.

    Ygor Yanka, œnornithologue

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  21. Vous n'aviez pas la recette du ragoût de corbeau pourtant si délicieuse ?
    :-)

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  22. Yanka : oui, c'était probablement un truc comme vous dites. Mais bien gros pour une corneille, tout de même.

    Dorham : hier soir, devant la télé, à regarder vaguement un film d'horreur ridicule. Si ridicule que Catherine empoigne son iBook pour faire un petit tour des blogs. Quand je la vois se mettre à pleurer de rire (au sens propre), j'exige des explications d'une voix ferme. Elle me montre votre commentaire et je me mets moi aussi à rire comme un crétin (mais sans pleurer : on n'est pas des lavettes). Du coup, plus personne ne s'intéresse aux zombis qui titubent dans la télé, comme de simples Nicolas au sortir de Comète.

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  23. C'est le sanatorium qui se fout de la charité.

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  24. "4 facteurs de crise de la cinquantaine

    Il semble exister des conditions nécessaires et suffisantes à l'émergence de la crise du milieu de la vie. Quatre conditions principales ont ainsi pu être répertoriées :

    - la difficulté à établir une priorité dans ses valeurs,
    - l'orientation vers le passé supérieure au futur et manque de buts dans l'avenir,
    - une sensation d'oppression par le temps,
    - une introversion et un manque d'ouverture face aux expériences nouvelles.

    Quel est l'intérêt de connaître ces facteurs qui semblent favoriser une crise profonde ? C'est simplement d'anticiper cette crise. Personne n'échappe à des remises en causes profondes. À 50 ans environ, on se pose forcément un jour ou l'autre quelques questions simples et essentielles : qu'ai-je fait de ma vie jusqu'ici ? En suis-je satisfait ? Qu'est-ce que je veux faire du temps qui me reste ? Ai-je des choses à changer pour que ma vie soit en accord avec ce que je veux vraiment ?

    Ces questions entraînent ou non des changements visibles. Certaines personnes semblent ne rien changer, peut-être parce qu'elles se posaient ces questions depuis bien longtemps déjà, et qu'elles y avaient déjà répondu ! D'autres se les posent brusquement et les réponses sont plutôt agréables : oui leur vie est en accord avec leurs désirs, leurs rêves. Pour d'autres hommes, c'est le contraire, et ils réalisent que leur vie n'est pas telle qu'ils la rêvent, voire même à l'opposé. C'est alors le temps de grands changements.
    An-ti-ci-pez !"

    J'ai tapé dans Google "crise de la cinquantaine et je suis tombée sur ça, le reste est du même tonneau.

    Suzanne (mode "psy moustachue méchante")

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  25. Je vous l'ai déjà dit, et je m'étais fait taper sur les doigts par Catherine (qui avait, sur le fond du sujet, et compte tenu du trou abyssal de la sécu, parfaitement raison), mais je vous le répète : reprenez immédiatement le jaja et les cigarettes ... vous faites partie de ces irréductibles auxquels les bons sentiments, la bonne conscience et la raison de vont pas, mais alors, pas du tout !
    ... et ce me semble bien être un compliment, en plus ! ... vous disparaitrez peut-être plus jeune, fort malade et gravement atrabilaire, mais VIVANT ! et mieux vaut mourir vivant que déjà en état de putréfaction avancée pour cause de stagnation et d'amolissement sur les chemins de la bienpensance ...!

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  26. Le commentaire de Suzanne, recueil d'observations assez fines, me fait quand même marrer! Quid de la crise de la quarantaine, où les jeunes gens prennent conscience du temps qui passe? De la crise des 55 ans, des 60 ans… Parce qu'en fait, on n'en finit plus de faire le deuil de ses 20 ans, toujours présents dans votre tête, mais de plus en plus putréfiés au regard de vos contemporains.
    Alors, oui, finalement Manu a raison: fumons et, si faire se peut, pensons à autre chose.

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  27. C'est amical, doux et tendre, les conseils de pousse-à-boire
    Ah, le mythe du bon gros piccoleur joyeux, ça va bien, mais chez les autres. Quand on s'est tapé un premier infarctus qui vous a laissé à moitié neuneu, un ou deux accidents cardio-vasculaires avec leurs conséquences charmantes, on réfléchit un peu et on se modère si l'on veut vivre autrement qu'en bavant, obèse aux yeux tristes dans un fauteuil roulant qui bute sur les marches.

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  28. Ouaouh, j'adore les films débiles de zombies, c'était quoi ?

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  29. Manue :"vous disparaitrez peut-être plus jeune, fort malade et gravement atrabilaire, mais VIVANT"

    Ouais: bonne année bonne santé à vous aussi. La santé, surtout, c'est important.

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  30. Merci de votre soutien, Suzanne. Parce qu'il faut aussi penser au conjoint...

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  31. Dorham, aucune idée. Didier vous dira ça.

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  32. Mince, j'ai déjà oublié le titre, dis donc ! Il y avait "Evil" et "apocalypse" dedans, c'était avec Mila Jovovitch, et c'était une suite.

    Suzanne : j'ai peut-être tort, mais je ne me sens pas du tout concerné par cette "crise"-là. Quant à l'alcool, je n'y pense absolument pas : malgré mes efforts répétés durant trente ans, je n'ai jamais réussi à devenir dépendant de cette drogue-là. Le tabac, c'est autre chose, évidemment...

    Manue : vous êtes Satan, je vous ai reconnu !

    Coucou : même remarque qu'à Suzanne : aucune crise identifiée comme telle...

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  33. Corbeau, corneille... Tout est dans la queue, cher promeneur bénévole et désintoxiqué ! Celle du corbeau : typiquement cunéiforme et nettement plus large que celle de la corneille. Une corneille, c'est pas mal gros déjà, surtout dans votre coin, vu qu'elles se nourrissent de vos restes légaux !

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  34. Est-ce que le terme "Veuve joyeuse" existe chez-vs?

    Drôle ce matin cet encouragement à vivre dans les nouveaux pêchés: boire et fumé
    Catherine vs avez été Clarisse.
    Il faut ns raconter cela!!!

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  35. Oui, veuve joyeuse se dit ici aussi...
    Pour Clarisse, je vous expliquerai en privé.

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  36. bon, le tout, c'est que partiquant ou abstinent, à votre convenance, vous ne soyez pas malade.. pour la nôtre.
    Geargies

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