mercredi 28 mai 2008

Je ne t'aime pas tant que ça, au fond

Je sais, je sais : il y avait un bout de temps. Mais ne viens pas trop me faire chier non plus, mon excellent gisant (ça t'emmerde, hein ? ces manières que j'ai de m'adresser à toi ? ces tortillements du cul...), je suis le seul, de nous deux, à être encore vaguement capable de parler. Donc... donc, ta gueule ; et souris-moi, je sens que ça va me détendre. Voilà.

Je suis en train de perdre le fil, là. Ah, oui, ce piège dans lequel ils m'ont fait retomber, le Carlos et l'Irremplaçable... tu vois ce que je veux dire ? Je t'ai trahis, une fois, j'étais tranquille : juste avant ton raidissement ultime, moi : "Oui, oui, je vais faire l'écrivain, tu verras !" Et, ensuite, renoncement raisonnable, très raisonnable, toi silencieux, fait à tout, tranquillement mort, raisonnable et silencieux - et moi entre deux vins, entre deux époques, entre deux... C'est ça : entre deux.

Et les deux autres se réveillent (peut-être de ta faute, c'est difficile à dire et à admettre). Et cette quiétude qui était la mienne, allant de soi, la voilà qui vole en éclats, et moi me retrouvant pour ainsi dire obligé de...

Tu y es pour quoi ? Pour quelque chose ? Tu serais moins mort que prévu ? Tu serais en train de me niquer grave ?

Pas impossible. Tu en es capable. Comme de m'avoir soufflé cette décision de ne plus parler à personne, sur les blogs, que j'ai prise hier soir. Il est très vraisemblable que tu sois seul responsable de cette volonté (mal assurée) de silence. D'un autre côté, je ne te crois pas capable de me casser les couilles à ce point - pas ton genre. Il faudrait donc admettre que je ne vis, toutes ces années passées, que par toi ? encore ? Que tu me pousses vers un silence pour lequel je ne crois pas être fait ? Que tu es un petit peu vivant ?

Alors ?

Rien. Et ce titre, stupide, venu au bout des doigts. Les bruissements frénétiques des oiseaux, dehors, le vent brusquement calmé, comme s'il te connaissait, un peu de Chopin, une gorgée de bière que tu ne goûteras pas, et moi non plus, en fait - puis le silence qui me bloque devant ce clavier, deux ou trois touches plus dures que les autres, qui me font ronchonner (tu m'entends ronchonner ?), les doigts malhabiles qui cherchent à te joindre, et les yeux qui se ferment seuls, parce que, demain, demain, bien oui, demain.

Tu te souviens : demain...

31 commentaires:

  1. La bruyante frénésie des oiseaux comme trace de la vie en train d'avoir lieu ?

    Beau texte !

    Sûr que vous irez mieux ce matin…
    :-)

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  2. oups, je repasserai...je ne veux pas déranger

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  3. Vous écrivez : « Cette décision de ne plus parler à personne sur les blogs, que j'ai prise hier soir. » Bravo, parce que quel précieux temps perdu, pour la réflexion, la concentration, et la vie intérieure. Oui, c'est débilitant de vouloir monter dans tous les trains qui passent.
    Mais peut-être voulez-vous suggérer aussi, sans aucune acrimonie je me comprends, que tous nos commentaires vous fatiguent un peu ?

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  4. Allez, mon grand c'est qu'une déprime passagère d'un benêt qui s'prend pour un écrivain mais qui ferait mieux d'aller jouer aux quilles.
    Rien de grave, les quilles aussi ça se joue avec des boules. Et puis cette littérature est toujours assez bonne pour les cafards, tu vois c'est pas si désespéré

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  5. Bonjour Didier,

    Eh bien, joli texte. De plus, peut-être présomptueusement, ce sont des hésitations que je crois partager et qui, par ailleurs, ne me semblent pas tout à fait indues.

    Pourtant, je crois aussi dans le même temps que l'on ne peut tout à fait définitivement et par quelque biais ultimement satisfaisant en rompre le mouvement : "parler sur les blogs" n'a sans doute à certains égards aucun intérêt, ça en a pourtant selon d'autres... Mais le problème ne naît-il pas quand on les place sur le même plan et qu'ainsi le conflit s'impose (ce qui sans doute doit être chroniquement le cas...) ?

    Je ne sais pas, je dirais : procrastination, procrastination... (mais elle a aussi sa nécessité, non ?)

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  6. En fait, je n'allais pas si mal, vous savez !

    Emma : je voulais dire que je faisais une cure de silence sur les blogs des autres (que je continue tout de même à lire), pas sur le mien !

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  7. J'ai eu peur d'être privée du plaisir de vous lire, plaisir d'autant plus grand quand vous avez un coup de blues.

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  8. Cafard pendu (a-t-on idée !) : je ne sais pas pour qui ou pour quoi vous vous prenez vous-même, mais allez donc rouler des mécaniques ailleurs.
    Je sais que ce n'est pas le rôle de ceux qui laissent des commentaires de faire le ménage, mais là vraiment vous exagérez.

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  9. Très chère Emma : Peut-être trouvez-vous que je n'ai bon Goux ? En tout cas vous avez raison, il faut toujours faire le ménage mais il se trouve qu'il est parfois fort difficile de se débarasseer des cafards. On peut les pendre un par un en sa baignoire mais l'opération n'est pas si aisée car il faut le faire dans les formes littéraires décantées et distillées par des siècles d'art, de culture et de vie intellectuelle.
    Mais suis-je benêt, peut-être ne connaissez-vous le jeux du sonnet du cafard pendu (moi c'est Cafard pendu, avec majuscule svp merci) sur le blog de la douce Albertine.
    Allez y voir, vous m'en direz des nouvelles, le lien est juste au dessus de l'image de Boeuf écorché pendu. Vous nous écrirez bien un petit sonnet, je vous sens plutôt littéraire comme bloggeuse.

    cafardement pendu,
    Cafard pendu

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  10. Euh... pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, je tiens à préciser qu'en dehors du fameux "jeu du sonnet" auquel "Cafard pendu" doit apparemment son pseudo, je n'ai pas de rapport avec lui et, en l'occurence, je n'approuve pas son jugement sur le texte de Didier...

    Ainsi, M. Cafard, si l'ouverture de votre blog occasionné par la fermeture du mien m'a fort amusée, j'avoue que j'apprécie peu l'équivoque dont vous jouez et qui semble me faire porter de manière relativement sournoise des positions et des avis qui ne sont pas les miens. Je sais bien que cela fait partie des joies du blogging et que je suis bien fâcheuse de m'en irriter, mais il me semble qu'il y a tout de même là quelque abus dont vous me paraissez jouer pour des mobiles assez suspects.

    Pardonnez-moi, Didier, de m'étendre sur des choses qui vous concernent sans doute aussi peu sur votre blog, mais cette confusion dont le protagoniste joue et qui commence à durer, m'agace quelque peu et l'occasion se présentait...

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  11. (Et une autre demande de pardon pour les fautes d'orthographe...)

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  12. oui douce Albertine a raison, l'échappée d'un cafard solitaire dépendu fait autant partie des joies du blogging que la découverte d'une société de mes sournois congénères en allumant une nuit la lumière en sa cuisine fait partie des joies de la gastronomie.
    Quoi qu'il en soit tout sournois que je suis mais moins que mesdits cons génés la nuit en la cuisine la lumière allumée, je reconnais que ladite Albertine ne m'a toujours pas signé mon chèque portant somme due à toute publicité que je lui ai faite, de-ci, de-là. Et ne dit-on pas "qui ne paye ne paraphe ni n'approboit" ?

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  13. C'est que "douce Albertine" n'a demandé nul service et sait trop bien hélas combien peut être élevé le prix de certains services qui se prétendent sans coût...

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  14. Ah vrai dire je ne suis pas très versé en matière de coût, je suis surtout versé en désobéissance et anarchie, éléments qui communément ne s'estiment pas en termes financiers mais je veux bien continuer à rendre à quiconque et gratuitement toute ma palette de services : ensalissures à défaut d'enluminures, avis littéraires parfaitement désintéressés (j'ai une spécialisation en mauvais auteurs), publicités sournoises, etc
    Il suffit de demander et le plus souvent je le fais hors requète. Aussi, j'écris des sonnés.

    cafardement vôtre,
    Cafard pendu

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  15. Je ne conteste pas vos activités M. Cafard, vous faites bien comme bon vous semble : c'est contre l'usurpation d'"identité blogosphérienne" larvée, ou plutôt la confusion que vous semblez vous plaire à entretenir que j'en ai.

    Ces choses étant dites, il ne me semble pas correct d'envahir plus avant les commentaires du billet de Didier pour des choses qui n'ont rien à y voir.
    Je m'arrêterai donc là et prie derechef Didier de m'excuser de l'abus de cet espace.

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  16. Albertine et Monsieur Cafard : non, non, faites donc ! Ce blog est ouvert à (presque)tous vents et il est bon qu'il le demeure.

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  17. Il est sage de ne pas contester concernant l'activité d'un cafard. Un cafard ça se pend, point mais s'il tombe en le fond d'une baignoire dont les bords ne sont pas assez lisse, il ressort ! L'usupation, la prédation me conviennent effectivement, surtout en ce qui concerne comme ici les aliments avariés. Seule l'émaciation m'est en horreur. Pour la correction, l'envahission, et les excusation, vous comprendrez bien que tout cela est plus que largement hors des préoccupations de la catégorie des longicornes à laquelle j'appartiens sans possible émancipation.

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  18. M. Didier Goux est un sage, LUI, au moins, Na !

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  19. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  20. S'il est sage de ne pas contester activité de cafard, il l'est aussi, Marc, de reconnaître que tu ne trouves ce texte mauvais que parce que M. Goux, à qui tu reprochais dernièrement de mettre des étiquettes, n'est pas "de ton bord".

    Mais ce point me concerne finalement peu, je demande simplement à être laissée à côté de ces histoires et grilles de jugement qui me paraissent en l'occurrence assez vaines et déplacées... - chose qui ne me paraît pas une revendication tout à fait insane :-).

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  21. Il est vrai que concernant les bords des éviers, j'ai tendance à ne pas me regrouper vers mes consgénés ce qui est un cas assez rare étant donné la bien connue grégarité des longicornes.
    Mais douce Albertine, qu'est-ce qui vous permet une telle familiarité. M'appeler Marc, pourqquoi pas St-Marc tant que vous y êtes (et je déteste les cuisines nettoyées au St-Marc, mais ça je ne devrais même pas en parler). Aurais-je laissé trainer des morceaux d'ADN que vous auriez analysés, êtes-vous équipé pour, la chose s'est-elle tant démocratisée qui permettrait de m'identifier ? En tout cas c'est intéressant.

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  22. M. Goux petite question :
    de quel bord d'évier êtes-vous ?

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  23. Et si "finalement", vous appliquiez votre voeu de silence à votre propre blog ? Laissez faire le cafard et albertine durant quelques jours... Je sens qu'il sont au seuil d'une "nouvelle pensée magistrale du monde".

    Marcel

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  24. pensée magistrale du monde ... ha oui ha oui

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  25. Que les choses soient dîtes : si vous faites dans la pensée magistrale du monde, je fous le camp. Manquerait plus que ça.
    Par contre si vous faites dans l'alimentation périmée, je veux bien revenir.

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  26. Disier, s'il vous plaît, "faites dans la pensée magistrale du monde", qu'on ait un peu de place pour ne rien dire nous aussi.

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  27. Erreur de frappe, bien sûr, DIDIER !

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  28. heu....j'comprends rien du tout à tous ces coms
    je fuis à tire d'ailes, peut etre y a t-il trop de lumières pour moi...

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La boutique est rouverte… mais les anonymes continueront d'en être impitoyablement expulsés, sans sommation ni motif.